Thèmes Lois de Kilayim : questions-réponses pratiques

Lois du kilaim – kilaim des arbres
Réponse
La Torah enseigne : « Vous observerez Mes lois, tu n’accoupleras pas ta bête avec une autre espèce, tu ne sèmeras pas ton champ de kilaïm. » Ainsi, celui qui greffe un arbre sur un autre arbre, par exemple en greffant une branche de pomme sur un cédrat, ou un cédrat sur un pommier, transgresse un interdit de la Torah et reçoit la peine de makot, que ce soit en terre d’Israël ou en dehors. De même, greffer un légume sur un arbre, ou un arbre sur un légume, entraîne la même sanction partout. Tout cela concerne le mélange d’espèces différentes ; en revanche, greffer une espèce sur la même espèce est permis.
Réponse
Il est permis de greffer un bon pommier sur un pommier de moindre qualité, ou des cas similaires. Bien qu’il existe une opinion plus stricte à ce sujet, la halakha retient qu’il n’y a pas d’interdiction de kilaïm dans ce cas.
Réponse
Il est permis de greffer une figue blanche avec une figue noire, car il s’agit d’une seule et même espèce, malgré la différence d’apparence. De même, l’avoine et l’orge sont considérés comme une seule espèce, tout comme le radis et la petite rave.
Réponse
Il est permis de semer ensemble des graines et des graines d’arbres, ainsi que de mélanger des graines d’arbres et de les semer ensemble. Il est également permis de planter un arbre à côté d’un autre arbre, ou un arbre à côté d’une vigne, sans enfreindre l’interdiction de kilaïm, car il n’y a d’interdiction de kilaïm pour les arbres que dans le cas de la greffe. Il s’agit de la greffe entre un arbre et un autre arbre d’une espèce différente, que ce soit un arbre fruitier sur un arbre stérile, ou un arbre stérile sur un arbre fruitier. Il est interdit de joindre une branche d’un arbre d’une espèce à un tronc ou une branche d’un arbre d’une autre espèce, que les deux soient des arbres fruitiers ou que l’un soit stérile.
Réponse
Il est interdit à un Juif de laisser un non-Juif greffer ses arbres de manière interdite par les lois de kilaïm.
Réponse
En cas de doute sur l’existence d’un mélange interdit de kilaïm, il est permis de demander à un non-Juif de réaliser la greffe, car il se peut que ce ne soit pas un cas de kilaïm, et il se peut aussi qu’un Ben Noah ne soit pas concerné par l’interdiction de greffer des arbres de différentes espèces.
Réponse
Il existe des arbres qui se ressemblent par leurs feuilles ou leurs fruits, mais ils sont tout de même considérés comme deux espèces distinctes. Il y a donc un interdit de kilaïm et il est interdit de greffer un arbre de l'une de ces espèces sur un arbre de l'autre espèce. Par exemple : la pomme avec le hazrad, la pêche avec l'amandier, la prune avec le grenadier. En fin de compte, ce sont deux espèces différentes.
Réponse
La greffe dite "de l'œil", pratiquée de nos jours, consiste à prélever un œil d'un arbre de prunier et à le greffer sur le tronc d'un amandier. Après que la greffe a pris, on coupe l'arbre jusqu'à l'endroit où l'œil a été placé, et de cet œil sort une branche qui, en un ou deux ans, devient un arbre de prunier. Cette pratique est interdite, car même si au moment de la greffe il n'y a pas encore de connexion avec l'arbre et que cela ne s'appelle pas encore un arbre, la permission concernant les racines ne s'applique que lorsqu'elles n'ont jamais eu le statut d'arbre. Mais lorsqu'il s'agit d'une partie qui, avant la greffe, avait déjà le statut d'arbre, comme dans la greffe de l'œil, cela reste interdit.
Réponse
Concernant un arbre greffé de kilaïm, certains disent qu'il est interdit de le maintenir et qu'il faut l'arracher. À plus forte raison, il est interdit d'effectuer des actions pour entretenir cet arbre, comme l'arroser, le désherber, le biner, etc. L'interdiction s'applique même à l'arrosage automatique. Cependant, d'autres autorisent à maintenir un tel arbre et estiment qu'il n'est pas nécessaire de l'arracher, mais il faut le laisser pousser seul, sans intervention manuelle. En pratique, il y a lieu d'être indulgent concernant le maintien des arbres greffés, mais il est préférable de s'abstenir de les arroser ou de les désherber, sauf par l'intermédiaire d'un non-juif. Il est donc recommandé de ne pas effectuer de travaux manuels sur le corps du kilaïm, et toutes les interventions sur ces arbres greffés doivent être réalisées uniquement par des non-juifs ou de manière indirecte, comme l'arrosage automatique. A priori, il ne faut pas acheter de plants greffés d'une autre espèce, même si l'on prévoit de tout faire par l'intermédiaire d'un non-juif, mais il convient de chercher et d'acquérir des plants permis. Si l'arbre greffé s'est totalement soudé et est devenu comme un seul être, de sorte que la nature du tronc est devenue une seule entité, il est permis de le maintenir même par des actions, et il n'est pas nécessaire de l'arracher.
