Thèmes Lois de 'Hanouka : questions-réponses pratiques

Choses interdites et permises a Hanouka
Réponse
Durant la période du second Temple, les rois grecs ont promulgué des décrets contre Israël, les empêchant de pratiquer leur religion, d’étudier la Torah et d’accomplir les mitsvot. Ils leur ont infligé de grandes souffrances, ont saisi leurs biens et leurs filles, sont entrés dans le Heikhal et l’ont profané, rendant impures les choses pures. Israël a beaucoup souffert jusqu’à ce que Hachem, le D.ieu de nos pères, ait pitié d’eux et les sauve. Les fils des Hashmonaïm, les grands prêtres, ont vaincu les Grecs, les ont tués et ont délivré Israël, établissant un roi issu des prêtres. La royauté est revenue à Israël et a duré plus de deux cents ans jusqu’à la destruction du second Temple. Lorsque Israël a vaincu ses ennemis, c’était le 25 Kislev. Ils sont entrés dans le Heikhal et n’ont trouvé qu’une seule fiole d’huile pure pour allumer la menora du Temple, suffisante pour un seul jour. Un miracle s’est produit et ils ont pu allumer pendant huit jours, jusqu’à ce qu’ils pressent de nouvelles olives pour obtenir de l’huile pure. C’est pour cela que nos Sages de cette génération ont institué que ces huit jours, à partir du 25 Kislev, soient des jours de joie et de louange, où l’on allume chaque soir des bougies pendant huit nuits pour publier et révéler le miracle. Ces jours sont appelés "Hanouka".
Réponse
Les femmes ont l’habitude de ne pas effectuer de travaux, comme la couture ou le tricot, tant que les bougies de Hanouka allumées à la maison brûlent, c’est-à-dire pendant la première demi-heure après l’allumage. Cette coutume vise à rappeler qu’il est interdit de tirer profit de la lumière des bougies de Hanouka. Il ne faut pas être indulgent sur cette demi-heure initiale. Cependant, il est permis aux femmes de cuisiner, de cuire ou de préparer ce qui est nécessaire pour la nourriture.
Réponse
Certaines femmes ont pris l’habitude de ne pas faire du tout de travaux pendant Hanouka, et il convient d’annuler cette coutume, car l’oisiveté conduit à l’ennui. Toutefois, certains estiment qu’il est bon pour les femmes d’éviter les travaux pénibles, comme le filage ou la lessive, qui demandent un effort, au moins le premier et le huitième jour de Hanouka. Mais les hommes ne s’abstiennent d’aucun travail.
Réponse
Il est approprié d’étudier les lois de Hanouka pendant Hanouka afin de bien connaître les détails de ces halakhot.
Réponse
Puisque nos Sages ont institué que les huit jours de Hanouka soient des jours de joie et de louange, il ne faut pas prononcer d’éloge funèbre pour un défunt pendant cette période, sauf pour un talmid hakham en sa présence. Même de nos jours, le statut de talmid hakham s’applique selon la valeur de la génération.
Réponse
Un enseignant d’enfants ou une personne qui fixe des temps d’étude de la Torah a le même statut qu’un talmid hakham et il est permis de prononcer un éloge funèbre en sa présence, c’est-à-dire lors de l’enterrement.
Réponse
Il est interdit de jeûner pendant Hanouka. Ainsi, si la date de décès du père ou de la mère tombe pendant Hanouka, on ne jeûnera pas ces jours-là. Il conviendra d'avancer le jeûne avant Hanouka, car les jours précédant ou suivant Hanouka ne sont pas concernés par l'interdiction de jeûner.
Réponse
Celui qui a jeûné un taanit halom pendant Hanouka devra jeûner un autre jour après les jours de Hanouka, afin d'expier le fait d'avoir jeûné pendant Hanouka, comme l'a écrit Maran dans le Choulhan Aroukh.
Réponse
La coutume de se rendre au cimetière à la fin des sept jours de deuil ou le trentième jour, comme mentionné dans le Choulhan Aroukh, ne doit pas être observée pendant Hanouka. A fortiori, il en est de même pour Roch Hodech, car la visite au cimetière ces jours-là suscite des pleurs et des lamentations en voyant la tombe du défunt au septième ou au trentième jour. Il faudra donc reporter la visite au cimetière après les jours de Hanouka.
Réponse
Certains estiment qu'il est permis de visiter les tombes des tsadikim, des tanaim et des amoraim pendant Hanouka et Hol Hamoed. D'autres sont d'avis contraire. Celui qui se montre indulgent a sur qui s'appuyer, car il n'est pas habituel d'y pleurer comme lors de la visite d'une tombe au septième ou au trentième jour.
Réponse
Il existe une coutume selon laquelle les endeuillés pour un père ou une mère ne récitent pas le Kaddich pendant Hanouka, et c’est une mauvaise coutume. S’il est possible de l’annuler par une explication agréable, cela est préférable, mais sinon, il ne faudra pas l’annuler de manière autoritaire afin d’éviter la discorde.
Réponse
Celui qui perd un proche pendant Hanouka observe durant ces jours toutes les lois du deuil, et l'on déchire les vêtements pour les proches. Il est également permis de rendre visite et de consoler l'endeuillé pendant Hanouka.
