Questions pratiques
Lois du endeuillé avant l’enterrement dans la prière
Réponse
Lorsqu'une personne perd un proche pour lequel elle a l'obligation de porter le deuil, et que le défunt n'a pas encore été enterré, elle est appelée onene et est dispensée de toutes les mitsvot de la Torah. Cela concerne le décès du père, de la mère, d'un frère, d'une sœur, d'un fils, d'une fille ou du conjoint. Cette règle s'applique également à une femme qui perd l'un de ces sept proches. Cette dispense reste valable même si la personne a déjà confié la prise en charge du défunt à la hevre kadicha et qu'elle n'est plus personnellement responsable de l'enterrement, ou si le frère décédé a des enfants qui doivent s'occuper de l'enterrement, ou si la sœur mariée est décédée et que son mari doit s'occuper de son enterrement, ou si le défunt se trouve dans une autre ville. Dans tous ces cas, le onene est dispensé de toutes les mitsvot de la Torah.
Réponse
Le onene n'a pas le droit de réciter les berakhot du matin ni celles de la Torah, ni les pessoukei dezimra et les berakhot du Kriat Chema. Il ne lit pas le Kriat Chema et ne prie pas la Amida, et il ne lit pas non plus les Tehilim. Il ne s'enveloppe pas dans le tsitsit, ne met pas les tefiline, ne récite pas la berakha hamotsi ni le Birkat Hamazon, ni aucune autre berakha de jouissance ou de louange. Il lui est permis, a priori, de manger et de boire ce qu'il souhaite, même sans réciter de berakha ni avant ni après.
Réponse
Un onene qui entend une berakha récitée par quelqu'un d'autre ne doit pas répondre Amen. Toutefois, s'il a déjà confié le défunt à la hevre kadicha, un onene qui répond Amen après les berakhot n'est pas réprimandé, car il a sur qui s'appuyer, d'autant plus qu'il n'y a pas ici de crainte de berakha le-vatala.
Réponse
Si un onene s'est trompé et a récité une berakha, dans le cas où il a confié le défunt aux porteurs, ou si le défunt se trouve dans une autre ville, et a fortiori dans un autre pays, on répond Amen après sa berakha, même si, a priori, il n'aurait pas dû la réciter.
Réponse
Certains estiment qu'il est permis au onene d'écouter la berakha de son prochain et d'avoir l'intention de s'acquitter de son obligation par cette berakha. D'autres s'y opposent et considèrent que même dans ce cas, cela est interdit, car en s'acquittant par l'écoute selon le principe de chomea ke-one, le onene est considéré comme ayant lui-même récité la berakha, ce qui lui est interdit.
Réponse
Si cela est possible, il est préférable de ne pas annoncer immédiatement le décès aux proches le matin, mais d'attendre qu'ils aient prié et récité le Kriat Chema.
Réponse
Un onène qui souhaite se montrer rigoureux et réciter le Kriat Chema n'est pas autorisé à le faire. À plus forte raison, il ne doit pas réciter d'autres berakhot. Même s'il a confié le défunt à la Hevra Kadicha pour qu'ils s'occupent de l'enterrement, il ne doit pas se montrer rigoureux et réciter le Kriat Chema. Toutefois, s'il a été rigoureux et a récité le Kriat Chema après avoir confié le défunt à la Hevra Kadicha, on ne l'en empêche pas.
Réponse
En dehors d'Israël, dans les endroits où l'enterrement du défunt n'est autorisé qu'après trois jours du décès, il ne faut pas appliquer toutes les lois de l'aninout pendant ces trois jours, mais seulement jusqu'au moment où il est possible de s'occuper de l'enterrement. Durant ce temps, on est tenu d'accomplir toutes les mitsvot, à l'exception de la pose des tefiline le premier jour.
Réponse
Un onène qui a transgressé et a récité le Kriat Chema pendant sa période d'aninout, et dont la période d'aninout s'est terminée avant la fin du temps du Kriat Chema, certains estiment qu'il doit recommencer et réciter à nouveau le Kriat Chema, tandis que d'autres ne sont pas de cet avis. Il est préférable qu'il récite à nouveau le Kriat Chema, mais il ne devra pas recommencer à réciter les berakhot du Kriat Chema.
Réponse
Bien que l'onène soit exempté des mitsvot et qu'il ne soit pas autorisé à se montrer rigoureux en récitant des berakhot ou le Kriat Chema, il est d'usage que l'onène récite le Kaddich lors de l'enterrement, car cela élève l'âme du défunt. On a l'habitude que l'onène récite le Kaddich avec un membre de l'assemblée. Toutefois, s'il n'y a personne pour le dire avec lui, il le dira seul.
Réponse
Si un onène a mangé et a été rassasié, puis que le défunt a été enterré avant la digestion, il ne devra pas réciter le Birkat Hamazon après l'enterrement, car en cas de doute sur une berakha, on adopte la position indulgente. Toutefois, il est bon qu'il ait l'intention de s'acquitter de son obligation avec le Birkat Hamazon du repas de consolation. De même, si un onène a eu besoin d'aller aux toilettes pendant l'aninout et que le défunt a été enterré dans un délai de soixante-douze minutes, il ne devra pas réciter la Asher Yatsar.
