Thèmes Lois de Chema Israel : questions-réponses pratiques

Lois de la lecture du Chema
Réponse
Il existe une mitsva positive de la Torah de réciter chaque jour la Kriat Chema le matin et le soir, comme il est dit : « quand tu te couches et quand tu te lèves ». La Guemara explique que « quand tu te couches » correspond à la nuit, et « quand tu te lèves » au jour. Il est préférable de réciter la Kriat Chema deux ou trois minutes avant le lever du soleil, afin de terminer la Kriat Chema et ses bénédictions avec le lever du soleil, puis d’enchaîner immédiatement avec la tefila au lever du soleil. Celui qui peut agir ainsi recevra une grande récompense. Si l’on a récité la Kriat Chema après l’aube, même sans contrainte, on est quitte a posteriori. Celui qui est resté éveillé toute la nuit et voit arriver le lever du soleil, et qui a l’intention de prier en communauté après le lever du soleil, il est bon qu’il récite la Kriat Chema environ deux minutes avant le lever du soleil, comme les vatikin.
Réponse
Si l’on n’a pas récité la Kriat Chema au lever du soleil, il faut s’efforcer de la réciter le plus tôt possible, car ceux qui sont zélés accomplissent les mitsvot avec empressement, et cela est d’autant plus important pour la Kriat Chema qui implique l’acceptation du joug divin. Il ne faut pas repousser la récitation de la Kriat Chema jusqu’aux derniers instants de son temps. Durant le temps imparti pour la Kriat Chema, il faut réciter les trois paragraphes, et non seulement le premier.
Réponse
La halakha établie est que le temps de la Kriat Chema du matin s’étend jusqu’à la fin de la troisième heure du jour. Ces heures sont des heures proportionnelles à la durée du jour : si le jour est long, les heures sont plus longues, et si le jour est court, elles sont plus courtes, de sorte que les trois heures se terminent à la fin du premier quart de la journée. Les décisionnaires divergent sur le point de départ du calcul de ces trois heures : certains estiment qu’il faut compter depuis l’aube jusqu’à la sortie des étoiles (zman magen Avraham), d’autres depuis le lever du soleil jusqu’au coucher (zman haGra). À priori, il faut être rigoureux et calculer la fin du temps de la Kriat Chema à partir de l’aube. Concernant les bénédictions de la Kriat Chema, qui sont d’ordre rabbinique, il faut calculer les quatre heures (fin du temps des bénédictions) à partir du lever du soleil. Toutefois, en cas de nécessité, on peut être indulgent et calculer les heures à partir du lever du soleil même pour la fin du temps de la Kriat Chema. Ainsi, un érudit qui étudie tard dans la nuit peut retarder la prière du matin et réciter la Kriat Chema selon le temps du zman haGra. De même, une communauté qui a l’habitude de retarder la prière le Chabbat ou les jours de fête, et qui arrive à la Kriat Chema après trois heures proportionnelles depuis l’aube, il ne faut pas protester contre eux, mais ils devront veiller dans tous les cas à arriver à la Kriat Chema avant la fin du temps de la Kriat Chema calculé à partir du lever du soleil (zman haGra). Il est correct d’avancer aussi la lecture complète de la Kriat Chema avant « Hodu » ou avant « Baroukh Cheamar », afin de s’acquitter de la mitsva selon toutes les opinions.
Réponse
Si trois heures se sont écoulées depuis le lever du soleil et que l’on n’a pas récité la Kriat Chema, on la récite avec ses bénédictions jusqu’à la fin de la quatrième heure, soit jusqu’à un tiers de la journée. Cependant, on ne reçoit pas la récompense de celui qui accomplit la mitsva de la Kriat Chema et on a manqué cette mitsva positive. Si la quatrième heure est également passée sans avoir récité la Kriat Chema, on la récitera sans ses bénédictions durant toute la journée, afin d’accepter sur soi le joug divin.
Réponse
Celui qui anticipe la récitation de la Kriat Chema sans ses bénédictions, par crainte de dépasser le temps de la Kriat Chema, ou qui sait qu’il dépassera ce temps selon ceux qui comptent la journée depuis l’aube, il est bon qu’il fasse une condition en disant : « Si le temps de la Kriat Chema est déjà passé lorsque je réciterai la Kriat Chema après la bénédiction Ahavat Olam, j’ai l’intention de m’acquitter de mon obligation avec la Kriat Chema que je récite maintenant. Si le temps n’est pas encore passé, ma récitation actuelle sera considérée comme une simple lecture de la Torah, et je ne souhaite m’acquitter de l’obligation qu’avec la Kriat Chema que je réciterai dans l’ordre des bénédictions. » Il est permis de réciter la Kriat Chema sans tefiline si l’on craint que le temps de la Kriat Chema selon le magen Avraham ne soit dépassé en attendant de mettre les tefiline.
