
Œuvre rédigée par Rabbi Moshé ben Moshé Maïmonide - surnommé le Rambam - entre 1170 et 1180 de l’ère commune, le Michné Torah traite de tous les détails de l'observance du judaïsme, y compris des lois ne s'appliquant qu'à l'époque du Temple de Jérusalem. Il reprend, pour chaque loi énoncée, la somme des enseignements talmudiques en tâchant d'en retirer la substance halakhique.
Le manuscrit en question, qui a été transmis au Musée d'Israël par la famille Steinhardt de New York, réunit les huit derniers tomes du Michné Torah, depuis le traité Zérayim jusqu’à Shoftim. Les six autres tomes ont été réunis dans un livre qui se trouve aujourd'hui à la bibliothèque du Vatican. Ce livre-ci a été d'ailleurs prêté par le Vatican au Musée d'Israël pour une exposition en l'honneur du 40e anniversaire du musée.
Selon les experts, ce manuscrit a été écrit par un scribe nommé Néhémia pour un riche Juif, Moché Anav ben Itshak. Les spécialistes estiment qu'il a été réalisé en Italie entre 1457 et 1465, soit voilà près de 600 ans. Quant aux enluminures d’or et d’argent qui ornent magnifiquement le début de chaque traité, elles sont l’œuvre d’un artisan italien spécialisé dans ce genre d'ouvrages.
Dans certains des tomes, le scribe a ajouté les annotations du Maharam de Rottenbourg (1215-1293) sur le Michné Torah, dans lesquels rav Meïr Ben Barou'h HaCohen commente les hala'hot du Rambam en les comparant à l'avis des sages ashkénazes de l'époque. Selon Anna Nitsa, spécialiste en manuscrits de l'époque du Moyen Âge, les deux volumes du livre écrits par le scribe Néhémia ont été séparés durant la première moitié du 19e siècle. Précisons que le volume, qui est actuellement aux mains du Vatican, a été acheté par le collectionneur italien Giovanni Francesci Di Rossi entre 1838 et 1854, avant d’être confié à la bibliothèque pontificale.
Quant au second volume, il a connu bien des péripéties avant de parvenir en Israël. Acquis dans un premier temps par le banquier juif allemand Avraham Merzba'her de Munich, il a ensuite atterri à la bibliothèque municipale de Francfort. Dans les années 1950, une famille juive de la ville l'acquiert avant de le revendre récemment à une famille juive américaine, Michael et Yéhoudit Steindhart. Ces derniers, liés depuis longtemps au Musée d'Israël, ont donc décidé de le prêter « à très long terme » à cet établissement afin de permettre à tous ses visiteurs de contempler ce joyau de la littérature juive médiévale.
Source : Hamodia
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