Questions pratiques
Lois des tefiline
Réponse
La Torah enseigne : « Tu les attacheras comme un signe sur ta main et ils seront des fronteaux entre tes yeux. » C'est pourquoi il s'agit d'une mitsva de la Torah de mettre chaque jour les tefiline du bras et de la tête. Le Midrach rapporte que les enfants d'Israël ont dit devant Hachem : « Nous désirons accomplir toute la Torah, mais nous n'en sommes pas capables. » Hachem leur a répondu : « Mettez les tefiline et Je considère cela comme si vous aviez accompli toute la Torah, comme il est écrit : “Afin que la Torah d’Hachem soit dans ta bouche.” » Le Sefer Mitsvot Gadol écrit que parmi les six cent treize mitsvot ordonnées à Israël, il n'y a aucune mitsva qui soit un signe et un témoignage, si ce n'est trois mitsvot : la mila, le Chabbat et les tefiline, car il est écrit à propos de chacune le mot « signe ». Elles témoignent qu’Israël est serviteur d’Hachem. Et selon le principe « sur la base de deux témoins la chose est établie », chaque membre d’Israël n’est un Juif complet que s’il a deux témoins qu’il est Juif. C’est pourquoi, pendant Chabbat et Yom Tov qui sont appelés « signe », on est dispensé de mettre les tefiline.
Réponse
Il faut être très vigilant concernant cette mitsva, car celui qui met les tefiline accomplit huit commandements positifs chaque jour. Celui qui met les tefiline, s’enveloppe dans le tsitsit, récite le Chema et prie, a la garantie d’être « ben olam haba ». Celui qui ne met pas les tefiline est inclus parmi les « posheé Israël begoufan », qui sont jugés pour des générations en Guéhinam, et transgresse huit commandements positifs chaque jour. S’il fait techouva, il n’est plus considéré comme tel. Certains disent que le terme « karkafeta delo manah tefiline » s’applique même à celui qui ne les met pas conformément à la Guemara, c’est-à-dire à l’endroit où le crâne d’un enfant est encore mou, car des tefiline posés hors de leur emplacement sont comme s’ils étaient dans leur sac. D’autres disent qu’on n’est pas considéré comme « posheé Israël begoufan » sauf si la mitsva est méprisée à ses yeux, qu’il trouve disgracieux de porter les tefiline sur sa tête, ou qu’il ne les met pas par mépris, pensant dans son cœur qu’il n’est pas nécessaire de s’en soucier, et les méprise intérieurement. Mais s’il craint de les mettre à cause de l’exigence d’un corps propre, ou par paresse, on ne dit pas qu’il est « posheé Israël begoufan », même s’il commet une faute. Certains disent que cela ne concerne que celui qui possède des tefiline et ne les met pas, ou qui ne les a jamais mis de sa vie, mais si quelqu’un n’a pas du tout de tefiline, ou les a mis une seule fois dans sa vie, il n’est pas inclus dans cette catégorie. D’autres disent qu’il suffit de ne les avoir mis qu’une seule fois dans sa vie pour être appelé « karkafeta delo manah tefiline », et que celui qui ne les met pas parce qu’il ne veut pas interrompre son travail est également inclus parmi les « posheé Israël begoufan ».
Réponse
Même si la Torah n’énonce pas explicitement qu’il faut mettre les tefiline chaque jour, le fait qu’il y ait une exemption de tefiline pour Chabbat et Yom Tov montre qu’il y a une obligation de les mettre les autres jours. En effet, il est écrit à propos du Chabbat : « Car c’est un signe entre Moi et vous », à propos de la mila : « Ce sera un signe d’alliance entre Moi et vous », et à propos des tefiline : « Ce sera pour toi un signe sur ta main. » Dans la Guemara Erouvin, Rabbi Akiva enseigne qu’on pourrait penser qu’on met les tefiline aussi pendant Chabbat et Yom Tov, mais la Torah précise : « Ce sera pour toi un signe sur ta main », c’est-à-dire uniquement pour ceux qui ont besoin d’un signe, à l’exclusion de ceux dont le jour lui-même est un signe. Dans la Guemara Menahot, il est enseigné : « Tu garderas ce décret en son temps, de jours en jours », ce qui exclut les nuits et certains jours, à savoir Chabbat et Yom Tov, selon Rabbi Yossi Haglili. Rabbi Akiva pense que cette règle ne concerne que Pessa’h. La Guemara explique que Rabbi Akiva considère que la nuit est un temps pour les tefiline, mais pas Chabbat et Yom Tov. Maran tranche dans le Choulhan Aroukh qu’on ne met pas les tefiline pendant Chabbat et Yom Tov. Il en est de même selon l’introduction du Tiqouné Zohar. On apprend de là qu’il y a une obligation de mettre les tefiline chaque jour, et que, selon la Torah, c’est une obligation continue et permanente dès que l’on devient adulte, et qui n’est pas renouvelée chaque jour, sauf pendant Chabbat, Yom Tov et Hol Hamoed. L’interdiction de mettre les tefiline la nuit est d’ordre rabbinique, de crainte qu’on ne vienne à les profaner, et cela concerne le cas où l’on peut ne pas détourner son attention des tefiline.