Réponse
Le temps des bénédictions de la Kriat Chema – à savoir Yotser Or, Ahavat Olam et Emet Veyatsiv – s’étend jusqu’à la fin de la quatrième heure proportionnelle du jour, soit un tiers de la journée. Même si trois heures sont déjà passées, et donc le temps de la Kriat Chema est dépassé, on peut encore la réciter avec ses bénédictions jusqu’à la fin de la quatrième heure, mais on n’aura pas la récompense de celui qui la récite en son temps, seulement celle de la lecture de la Torah. Comme déjà mentionné, pour les bénédictions de la Kriat Chema, on peut être indulgent et compter les quatre heures à partir du lever du soleil. Celui qui est rigoureux et s’efforce de prier afin de réciter les bénédictions de la Kriat Chema dans les quatre heures à partir de l’aube, il sera béni, et il est souhaitable d’agir ainsi a priori. Mais si quatre heures proportionnelles se sont écoulées depuis le lever du soleil, que ce soit par contrainte ou volontairement, il est interdit de réciter les bénédictions de la Kriat Chema, car selon de nombreux décisionnaires, ce seraient des bénédictions en vain, et l’on transgresserait l’interdit de prononcer le Nom de Hachem en vain. En cas de doute sur une bénédiction, on adopte la position indulgente.
Réponse
Avant de réciter le Kriat Chema, il convient d’avoir l’intention d’accomplir la mitsva positive de la lecture du Kriat Chema, qui nous a été ordonnée de lire deux fois par jour.
Réponse
Si quelqu’un n’a pas récité le Kriat Chema pendant la journée, certains estiment qu’il peut se rattraper en le lisant le soir. D’autres ne sont pas de cet avis, et c’est cette opinion qui fait autorité.
Réponse
Il est approprié et correct que les responsables de la tsedaka s’abstiennent de collecter la tsedaka auprès de l’assemblée pendant la lecture du Kriat Chema et de ses bénédictions, ou pendant la répétition de la Amida, ou lors de la lecture de la Torah, afin que les fidèles ne détournent pas leur attention de la prière. Cependant, lors de la prière du matin de Chavouot, ou de Hoshana Rabba, ainsi qu’à Min’ha de Yom Kippour, il n’y a pas d’objection à la coutume de distribuer du tabac à priser à l’assemblée au milieu de la répétition pour les stimuler à la prière, sauf si cela entraîne des discussions ou des perturbations parmi l’assemblée, auquel cas il faut assurément s’abstenir de distribuer le tabac pendant la prière.
Lois des bénédictions du Chema
Réponse
Dans la première berakha de Yotser Or, on dit : « Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi de l’univers, Créateur de la lumière et Créateur de l’obscurité ». Les Sages ont institué de mentionner également « Créateur de l’obscurité » afin d’évoquer la mesure de la nuit pendant le jour, et la mesure du jour pendant la nuit. On conclut cette berakha par : « Béni sois-Tu, Hachem, Créateur des luminaires ».
Réponse
Lorsqu’on dit « Yotser Or » dans la berakha de Yotser, certains disent qu’il convient de toucher uniquement les tefiline du bras. Il existe une coutume de toucher les tefiline du bras et de les embrasser en disant « Yotser Or », puis, en disant « Ouvoré Hochekh », de toucher et d’embrasser les tefiline de la tête. Ceux qui suivent cette coutume ont sur quoi s’appuyer, et il n’est pas nécessaire d’annuler leur pratique.
Réponse
Celui qui prie avec l’assemblée la prière d’Arvit ne doit pas répondre Amen après la berakha « Yotser Hameorot » récitée par le chaliah tsibour, ni après la berakha « Habokher Beamo Israël Beahava », ni après « Maariv Aravim », ni après « Ohev Et Amo Israël ». Il ne faut pas répondre Amen à ces berakhot, même entre les paragraphes du Chema et de ses berakhot.
