Thèmes Lois de Synagogues : questions-réponses pratiques

Lois concernant la construction d’une synagogue
Réponse
Dans tout endroit où se trouvent dix Juifs, il est nécessaire de préparer un lieu où ils pourront se réunir pour prier à tout moment. Ce lieu est appelé beit haknesset. Si les membres de la communauté ne sont pas en mesure de construire un beit haknesset et n'ont pas d'endroit où prier, ils sont tout de même tenus, au minimum, de louer un lieu spécifique pour la prière.
Réponse
Ceux qui, de nos jours, se permettent de construire des bâtiments plus hauts que le beit haknesset ont sur qui s'appuyer, surtout lorsqu'il y a de la densité urbaine ou dans le contexte de la mitsva d'habiter la terre d'Israël, où il est encore plus permis d'agir ainsi. Tel est l'usage.
Réponse
Il ne faut pas construire un beit haknesset sans fenêtres. Idéalement, il est bon et correct de placer les fenêtres du côté est, en direction de Jérusalem, afin de prier face à elles. Cette règle s'applique aussi bien à celui qui prie chez lui, lorsqu'il est empêché de prier en communauté, qu'à celui qui prie au beit haknesset. Même un aveugle a intérêt à prier dans une maison dotée de fenêtres. Il est souhaitable qu'il y ait douze fenêtres dans le beit haknesset, mais ce n'est pas une condition indispensable. Si la construction du beit haknesset a déjà commencé sans prévoir de fenêtres à l'est, il faut terminer la construction et il est interdit de provoquer des disputes à ce sujet. L'usage courant n'est pas d'exiger de prier précisément face aux fenêtres, il suffit qu'il y ait des fenêtres dans la maison ou le beit haknesset. Il convient d'installer des vitres aux fenêtres afin qu'elles ne restent pas ouvertes.
Réponse
Il ne faut pas placer l'emplacement de l'aron hakodesh et le côté de la prière exactement face au lever du soleil, car cela est la pratique des sectaires. On doit plutôt orienter légèrement vers le sud-est pour ceux qui se trouvent au nord-ouest de Jérusalem. Toutefois, si cela risque de provoquer une grave dispute et qu'il est nécessaire de s'accommoder de la situation, il vaut mieux laisser les gens agir par ignorance que de les pousser à la faute délibérée. Il faut laisser faire le peuple juif.
Réponse
Idéalement, il convient de placer la teva au centre de la salle du beit haknesset. Si la construction de la teva a déjà commencé et que son emplacement n'est pas au centre, il faut poursuivre la construction à l'endroit où elle a été commencée, sans insister pour la placer absolument au centre, surtout s'il y a un risque de perte financière. Cette règle s'applique aussi bien à un beit haknesset provisoire qu'à un beit haknesset permanent. Dans les endroits où se trouvent des réformés ou des conservateurs, dont l'intention est négative à ce sujet, il convient d'être plus strict.
Réponse
Une teva qui était placée à un endroit précis dans le beit haknesset peut être déplacée ailleurs dans le beit haknesset, cela n'est pas considéré comme une diminution d'honneur.
Réponse
Lors de la construction d'une synagogue, il est souhaitable que l'entrée de la salle principale se fasse par un hall ou un vestibule, et que la porte intérieure de la synagogue soit en face de l'Aron Hakodesh. Il est également préférable que l'accès aux toilettes se fasse par un couloir intérieur, de manière discrète. Il est très recommandé, lorsque cela est possible, de construire les escaliers menant à la section des femmes ainsi que son entrée de façon totalement séparée de l'entrée principale réservée aux hommes.
Réponse
Dans une synagogue où la section des femmes n'est pas au même niveau que le sol de la synagogue mais s'élève en gradins, il faut veiller à surélever la cloison de la section des femmes à une hauteur telle que les fidèles ne puissent pas voir les femmes qui s'y trouvent.