Réponse
De nos jours, il est permis d’inclure dans un minyan une personne qui ne met pas les tefiline uniquement en cas de nécessité, car l’essentiel du blâme concerne celui qui rejette la mitsva. Mais dans un cas où l’on peut dire qu’il ne rejette pas la mitsva, il est possible de l’inclure dans le minyan en cas de nécessité.
Réponse
Si une personne qui ne respecte pas la Torah et les mitsvot souhaite mettre les tefiline, même si elle transgresse de nombreuses fautes, il reste une mitsva de l’aider et de lui prêter ses tefiline afin qu’il puisse les mettre avec la berakha, et ainsi lui permettre de mériter cette précieuse mitsva.
Réponse
Pour les soldats à l’étranger à qui l’on n’accorde qu’un jour de congé par semaine pour mettre les tefiline, certains estiment qu’il vaut mieux choisir le jour de Chabbat afin d’éviter de transgresser des interdits. D’autres pensent que si la profanation du Chabbat n’est que d’ordre rabbinique, il vaut mieux choisir un jour de semaine pour pouvoir mettre les tefiline. D’autres encore disent qu’il faut choisir le premier jour où l’on reçoit une permission. De même, un prisonnier à l’étranger qui ne peut pas mettre les tefiline et accomplir les mitsvot, et à qui l’on accorde un jour de liberté par an, doit choisir de sortir immédiatement pour pouvoir prier en minyan et mettre les tefiline, et ne pas attendre Roch Hachana ou la paracha de Zakhor. De même, une personne malade qui sait qu’elle ne pourra pas jeûner deux jeûnes dans la même semaine, certains disent qu’elle ne doit pas jeûner au jeûne de Guedalia afin de pouvoir jeûner à Yom Kippour. D’autres pensent qu’elle doit jeûner au premier jeûne qui se présente, même si ensuite elle ne pourra pas jeûner à Yom Kippour.
Réponse
La récompense pour celui qui accomplit la mitsva des tefiline est très grande. Non seulement le capital de cette mitsva lui est réservé pour le monde futur, mais il en mange aussi les fruits dans ce monde, et ses jours et ses années sont prolongés. Quiconque met les tefiline, s'enveloppe dans le tsitsit, récite le Chema et prie, il est assuré d'être un fils du monde futur, le feu de Guehinam n'a pas de prise sur lui, et toutes ses fautes lui sont pardonnées.
Réponse
Celui qui est rigoureux dans la mise des tefiline est concerné par le verset « Tu ne prendras pas la mère sur les petits », tandis que celui qui n'est pas rigoureux, à D.ieu ne plaise, est concerné par le verset « Tu renverras la mère... ». Cela signifie, à D.ieu ne plaise, qu'il ne méritera pas la prolongation de ses jours.
Réponse
Celui qui est particulièrement vigilant dans la mitsva des tefiline, lors du jour du jugement, cette mitsva fera pencher la balance en sa faveur. Il n'existe pas de mitsva positive dans la Torah plus grande que celle des tefiline, car toute la Torah a été comparée aux tefiline, comme il est dit : « Afin que la Torah de Hachem soit dans ta bouche ».
Réponse
C'est pourquoi il faut être minutieux lors de l'achat des tefiline pour soi ou pour son fils afin qu'elles soient cachères et de qualité supérieure, afin d'accomplir la mitsva des tefiline correctement. Si les tefiline sont invalides, même si on les pose sur la tête et le bras, c'est comme si on n'avait pas mis de tefiline. Malheureusement, de nos jours, certaines personnes, pour financer leurs études, écrivent des mezouzot et des tefiline pendant le Chabbat, et il est évident que des mezouzot et tefiline écrits par quelqu'un qui profane ouvertement le Chabbat sont invalides.
Réponse
A priori, il convient de rechercher la perfection en prenant une seule peau pour fabriquer les quatre compartiments des tefiline afin de s'acquitter de l'obligation selon tous les avis. Cependant, selon la règle stricte, si les peaux ont été assemblées par couture, cela est valable, et il est possible que cela soit valable même selon l'avis de Maran. Même si les compartiments sont faits d'une seule peau, il n'est pas nécessaire que la base (titura) et la partie traversante (maavarta) soient de la même peau ; même si elles sont d'une peau différente, c'est cachère, et telle est la coutume générale. Toutefois, lorsque cela est possible, il est bon de rechercher la perfection aussi sur ce point, afin de satisfaire les avis plus stricts.