Réponse
Il est recommandé et approprié de n'acheter des plants que dans des pépinières qui ne pratiquent aucune greffe. Toutefois, selon la stricte halakha, il est permis d'acheter des plants d'agrumes greffés d'une espèce sur une autre, avec leur motte de terre, et de les planter dans son champ par l'intermédiaire de non-juifs. Celui qui se montre rigoureux à ce sujet sera béni.
Réponse
Le fruit issu d'un arbre greffé est permis à la consommation, même pour celui qui a lui-même réalisé la greffe. Ainsi, les poires, dont aujourd'hui 95 % proviennent d'une greffe avec le cognassier, sont permises à la consommation.
Réponse
Il ne faut pas greffer des boutures de citron, d'etrog, de pamplemousse et d'orange les uns sur les autres, car il existe un doute quant à savoir s'ils constituent une seule espèce ou plusieurs espèces distinctes.
Réponse
Concernant les oranges douces et le houchhache, qui est une orange sauvage, ainsi que les vergers où l'on greffe des oranges sur du citron ou sur de l'orange sauvage, il est permis, a minima, de maintenir, d'arroser et de désherber ces arbres, même pour un Juif, et il n'est pas nécessaire de les arracher. Même a priori, ceux qui ont l'habitude de greffer des oranges sur des pamplemousses, il n'y a pas lieu de les en empêcher. Mais pour greffer une orange sur un citron doux, il faut être strict. Certains estiment que tous les agrumes ne constituent pas des kilaïm entre eux, car ils se ressemblent dans leurs feuilles, leurs fruits et sont proches en goût. D'autres pensent qu'il suffit de suivre la coutume de greffer une orange douce sur un citron doux, et même dans ce cas, les personnes scrupuleuses préfèrent faire greffer par un non-Juif. Mais greffer une orange sur un pamplemousse ne semble pas être considéré comme une seule espèce.
Réponse
Il est interdit de greffer un arbre stérile sur un arbre fruitier, ou un arbre fruitier sur un arbre stérile. Mais il est permis, selon la règle de base, de greffer un arbre stérile sur un autre arbre stérile, même s'ils ne sont pas de la même espèce, et a fortiori s'ils sont de la même espèce.
Réponse
Un arbre fruitier qui ne donne pas de fruits n'est pas considéré comme un arbre stérile, et il est interdit de le greffer sur un arbre stérile.
Réponse
Un arbre multi-espèces sur lequel poussent différents types de fruits d'agrumes et d'autres fruits, chaque espèce sur une branche différente mais tous puisant la sève des mêmes racines, et où les kilaïm sont manifestement visibles, il est interdit de maintenir un tel arbre, même en l'arrosant ou en le désherbant, et a fortiori il est interdit de le planter.
Réponse
Bien qu'il soit interdit de déraciner un arbre greffé et de le replanter ailleurs, il est toutefois permis de prendre une bouture (branche) de cet arbre et de la planter ailleurs. En effet, lorsqu'on déracine tout l'arbre greffé, on donne vie aux deux espèces, ce qui constitue l'interdit de la greffe. Mais une bouture issue de l'arbre greffé est considérée comme un nouvel être, assimilé à une seule espèce, et cela est permis. Cependant, il est interdit de greffer cette bouture sur l'une des deux espèces d'origine de la greffe.
Réponse
Celui qui achète des plants d'agrumes avec leur motte de terre doit, a priori, acheter des plants qui ne sont pas greffés d'une espèce sur une autre, même pour les agrumes. Si, après coup, il a déjà acheté des plants d'agrumes greffés, par exemple orange sur citron, certains permettent, en cas de perte, de les sortir des sacs et de les planter en terre avec leur motte, à condition de bien veiller à planter avec la motte de terre dans laquelle ils ont poussé. Mais pour les autres fruits, il n'est pas permis d'être indulgent. En pratique, il convient de planter ces agrumes greffés par l'intermédiaire d'un non-Juif.
Réponse
Concernant la pratique qui consiste à planter des branches d'ohél ou de shoshanim, ou similaires, en pratiquant une fente à la base de la branche dans laquelle on insère un grain de blé avant de planter le tout en terre, et où le blé permet à la branche de s'enraciner, la règle dépend du fait que le blé s'enracine et s'associe à la branche. Si le blé s'associe effectivement à la branche, cela est considéré comme un mélange interdit (kilaïm) et constitue un greffage complet. Si le blé ne fait que se décomposer et humidifier la branche pour l'aider à s'enraciner, il subsiste un doute quant à savoir s'il s'agit d'un greffage. Il est difficile de trancher sur ce point, et celui qui se montre rigoureux sera digne de bénédiction.
Réponse
En ce qui concerne la récente invention du transfert de gènes entre différentes plantes par génie génétique, que ce soit d'une plante à une autre ou d'un arbre à un autre type d'arbre, certains estiment qu'il ne faut pas procéder ainsi par crainte de l'interdit de kilaïm. D'autres écrivent qu'il n'y a pas lieu de craindre l'interdit de kilaïm dans ce cas, et qu'il est permis d'agir ainsi.

