Le Hafets Haim et sa méthode
Un homme a rassemblé les lois éparses de la parole en un code, et en a fait le combat d'une vie au point d'en porter le nom. Portrait et méthode de celui qui a rendu la chmirat halachone étudiable.
« Qui désire la vie »
Rabbi Israël Meïr Kagan (Radin, 1839-1933) publia en 1873 un livre anonyme qui rassemblait, pour la première fois, TOUTES les lois de la parole dispersées dans le Talmud et les décisionnaires. Il l'intitula d'après le verset : « Qui est l'homme qui désire la vie... ? Garde ta langue du mal » (Tehilim 34, 13-14) : le Hafets Haim, « celui qui désire la vie ». Le livre eut un tel retentissement qu'on finit par appeler l'auteur lui-même du nom de son oeuvre : il devint le Hafets Haim, l'un des maîtres les plus vénérés du peuple juif.
Une science, pas une bonne intention
Le génie du Hafets Haim fut de montrer que la chmirat halachone est une discipline halakhique précise, avec ses définitions, ses cas, ses exceptions : et non un vague « sois gentil ». Son livre distingue méthodiquement le lachon hara de la rekhilout, énumère les conditions du toelet (chapitre suivant), traite l'écoute, l'écrit, les collectivités. On ne « fait pas de son mieux » : on APPREND, cas après cas, comme on apprend la cacheroute ou le Chabbat.
La méthode : étudier deux lois par jour
Le Hafets Haim ne demandait pas un effort héroïque mais une régularité minuscule : étudier chaque jour un peu de ces lois. Aujourd'hui, des calendriers d'étude (le « Sefer Hafets Haim » découpé jour par jour) permettent de parcourir tout le cycle en quelques mois, deux lois quotidiennes. Le principe est profond : on ne peut éviter ce qu'on ne reconnaît pas, et l'étude régulière aiguise l'oeil : on se met à REPÉRER le lachon hara avant qu'il ne sorte.
Pour enrichir ce chapitre
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