Réponse
Celui qui trouve des tefiline sans savoir qui en est le scribe, la majorité des personnes trouvées auprès des tefiline sont des experts, et il peut les mettre avec berakha. Cependant, s'il y a un doute sur la validité des lettres ou tout autre doute, il s'agit d'un doute d'ordre toranique, et il est évident qu'il ne faut les mettre que s'il n'a pas d'autres tefiline, et même alors, il ne récitera pas la berakha dessus. Ainsi, même si ce n'est pas respectueux de les enterrer, si l'on ne peut pas les réparer, il ne faut pas les mettre ni chez soi ni à la synagogue, afin d'éviter qu'une personne sans tefiline ne les mette et ne récite la berakha dessus. Il convient donc de les cacher dans un endroit sûr.
Réponse
Si l’on a acheté des tefiline auprès d’un sofer reconnu comme expert, et qu’après de nombreuses années d’utilisation on découvre une erreur qui les rend invalides dès l’origine, il faut faire techouva pour avoir annulé la mitsva positive, et cela suffit. Il n’est pas nécessaire de jeûner ni de s’imposer des mortifications. Toutefois, il est bon de prendre sur soi de mettre aussi les tefiline de Rabbénou Tam, d’augmenter l’étude de la Torah, et ainsi il sera pardonné. Même s’il existe un avis selon lequel, puisque la personne était dans l’ignorance, cela serait considéré comme s’il avait accompli la mitsva pendant toutes ces années, il ne semble pas que cela soit compté comme une mitsva, mais plutôt comme une bonne intention que Hachem considère comme un acte.
Réponse
Il existe une coutume de piété de faire vérifier les tefiline chaque année au mois de Eloul. Cependant, selon la halakha stricte, il n’y a pas d’obligation de les faire vérifier, même après plusieurs années, tant qu’elles ont été écrites par un sofer expert et vérifiées au départ. Si les tefiline n’ont été mises que de temps en temps et sont restées longtemps rangées dans une armoire sans être utilisées, elles doivent être vérifiées tous les trois ans et demi.
Réponse
Si l’on a confié ses tefiline à un contrôle et que l’on découvre que les parchemins sont invalides, il n’est pas nécessaire de défaire le nœud et de le refaire après avoir replacé les parchemins dans les boîtiers, et il n’y a pas à craindre le problème de « taassé vélo min haassouy ». Cependant, certains écrivent que si les parchemins étaient invalides dès l’origine, après les avoir remplacés, il faudrait défaire le nœud et le refaire.
Réponse
Un enfant qui a atteint l’âge de l’éducation religieuse et a fait lui-même le nœud de ses tefiline devra, une fois devenu bar mitsva, défaire ce nœud et le refaire. Cependant, un enfant qui a grandi et est devenu bar mitsva, sans que l’on sache s’il a déjà eu deux poils, est autorisé à faire les nœuds des tefiline. Il lui est également permis, a priori, de s’occuper des réparations des boîtiers des tefiline, à condition qu’il sache qu’il faut les faire lishma.
Réponse
Il faut avertir les vendeurs de tefiline et de mezouzot que si un client vient leur demander des tefiline ou mezouzot « mehoudarot », ils ne doivent pas lui vendre des tefiline ou mezouzot sur lesquelles il existe une question halakhique faisant l’objet d’une controverse parmi les décisionnaires, même si un sage a permis, à moins de l’en informer au préalable, afin que cela ne soit pas considéré comme une tromperie pour l’acheteur.
Réponse
Si quelqu’un a emprunté des tefiline mehoudarot à son ami et qu’elles ont été volées, certains estiment qu’il doit rembourser la valeur des tefiline mehoudarot. D’autres pensent qu’il doit rembourser la valeur de tefiline cachères.
Réponse
Certains estiment que la mitsva de "Elé véanvéhou" ne s'applique pas aux parachiot des tefiline, car elles sont couvertes et ne sont pas visibles. D'autres pensent que même pour un objet couvert, cette règle de "Elé véanvéhou" s'applique. Par conséquent, il convient de veiller à ce que les parachiot soient adaptées à la taille des batim, et de ne pas placer de petites parachiot dans de grands batim, car l'esthétique et l'embellissement consistent à ce que l'intérieur des batim soit rempli par les parachiot.
Réponse
Celui qui a oublié de mettre les tefiline un jour doit faire techouva pour avoir annulé une mitsva positive. Il est bon qu'il fasse vérifier ses tefiline, qu'il s'efforce également de mettre les tefiline de Rabbénou Tam, qu'il étudie avec elles à la fin de la tefila, et qu'il donne de la tsedaka selon ses moyens.

