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Thèmes Lois de Deuil : questions-réponses pratiques

Deuil juif et avélout présentés comme un chemin guidé par la halakha, de l’aninoute à la Chiva, entre mémoire, foi et soutien de la famille et de la communauté.

Deuil
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Pose des tefiline au fil de l’année et lois des tefiline en deuil

Faut-il mettre les tefiline à Cha'harit le 9 Av selon le minhag de Jérusalem ?
Peut-on mettre les tefiline de Rabbénou Tam le 9 Av ?
Que doit-on faire dans une communauté où certains mettent les tefiline à Cha'harit le 9 Av et d'autres à Min'ha ?
Réponse

Le minhag de Jérusalem est de prier Cha'harit le 9 Av avec la communauté en portant le talit et les tefiline, comme chaque jour. On récite la berakha sur le talit et les tefiline lorsqu'on les met le 9 Av. Ceux qui ont l'habitude de mettre les tefiline de Rabbénou Tam les mettront aussi le 9 Av. Dans les endroits où l'on suit l'avis du Maran de ne pas mettre les tefiline à Cha'harit, on continuera à suivre cette coutume et on les mettra à Min'ha, sans changer pour éviter la discorde. Cependant, il ne faut pas qu'une partie de l'assemblée fasse d'une manière et une autre partie d'une autre manière.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 1)
Faut-il retirer les tefiline au coucher du soleil lorsqu'on les met à Min'ha le 9 Av ?
Est-il permis de garder les tefiline après le coucher du soleil si l'on est encore en train de prier Min'ha le 9 Av ?
Réponse

Ceux qui ont l'habitude de mettre les tefiline à Min'ha le 9 Av doivent veiller à les retirer au coucher du soleil. Bien que selon le sens simple de la halakha il soit permis de les garder après le coucher du soleil, il est préférable d'être rigoureux à ce sujet, suivant la pratique de l'Arizal. Toutefois, si l'on se trouve au milieu de la tefila, on peut les garder.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 2)
Quand met-on les tefiline lors des jeûnes publics en Erets Israël ?
Pourquoi certains mettent-ils les tefiline à Min'ha pendant les jeûnes publics ?
Réponse

Le minhag répandu en Erets Israël est de mettre les tefiline à Cha'harit uniquement lors des jeûnes publics. Certains ont l'habitude de les mettre aussi à Min'ha pendant ces jeûnes pour compléter le compte de cent berakhot, mais cette pratique n'est pas observée en Erets Israël, et il convient de laisser les gens suivre leur coutume.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 3)
Est-on tenu de mettre les tefiline à Pourim ?
Que doit-on faire avec les tefiline lorsqu'on dit le verset "LaYehoudim hayta ora ve-sim'ha ve-sasson vikar" à Pourim ?
Réponse

Il y a une obligation de mettre les tefiline à Pourim. Lorsqu'on dit le verset "LaYehoudim hayta ora ve-sim'ha ve-sasson vikar", on touchera les tefiline de la tête et du bras et on les embrassera.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 4)
Est-il d'usage de mettre les tefiline de Rabbénou Tam avant la lecture de la meguila à Pourim ?
Que faire si l'on ne peut pas mettre les tefiline de Rabbénou Tam avant la lecture de la meguila à Pourim ?
Réponse

Certains ont l'habitude à Pourim de mettre les tefiline de Rabbénou Tam avant la lecture de la meguila à la synagogue, et ils portent les tefiline de Rabbénou Tam pendant la lecture de la meguila. Toutefois, si cela n'est pas possible, on les mettra après la lecture.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 5)

Tefiline en période de deuil

Est-il permis à un endeuillé de mettre les tefiline le premier jour de son deuil, même après l'enterrement ?
Que doit faire un endeuillé si le décès et l'enterrement ont eu lieu à des jours différents concernant la mise des tefiline le jour de l'enterrement ?
À partir de quel jour de deuil un endeuillé peut-il remettre les tefiline, et à quel moment de la journée ?
Réponse

