Questions pratiques
Lois de l’onction pendant Chabbat
Réponse
Il est permis d'enlever la poussière des chaussures pendant Chabbat. Il est également permis d'enlever la poussière des meubles avec un chiffon sec. Toutefois, s'il y a un grand effort à fournir, il n'est pas convenable de le faire pendant Chabbat.
Réponse
Il est permis de vaporiser un spray sur les meubles pendant Chabbat afin de les faire briller à l'aide d'un papier journal, à condition que l'intention soit d'enlever la saleté accumulée. Il faut le faire doucement et sans trop d'effort. Cependant, s'il est possible d'être rigoureux et de ne pas se fatiguer pendant Chabbat, c'est une bonne chose.
Lois du malade sans danger vital pendant Chabbat
Réponse
Un malade dont la vie n'est pas en danger, il est interdit à un Juif de profaner le Chabbat pour lui en accomplissant des actions interdites par la Torah. Cependant, pour des actions interdites uniquement par les Sages, si la maladie comporte un risque pour un membre du corps, il est permis de les accomplir pour lui, même sans modification. Certains estiment que, dans le cas d'un risque pour un membre, il serait permis de profaner le Chabbat même pour des interdits de la Torah. Toutefois, selon l'avis de Rachi, du Ramban, du Rashba et d'autres, on ne profane le Chabbat que lorsqu'il y a un danger pour la vie. C'est également la décision du Maran dans le Choulhan Aroukh. De nos jours, du fait que l'on craint que tout risque pour un membre puisse évoluer en danger pour tout le corps, il y a lieu de permettre de profaner le Chabbat par un Juif même pour un risque concernant un membre.
Réponse
Pour un malade dont la vie n'est pas en danger et qui ne présente pas non plus de risque pour un membre, il est permis d'accomplir pour lui toutes les actions interdites par les Sages, à condition de les faire d'une manière différente de l'habitude. De plus, une action interdite par la Torah mais réalisée de façon inhabituelle est considérée comme une action interdite par les Sages. Voir plus loin au paragraphe 11.
Réponse
Pour un malade dont la vie n'est pas en danger, il est permis d'accomplir pour lui des actions interdites par les Sages pendant Chabbat, qu'il s'agisse d'un risque pour la vue ou pour un autre membre. Même en cas de risque de perte de la vue, il n'est permis d'accomplir que des actions interdites par les Sages.
Réponse
Ainsi, si un médecin affirme pendant Chabbat qu'il est nécessaire de donner à un malade du jus de fruits naturel, et qu'il faut presser d'autres fruits pour lui, il est permis de presser des oranges, fraises, grenades ou autres fruits similaires, même dans un récipient vide, car cette extraction est interdite par les Sages, et il est permis de le faire pour un malade dont la vie n'est pas en danger. S'il y a un risque pour un membre, il est permis de presser même sans modification particulière. S'il n'y a pas de risque pour un membre, il faut presser d'une manière différente de l'habitude. Lorsqu'on presse de façon inhabituelle, il est permis d'être indulgent même avec des raisins et des olives si aucune autre solution n'est possible.
Réponse
De même, il est permis de presser même des raisins dans un récipient vide lorsqu'on a l'intention d'y ajouter ensuite un aliment et de mélanger le jus avec la nourriture, car cette action est interdite par les Sages pendant Chabbat (puisqu'il n'est pas évident que cela soit fait pour l'aliment). Pour un malade dont la vie n'est pas en danger, il est permis de le faire même sans modification particulière s'il y a un risque pour un membre. S'il n'y a pas de risque pour un membre, il faut presser de façon inhabituelle.
Réponse
De même, si du pain a été placé dans un four allumé avant Chabbat pour être cuit, et que le fait de le retirer du four (action appelée rediya) est interdit par les Sages, il est permis de le retirer pendant Chabbat pour un malade dont la vie n'est pas en danger mais qui présente un risque pour un membre. S'il n'y a pas de risque pour un membre, il faut retirer le pain de façon inhabituelle.