Réponse
Il ne faut pas construire une synagogue en l'imitant sur le modèle de lieux de divertissement ou de loisirs, mais il convient de la bâtir comme les autres synagogues. Il est permis d'embellir la synagogue pour accomplir le verset "C'est mon D.ieu et je l'embellirai". Si l'intention est uniquement d'obtenir plus d'espace et que l'on souhaite donc construire la synagogue selon le modèle de salles de loisirs, qui sont plus spacieuses, il est permis d'être indulgent.
Réponse
Il est permis de construire une synagogue à l'emplacement d'une ancienne étable ou d'un lieu similaire, car une fois l'étable évacuée, le lieu prend un nouveau statut et il n'est pas nécessaire d'être strict à ce sujet.
Réponse
Il est permis de transformer un bain public utilisé par la communauté en synagogue, à condition d'enlever les bancs et autres meubles du bain, de carreler les parties qui en ont besoin, de rénover, de blanchir et de décorer l'endroit de manière appropriée, et d'y ouvrir des fenêtres pour augmenter la lumière, il est bon d'en faire douze. Puisqu'un changement a été apporté à la structure du bain public et que le lieu a pris un nouveau statut, il est donc permis d'agir ainsi.
Réponse
Si une synagogue a été détruite par les autorités et que le terrain reste en possession des Juifs, mais qu'il n'est pas possible de la reconstruire et que le gouvernement n'autorise pas la vente du terrain, il est permis de louer ce terrain pour en faire un parking, à condition que la location soit faite par sept notables de la ville en présence des habitants, que le paiement du loyer soit effectué à l'avance, et que la location soit réalisée par ces sept personnes. L'argent du loyer devra servir à acquérir des objets de sainteté, tels que des Sifrei Torah, des Sidourim et des Houmachim.
Réponse
Il n'est pas approprié de louer un lieu habituellement destiné à des activités de débauche ou de frivolité, comme un cinéma, afin d'y prier pendant les jours redoutables ou lors des fêtes de l'année, car cet endroit reste associé à des choses indécentes. Cependant, il est permis d'acheter un tel lieu et de le consacrer à partir de ce moment comme synagogue, lorsqu'il n'existe pas d'autre endroit spacieux pour l'établir. Même pour louer ce lieu dans ce contexte, il y a matière à permettre.
Réponse
Il ne faut pas installer de miroir sur les murs mêmes de la synagogue. En revanche, il est permis d'accrocher un panneau "Chiviti" encadré de verre, ou un panneau "Barich Chemeh" ou similaires, et de les fixer aux murs de la synagogue. Même sur le mur faisant face aux fidèles, il est permis d'agir ainsi, et telle est la coutume répandue.
Réponse
Si quelqu'un a fait don d'un miroir pour l'accrocher au mur du vestibule de la synagogue, au-dessus du lavabo où les fidèles se lavent les mains, il est permis d'y installer ce miroir, et il n'y a aucune interdiction à cela.
Réponse
Il est recommandé et correct d'éviter de dessiner sur les fenêtres ou sur les murs de la synagogue des motifs représentant les drapeaux des douze tribus, comme un lion, un serpent, etc., que ces dessins soient en relief ou non. Toutefois, ceux qui permettent de dessiner de tels motifs sur les fenêtres ou les murs de la synagogue, mais au-dessus de la hauteur d'un homme, ont sur qui s'appuyer. Il ne faut pas non plus installer de vitraux artistiques dans les fenêtres à hauteur des fidèles, si cela gêne leur concentration dans la prière. Si l'on entre dans une synagogue où des dessins ou des portraits de rabbins ont déjà été réalisés sur les murs, il convient de fermer les yeux ou de regarder dans le sidour et de prier la Amida, même si les dessins sont en relief. Malgré tout, ceux qui permettent de dessiner les drapeaux des tribus sur les fenêtres ou les murs au-dessus de la hauteur d'un homme ont sur qui s'appuyer, et il n'est pas nécessaire de leur faire de remarque. Cependant, si l'on sait que les responsables accepteront de retirer ces dessins, il est bon de leur demander de les enlever, même s'ils sont placés en hauteur. Concernant une synagogue où des versets ou des noms sacrés ont été peints sur les murs, certains estiment qu'il est permis de recouvrir ces versets avec de la chaux, car il n'y a pas d'interdiction d'effacer le nom de Dieu en passant de la chaux, tandis que d'autres s'y opposent et interdisent même de démolir les murs, ou d'y fumer de manière à noircir et effacer le nom de Dieu, même par l'intermédiaire d'un non-juif. Selon leur avis, il ne faut pas non plus imprimer les versets "Vayehoulou hachamayim..." sur les nappes de la table, de crainte qu'elles ne soient traitées avec négligence.
