Thèmes Lois de Selichot : questions-réponses pratiques

Lois des Selihot
Réponse
La coutume est de se lever à l’aube pour réciter les selihot, à partir du jour de Roch Hodech Eloul jusqu’à Yom Kippour. Cette pratique s’appuie sur la tradition selon laquelle Moshé Rabbénou est monté pour recevoir les secondes tables de la loi à Roch Hodech Eloul et en est redescendu à Yom Kippour. Durant ces quarante jours, ce fut une période de miséricorde et de faveur pour tout Israël. À Yom Kippour, Hachem a agréé Israël avec joie et a dit à Moshé : « J’ai pardonné selon ta parole », c’est pourquoi Yom Kippour a été institué comme jour de pardon, de miséricorde et d’expiation. Cependant, le jour même de Roch Hodech, il n’est pas d’usage de réciter les selihot.
Réponse
Le moment le plus approprié pour réciter les selihot durant cette période est à partir de la mi-nuit halakhique, car c’est alors un moment de faveur. Il est interdit de réciter les selihot et les treize attributs de miséricorde durant la première moitié de la nuit. Un individu qui se trouve dans une synagogue où l’on a l’habitude de dire les selihot avant la mi-nuit ne doit pas se joindre à eux ; il s’assiéra en silence et ne répondra pas avec eux aux treize attributs et autres parties. De plus, il faut annuler cette coutume qui n’a pas de fondement. Pour calculer la mi-nuit, il faut d’abord compter les heures entre le lever et le coucher du soleil, la moitié de ce temps correspond à la mi-journée, lorsque le soleil est au milieu du ciel ; en ajoutant douze heures à ce moment, on obtient la mi-nuit exacte.
Réponse
Il est préférable que les juifs vivant en dehors d’Israël attendent l’heure appropriée selon leur propre fuseau horaire pour réciter les selihot, même si en Israël la mi-nuit est déjà passée. Toutefois, ceux qui se montrent indulgents et récitent les selihot en même temps que les habitants d’Israël, par exemple en les disant via les moyens de communication modernes comme le satellite, ont sur qui s’appuyer dans la halakha et sont autorisés à le faire.
Réponse
Une communauté qui ne peut pas se lever pour les selihot pendant la nuit peut les réciter tôt le matin, avant la prière de Chaharit, ou avant la prière de Minha, après la mi-journée. Il est souhaitable que le hazan qui dit les selihot s’enveloppe dans un tsitsit, en référence à ce que nos Sages ont enseigné à propos de Roch Hachana : « Et Hachem passa devant lui et proclama… » Rabbi Yohanan a dit : « Si ce n’était pas écrit, il serait impossible de le dire : cela enseigne qu’Hachem s’est enveloppé comme un chaliah tsibour et a montré à Moshé l’ordre de la prière, en lui disant : chaque fois qu’Israël faute, qu’ils fassent devant Moi selon cet ordre et Je leur pardonnerai. » Rav Yehouda a ajouté : « Une alliance a été conclue concernant les treize attributs, qu’ils ne reviennent jamais vides. » De même, dans les camps militaires où il n’est pas possible de dire les selihot à l’aube, on les dira avant la prière de Chaharit, ou avant Minha, ou après la mi-nuit.
Réponse
Bien qu’il soit interdit de réciter les selihot et les treize attributs de miséricorde avant la mi-nuit, il est permis d’écouter à la radio les selihot et les treize attributs à ce moment-là, afin d’apprendre et de s’habituer aux mélodies et aux airs des offices, ou pour des raisons similaires. Cela s’appuie sur l’enseignement du traité Roch Hachana : « Tu n’apprendras pas pour faire, mais tu apprendras pour comprendre et enseigner. »
Réponse
Celui qui écoute les selihot, les treize attributs de miséricorde ou le Kaddich du chaliah tsibour à la radio lors d’une diffusion en direct après la mi-nuit, répond aux treize attributs et à Amen. Mais si la diffusion provient d’un enregistrement, il ne répond pas. En revanche, celui qui écoute la lecture de la Meguila à la radio n’est pas quitte de son obligation.
Réponse
Les avrekhim et les jeunes hommes des yeshivot, ainsi que les talmide hakhamim, qui ne peuvent pas se lever chaque jour du mois d'Eloul à l'aube pour dire les selihot, car ils ont l'habitude d'étudier la Torah durant les premières heures de la nuit, et que s'ils se lèvent tôt pour les selihot, ils risquent d'être empêchés de suivre leur programme d'étude pendant la journée, devront malgré tout s'efforcer de se lever au moins quelques nuits du mois d'Eloul afin de s'associer avec le public à la récitation des selihot et des tahanounim. Ou bien, ils pourront se lever les lundis et jeudis du mois d'Eloul. De même, ils devront s'efforcer de participer avec la communauté à la récitation des selihot durant les dix jours de techouva entre Roch Hachana et Yom Kippour.
