Thèmes Lois de Orla : questions-réponses pratiques

Fondements des lois d’orla
Réponse
La Torah enseigne que lorsqu'on arrive en terre d'Israël et que l'on plante tout arbre fruitier, il faut considérer ses fruits comme orla pendant trois ans : ils sont interdits à la consommation et à tout profit. Ce décompte de trois ans s'applique à toute plantation, que l'on plante une branche ou que l'on sème un noyau. Tous les fruits produits par l'arbre durant ces trois années sont interdits à jamais à la consommation et à l'utilisation. L'interdiction de orla dure trois ans, mais ces années ne se comptent pas nécessairement de date à date ou d'année civile à année civile ; parfois, moins de trois ans suffisent pour être considérés comme trois années de orla, comme cela sera expliqué plus loin. La quatrième année, les fruits ne sont permis à la consommation qu'après avoir été rachetés, comme cela sera détaillé ultérieurement.
Réponse
La règle de orla s'applique partout, aussi bien en terre d'Israël qu'en dehors d'Israël. De plus, orla est en vigueur à toute époque, que le Temple existe ou non.
Réponse
La règle de orla concerne aussi bien les fruits appartenant à un Juif que ceux appartenant à un non-Juif. Même si un non-Juif a planté un arbre pour lui-même, il est interdit d'acheter de lui des fruits de orla, car ils sont interdits à la consommation et à tout profit.
Réponse
Les fruits de orla sont interdits à tout profit, et leur sort est d'être brûlés. Certains disent qu'il n'est obligatoire de les brûler que par crainte que l'on vienne à les consommer ou à en tirer profit, mais qu'il n'y a pas de mitsva à les brûler ; il suffit de les détruire de quelque manière que ce soit, afin d'éviter tout risque de consommation. D'autres disent qu'il y a une mitsva à les brûler. Quant à leurs liquides, ils doivent être enterrés, car il n'est pas possible de brûler des liquides. De même, les fruits qui contiennent du jus et qu'il n'est pas possible de brûler doivent être détruits d'une autre manière. Toutefois, selon tout le monde, il est permis de cueillir les fruits de orla lorsqu'ils sont encore immatures et de les faire disparaître sans les brûler, et il est également permis de faire tomber les fleurs des fruits, car à ce stade la règle de orla ne s'applique pas encore.
Réponse
L'interdiction de orla concerne la consommation et l'usage des fruits uniquement, mais ne s'applique pas à l'arbre lui-même ni à ses branches. De même, la règle de orla ne concerne que les fruits d'arbres, et non les légumes ou les herbes. La définition précise d'un arbre ou d'un légume sera expliquée plus loin.
Réponse
En terre d'Israël, un doute concernant le statut de orla rend le fruit interdit, tandis qu'en dehors d'Israël, un doute sur la orla rend le fruit permis.
Interdiction de profiter de l’orla – usages interdits des fruits d’orla
Réponse
Les fruits interdits en raison de la orla sont interdits aussi bien à la consommation qu'à tout profit. Cette interdiction est permanente, même si l'on conserve ces fruits après les trois premières années. Il est également interdit de les vendre à un non-juif, de les échanger contre d'autres fruits appartenant à un non-juif, ou de les offrir en cadeau à un non-juif.
Réponse
Il est interdit d'utiliser les fruits de orla, leur huile ou leur écorce comme matière première pour fabriquer de la teinture ou comme combustible. Il est également interdit de préparer un colorant alimentaire à partir d'écorces de orla.
Réponse
Si quelqu'un a enfreint l'interdiction et a teint le sol de sa maison avec des fruits de orla, bien qu'il ait transgressé l'interdiction de profiter de ces fruits, certains avis permettent malgré tout d'habiter dans cette maison.
Réponse
Un vêtement teint avec une teinture fabriquée à partir de fruits de orla ne doit pas être porté et il est interdit d'en tirer profit. Il est également interdit de le vendre, même à un non-juif, même si l'on précise que le prix ne comprend pas la valeur de l'interdit, de peur qu'il ne soit revendu à un Juif. Toutefois, si la teinture ne tient pas durablement sur le vêtement, il n'y a pas d'interdiction de profiter de la orla dans ce cas.
Réponse
De même, si l'on a fabriqué des ustensiles à partir d'écorces de orla, il est interdit de profiter de ces ustensiles, et leur usage est prohibé, même si l'on jette la valeur du profit à la mer Morte. Il est également interdit de les vendre ou de les offrir, même à un non-juif. De même, des bols cuits par le potier avec des écorces de orla sont interdits à l'usage.
Réponse
Un guet rédigé sur un support issu d'un interdit de profit est valide. Cependant, certains estiment que si le guet a été écrit sur des écorces de noix de orla et remis à la femme, il n'est pas valable, car la orla diffère des autres interdits de profit : elle doit être brûlée, et tout ce qui est destiné à être brûlé est considéré comme déjà détruit. D'autres avis pensent que le guet est valable.
Réponse
L'huile provenant de orla est interdite pour allumer une bougie. Il n'est pas permis non plus d'allumer les bougies de Chabbat ou de Yom Tov avec de l'huile fabriquée à partir d'olives de orla.
