Thèmes Lois de Kavana : questions-réponses pratiques

Intention dans les bénédictions
Réponse
Il convient d’avoir l’intention de comprendre le sens des mots dans les berakhot. Lorsqu’on mentionne le Nom de Hachem, il faut penser à sa lecture comme "Adnout", c’est-à-dire Maître de tout. Concernant l’écriture du Nom avec les lettres Youd et Hé, il faut avoir à l’esprit qu’Il était, Il est et Il sera. Lorsqu’on dit "Elohim", il faut penser qu’Il est puissant, qu’Il détient la capacité et la force sur tout. Lorsqu’on dit "Eloheinu", il faut penser qu’Il est notre D.ieu, puissant et doté de toutes les capacités. Certains estiment que toutes ces intentions ne sont requises que lors de la mention du Nom de Hachem dans les berakhot, mais pas lors des autres mentions du Nom dans les versets ou similaires. D’autres pensent qu’il faut avoir ces intentions à chaque mention du Nom de Hachem. Il est préférable, a priori, d’avoir ces intentions à chaque mention du Nom de Hachem, et en particulier dans la berakha des Avot dans la Amida, ainsi que lors de la mention du Nom de Hachem dans le verset du Chema Israël.
Réponse
Certains estiment qu’il faut avoir l’intention mentionnée ci-dessus précisément au moment où l’on prononce le Nom de Hachem dans la berakha. D’autres pensent qu’il est également valable d’avoir cette intention juste avant de prononcer le Nom, ou même juste après, tant que l’on n’a pas encore poursuivi avec le mot suivant.
Réponse
Certains disent qu’il est possible de faire une condition chaque matin, stipulant que chaque fois que l’on mentionnera le Nom de Hachem dans la journée, ce sera avec l’intention mentionnée plus haut. A priori, il est souhaitable que chacun fasse l’effort d’avoir cette intention lors de la mention des Noms sacrés, que ce soit en récitant une berakha, en priant, ou à chaque fois que l’on mentionne le Nom de Hachem, et particulièrement lors de la lecture du Chema, dont l’obligation est d’ordre toranique. Cependant, puisque la question de l’intention n’est pas mentionnée dans la Guemara, il est possible de s’appuyer sur cette condition faite en début de journée pour toute la journée, de sorte que chaque fois qu’on mentionne le Nom de Hachem, on ait l’intention qu’Il est le Maître de tout, qu’Il était, est et sera. Et au cours de la journée, il suffira d’avoir à chaque fois seulement une intention générale, à savoir que c’est le Nom du Maître du monde. Toutefois, pour la lecture du Chema et pour la première bénédiction de la Amida, il faudra avoir l’intention selon la règle.
Réponse
Il faut veiller à réciter toutes les berakhot posément, sans avaler les lettres, et les prononcer avec joie.
Réponse
Il faut être attentif, lors de la mention du Nom de Hachem, à prononcer la lettre Dalet avec un ‘holam, et non comme ceux qui se trompent en la prononçant avec un shva, ce qui donnerait au Nom une signification différente, semblable à "va-adonehem kesef".
Réponse
La coutume des Séfarades est de prononcer la lettre Noun du Nom de Hachem avec un kamats large, qui ressemble à la voyelle patah. Les personnes précises font une légère distinction entre les deux, car le kamats est une voyelle longue et lourde, tandis que le patah est une voyelle courte. Même si la différence est minime, les personnes attentives peuvent la percevoir. Récemment, certains, éduqués dans les yeshivot de nos frères Ashkénazes, ont modifié la prononciation du Noun du Nom de Hachem en utilisant un kamats hatouf, similaire au ‘holam, à la manière ashkénaze. En réalité, il ressort des propos des décisionnaires que notre prononciation est la correcte, et quiconque la modifie a tort, agit mal envers la communauté, méprise la coutume de nos ancêtres et transgresse "al titosh torat imekha".
