
Il y a une quinzaine d'années, les scientifiques de l'institut de la santé publique de l'Université hébraïque de Jérusalem, ont fait une découverte étonnante : après 22 ans de recherche sur les taux de mortalité et de morbidité dans les kibboutzim, ils sont parvenus à la conclusion que les habitants des kibboutzim religieux se portaient nettement mieux que leurs confrères non-religieux.
Par exemple, le taux de mortalité des suites de maladies cardio-vasculaires au sein des kibboutzim non-religieux était supérieur de 93 % à celui enregistré dans les kibboutzim religieux ! En ce qui concerne le taux de mortalité consécutif à des tumeurs, la différence s'élevait à 67 %.
Dans les deux types de kibboutzim, la qualité des services médicaux étaient la même, ce qui a conduit le Prof. Jeremy Krek, qui dirigeait les recherches, à affirmer que la cohésion sociale qui règne au sein des kibboutzim religieux était responsable des ces disparités. Mais quinze ans après, de nouvelles recherches confirment que la cohésion sociale n'est manifestement pas la seule explication et que - peut-être - la Emouna a aussi quelque chose à y voir.
En effet, selon le ministère de la Santé et l'Institut central des statistiques, bien que la majeure partie des orthodoxes fassent partie de la classe socio-économique la moins élevée - ce qui constitue en général un facteur aggravant de la morbidité - les localités dans lesquelles ils vivent jouissent malgré tout d'un taux de morbidité et de mortalité situé bien au-dessous de la moyenne nationale.
Selon les chiffres officiels, la communauté orthodoxe en Israël compte 780 000 âmes, ce qui correspond à plus de 10 % de la population. Il s'agit majoritairement de familles nombreuses se contentant de salaires très modestes.
Et pourtant, malgré ces données de base peu encourageantes du point de vue socio-économique, on constate un taux de mortalité inférieur à la moyenne nationale dans les localités orthodoxes : alors que ce taux est de 6,4 pour mille personnes à Tel Aviv et de 6 pour mille en ce qui concerne la moyenne nationale, il est de 5,5 pour mille à Bné-Brak, 4,3 pour mille à Elad et 2,3 pour mille à Modiin Ilit.
Cette enquête a également comparé le taux de maladies congénitales parmi différentes villes du pays : à Ramat Gan, on compte 18 maladies congénitales pour 1 000 naissances, à Ré’hovot 16,4 et à Tel Aviv 13,9. À Bné Brak, ce taux chute à 12,6, à Bétar il atteint les 10,9 et à Modiin Ilit, enfin, il est de 10 pour mille.
Toujours selon cette étude, les bébés orthodoxes affichent un poids à la naissance supérieur à celui de leurs coreligionnaires nés dans des familles non-religieuses : en effet, si l'on compare le taux de bébés nés avec un poids inférieur à 2,5 kg, il est de 9,9 % à Tel Aviv, 9,4 % à Ré’hovot, 9,2 % à Ramat-Gan et 8,7 % à Raanana. Par contre, il est de 7,3 % à Bné-Brak, 6,7 % à Bétar et 6,2 à Modiin Ilit.
Selon les experts qui ont analysé ces données, il semblerait que la cohésion sociale et le soutien familial dont jouissent les membres de la communauté orthodoxe sont la meilleure explication à ce phénomène.
Toutefois, les disparités socio-économiques s'expriment dans d'autres domaines : ainsi, le taux de mortalité des enfants âgés de moins d'un an est supérieur à la moyenne dans les localités orthodoxes. On enregistre en effet 6,3 décès de bébés pour 1 000 naissances à Bétar et 4,8 à Bné-Brak pour 3,1 à Ré’hovot et 3,6 à Raanana. La moyenne nationale des décès de bébés est de 5,5 décès pour 1 000 naissances.
Source : Univers Torah
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