Réponse
Il en va de même pour les enseignants d'enfants : si se lever tôt pour les selihot les empêche d'accomplir correctement leur travail d'enseignement, ils sont autorisés à ne pas se lever chaque jour du mois d'Eloul. Ils devront toutefois se lever de temps à autre durant le mois d'Eloul et pendant les dix jours de téchouva pour dire les selihot avec la communauté. Il en est de même pour les employés de bureau et les ouvriers salariés : si se lever tôt pour les selihot les empêche d'accomplir correctement leur travail, ils sont autorisés à ne pas se lever pour les selihot, mais devront se lever de temps à autre, par exemple les lundis et jeudis, ainsi que pendant les dix jours de téchouva. Ils peuvent aussi dire les selihot le matin avant la tefila de Shaharit, ou le soir avant la tefila de Minha, comme cela a été expliqué plus haut.
Réponse
Les talmide hakhamim et les élèves de yeshiva qui ne se lèvent pas chaque jour pour les selihot, s'ils vont dormir après la moitié de la nuit, il est préférable qu'ils disent quelques selihot avant de dormir, même seuls. Ils diront aussi le tikoun hatsot avant de dormir, et la valeur du tikoun hatsot est supérieure à celle de la récitation des selihot avec la communauté.
Réponse
Celui qui se lève à l'aube pour dire les selihot pendant le mois d'Eloul et les dix jours de téchouva doit veiller avec force et détermination à ne pas somnoler ni dormir pendant la lecture du Chema, ses bénédictions et la tefila jusqu'à la fin. A plus forte raison, lorsqu'il porte les tefiline, il est interdit de détourner son attention de ceux-ci, et il doit se préserver dans la sainteté et la pureté. Celui qui ne fait pas ainsi, et somnole pendant sa tefila avec les tefiline, ou pendant la tefila et la lecture du Chema, perd le bénéfice de son effort. Il vaut mieux prier correctement que de dire les selihot à l'aube, afin de préserver l'essentiel et d'ajouter à la piété, sans négliger l'essentiel au profit de l'accessoire.
Réponse
L'essentiel de la récitation des selihot doit se faire avec kavana, douceur, lenteur et une grande humilité, en particulier pour les treize attributs. Comme il est écrit : "le pauvre parle avec supplications", il faut comprendre ce que l'on prononce, avec un cœur brisé et contrit. Ceux qui ont l'habitude de dire "Anenou Avinou Anenou" et "Assé lema'an shemekha" très rapidement et à la hâte n'agissent pas correctement, et il faut annuler cette habitude et les dire posément. Ceux qui se forcent à se réveiller du sommeil et viennent à la synagogue pour crier à haute voix, en récitant les selihot à voix forte comme on chante des poèmes et des mélodies, héritent d'une double sanction, et leur effort est perdu. En effet, on les appelle "selihot" et non "cris". Il convient de réfléchir lors de la récitation du vidouï et des selihot, d'examiner ses actions, de faire une techouva complète et d'ajouter des mitsvot et de bonnes actions, à l'approche du jour du jugement où les mérites et les fautes de chacun sont pesés. Les commentateurs ont déjà dit que les initiales de "Ani le-dodi ve-dodi li" forment le mot "Eloul", et la valeur numérique des dernières lettres est quarante, car pendant les jours d'Eloul et les dix jours de téchouva, qui font quarante jours, la techouva est particulièrement acceptée, car ce sont des jours de miséricorde. On s'appuie aussi sur le verset "Oumol Hachem Elohekha et levavkha ve-et levav" zarekha, dont les initiales forment "Eloul", ce qui est une source pour la coutume de se lever pour dire les selihot tout le mois d'Eloul.
Réponse
Un particulier ne peut pas réciter les treize attributs du verset "Vaya'avor" sous forme de prière et de demande de miséricorde, car cela est considéré comme une chose nécessitant un minyan. Mais s'il veut les dire simplement comme une lecture, avec la cantillation des versets, il en a le droit.
Réponse
Il n'est pas nécessaire pour une personne seule de terminer le verset « Venake lo yenake » jusqu'à la fin du verset ; il suffit de dire jusqu'à « Venake ». Il est également permis à un particulier de dire « El Melekh Yochev » et ainsi de suite, même si l'on y mentionne « Zekhor lanu hayom berit shlosh esre ».