Réponse
Certaines personnes ont l'habitude de dire le leshem yihoud avant chaque mitsva qu'elles accomplissent, ou avant leur étude. Même si le Gaon Noda BiYehouda a émis des réserves à ce sujet, néanmoins, si cela aide une personne à avoir l'intention d'accomplir la mitsva, il est approprié de réciter la formule du leshem yihoud avant chaque mitsva qu'elle accomplit. Chacun doit agir selon ce qu'il ressent de lui-même : si la bénédiction suffit à éveiller son intention dans la mitsva, il n'est pas nécessaire de dire le leshem yihoud. Mais si la récitation du leshem yihoud lui permet de mieux se concentrer lors de l'accomplissement de la mitsva, il est bon et approprié de le dire avant chaque mitsva.
Réponse
Les Hakhamim ont enseigné que celui qui prononce le Nom de Hachem avec ses lettres n'a pas de part au monde futur. Les décisionnaires et les mekoubalim ont écrit que même celui qui énonce le Nom de Hachem en épelant chaque lettre séparément est également concerné par cet interdit. C'est pourquoi, dans la formule du leshem yihoud récitée avant chaque mitsva ou prière, il faut dire : "le-yakhed shem yod ke vav ke" et ne pas mentionner, à D.ieu ne plaise, le Nom de Hachem tel qu'il s'écrit. Toutefois, cela concerne uniquement le Nom de Hachem écrit en quatre lettres, mais pour le Nom Adnout ou le Nom Ekiye, il est permis de les prononcer lettre par lettre. Même pour le Nom de Hachem en quatre lettres, s'il n'a pas l'intention de mentionner le Nom de Hachem, il est permis d'être indulgent. Ainsi, il est permis de dire dans la prière du matin "Abaye hava mesader ha-ma'arakha" sans interruption entre "Abaye" et "hava", même si cela ressemble à la prononciation du Nom de Hachem. Cependant, il est préférable de faire une légère pause entre le mot "Abaye" et le mot "hava".
Lois de l’intention dans les mitsvot
Réponse
Il est nécessaire d’avoir la kavana, c’est-à-dire l’intention, lors de l’accomplissement d’une mitsva, en ayant à l’esprit que l’on souhaite s’acquitter de l’obligation de la mitsva. Certains estiment que si l’on a lu le Chema dans l’ordre de la tefila, ou mangé la matsa, ou fait le kiddouch, ou pris le loulav ou sonné du chofar, et autres cas similaires, même sans avoir eu explicitement l’intention de s’acquitter, on est quitte, car c’est précisément pour cela que l’on accomplit ces actes, même sans intention explicite. Beaucoup s’appuient sur cette opinion, même a priori, et ne formulent pas explicitement l’intention lors de la tefila, du Chema ou du kiddouch. Toutefois, il est très recommandé et approprié d’avoir explicitement l’intention, pour chaque mitsva, au moment où on l’accomplit, de le faire dans le but de réaliser la mitsva.
Réponse
Certains affirment que l’exigence d’avoir l’intention lors de l’accomplissement des mitsvot n’est qu’une obligation d’ordre rabbinique, et que selon la Torah, on s’acquitte même sans intention spécifique. D’autres estiment que cette règle est d’ordre toranique, et que si l’on n’a pas eu l’intention lors de l’accomplissement de la mitsva, on n’est pas quitte selon la Torah.
Réponse
Même pour les mitsvot d’ordre rabbinique, il faut a priori avoir l’intention de s’acquitter de la mitsva. Toutefois, a posteriori, si l’on n’a pas eu cette intention pour une mitsva rabbinique, on est tout de même quitte.
Réponse
Même s’il faut a priori avoir l’intention lors des mitsvot qui impliquent un acte, comme manger la matsa ou le maror, a posteriori, si l’on n’a pas eu l’intention de réaliser la mitsva, on est quitte, car on en a tiré profit. En particulier, selon le Haye Adam, si l’on a mangé la matsa sans intention de s’acquitter, on est quitte tant que l’on agit pour la mitsva et non pour une autre raison. Celui qui souhaite être rigoureux et recommencer à manger ne récitera pas de nouvelle berakha, par crainte de prononcer une berakha vaine. Il est cependant évident que si l’on a récité la berakha « Al akhilat matsa », il n’existe pas d’intention plus grande que celle-ci, et l’on est quitte selon tous les avis.
