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Guides Chmirat Halachone : garder sa langue
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Les formes de la parole interdite

« Lachon hara » est un terme général qui recouvre plusieurs interdits distincts. Les distinguer clairement est la première compétence : on ne peut éviter que ce qu'on sait nommer.

Lachon hara : la médisance

Le lachon hara au sens strict : dire sur autrui une chose négative et vraie, sans nécessité valable. « Il a raté son examen », « son commerce périclite », « elle n'est pas très maligne » : même sans exagérer, même sans méchanceté particulière, c'est du lachon hara. La règle de base : une information qui, rapportée, pourrait nuire à quelqu'un (sa réputation, ses affaires, ses relations, sa tranquillité) ne se dit pas.

Motsi chem ra : la calomnie

Le motsi chem ra (« faire sortir un mauvais nom ») : la médisance MENSONGÈRE, l'accusation fausse ou déformée. C'est le degré le plus grave, car il ajoute le mensonge au tort. Exagérer un fait réel, sortir une parole de son contexte, prêter une intention non prouvée : tout cela bascule du lachon hara vers le motsi chem ra.

Rekhilout : le colportage

La rekhilout : rapporter à quelqu'un ce qu'un autre a dit ou fait contre lui. « Tu sais ce qu'il a dit sur toi ? », « ils ne t'ont pas invité, figure-toi... ». C'est le semeur de discorde, celui qui « va et vient » (rakhil) entre les gens. La Torah l'interdit explicitement : « Tu n'iras pas colportant parmi ton peuple » (Vayikra 19, 16). La rekhilout détruit les amitiés et allume les guerres familiales : souvent sous couvert de « je te dis ça pour ton bien ».

L'avak lachon hara : la poussiere Nos Sages designent une categorie subtile, l'« avak » (poussiere) de lachon hara : ce qui n'est pas de la medisance directe mais y mene. Les sous-entendus (« je prefere ne rien dire sur lui... »), l'ironie, l'eloge qui appelle la critique (« il est genereux, POUR une fois »), le fait de rapporter un propos « en apparence neutre » qui fera reagir. La poussiere salit aussi : la Torah demande la vigilance jusque-la.

Les cas qui surprennent

  • Le lachon hara par écrit : messages, groupes de discussion, réseaux sociaux : une capture d'écran partagée peut être du colportage aggravé (elle se diffuse à l'infini).
  • Le lachon hara sur soi-même... via autrui : se plaindre de son conjoint, de son associé, de sa belle-famille à un tiers reste du lachon hara.
  • Sur une collectivité : dénigrer une communauté, une famille, une profession entière.
  • Par le geste : un soupir, une grimace, un regard entendu qui font comprendre le mal : le lachon hara n'a même pas besoin de mots.
Le lachon hara « pour rire » La plaisanterie qui rabaisse quelqu'un, meme absent, meme « sans mechancete », reste interdite : le tort est reel meme si l'intention est legere. Et l'humour qui fait rire aux depens d'un tiers habitue le coeur au mepris. La Torah n'interdit pas la joie : elle interdit la joie construite sur l'abaissement d'autrui.

Pour enrichir ce chapitre

Vidéos, chiourim et réponses de Rabbanim d'UniversTorah qui prolongent cette leçon.

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