Réponse
Lorsqu'une personne malade est alitée, mais que sa vie n'est pas en danger, il est permis de lui administrer tout traitement qui n'implique pas une melakha, même par l'intermédiaire d'un Juif. Il lui est également permis d'avaler des médicaments pendant Chabbat. Bien que, pour d'autres douleurs moins graves, les Sages aient interdit de prendre des médicaments pendant Chabbat, dans le cas d'une personne malade alitée, ils n'ont pas appliqué ce décret, de crainte que l'on en vienne à préparer le médicament pendant Chabbat et à moudre des ingrédients.
Réponse
Si une personne malade, dont la vie n'est pas en danger, se trouve dans le désert, par exemple des soldats en dehors du temps de guerre, et qu'il est nécessaire de lui construire une tente provisoire pour le protéger, il est permis de le faire, bien que la construction d'une tente provisoire pendant Chabbat soit interdite par les Sages. Cela est permis pour le malade, à condition que cela soit fait avec une modification. Si le malade présente un danger pour un de ses membres, il n'est pas nécessaire d'apporter une modification.
Réponse
Bien qu'il soit interdit de remplir un oreiller ou un coussin de fibres pendant Chabbat, si cela est nécessaire pour un malade dont la vie n'est pas en danger, selon l'avis du Rambam, il est permis de le faire pendant Chabbat avec une modification, car l'interdiction n'est que d'ordre rabbinique, de peur que l'on en vienne à coudre. Si le malade présente un danger pour un de ses membres, cela est permis même sans modification. Cependant, selon Rachi, il ne faut pas être indulgent même pour un malade, car l'interdiction serait d'ordre toranique, du fait que l'on fabrique un objet. Si l'on introduit les fibres avec une modification, voir plus loin au paragraphe 11.
Réponse
Lorsque le médecin indique qu'il faut donner à un malade non en danger vital un plat chaud, il est permis de cuire en utilisant la chaleur dérivée du soleil, car cette forme de cuisson n'est interdite que d'ordre rabbinique. Lorsqu'il n'y a pas de danger pour un membre, qu'il le fasse avec une modification. Cependant, selon le responsa du Maharch Or Zaroua, pour la cuisson, la notion de modification ne s'applique pas. D'après le Hayé Adam, le Michna Beroura et le Kaf HaHaïm, lorsque la modification n'est pas possible, il est permis de cuire de manière habituelle. Malgré tout, si possible, qu'il le fasse avec une modification afin de satisfaire ceux qui sont plus stricts.
Réponse
Certains estiment qu'il est permis, pour un malade non en danger vital, d'accomplir même des melakhot interdites par la Torah si cela se fait de manière modifiée, car dans ce cas, l'interdiction n'est que d'ordre rabbinique et cela est considéré comme un interdit de shevout permis pour un malade non en danger vital. D'autres pensent que l'on n'a permis que les melakhot interdites d'ordre rabbinique, mais pour celles interdites par la Torah, même faites de manière modifiée, il ne faut pas permettre. L'avis principal est d'être indulgent dans ce cas lorsqu'il n'est pas possible de procéder autrement.
Réponse
Un malade qui ne présente pas de danger pour un de ses membres, dont le médecin a prescrit de manger des fruits, et qui ne trouve que des fruits encore attachés à l'arbre, et souhaite les manger directement avec la bouche alors qu'ils sont encore attachés (ce qui constituerait une modification), il ne faut pas être indulgent, car ces fruits sont considérés comme mouktsé, et il n'est pas permis d'autoriser la consommation de mouktsé à un malade.
Réponse
Si un médecin a écrit une ordonnance (mircham) pendant Chabbat pour un malade dont la vie n’est pas en danger, pensant par erreur qu’il s’agissait d’un cas de danger vital, il est permis d’apporter des médicaments pendant Chabbat sur la base de cette ordonnance. Mais si le médecin a rédigé l’ordonnance sciemment, il ne faut pas aller chercher les médicaments à la pharmacie pendant Chabbat. Toutefois, si les médicaments ont déjà été apportés, il est permis d’en profiter pendant Chabbat.