Réponse
Dans la formulation des bénédictions du Kriat Chema, certains ont l’habitude de dire : « BeSafa Beroura OuVeneima », puis de faire une pause, puis « Kedoucha Koulam KeEhad », etc. Il convient de faire une pause entre « OuVeneima » et « Kedoucha », car le mot « Kedoucha » se rapporte à « Koulam KeEhad ». Dans le mot « Kedoucha », la lettre dalet doit être vocalisée avec un shourouk. C’est aussi l’avis de nos maîtres kabbalistes. D’autres, suivant l’avis de Maran le Beit Yossef, disent : « BeSafa Beroura OuVeneima Kedoucha », puis font une pause, puis poursuivent « Koulam », etc. Dans cette version, le mot « Kedoucha » se rapporte à « BeSafa Beroura OuVeneima ». Celui qui agit selon l’une ou l’autre de ces coutumes agit correctement.
Réponse
Il faut dire dans la berakha de Yotser : « Retson Konéhem », et non « Retson Konam ». De même, dans la berakha de la lune, on dit : « Sissim Ousmehim Laassot Retson Konéhem ».
Réponse
Certains disent qu’il faut inclure dans le texte de la berakha de Yotser la phrase : « Mitnass’im Leoumatam, Meshab’him Oumefa’arim, etc. ». Cependant, ce n’est pas la coutume, et il convient de laisser les gens d’Israël suivre leur habitude, car s’ils ne sont pas prophètes, ils sont les fils de prophètes.
Réponse
Il convient de prononcer la phrase « le El Baroukh Neimot Yitenou » avec un kamats sous la lettre lamed du mot « le El », et non avec un cheva. Pour le mot « le Melekh El Hai », il faut prononcer la lamed avec un patah. Ce que les élèves de Rabbénou HaAri ont écrit de le dire avec un kamats, c'est selon la prononciation séfarade où la différence entre kamats et patah n'est pas très marquée.
Réponse
La deuxième berakha, qui est la berakha « Ahavat Olam », ne commence pas par « Baroukh », car elle est liée à la berakha précédente, « Yotser Or ».
Réponse
La coutume séfarade est de dire « Ahavat Olam ». La coutume ashkénaze est de dire « Ahava Rabba ». Tout cela concerne la tefila du matin. Mais pour la tefila du soir, tout le monde dit « Ahavat Olam ». Quoi qu'il en soit, si l'on s'est trompé et que l'on a dit « Ahavat Olam » ou « Ahava Rabba », on est quitte de son obligation.
Réponse
Celui qui s'est trompé et a récité la berakha « Ahavat Olam » avant la berakha « Yotser Or », même s'il n'a pas encore conclu par « Habokher Beamo Israël Beahava », doit terminer la berakha puis dire ensuite la berakha « Yotser Or » et lire le Kriat Chema. L'ordre des berakhot n'est pas indispensable. De même, pour la tefila du soir, si l'on a dit par erreur la berakha « Ahavat Olam » avant la berakha « Asher Bidvaro », après avoir terminé « Ahavat Olam », on dira la berakha « Asher Bidvaro ». De même, si l'on a dit « Hashkivenu » avant, on dira ensuite la berakha « Emet Veemouna ». Et si quelqu'un a prié Arvit et a lu avec la communauté le Kriat Chema et ses berakhot qui suivent, puis a prié avec eux la Amida, il ne devra pas réciter les berakhot qui précèdent après la Amida.
Réponse
Si l'on s'est trompé le matin et que l'on a dit « Asher Bidvaro Ma'ariv Aravim » puis s'est immédiatement rappelé et a dit « Yotser Or » et a aussi conclu par « Yotser Hameorot », on est quitte. Mais si l'on a dit « Asher Bidvaro Ma'ariv Aravim » sans dire « Yotser Or » ou sans conclure par « Yotser Hameorot », selon Maran le Choulhan Aroukh, on n'est pas quitte. De même, si l'on a dit « Yotser Or » et « Boreh Hoshekh Asher Bidvaro Ma'ariv Aravim » et a conclu par « Ma'ariv Aravim », on n'est pas quitte. Mais si l'on a conclu par « Yotser Hameorot », puisque l'on a commencé par « Yotser Or », on est quitte même si l'on a interrompu avec « Ma'ariv Aravim ». Certains disent que dès lors que l'on a conclu correctement, on est quitte. En cas de doute sur les berakhot, on adopte la position indulgente.