Un endeuillé n'a pas le droit de mettre les tefiline le premier jour de son deuil, même après l'enterrement. Cela concerne le jour du décès et de l'enterrement, et même si le défunt est décédé et enterré pendant la nuit, il ne mettra pas les tefiline le lendemain matin. La raison en est qu'il est alors considéré comme "couvrant sa tête de poussière", ce qui n'est pas un honneur pour les tefiline qui sont appelés "parure", comme il est dit : "Ta parure soit sur toi". Dès le deuxième jour de deuil, il mettra les tefiline après le lever du soleil. Tout cela s'applique lorsque le défunt a été enterré le jour même de son décès. Mais si le décès a eu lieu un jour et l'enterrement un autre jour, les décisionnaires sont partagés sur la conduite à adopter le jour de l'enterrement. En pratique, il convient de mettre les tefiline discrètement, sans réciter la berakha, car en cas de doute sur une berakha on adopte une attitude de réserve. C'est ainsi qu'il est juste d'agir.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 1)
Comment doit agir une personne dont le proche est décédé et enterré le même jour, mais l'enterrement a eu lieu pendant le bein hachmachot ?
Quand un endeuillé peut-il remettre les tefiline avec berakha si l'enterrement a eu lieu pendant le bein hachmachot ?
Réponse

Si une personne a perdu un proche le dimanche et que l'enterrement a eu lieu le dimanche pendant le bein hachmachot, elle devra mettre les tefiline le lendemain, c'est-à-dire le lundi, après le lever du soleil, avec berakha.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 2)
Que doit faire un endeuillé dont le décès a eu lieu Chabbat et l'enterrement à la sortie de Chabbat concernant la mise des tefiline le dimanche et le lundi ?
Est-il permis à un endeuillé de mettre les tefiline le lundi avant le lever du soleil si l'enterrement a eu lieu à la sortie de Chabbat ?
Réponse

Si une personne a perdu un proche le Chabbat et que l'enterrement a eu lieu à la sortie de Chabbat, puisqu'elle n'a pas observé le deuil pendant Chabbat, il faut être rigoureux et ne pas mettre les tefiline du tout le dimanche, même sans berakha. Le lundi, il mettra les tefiline uniquement après le lever du soleil. Toutefois, même si on ne doit pas protester contre un endeuillé qui souhaite mettre les tefiline le lundi avant le lever du soleil, celui qui demande conseil doit être orienté à les mettre après le lever du soleil.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 3)
Un endeuillé doit-il mettre les tefiline de Rabbenou Tam pendant les sept jours de deuil ?
Réponse

L'endeuillé met également les tefiline de Rabbénou Tam durant les sept jours de deuil.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 4)
Faut-il mettre les tefiline le jour de Pourim lorsqu'il s'agit du premier jour de deuil, c'est-à-dire le jour de l'enterrement ?
Est-il permis de mettre les tefiline le jour de Pourim si ce jour est à la fois le jour du décès et de l'enterrement ?
Réponse

L'endeuillé est tenu de mettre les tefiline le jour de Pourim, même si c'est le premier jour du deuil, c'est-à-dire le jour de l'enterrement. Cependant, si ce jour est également le jour du décès, il ne mettra pas les tefiline même après l'enterrement.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 5)
Doit-on mettre les tefiline le jour où l'on apprend le décès d'un proche dans le cas d'une chemoua kerova, c'est-à-dire moins de trente jours après la mort ?
Réponse

Celui qui apprend le décès d'un proche moins de trente jours après la mort, ce qui est appelé une "nouvelle annonce" (chemoua kerova), et qui doit observer sept jours et trente jours de deuil, ne mettra pas les tefiline ce jour-là.

