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Guides Transmettre : l'éducation juive
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Autorité et douceur : la main gauche et la main droite

Faut-il être strict ou permissif ? La réponse juive tient en une image talmudique : la main gauche qui repousse, la main droite qui rapproche. L'art du dosage, y compris pour les colères, les limites et les sanctions.

La règle des deux mains

« Que la main gauche repousse et que la main droite rapproche » (Sota 47a) : la gauche (la plus faible !) pose les limites ; la droite (la plus forte) donne l'amour. Le dosage est dans l'anatomie même de l'image : les limites sont nécessaires mais minoritaires ; l'amour est majoritaire et dominant. L'éducation qui n'est que douceur produit des enfants-rois ; celle qui n'est que dureté produit des révoltés ou des soumis : les deux perdent la Torah.

Poser des limites qui éduquent

  • Peu de règles, mais tenues : dix interdits négociables valent moins que trois règles inflexibles et expliquées. L'enfant teste la solidité du cadre : c'est sa manière de vérifier qu'on le protège.
  • La sanction éducative : proportionnée, immédiate, liée à l'acte, jamais humiliante, et TOUJOURS suivie de réconciliation : on sanctionne un acte, on n'étiquette jamais un enfant (« ce que tu as fait est grave » vs « tu es un menteur »).
  • Jamais dans la colère : le Rambam permet de MONTRER une désapprobation... en gardant le calme intérieur. Sanctionner en colère, c'est se soulager, pas éduquer : l'enfant retient la peur, pas la leçon. Attendre dix minutes n'a jamais affaibli une sanction : cela l'a purifiée.
Ligne rouge L'humiliation (publique ou privee), les mots qui detruisent (« bon a rien »), la violence : ne construisent RIEN et detruisent beaucoup, y compris le judaisme aux yeux de l'enfant. Le Talmud interdit meme de menacer d'une sanction differee (l'angoisse est pire que la sanction). Un parent depasse par ses coleres se fait aider : c'est un acte de courage, pas de honte.

La confiance : le levier suprême

Rabbi Yehouda Hanassi disait de son éducation : « ce n'est pas la crainte qui m'a construit, mais la confiance qu'on m'a témoignée ». Confier des responsabilités RÉELLES (le Kiddouch des enfants, la tsedaka familiale, l'aide au petit frère), dire sa fierté PRÉCISÉMENT (« la manière dont tu as aidé ta soeur... »), croire à voix haute en son avenir : l'enfant devient largement ce que ses parents lui renvoient. « Dans le doute, surestime ton enfant » : il montera vers l'image.

Le ratio des Sages modernes Les educateurs de Torah contemporains recommandent un ratio d'au moins 4 pour 1 : quatre paroles positives (encouragement, fierte, affection) pour une remarque corrective. Comptez-vous honnetement pendant trois jours : le simple comptage change deja tout.

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