Réponse
A priori, il ne faut pas allumer la bougie de Hanouka avec de l'huile de orla. Cependant, si l'on ne dispose d'aucune autre huile, on allumera avec de l'huile de orla sans réciter de bénédiction. Dans ce cas, il sera interdit de profiter de la bougie après la demi-heure suivant l'allumage. Il faut également veiller à ne pas profiter de l'huile restante dans la bougie, puisqu'il s'agit d'huile de orla. De plus, il faut veiller à ne pas allumer la bougie du chamach avec de l'huile de orla, car elle est faite pour la jouissance.
Réponse
Certains estiment que, bien que la orla soit interdite à la jouissance, il est permis de se promener dans un verger où poussent des arbres portant des fruits de orla, même si l'on a l'intention de profiter de la vue des fruits. D'autres interdisent d'avoir l'intention de profiter de la beauté des fruits de orla. Il existe aussi une distinction selon laquelle, pour les fruits principalement destinés à l'ornement, comme les arbres fruitiers nains plantés en pots à des fins décoratives, il est interdit d'avoir l'intention de profiter de la beauté des fruits de orla, mais il est permis de profiter des fleurs, car elles ne sont pas soumises à la règle de orla. Pour les fruits principalement destinés à la consommation, il est permis de profiter de leur beauté. En tout cas, pour les plants plantés uniquement à des fins ornementales, sans aucune intention de consommer les fruits, comme les palmiers plantés dans les rues pour l'ornement, la règle de orla ne s'applique pas, car il est évident qu'ils n'ont pas été plantés pour la consommation.
Réponse
Il est interdit d'avoir l'intention de sentir le parfum des fruits de orla, même si ces fruits sont destinés à la consommation, car l'interdiction de profiter s'applique aussi à l'odeur des objets interdits à la jouissance. A plus forte raison, il est interdit de réciter une bénédiction sur le parfum des fruits de orla. Cependant, avant que les fruits n'apparaissent sur l'arbre, il est permis de profiter du parfum des fleurs de l'arbre, car la orla ne concerne que les fruits. Certains disent que l'interdiction de sentir ne s'applique que si le fruit est également destiné à être utilisé pour son parfum, mais pour un fruit destiné à la consommation, il serait permis de le sentir. Toutefois, en pratique, il faut être rigoureux et ne pas sentir le parfum d'aucun fruit de orla qui a une bonne odeur, surtout si l'on a l'habitude de réciter la bénédiction "qui donne une bonne odeur aux fruits" sur ce fruit.
Réponse
Un arbre fruitier planté dans un jardin uniquement pour profiter du parfum du fruit, et non pour la consommation, ses fruits sont immédiatement permis à la consommation, et la règle de orla ne s'applique pas, à condition qu'il soit évident que l'arbre a été planté pour le parfum et non pour la consommation. Certains contestent et estiment que seule l'intention de profiter du parfum des feuilles exclut la règle de orla, mais si l'intention est de profiter du parfum des fruits eux-mêmes, la règle de orla s'applique. D'autres disent que cela ne concerne que les fruits qui ne sont pas vraiment comestibles, mais pour les fruits bons et aptes à la consommation, il faut appliquer la règle de orla.
Réponse
Certains estiment qu'il ne faut pas suspendre des fruits de orla dans la soukka pour la décoration, car cela est considéré comme profiter d'un objet interdit à la jouissance. D'autres sont indulgents à ce sujet, et c'est cette opinion qui fait autorité.
Réponse
Certains estiment qu'il est interdit de jeter des fruits de orla devant le marié et la mariée, en raison de l'interdiction de mépriser la nourriture, car on les jette dans un endroit où ils risquent d'être salis, comme un lieu boueux ou plein de boue. Même dans un endroit propre, il faut ensuite honorer les fruits pour éviter qu'on ne marche dessus. Cependant, selon cet avis, il n'y a pas d'interdiction liée à la jouissance des fruits de orla, car on ne tire pas profit du fruit lui-même. Ainsi, dans un endroit sans boue ni saleté, et si le fruit de orla est enveloppé dans du papier de façon à ce qu'il ne soit pas méprisé, il est permis de jouer avec ce fruit et de le jeter devant le marié et la mariée, à condition d'honorer les fruits par la suite. Pour les fruits tendres, comme les figues et similaires, il ne faut pas les jeter devant le marié et la mariée. D'autres interdisent cela, car les fruits sont abîmés en les jetant, et aussi à cause de la jouissance tirée des fruits de orla. Ainsi, ceux qui ont l'habitude de lancer un fruit et de rattraper un autre fruit avec l'autre main, sans que les deux fruits se touchent, il ne faut pas permettre cela avec un fruit de orla, car on souhaite sa préservation. Et dans la pratique, la règle principale suit le premier avis, qui permet cela.
Réponse
Certains estiment qu'il est interdit de réaliser des recherches scientifiques sur des fruits de orla, car cela constitue une jouissance interdite. D'autres permettent cela, car il n'y a pas de jouissance directe du fruit, et cela n'est pas considéré comme une jouissance interdite.