Réponse
Certains avis estiment que tout ce qu’il est permis de faire par un Juif pour un malade dont la vie n’est pas en danger, il n’est pas nécessaire de chercher un non-Juif pour le faire, mais le Juif peut le faire lui-même comme cela a été expliqué. D’autres opinions s’y opposent.
Réponse
Est considéré comme un malade sans danger vital celui qui est alité à cause d’une maladie sans risque pour la vie, ou celui qui souffre à tel point que tout son corps est affecté par cette douleur. Cela inclut également toute personne qui semble en bonne santé mais qui risquerait de se mettre en danger ou de devoir s’aliter si elle ne reçoit pas à temps le traitement nécessaire, comme les personnes asthmatiques, celles souffrant d’une maladie cardiaque non dangereuse, ou d’épilepsie, ainsi que la femme ayant accouché du huitième jour jusqu’à la fin du trentième jour après l’accouchement, ainsi que le nourrisson.
Réponse
Un malade sans danger vital mais présentant un risque pour un membre, si le médecin affirme que ce risque peut entraîner un danger général pour la vie, on l’écoute et il est permis de profaner Chabbat pour lui, même pour des interdits de la Torah. De nos jours, les médecins considèrent qu’il n’existe pratiquement aucun risque pour un membre isolé sans qu’il y ait aussi un danger pour l’ensemble du corps, à cause du risque d’infection généralisée ou similaire. Même selon Maran le Choulhan Aroukh, qui pense qu’on ne profane pas Chabbat pour un risque concernant un membre isolé, il admettrait qu’il faut être indulgent à notre époque, car les médecins affirment qu’il n’y a pas de risque pour un membre sans risque général pour la vie, à cause de l’infection ou de l’empoisonnement. En cas de doute concernant un danger pour la vie, il faut être indulgent. Ainsi, chaque fois qu’il y a lieu de craindre que laisser un membre blessé sans traitement puisse entraîner la propagation de la maladie à tout le corps, il est permis de profaner Chabbat pour soigner ce membre. Par conséquent, si un membre a été sectionné, comme une main coupée du bras, il est permis de pratiquer une opération pendant Chabbat pour rattacher la main, car de toute façon les médecins devront profaner Chabbat pour éviter un risque d’infection ou similaire. Ce cas est donc assimilé à celui d’un malade en danger vital, qu’il faut sauver par le traitement approprié, comme on le fait en semaine, même si cela implique de multiplier les actions interdites. Tout ce que fait le médecin est alors considéré comme relevant du pikuah nefesh.
Réponse
Pour un malade sans danger vital, il est permis de faire tous ses besoins par l’intermédiaire d’un non-Juif, même si ce dernier accomplit des actions interdites par la Torah, à condition que le malade soit alité et non simplement souffrant. Ainsi, s’il faut préparer un médicament pour le malade, il est permis de demander à un non-Juif de le préparer pendant Chabbat si le malade en a besoin ce jour-là. De même, s’il est nécessaire de préparer du thé chaud ou autre chose pour le malade, il est permis d’ordonner à un non-Juif de le faire. Il en va de même pour cuire ou cuire au four pour le malade, cela se fait par l’intermédiaire d’un non-Juif. Il n’y a pas de différence selon qu’il y ait ou non un risque pour un membre, dans tous les cas cela est permis par l’intermédiaire d’un non-Juif. Même si demander à un non-Juif est une interdiction rabbinique (chvout), en cas de maladie cela n’a pas été interdit. Mais un Juif ne doit pas profaner Chabbat pour un malade sans danger vital en accomplissant des interdits de la Torah, comme expliqué plus haut. Pour les interdits rabbiniques, voir le premier paragraphe.
Réponse
Si un malade sans danger vital a besoin d’un médicament et qu’il est nécessaire de se déplacer en voiture pour l’obtenir, il est évident qu’il est interdit à un Juif de conduire pour cela, puisqu’il n’y a pas de danger. Mais il est permis de demander à un non-Juif de se déplacer en voiture pour aller chercher le médicament. Toutefois, si le médicament n’est pas absolument nécessaire pendant Chabbat, il faut s’abstenir de demander à un non-Juif de se déplacer pour l’apporter pendant Chabbat.