Réponse
Il est interdit d'accrocher des photos de grands d'Israël ou similaires sur les murs de la synagogue, en particulier face aux fidèles. Ces photos doivent plutôt être accrochées dans le vestibule de la synagogue. Si elles ont été accrochées dans la synagogue, il est correct de les retirer. Si les responsables refusent de les enlever, il faut au moins leur expliquer qu'il convient de placer ces photos sur le mur derrière les fidèles et non devant eux.
Réponse
Si quelqu'un a offert une parokhet pour l'Aron Hakodesh de la synagogue, en mémoire de membres de sa famille, et a inscrit leurs noms en grandes lettres au centre de la parokhet, de sorte que la dédicace apparaisse à hauteur de la poitrine des fidèles face à l'Aron Hakodesh, il est permis d'agir ainsi et il n'y a pas lieu d'être strict à ce sujet. Les fidèles qui se tiennent devant l'Aron Hakodesh doivent détourner leur regard de la dédicace sur la parokhet et se concentrer sur leur prière. Il est bon qu'ils consultent leur sidour pendant la tefila.
Réponse
Lorsqu'une famille a consacré une parokhet à la mémoire de leur frère, et que cette parokhet a été placée dans le heikhal du kodesh qui, jusque-là, n'en avait pas, et qu'elle y est restée pendant dix ans, puis a été remplacée par une autre parokhet dédiée par un autre fidèle à la mémoire de son frère, et que le comité de la synagogue a décidé que la première parokhet serait utilisée seulement en semaine et remplacée chaque Chabbat, il n'y a, selon la halakha, aucun droit acquis pour les donateurs de la première parokhet. Le comité est donc en droit d'accéder à la demande du second donateur et d'installer la nouvelle parokhet dans l'aron kodesh, en organisant une alternance selon leur appréciation. Il convient d'éviter toute dispute à ce sujet, car auprès d'Hachem, le mérite des premiers donateurs n'est en rien diminué du fait qu'ils ont précédé dans l'accomplissement de la mitsva. Ce qui compte, c'est l'intention du cœur.
Réponse
À la fin de la construction d'une synagogue, il est d'usage d'organiser une cérémonie d'inauguration, avec des paroles de Torah et d'encouragement à l'observance de la Torah et de ses mitsvot. Il ne faut pas réciter la bénédiction "Sheheheyanu" avec mention du Nom et de la royauté, ni la bénédiction "Hatov vehametiv", car en cas de doute sur une bénédiction, on s'abstient. A fortiori, on ne récitera pas "Sheheheyanu" lors de la pose des fondations ou du toit. Cependant, les responsables ou le rabbin de la synagogue peuvent porter un vêtement neuf lors de l'inauguration et réciter dessus la bénédiction "Sheheheyanu", et ainsi acquitter le nouveau beit haknesset. Il leur faudra annoncer publiquement que la bénédiction "Sheheheyanu" qu'ils récitent porte sur le vêtement neuf, afin d'éviter que l'assemblée ne pense qu'elle concerne la synagogue et ne vienne à trébucher.

