Thèmes Lois de Pessa'h : questions-réponses pratiques

Chabbat Hagadol
Réponse
Le Chabbat qui précède Pessah est appelé "Chabbat Hagadol" en raison du miracle qui s'y est produit. En effet, lors de la sortie d'Égypte, Pessah tomba un jeudi, et le Chabbat précédent, qui était le dixième jour du mois de Nissan, les Bnei Israël reçurent l'ordre de prendre un agneau par famille pour le korban Pessah. Lorsque les Bnei Israël accomplirent cet ordre, les premiers-nés égyptiens vinrent les interroger sur la signification de cet acte. Ils leur répondirent qu'il s'agissait d'un sacrifice pour Hachem, qui allait frapper tous les premiers-nés d'Égypte, et qu'ils avaient été ordonnés de mettre du sang du sacrifice sur les deux montants et le linteau de leurs portes afin que le destructeur n'entre pas dans leurs maisons pour frapper. Aussitôt, les premiers-nés allèrent voir leurs pères et Pharaon pour exiger la libération des Bnei Israël afin de ne pas être tués à cause d'eux, mais ils essuyèrent un refus catégorique. Alors, ils engagèrent un combat contre les autres Égyptiens, et beaucoup d'entre eux furent tués, comme il est dit : "Lemaké Mitsrayim bivkhoréhem", c'est-à-dire que les Égyptiens furent frappés par leurs propres premiers-nés. En voyant cela, les Égyptiens prirent les armes pour se venger des Bnei Israël et cherchèrent à les exterminer, mais Hachem les protégea par Sa grande miséricorde, frappant les Égyptiens de maladies et de souffrances diverses, jusqu'à ce qu'ils soient contraints de battre en retraite. Ainsi, le peuple d'Israël fut sauvé de leur colère. C'est pourquoi ce Chabbat est appelé Chabbat Hagadol, car ce fut un grand jour pour Israël, qui fut sauvé d'une destruction certaine.
Réponse
La haftara lue lors de ce Chabbat est "Ve'arva laHachem minhat Yehouda veYeroushalayim", que Chabbat Hagadol tombe la veille de Pessah ou plus tôt. Toutefois, s'il existe dans une synagogue un minhag clair et établi de ne lire que la haftara de la paracha de la semaine, il ne faut pas changer ce minhag afin d'éviter la discorde, d'autant plus qu'il existe des avis sur lesquels s'appuyer.
Réponse
Il est une obligation importante de se rassembler en grand nombre dans les synagogues pour écouter les discours des rabbins d'Israël lors de Chabbat Hagadol, en tout lieu. Les rabbins doivent enseigner au peuple la voie à suivre concernant les lois nombreuses de Pessah, la manière correcte de faire le seder, et expliquer ce que chaque Juif doit accomplir. Ils doivent également développer les sujets d'aggada en racontant la sortie d'Égypte et en expliquant la haggada de la nuit de Pessah, afin de rappeler la puissance, la force et les merveilles d'Hachem. Celui qui fait mériter la collectivité, le mérite de la collectivité dépend de lui ; il est heureux dans ce monde et il lui sera bien dans le monde futur.
Réponse
Lorsque la veille de Pessah tombe un Chabbat, il faut avancer le discours de Chabbat Hagadol au Chabbat précédent.
Réponse
Certains ont l'habitude de se saluer après la prière en disant à leur prochain "Chabbat Hagadol Chalom" ou "Chabbat Hagadol Mevorakh", et c'est une belle coutume.
Réponse
Le jour de Yom Tov, on donne des discours sur les sujets du hag en aggada. Il est également souhaitable que les rabbins fixent un moment pour un cours de halakha concernant les lois du hag et de hol hamoed.
Moment de la recherche du hamets
Réponse
Celui qui prend soin d'éviter même la moindre quantité de hamets pendant Pessah reçoit une aide divine pour ne pas fauter toute l'année. C'est pourquoi, avant la nuit du 14 Nissan, il est d'usage de nettoyer soigneusement toutes les pièces de la maison et la cour, afin qu'il ne reste aucun risque de hamets dans leur domaine pendant les jours de Pessah. Il convient également de vérifier les poches des vêtements, en particulier celles des enfants et les cartables scolaires, au cas où il y resterait du hamets. Cependant, il n'est pas nécessaire de les vérifier à nouveau à la lumière de la bougie la nuit du 14 Nissan.
Réponse
Au début de la nuit du 14 Nissan, on procède à la recherche du hamets à la lumière de la bougie. Le moment de la vérification du hamets commence immédiatement après la sortie des étoiles, soit environ vingt minutes après le coucher du soleil. Toutefois, si l'on a vérifié le hamets après le coucher du soleil mais avant la sortie des étoiles, on est quitte a posteriori. Il est néanmoins recommandé de continuer à chercher et vérifier le hamets encore un certain temps pendant la nuit du 14 Nissan, mais sans réciter de bénédiction.
Réponse
Il est interdit de manger un repas à base de pain en quantité supérieure à un kebetsa avant la vérification du hamets, à partir d'une demi-heure avant le moment de la vérification. Le même statut s'applique au gâteau. Cependant, il est permis de manger du pain jusqu'à la quantité d'un kebetsa. Il est permis de consommer des fruits, des légumes, des plats à base de riz ou similaires, ainsi que du thé ou du café, même en quantité supérieure à un kebetsa.
Réponse
Le responsable de la synagogue qui a déjà vérifié le hamets chez lui est autorisé à manger après cette vérification, même s'il n'a pas encore vérifié le hamets de la synagogue.
Réponse
Il est interdit de commencer tout travail une demi-heure avant le moment de la vérification du hamets. Si l'on a commencé un travail ou un repas de façon permise, il n'est pas nécessaire d'interrompre. Cependant, il est certain que s'il souhaite interrompre pour procéder à la vérification, il en sera loué.