Réponse
Les passages de selihot rédigés en araméen, comme « Rahamana », « Mehai oumesi », « Deani leanye aninan », « Marana debashmaya », ne doivent pas être dits par un particulier, car les anges ne comprennent pas la langue araméenne. Ces passages ne sont récités que lorsqu'il y a un minyan à la synagogue, car la communauté n'a pas besoin de l'aide des anges, la Shekhina étant avec eux. Ainsi, tant que dix personnes ne sont pas encore arrivées pour compléter le minyan, le chaliah tsibour doit sauter « Rahamana » et les autres passages de selihot mentionnés, et les dira lorsque le minyan sera complet. Il est recommandé, lorsque dix personnes ne sont pas encore arrivées pour les selihot, de dire après « Shevet Yehouda bedohak oubetsaar » : « Ribono shel olam etvade al averot », etc., ainsi que le vidouy et les autres supplications en hébreu. Lorsque la dixième personne arrive, on reprend « El Melekh », puis « Vayaavor », « Rahamana », « Anshei emouna » et les autres selihot sautées. Si le temps est limité, on dira « El Melekh », « Vayaavor », « Anshei emouna », etc., et on sautera « Im efes » pour commencer à « Zekheron lefanecha bashak ». On sautera également « Bezikhri al mishkavi » et « Elekha Hachem nasati enay » selon le besoin, car la récitation des treize attributs de miséricorde est plus importante que ces selihot. Si l'on n'a aucune chance d'avoir un minyan pendant le temps des selihot, on dira alors tous les treize attributs à leur place, avec les intonations de la lecture de la Torah, comme quelqu'un qui lit dans la Torah.
Réponse
La coutume établie est de dire cinq fois les treize attributs de miséricorde dans les selihot : a) après « Shevet Yehouda bedohak oubetsaar » et avant la supplication « Rahamana » ; b) après les supplications « Rahamana » ; c) après « Anshei emouna avdou » ; d) après « Tamahnou meraot » ; e) à la fin des selihot, après « Zekheron lefanecha bashak » qui conclut le piyout « Im efes ». C'est ainsi que cela apparaît dans les selihot imprimées dans les mahzorim de Roch Hachana. L'assemblée doit également dire à voix basse, avec le chaliah tsibour, les mots « Vayaavor Hachem al panav vayikra », puis dire à voix haute « Hachem Hachem El rahoum vehanoun », etc. Il faut marquer une pause entre les deux noms de Hachem en prononçant la lettre pe avec un kamats, et celui qui ne le fait pas est passible d'une grande sanction.
Réponse
Lorsque le chaliah tsibour dit les mots « Hachem Hachem », il convient de courber légèrement le dos en s'inclinant. Il n'est pas nécessaire de se mettre sur la pointe des pieds comme on le fait lors de la kedoucha ; il suffit de garder les pieds droits et de dire les treize attributs avec kavana. Certains ont l'habitude de se mettre sur la pointe des pieds en disant « Hachem Hachem », comme lors de la kedoucha.
Réponse
Il existe une divergence parmi nos Sages concernant le décompte des treize attributs de miséricorde dans le verset « Vayaavor ». On ne sait pas précisément où commence ce décompte ni quel en est l'ordre. Par conséquent, il ne faut pas compter les attributs avec les doigts, mais les dire simplement, et Hachem connaît les intentions du cœur. Ce qui importe, c'est l'intention intérieure.
Réponse
Il ne faut pas répéter le verset « Chema Israël » que l'on dit dans les selihot ; le chaliah tsibour le dit une fois, et l'assemblée répond également une seule fois après lui.
Réponse
Ceux qui modifient le texte de l'ordre du service du jour de Yom Kippour, et qui, au lieu de dire "Ana Hachem", disent "Ana Bechem", ainsi que dans certains passages du texte de "Eloheinu Shebashamayim" dans les selihot, où ils ajoutent un ou deux mots, comme "abed vechamed kol hamekim alenu lera'a", ou "ane et me'anenu", ou "batel me'alenu oume'al amkha Israel bekhol makom shehem", etc., ou encore "anenu beyom kora'enu lekha", et tout ce qui est semblable, il n'y a pas de rigueur à ce sujet.
Réponse
Dans le texte du piyout des selihot "Nafla Na Beyad Hachem", il convient de dire "ma yiten lekha haadam ki yirsha vechi yitsdak", car cette version est plus correcte que celle qui figure dans certains sidourim : "ma yiten lekha haElohim".