Réponse
Il n’est pas nécessaire de déclarer verbalement que l’on accomplit la mitsva dans ce but, comme par exemple dire « leshem yihoud » ou autre, mais il suffit d’y penser, même a priori. Cela ne ressemble pas à l’écriture des tefiline, où il faut déclarer que l’on écrit pour la sainteté des tefiline. Surtout pour une mitsva sur laquelle on récite une berakha au début, car la berakha éveille la parole et la pensée à avoir l’intention de réaliser la mitsva. Cependant, il est courant que beaucoup, même des personnes pieuses, disent « leshem yihoud » avant chaque mitsva pour stimuler l’intention de l’accomplir pour la mitsva, en particulier pour la mitsva de s’asseoir dans la souka la première nuit de Soukot, et pour les tsitsit et tefiline.
Réponse
Certains estiment que pour les mitsvot entre l’homme et son prochain, comme la tsedaka, la bienfaisance, le respect des parents, le respect de son maître, et autres, il n’est pas nécessaire d’avoir l’intention de réaliser la mitsva, car l’acte de charité, de bienfaisance ou de respect est accompli et réalisé de toute façon.
Réponse
Certains avis estiment que pour les mitsvot qui ne sont pas une obligation directe pour la personne, comme la terouma, la maasser, la hafrasha hala ou la shehita, qui ne deviennent obligatoires que si l’on souhaite consommer, il y a lieu de dire que, selon tous les avis, il n’est pas nécessaire d’avoir une intention particulière lors de leur accomplissement.
Réponse
Pour une mitsva qui consiste uniquement en une parole, il existe un avis selon lequel, d’après tous les avis, il faut avoir l’intention de s’acquitter de son obligation, et si l’on n’a pas eu cette intention, on n’est pas quitte de la mitsva.
Réponse
D’après la majorité des Richonim, si une personne a explicitement l’intention de ne pas s’acquitter de son obligation, elle n’est, selon tous les avis, pas quitte de la mitsva. Il existe un avis selon lequel on serait quitte malgré soi, mais il n’est pas retenu. Il n’y a pas de différence à ce sujet entre une mitsva qui dépend d’un acte et une mitsva qui dépend d’une parole.
Réponse
Certains estiment que pour la mitsva de soukka, il faut avoir l’intention du sens de la mitsva, à savoir que l’on s’assoit dans la soukka en souvenir de la sortie d’Égypte, comme il est dit : « Afin que vos générations sachent que J’ai fait résider les enfants d’Israël dans des soukkot lorsque Je les ai fait sortir d’Égypte. » Et que l’on accomplit une mitsva positive en mangeant dans la soukka. Si l’on n’a pas eu cette intention, on n’est pas quitte de la mitsva de soukka. D’autres pensent que tout cela n’est nécessaire que pour accomplir la mitsva de la meilleure manière, mais qu’a posteriori, si l’on a eu simplement l’intention de s’acquitter de la mitsva que Hachem nous a ordonnée, on est quitte. De même, concernant les tsitsit et les tefiline, certains disent que si l’on n’a pas eu l’intention du but de la mitsva, on n’est pas quitte.
Réponse
Celui qui lit la meguila pour acquitter l’assemblée doit avertir le public d’avoir l’intention de s’acquitter de leur obligation, et lui-même doit avoir l’intention de les acquitter. Même pour les mitsvot d’ordre rabbinique, il est préférable, a priori, d’avoir l’intention lors de leur accomplissement. Cela est d’autant plus vrai pour la lecture de la meguila, qui relève des paroles de Kabbala et est assimilée à une mitsva de la Torah.
Réponse
Si quelqu’un écrit une lettre à son ami pendant les jours du Omer et mentionne dans la lettre, la nuit, le compte du Omer, certains estiment que l’écriture est considérée comme la parole et qu’il est quitte de la mitsva de compter le Omer, il ne devra donc pas recompter avec berakha cette nuit-là, et pourra continuer à compter avec berakha les nuits suivantes. D’autres pensent qu’il n’est pas quitte de la mitsva. Par conséquent, en cas de doute sur la berakha, il devra recompter cette nuit-là sans berakha, et continuer à compter avec berakha les nuits suivantes.

