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Ce « projet de loi sur la mort par prescription médicale », rédigé par le député centriste Ofer Shelah, donnerait aux médecins la possibilité de prescrire un traitement létal à un malade en phase terminale. Il doit faire l’objet d’un premier examen par la Knesset dans les tout prochains jours.
Ce projet de loi a vocation à compléter les dispositifs déjà existants de lutte contre l’acharnement thérapeutique. Selon la version approuvée par le cabinet de Benyamin Nétanyahou, il s’appliquera aux patients de plus de quinze ans qui, atteints d’une maladie incurable, manifesteront le souhait d’abréger leurs souffrances de façon répétée, à quinze jours d’intervalle et en présence d’un témoin. Deux médecins seront amenés à se prononcer sur chaque projet d’euthanasie.
Selon le quotidien Yediot Ahronoth, ce texte divise les soignants. L’ex-président du comité d’éthique de l’Association médicale israélienne (AMI), Avinoam Reches, s’y est déclaré favorable, affirmant vouloir « donner à ces êtres humains des outils pour qu’ils n’en soient pas réduits à se suicider de façon horrible ». Leonid Eidelman, l’actuel président de l’AMI, a pour sa part déclaré : « Il n’appartient pas au médecin de mettre un terme à la vie de ses patients de façon artificielle. Ce n’est pas ainsi que nous avons été formés. » Sitôt le projet de loi dévoilé, c’est toutefois au sein du monde religieux que les positions les plus tranchées se sont exprimées. Le député orthodoxe Yaako Asher, cité par le quotidien Makor Rishon, a mis en garde : « Le gouvernement israélien vient de franchir une nouvelle ligne rouge et de poursuivre sa guerre contre les valeurs du judaïsme en s’attaquant au caractère sacré de la vie ».

Le député Rav Menahem Eliezer Mozes
La virulence du propos s’explique en partir par le contentieux qui oppose les formations orthodoxes au parti centriste Yesh Atid, à l’origine du projet de loi. Fort des 19 sièges sur 120, qu’il a remportés lors des dernières législatives, ce mouvement dirigé par l’ex-présentateur de télévision Yaïr Lapid s’est promis de remettre en cause certains avantages dont bénéficie le monde religieux. Au grand dam des orthodoxes, il a notamment fait adopter une loi mettant fin à l’exemption de service militaire dont ils bénéficient depuis 1948.

Selon Denis Charbit, professeur de sociologie à l’Université ouverte d’Israël, il n’est cependant pas certain qu’ils obtiennent gain de cause à moyen terme. « Il existe en Israël un décalage entre une majorité de la société plutôt progressiste sur les questions sociétales, explique-t-il, et un parlement qui tend à prendre en compte l’opposition exprimée par les religieux. Les grandes avancées en matière d’accès à l’avortement ou de droit des couples homosexuels se font traditionnellement par le biais de jurisprudences de la Cour suprême plutôt que sous forme de loi.
Si le texte sur l’euthanasie devait être rejeté par la Knesset, il serait donc tout à fait imaginable que les hauts magistrats prennent la responsabilité d’en autoriser la pratique dans certaines circonstances. »
Source : JForum
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