Réponse
Il est également interdit de commencer à étudier à partir du moment où arrive le temps de la vérification, jusqu'à ce que l'on ait vérifié. Même celui qui a l'habitude d'étudier la Torah chaque soir ne doit pas étudier la nuit de la vérification du hamets avant d'avoir procédé à la vérification. Si l'on a commencé à étudier avant le moment de la vérification, il n'est pas obligé d'interrompre son étude.
Réponse
Tout ce qui a été expliqué précédemment concerne uniquement une personne qui étudie seule. Mais lorsqu'il s'agit d'un cours donné en public chaque soir, que ce soit un cours de halakha, le daf yomi ou un cours de michna sans pilpoul, comme il est d'usage pour les baalei batim, il est permis de le maintenir même la veille du 14 Nissan avant la vérification, même si le cours dure une heure ou plus. Cela est permis car les participants se rappellent mutuellement et il n'y a pas à craindre qu'ils oublient de faire la vérification en rentrant chez eux. Toutefois, il est préférable qu'à la fin du cours, le chamach annonce et rappelle aux participants d'aller vérifier le hamets. Cependant, même en public, il n'est permis de maintenir que des cours portant sur des décisions halakhiques, le daf yomi ou un cours de michna sans pilpoul, comme il est d'usage pour les baalei batim. Mais un cours avec pilpoul n'est pas permis, de peur que les participants se laissent entraîner et oublient de faire la vérification. Si l'on sait avec certitude qu'il n'y a pas de crainte de bitoul Torah en avançant la vérification, par exemple si après la vérification tous les participants retournent à la synagogue ou au beit midrash pour suivre le cours, il est préférable de faire la vérification d'abord, puis d'étudier la Torah.
Réponse
Si l'on n'a pas encore prié Arvit et que le moment de la bedika du hamets est arrivé, il faut d'abord prier Arvit puis procéder à la bedika. S'il y a une autre personne présente, on lui demandera de rappeler de faire la bedika immédiatement après la prière.
Réponse
Une personne qui était en voyage pour ses affaires et qui arrive chez elle la nuit du 14 Nissan, et qui est fatiguée et épuisée, et craint que si elle procède immédiatement à la vérification du hamets elle ne puisse pas s'y consacrer correctement à cause de sa grande fatigue, est autorisée à dormir un peu et à se reposer d'un sommeil temporaire, à condition de demander à un membre de sa famille de la réveiller après environ une demi-heure pour vérifier le hamets. Elle peut aussi boire une tasse de café ou une boisson similaire pour se réveiller et accomplir la mitsva comme il convient. Tout cela s'applique en début de soirée. Mais si la personne arrive après deux ou trois heures de la nuit, à un moment où les gens ont l'habitude d'aller dormir, il ne suffit pas de demander à un membre de la famille de la réveiller, car "arevcha arevcha tsarikh" (chacun doit veiller lui-même à ses propres obligations).
Lois de la benediction sur la recherche du hamets
Réponse
Bien que l'on ne récite pas de berakha sur une mitsva douteuse d'origine toranique, on récite néanmoins la berakha sur la bedikat hamets même s'il y a un doute quant à la présence de hamets dans la maison. Ainsi, avant de commencer la vérification, on récite : « Baroukh Ata Hachem... acher kidechanou bemitsvotav vetsivanou al biour hamets ». Si l'on a dit par erreur « levaer hamets », on est tout de même quitte. On ne récite pas la berakha sur la "vérification" du hamets, car toute la vérification n'est faite que pour le biour.
Réponse
Il est interdit de parler entre la berakha et le début de la bedikat hamets. Si l'on a parlé de sujets sans rapport avec la vérification avant de commencer à vérifier, il faut recommencer la berakha. Pendant la vérification, il est permis de parler de tout ce qui concerne la bedikat hamets, mais il ne faut pas s'interrompre avec d'autres sujets du début à la fin de la vérification, même si l'on a déjà commencé. Certains estiment qu'il faudrait alors recommencer la berakha, et de plus, cela risque de détourner l'attention de la vérification. Toutefois, si l'on s'est interrompu avec des paroles sans rapport, on ne recommence pas la berakha, car en cas de doute sur une berakha, on est indulgent, d'autant plus que la mitsva de la vérification a déjà commencé.
Réponse
Il est permis de répondre Amen et Yéhe Chemeh Rabba pendant la bedikat hamets. De même, si l'on entend le tonnerre, on peut réciter la berakha correspondante. Si l'on a besoin de réciter la berakha Asher Yatsar, on peut également la dire pendant la vérification, car il y a à craindre que l'on oublie de la réciter après la bedikat hamets.
Réponse
Si l'on a commencé la bedikat hamets sans avoir récité la berakha, on peut encore la réciter tant que la vérification n'est pas terminée.
Réponse
On ne récite pas la berakha Sheheheyanu sur la mitsva de la bedikat hamets, car il s'agit d'une mitsva qui implique la destruction de la nourriture et qui n'a pas de temps fixe, puisque celui qui part en mer la fait plus tôt. Cependant, comme certains décisionnaires estiment qu'il faut réciter Sheheheyanu sur la bedikat hamets, et que le gaon auteur du Pri Hadash est de cet avis, il est recommandé, par mesure de piété, de se procurer un fruit nouveau, de le placer devant soi au moment de la berakha "al biour hamets" avant la vérification, puis, après avoir commencé un peu la vérification, de réciter la berakha de jouissance sur le fruit et de le consommer. Toutefois, il ne faut pas réciter la berakha de jouissance sur le fruit entre la berakha et le début de la bedikat hamets.