Réponse
Lorsque le trentième jour tombe pendant Hanouka, il est permis d'organiser un repas et un moment d'étude, à condition d'y prononcer des paroles de Torah et de morale pour l'élévation de l'âme du défunt. Cependant, il ne faut pas prononcer de discours funèbres qui suscitent les pleurs.
Réponse
Certains ont l’habitude de consommer de nombreux plats à base de fromage pendant les jours de Hanouka, en souvenir du miracle accompli par l’intermédiaire de Yehoudit. Cette coutume d’Israël a valeur de Torah. Elle fit manger au chef ennemi des plats à base de fromage afin qu’il ait très soif, puis elle lui fit boire du vin jusqu’à ce qu’il s’enivre et s’endorme, et alors, avec l’aide de Dieu, elle lui coupa la tête avec une épée. Lorsque les soldats virent que leur roi était mort, ils prirent la fuite. C’est pourquoi on a pris l’habitude de manger des plats à base de fromage pendant les jours de Hanouka.
Réponse
Il est d'usage de manger pendant Hanouka des beignets frits dans l'huile, en souvenir du miracle de l'huile de la menora. Leur goût rappelle celui d'une pâtisserie au miel. Toutes ces actions doivent être accomplies pour la gloire du Ciel.
Réponse
Certains estiment que la multiplication des repas pendant Hanouka n’est considérée que comme des repas facultatifs, car les Sages n’ont pas institué ces jours comme des jours de festin et de joie. D’autres pensent qu’il y a tout de même une certaine mitsva à multiplier les repas pendant Hanouka. Il est d’usage de chanter des chants et des louanges à Dieu lors de ces repas, et alors ils sont considérés comme des repas de mitsva. Il est très bon et agréable de profiter de ces occasions pour prononcer des discours de Torah et de crainte pure de Dieu, afin de rapprocher les Juifs de leur Père céleste ; ceux qui justifient la multitude sont comparés à des étoiles pour l’éternité, et dans ce cas, ces repas sont assurément considérés comme des repas de mitsva. Puisse Dieu accomplir pour nous des miracles et des merveilles comme Il l’a fait pour nos ancêtres en ces jours-là, en cette époque. Israël sera sauvé par Dieu d’un salut éternel, et que nous méritions la venue du Machia’h, et que nous allumions la menora dans notre sanctuaire et notre gloire, que nos yeux voient le Roi dans Sa beauté, rapidement et de nos jours, amen.
Ordre de l'allumage et emplacement de la menorah de Hanouka
Réponse
Il faut être très vigilant dans l’allumage des bougies de Hanouka, car il s’agit d’une mitsva particulièrement précieuse, qui permet de diffuser le miracle et de remercier Hachem pour les miracles accomplis en notre faveur. Celui qui agit ainsi mérite d’avoir des enfants érudits en Torah. Même une personne pauvre, qui n’a de quoi manger que grâce à la tsedaka, doit vendre son vêtement ou le donner en gage afin d’obtenir de l’argent pour acheter de l’huile ou des bougies de cire pour l’allumage des bougies de Hanouka, à raison d’une bougie par nuit. Il doit également accepter de travailler comme ouvrier journalier afin de pouvoir acheter de l’huile pour l’allumage, à raison d’une bougie par nuit. C’est pourquoi tous les responsables de la tsedaka doivent veiller à fournir de l’huile aux pauvres pour l’allumage des bougies de Hanouka, mais ils ne sont tenus de leur donner que de quoi allumer une bougie chaque nuit, conformément à la règle principale de la mitsva.
Réponse
Une veuve qui vit des biens des orphelins doit recevoir de l’huile pour l’allumage des bougies de Hanouka, afin qu’elle puisse réciter la berakha et s’acquitter de son obligation, car les femmes aussi sont tenues à l’allumage des bougies de Hanouka, puisqu’elles ont également bénéficié du miracle. Il est souhaitable de lui donner suffisamment d’huile pour qu’elle puisse suivre la coutume des personnes qui embellissent la mitsva, en ajoutant une bougie chaque nuit, comme le faisait son mari de son vivant.
Réponse
Bien que la mitsva de tsedaka soit repoussée devant celle de l’allumage des bougies de Hanouka, l’allumage des bougies de Hanouka ne repousse pas une mitsva d’ordre toranique. Si l’allumage des bougies de Hanouka repousse le kiddouch du jour, c’est parce que l’on s’acquitte de l’obligation toranique soit par le pain, soit par la tefila.
Réponse
Combien de bougies faut-il allumer à Hanouka ? Les Hakhamim ont enseigné que la mitsva de Hanouka consiste en une bougie pour chaque foyer. Ceux qui embellissent la mitsva allument une bougie pour chaque personne, et ceux qui embellissent encore davantage, selon Beit Hillel, allument une bougie la première nuit, puis ajoutent une bougie chaque nuit jusqu’à en allumer huit la dernière nuit. Ainsi, selon la règle principale, il suffit d’allumer une bougie par foyer, qu’il y ait beaucoup ou peu de membres. Cependant, ceux qui embellissent la mitsva, la première nuit allument une bougie, puis ajoutent une bougie chaque nuit jusqu’à huit la dernière nuit, et même si le foyer compte de nombreux membres, on n’allume pas plus. C’est ainsi que Maran a tranché dans le Choulhan Aroukh. Telle est la coutume répandue dans toutes les communautés séfarades, comme l’a rapporté le Rambam.