(Yalkout Yossef, Lois de Tefiline, Halakha 6)

Lois de la déchirure des vêtements

Pour quels proches doit-on obligatoirement faire la keria lors d'un deuil ?
Quand doit-on réciter la bénédiction Dayan Haemet en lien avec la keria ?
Est-il permis de négliger la keria lors du deuil d'un proche ?
Réponse

Lorsqu'une personne perd un proche pour lequel il est obligatoire de porter le deuil (avélout), à savoir son père, sa mère, son fils, sa fille, son frère, sa sœur ou son épouse, elle doit effectuer la keria (déchirure du vêtement). Au moment de la keria, on récite la bénédiction : « Baroukh Ata Hachem Eloheinu Melekh Haolam Dayan Haemet ». Cependant, cette bénédiction n'est pas liée à la keria elle-même, mais concerne la mauvaise nouvelle. Ainsi, si la bénédiction a déjà été récitée lors de l'annonce du décès ou au moment de la sortie de l'âme, on procède ensuite à la keria sans redire la bénédiction. Bien que l'obligation de la keria soit d'ordre rabbinique, il faut y accorder une grande importance, car nos Sages ont été très stricts à ce sujet et ont dit que celui qui ne la fait pas est passible de mort céleste, à Dieu ne plaise.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 1)
Quel est le moment idéal pour effectuer la keria lors d'un deuil ?
Quelle est la coutume répandue concernant le moment de la keria après un décès ?
Est-il permis à un endeuillé de porter des chaussures en tissu avant l'enterrement ?
Réponse

Le moment idéal pour effectuer la keria serait lorsque les proches se tiennent près du défunt au moment de la sortie de l'âme, alors qu'ils récitent le tsidouk hadin, et lorsque l'on arrive à la bénédiction Dayan Haemet, on procède à la keria. Cependant, en raison de l'émotion, il n'est pas habituel de déchirer à ce moment-là, et la coutume est de faire la keria pour les endeuillés immédiatement après l'enterrement, avant le repas de consolation, une fois que tous les endeuillés sont revenus de l'enterrement. Toutefois, a priori, il est bon d'agir en faisant la keria juste avant le départ des endeuillés qui vont à l'enterrement. On a l'habitude de réciter la bénédiction Dayan Haemet au moment de la keria, comme mentionné précédemment.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 2)
La keria effectuée en position assise est-elle valable ?
Faut-il redire la bénédiction Dayan Haemet si l'on doit refaire la keria ?
Réponse

La keria doit être faite debout. Si quelqu'un l'a faite assis, il n'est pas quitte et doit recommencer la keria en étant debout, mais il ne redira pas la bénédiction Dayan Haemet. Il en va de même dans tout cas où la keria a été faite de manière non conforme à la halakha : il faut recommencer sans répéter la bénédiction.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 3)
Est-il permis de s'appuyer sur un mur ou une table lors de la keria ?
Une personne âgée ou malade peut-elle s'appuyer pendant la keria ?
Réponse

Lors de la keria, il ne faut pas s'appuyer sur un mur ou une table. Cependant, une personne malade ou âgée est autorisée à s'appuyer lors de la keria.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 4)
Où doit-on effectuer la keria sur le vêtement ?
Que faire si la keria a été faite à l'arrière ou sur la manche du vêtement ?
Sur quel côté du vêtement déchire-t-on pour un parent autre que le père ou la mère ?
Réponse

L'endroit où l'on doit faire la keria est à l'avant du vêtement. Si la déchirure a été faite à l'arrière, en dessous du nombril, sur les côtés (sous les aisselles) ou sur la manche, on n'est pas quitte de la keria et il faut recommencer, mais sans redire la bénédiction. La coutume est, a priori, de déchirer du côté droit pour les autres proches, et du côté gauche pour le père ou la mère.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 5)
Quelle est la mesure minimale de la keria à effectuer lors d'un deuil ?
Où doit-on déchirer le vêtement pour la keria concernant le père ou la mère ?
Est-il nécessaire de déchirer le maillot de corps lors de la keria pour le père ou la mère ?
Réponse

La mesure de la keria est d'un tefah (huit centimètres), sur les côtés de la poitrine, pour les autres proches (fils, fille, frère, sœur, épouse). Mais pour le père ou la mère, on déchire du côté gauche, en face du cœur, jusqu'à découvrir l'endroit du cœur.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 6)
Peut-on effectuer la keria avec un instrument pour tous les défunts ou seulement pour certains proches ?
Comment doit-on procéder à la keria pour son père ou sa mère par rapport aux autres défunts ?
À partir de quand est-il permis de recoudre le vêtement après la keria, et y a-t-il une différence entre les parents et les autres proches ?
Réponse