Réponse
Un onène qui a transgressé et a récité le Kriat Chema avec ses berakhot pendant sa période d'aninout, et dont le défunt a été enterré avant la fin du temps du Kriat Chema, bien qu'il ait récité et béni alors qu'il était exempté, il est préférable de ne pas recommencer à réciter les berakhot du Kriat Chema.
Réponse
Un onen mineur, c'est-à-dire un enfant de moins de treize ans, a le droit de réciter le Chema et de prier, et il lui est également permis de consommer de la viande et du vin.
Réponse
Celui dont un proche est décédé pendant le Chabbat ou un jour de fête, ou si le proche est décédé vendredi et n'a pas encore été enterré, n'observe pas les lois de aninout pendant le Chabbat. Il est tenu d'accomplir toutes les mitsvot, doit prier normalement et peut dire le Kaddich pendant le Chabbat. Il lui est permis de manger de la viande, de boire du vin, de réciter les bénédictions sur la nourriture avant et après, et de faire le Kiddouch le soir et le jour. Il lui est permis d'aller à la synagogue pour prier, mais il est préférable qu'il s'abstienne d'être chaliah tsibour ou de lire la Torah, sauf s'il n'y a pas d'autre chaliah tsibour. À la sortie du Chabbat, il devra avancer la prière d'Arvit avant la nuit, à partir du plag haminha, puis faire la havdala sur une coupe après la prière, sans bénédiction sur les aromates ni sur la bougie. S'il n'a pas fait la havdala et que le Chabbat est terminé, il lui est permis de manger et de boire sans havdala. Si l'enterrement a lieu à la sortie du Chabbat, il priera Arvit et fera la havdala après l'enterrement. Si l'enterrement a lieu le dimanche, il fera la havdala après l'enterrement, même s'il a déjà goûté à de la nourriture auparavant.
Réponse
Un onen qui a entendu la havdala récitée par une autre personne à la sortie du Chabbat, en ayant l'intention de s'acquitter de son obligation, et si celui qui a récité la bénédiction avait aussi l'intention de l'acquitter, il est quitte de son obligation. Après l'enterrement, il n'aura pas besoin de refaire la havdala.
Réponse
Après l'enterrement, il est permis de réciter les berakhot hacha'har durant toute la journée, y compris les berakhot de la Torah. Si la personne s'en souvient le soir après la prière d'Arvit, elle récitera les berakhot hacha'har à l'exception des berakhot de la Torah, car elle s'est déjà acquittée de cette obligation par la bénédiction "Ahavat Olam" précédant le Chema d'Arvit.
Réponse
Celui qui apprend le décès d'un proche avant d'avoir eu le temps de prier Cha'harit et de mettre les tefiline ne doit pas prier Cha'harit ni mettre les tefiline ce jour-là, et même après l'enterrement il ne mettra pas les tefiline. Le lendemain, il mettra les tefiline après le lever du soleil. Si le décès a eu lieu un dimanche et que l'enterrement a lieu le lendemain, il est recommandé d'être rigoureux et de mettre les tefiline le jour de l'enterrement discrètement, mais sans réciter la bénédiction, car en cas de doute sur une bénédiction, on adopte une attitude indulgente.
Réponse
Si une personne est en train de réciter la Amida et qu'elle apprend le décès de son père, de sa mère ou d'un autre proche pour lequel elle doit observer les sept jours de deuil, il ne faut pas, a priori, l'informer de la nouvelle pendant la Amida. Mais si cela a été fait malgré tout, elle ne doit pas interrompre sa prière, mais la terminer. De même, si elle n'a pas encore prié Cha'harit, il ne faut pas se presser de l'informer du décès de son proche avant qu'elle ait terminé la prière. A fortiori, il ne faut pas l'informer pendant la Amida.
Réponse
Si quelqu'un récitait le Birkat Hamazon et qu'au milieu des bénédictions il apprend le décès de l'un de ses sept proches pour lesquels il doit observer la chiva, il doit poursuivre la récitation du Birkat Hamazon sans s'interrompre.
Réponse
L'onène ne compte pas dans le quorum de dix personnes pour la prière et ne fait pas la bénédiction des mains (Nessiat Kapayim). Ainsi, lors d'un enterrement, s'il n'y a pas dix adultes en dehors de l'onène, il ne doit pas dire le Kaddich. Cependant, si le défunt a été confié à la Hevra Kadicha qui s'occupe de tous les préparatifs de l'enterrement, l'onène est autorisé à dire le Kaddich même s'il n'y a pas de quorum sans lui. Bien que l'on soit strict concernant les bénédictions et la prière, interdisant à l'onène de prier ou de faire des bénédictions même après avoir confié le défunt à la Hevra Kadicha, pour le Kaddich, où il n'y a pas de crainte de bénédiction vaine, il est permis de compter l'onène dans le quorum dans ce cas. Après l'enterrement, l'endeuillé compte dans le quorum selon tous les avis.

