Thèmes Lois de Matsa : questions-réponses pratiques

Lois du blé pour la matsa de la mitsva
Réponse
Il est recommandé de s'efforcer de prendre, pour la mitsva de matsa du premier soir de Pessah, une matsa fabriquée à la main. Toutefois, a posteriori, on s'acquitte de son obligation avec une matsa produite par une machine électrique.
Réponse
La matsa avec laquelle on s'acquitte de l'obligation la première nuit de Pessah doit être surveillée depuis la moisson et être faite à la main. Dans un cas où il est impossible de se procurer une matsa surveillée depuis la moisson, mais seulement depuis la mouture ou depuis le pétrissage, on s'acquitte de l'obligation en cas de nécessité, et il est permis de réciter la berakha sur une telle matsa lors de la consommation. Cela concerne des blés pris chez des non-juifs, moulus par un Juif et surveillés à partir de ce moment, mais non surveillés depuis la moisson. Cependant, une matsa qui n'a été surveillée qu'à partir du pétrissage n'est clairement pas valable pour la berakha et on ne s'acquitte pas de l'obligation de matsa avec elle.
Réponse
Certaines personnes ont la coutume de manger, pendant les sept jours de Pessah, uniquement de la matsa surveillée depuis la moisson. Si, une année, un empêchement survient et qu'il n'est pas possible d'obtenir de telles matsot, ou en cas de maladie, il n'est pas nécessaire de procéder à une annulation formelle du vœu. Il est permis de consommer une matsa ordinaire, car l'intention n'est pas d'annuler la coutume définitivement, mais seulement pour cette année. Si l'on souhaite annuler cette coutume pour toutes les années à venir, il est permis de le faire par une annulation formelle.
Réponse
Des blés qui ont été trempés brièvement dans de l'eau bouillante, sans y rester le temps d'un mil, et qui sont immédiatement moulus après cette immersion, ne deviennent pas hamets dans ce cas. Il est permis d'être indulgent à ce sujet, et a fortiori il est permis de les conserver après Pessah.
Pétrissage supérieur à la mesure et prélèvement de la hala des matsot
Réponse
Il ne faut pas pétrir pour Pessah une pâte d’un volume supérieur à la mesure requise pour la halla, soit 1560 grammes. Même lorsqu’il y a de nombreux assistants, il n’est pas permis d’être indulgent à ce sujet. Certains ont l’habitude de pétrir une pâte supérieure à cette mesure, à condition que plusieurs personnes s’occupent de la pâte, mais selon l’avis du Choulhan Aroukh, il ne faut pas être indulgent et il est donc préférable de réduire la quantité. Il est possible d’être indulgent si deux personnes pétrissent chacune la moitié de la pâte, de sorte que chacun pétrit moins que la mesure, puis ils réunissent et assemblent les deux parties pour les mettre dans la machine destinée à l’étalement, et après l’étalement, la pâte est partagée entre plusieurs personnes pour l’abaisser, sans qu’aucune n’ait plus que la mesure. Cependant, a priori, il ne faut pas pétrir une pâte supérieure à la mesure sans nécessité impérieuse.
Réponse
Étant donné qu’il faut être précis sur la quantité de pâte pour la matsa afin qu’elle ne dépasse pas la mesure fixée par les Sages, il est recommandé de rassembler les différentes pâtes au moment du prélèvement de la halla, car il se peut que l’une d’elles n’atteigne pas la quantité requise. Si l’on ne peut pas prélever la halla tant que la pâte est encore crue à cause de la rapidité de la préparation, on prélèvera la halla immédiatement après la cuisson, en mettant toutes les matsot dans un même panier, le panier les réunissant pour le prélèvement. C’est la méthode la plus correcte. On peut aussi les placer sous une nappe qui les recouvre. Il faut veiller, lors du rassemblement dans un récipient, à ce qu’aucune des miches ne dépasse les bords du récipient. Si on les a posées après la sortie du four sur une planche sans rebord, elles ne sont pas réunies pour le prélèvement. Mais si ensuite on les a placées dans un panier pour les réunir, il faudra prélever la halla avec bénédiction. Si les matsot sont dans des paquets (en carton) et qu’aucun paquet ne contient la quantité requise pour la halla, mais qu’on les place dans un grand panier et que les paquets se touchent, le panier les réunit, mais il est préférable d’ouvrir tous les paquets sur le dessus.
Réponse
La quantité de halla à prélever de la pâte peut être minime. Il faut couper un petit morceau de la miche, réciter la bénédiction, puis le séparer complètement en disant : « Ceci est la halla ». Il convient de brûler immédiatement la halla prélevée.
Réponse
Une pâte pétrie avec des jus de fruits tels que vin, huile, miel ou lait, même sans aucune eau, comme pour la matza ashira, est soumise au prélèvement de la halla avec bénédiction. Mais si la pâte a été pétrie avec des œufs, du jus de pomme ou d’autres jus de fruits qui ne font pas partie des sept liquides principaux, sans eau, on prélèvera la halla sans bénédiction.
Réponse
Concernant la formule de la bénédiction du prélèvement de la halla, certains disent qu’il faut dire « léhafrish halla », d’autres « léhafrish terouma », et d’autres encore « léhafrish halla terouma ». Chacune de ces formules a sur quoi s’appuyer. Notre coutume est de dire : « léhafrish halla terouma ».