Pour tous les défunts, si l'on veut, on déchire à la main ou à l'aide d'un instrument, mais pour son père ou sa mère, on déchire uniquement à la main. La coutume est que le début de la keria soit fait par une autre personne, car ainsi l'endeuillé ressent davantage de peine, puis la suite de la déchirure est faite par l'endeuillé lui-même. Pour tous les défunts, on déchire à l'intérieur, à l'abri des regards. Il convient donc d'introduire ses mains à l'intérieur et de déchirer discrètement. Mais pour son père ou sa mère, on ne déchire qu'à l'extérieur, devant tout le monde. Pour tous les défunts, on recoud le vêtement avec une couture non définitive après sept jours, et on fait une couture définitive après trente jours. Pour son père ou sa mère, on recoud avec une couture non définitive après trente jours, et on ne fait jamais de couture définitive. Une femme déchire discrètement, et recoud immédiatement, par huile ou similaire, à cause de son honneur.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 7)
L’onen doit-il réciter la bénédiction Dayan Haemet avec mention du Nom et de la royauté d’Hachem ?
Est-il permis à un endeuillé de s’acquitter de la bénédiction Dayan Haemet par l’écoute d’un autre endeuillé ?
Comment doit-on procéder si certains endeuillés ne savent pas réciter la bénédiction Dayan Haemet correctement ?
Réponse

L’onen doit réciter la bénédiction « Dayan Haemet » en mentionnant le Nom et la royauté d’Hachem, comme il est enseigné concernant les mauvaises nouvelles : on dit « Baroukh Dayan Haemet ». Bien qu’il existe un avis selon lequel cette bénédiction devrait être dite sans mentionner le Nom et la royauté, la coutume répandue est de la réciter avec le Nom et la royauté, et là où il y a une coutume, on n’applique pas le principe du doute sur les bénédictions pour alléger. La coutume est que chaque endeuillé récite lui-même la bénédiction « Dayan Haemet » et l’on ne s’acquitte pas de cette bénédiction par autrui. Toutefois, s’il y a parmi les endeuillés des personnes non pratiquantes qui ne savent pas réciter correctement la bénédiction, un endeuillé qui sait la réciter la dira à haute voix en ayant l’intention de les acquitter, à condition qu’ils écoutent et aient l’intention de s’acquitter de la bénédiction.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 8)
Jusqu’à quand peut-on faire la keria avec bénédiction si on a oublié de la faire le jour de l’enterrement ?
Que doit-on faire si l’on se souvient de la keria après la nuit suivant l’enterrement, mais pendant les sept jours de deuil ?
Est-on tenu de faire la keria pour ses parents même après douze mois si cela n’a pas été fait auparavant ?
Réponse

Si l’on a oublié de faire la keria et que le jour de l’enterrement est déjà passé, mais que l’on s’en souvient durant la nuit qui suit, il est encore possible de faire la keria et de réciter la bénédiction jusqu’à la fin de la nuit. Même si l’enterrement a eu lieu un autre jour que celui du décès, ou si l’on se souvient après l’enterrement qu’on n’a pas déchiré, tant que l’on s’en souvient pendant la nuit suivant l’enterrement, on peut encore faire la keria avec bénédiction jusqu’à la fin de la nuit. Mais si l’on s’en souvient après que le jour de l’enterrement et la nuit suivante sont passés, on fera la keria sans bénédiction, tant que l’on est encore dans les sept jours de deuil. Si les sept jours sont passés sans avoir fait la keria, on ne la fait plus, sauf pour son père ou sa mère, pour lesquels il faut la faire à tout moment, même après douze mois, mais sans bénédiction. Tout cela, c’est uniquement si l’on a appris la nouvelle pendant les sept jours et que malgré cela on n’a pas fait la keria. Mais si l’on n’a pas appris la nouvelle pendant les sept jours, et qu’on l’apprend dans les trente jours, il faut faire la keria.

(Yalkout Yossef, Lois de Avélout (deuil), Chapitre 9 - Lois de la déchirure des vêtements, Halakha 9)