Réponse
Si l’on a cuit des matsot et qu’on les a distribuées à un large public, et que la nuit du Seder on découvre que la halla n’a pas été prélevée, et qu’il est impossible d’en informer tous ceux qui ont reçu des matsot, il faut donner à un garçon de douze ans et un jour, ou à une fille de onze ans et un jour, pour qu’ils prélèvent la halla non pas du lot même, et elle dira qu’elle prélève la halla pour tous ceux qui ont pris des matsot cuites à tel endroit. Elle enveloppera la halla prélevée dans du papier et la jettera à la poubelle. Bien que, d’ordinaire, on ne fait pas fauter autrui, néanmoins, lorsque la faute est arrivée par son intermédiaire, il est permis de commettre une faute mineure, comme prélever non du lot, ou prélever la halla pendant Yom Tov sur du pain cuit avant Yom Tov, ou donner à un mineur un interdit rabbinique, et tout cela afin de sauver d’autres personnes d’une faute plus grave.
Lois du pétrissage et de la cuisson de la matsa
Réponse
Il convient de faire très attention, autant que possible, à ne pas laisser de pause lors de la préparation de la matsa, même une courte pause inférieure au temps nécessaire pour parcourir un mil, et même si c'est pour le besoin du pain. Il ne faut pas non plus s'arrêter, ne serait-ce qu'un instant, pour poser la pâte avant de l'enfourner. Toutefois, lorsque cela est impossible autrement et qu'il est nécessaire de patienter deux ou trois instants entre le façonnage et l'étalement des galettes, ou encore lorsqu'on attend un peu pour libérer le four, ceux qui se montrent indulgents dans ces cas ont sur quoi s'appuyer. Maran n'a été strict concernant une pause que lorsqu'on constate que la pâte est chaude, car il y a alors à craindre qu'elle fermente, mais sinon, il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
Réponse
Il faut avertir ceux qui s'occupent du pétrissage de ne pas trop s'approcher du four et de ne pas se tenir sous le soleil. Ainsi, si l'on cuit dans une cour, il convient d'étendre un drap au-dessus de l'endroit où l'on pétrit la pâte.
Réponse
Selon la règle, il est permis de laisser un enfant verser l'eau sur la farine destinée à la matsa chmoura au moment du pétrissage, car le pétrissage lui-même est effectué par un adulte juif. Tel est l'usage.
Réponse
Un garçon qui a atteint l'âge de la bar mitsva, c'est-à-dire treize ans et un jour, est autorisé, même a priori, à pétrir et cuire la matsa mitsva, car on peut se fier à la présomption qu'il a développé les signes de maturité, et il est considéré comme adulte à cet égard.
Réponse
A priori, il ne faut pas mettre de sel dans la matsa. Toutefois, si par erreur on y a ajouté un peu de sel pour la rendre plus savoureuse, étant donné que la majorité des décisionnaires le permettent, et que telle est aussi l'opinion de Maran du Choulhan Aroukh, c'est l'avis principal à retenir. C'est également l'avis du Pri Hadach, du Maamar Mordekhai et du Choulhan Gavoha, que la matsa soit faite uniquement avec de l'eau ou uniquement avec des jus de fruits. Même la première nuit, on s'acquitte de la mitsva avec une matsa contenant un peu de sel pour la saveur, et elle n'est pas considérée comme une matsa ashira.
Lois de la matsa de la mitsva
Réponse
Dans certains endroits, il existe une coutume selon laquelle des non-juifs pétrissent et cuisent les matsot destinées à la mitsva, sous la supervision d’un Juif. Ceux qui suivent cette pratique ont sur quoi s’appuyer, et en cas de nécessité, il est possible de s’acquitter de l’obligation avec une telle matsa. Cependant, il convient de se montrer rigoureux, lorsque cela est possible, et que la pétrissée soit réalisée spécifiquement pour la mitsva de matsa par un Juif. En tout état de cause, il est évident qu’il s’agit d’une grande mitsva, pour toute personne animée de crainte d’Hachem, de s’efforcer de réaliser lui-même les étapes de la confection de la matsa : la pétrissée, le façonnage, la découpe, et si possible également la cuisson. Tel est également le minhag des hassidim et des personnes pieuses.
Réponse
Il convient de se garder de donner à un non-juif une matsa de la mitsva sur laquelle on a récité la berakha lors de la nuit de Pessah, par amour pour la mitsva.
Réponse
Certains estiment qu’il ne faut pas cuire la matsa chemoura dans un four électrique, sauf si un dispositif permet d’activer le courant à chaque instant par une pression du pied. D’autres considèrent qu’il n’est pas nécessaire d’être strict à ce sujet, et qu’il suffit d’allumer le four électrique, même si le courant continue de circuler automatiquement et peut se renouveler sans intervention humaine, car tout provient malgré tout de l’action initiale de l’homme.
Réponse
Il faut s’abstenir de cuire la matsa dans un four à micro-ondes, car, en l’absence de chaleur de feu, il y a à craindre que la pâte fermente ou que la cuisson intérieure ne soit pas conforme.
Réponse
Une matsa qui a été transportée pendant la nuit de Pessah, tombant un Chabbat, d’un domaine public à un domaine privé, permet malgré tout de s’acquitter de l’obligation de consommer la matsa lors de la nuit de Pessah.

