Questions pratiques
Lois du lavage corporel pendant Chabbat
Réponse
Il est interdit à une personne de se rincer tout le corps à l'eau froide puis de se tenir devant un feu, car l'eau sur son corps se réchauffe et cela revient à se laver tout le corps à l'eau chaude. En revanche, il est permis de laver son visage, ses mains et ses pieds à l'eau froide puis de se réchauffer devant le feu. Il est également permis de se rincer à l'eau froide après s'être réchauffé près du feu.
Réponse
Il est permis de sécher ses mains avec un sèche-mains électrique qui fonctionne depuis la veille de Chabbat, ou qui a été mis en marche par un non-juif pour son usage. Il est également permis de placer ses mains mouillées devant un radiateur électrique pendant Chabbat, et cela ne constitue pas une interdiction de se laver à l'eau chaude pendant Chabbat.
Réponse
Une personne souffrant de maux de ventre n'a pas le droit de remplir une marmite d'eau chaude et de la poser sur son ventre, de peur que l'eau chaude ne se renverse sur son corps et qu'elle en vienne à se laver à l'eau chaude pendant Chabbat. Si l'eau est très chaude, il est interdit de faire cela même en semaine, en raison du danger. Cependant, il est permis de poser pendant Chabbat sur son ventre une bouillotte remplie d'eau chaude et bien fermée avec un bouchon, sans craindre que la bouillotte s'ouvre et qu'on se lave à l'eau chaude pendant Chabbat. Il est également permis de fermer le bouchon pendant Chabbat, sans craindre ni la fabrication d'un ustensile, ni l'interdiction de soigner pendant Chabbat, ni celle de mouktsé.
Réponse
Il est permis de s'immerger dans un mikvé pendant Chabbat dans de l'eau froide, mais il faut veiller à ne pas en venir à essorer les cheveux ou la serviette. En revanche, il n'est pas permis d'être indulgent pour s'immerger dans de l'eau tiède pendant Chabbat. Il vaut mieux ne pas s'immerger du tout pendant Chabbat plutôt que de s'exposer à un risque d'interdiction rabbinique pour une bonne coutume qui n'est pas une obligation selon la halakha. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas s'opposer fermement à ceux qui sont indulgents et s'immergent dans de l'eau tiède pendant Chabbat.
Réponse
Il est interdit d'entrer dans un bain public pendant Chabbat même uniquement pour transpirer. Cependant, si l'on entre dans le bain public pour y prendre un objet ou pour une raison similaire, sans intention de transpirer, même si le bain est petit et qu'il est certain que l'on va transpirer, cela n'est pas interdit, car les Sages n'ont pas décrété d'interdiction dans ce cas où l'on n'a pas l'intention de transpirer.
Réponse
Lorsqu'une femme doit accomplir sa tevilat la nuit de Chabbat et que l'eau du mikvé est chaude, il est préférable qu'elle s'immerge pendant le temps de bein hachmachot, c'est-à-dire dans les treize minutes et demie qui suivent le coucher du soleil visible, selon l'avis des Guéonim, car pour tout ce qui est une interdiction rabbinique (chvout), les Sages n'ont pas décrété d'interdiction pendant bein hachmachot. Si cela n'est pas possible, elle peut s'immerger même après ce laps de temps dans de l'eau chaude, et elle ne doit pas reporter sa tevilat à la sortie de Chabbat pour cette raison. Elle peut, en cas de nécessité, s'appuyer sur l'opinion des derniers décisionnaires qui permettent l'immersion dans de l'eau chaude la nuit de Chabbat, a fortiori dans de l'eau tiède. Si possible, il est bon qu'elle s'immerge au moins dans le délai de trois mil et un quart, et s'appuie en cas de nécessité sur l'avis de Rabbénou Tam, de ses partisans et de Maran le Choulhan Aroukh, selon lesquels il ne fait pas encore nuit. Elle devra veiller à ne pas essorer ses cheveux. Il est recommandé d'attendre un peu avant de s'essuyer, afin que l'eau s'égoutte d'elle-même. Certains sont rigoureux et disent que si le moment de la tevilat est arrivé en semaine et qu'elle ne s'est pas immergée, elle ne doit pas s'immerger la nuit de Chabbat. Cependant, la coutume est d'être indulgent à ce sujet, conformément à l'avis de Maran le Choulhan Aroukh.
Réponse
D'après la halakha, il est permis de se laver dans une rivière ou dans la mer pendant Chabbat, à condition de faire attention à ne pas transporter l'eau restée sur soi dans un domaine de type karmelit. Il faut donc s'essuyer en sortant de la rivière. Il est bon aussi d'attendre que l'eau s'égoutte avant de s'essuyer, et de s'essuyer doucement afin de ne pas en venir à l'interdiction d'essorer. Malgré tout, la coutume de tout Israël est de s'abstenir de se laver dans la mer ou la rivière pendant Chabbat, par crainte de plusieurs écueils.
Réponse
Certains estiment qu'il est interdit de se laver les mains avec du savon solide pendant Chabbat. D'autres permettent et considèrent qu'il n'y a là ni problème de lisser (memareah), ni de polir (memahék), ni de créer une nouvelle substance (nolad). Ainsi, en cas de besoin, comme pour les médecins ou infirmières qui doivent se laver les mains après avoir soigné un malade, cela est permis, car telle est la règle principale, comme il ressort explicitement d'une réponse du Rambam. Toutefois, lorsqu'il est possible d'être rigoureux, il est bon de tenir compte de l'avis de ceux qui interdisent. Cependant, il ne faut pas réprimander ceux qui se permettent d'utiliser du savon solide, même sans nécessité. Les Ashkénazes sont stricts à ce sujet. En tout cas, il est permis de se laver avec du savon liquide pendant Chabbat, comme mentionné précédemment.
Brossage des dents pendant Chabbat
Réponse
Celui qui a l'habitude de se brosser les dents chaque jour avec du dentifrice à l'aide d'une brosse à dents, certains estiment qu'il est interdit de le faire le Chabbat, pour plusieurs raisons. Parmi elles, à cause de l'interdiction de nolat, car il produit de la mousse en frottant le dentifrice, et par crainte que du sang ne sorte. D'autres permettent à condition de ne pas mettre le dentifrice sur la brosse et de ne pas frotter comme en semaine, mais plutôt d'appliquer le dentifrice avec le doigt sur les dents, ou de manière similaire. Certains autorisent même de se brosser les dents avec une brosse comme en semaine, même avec un dentifrice non liquide, considérant qu'il n'y a là ni interdiction de memareah, ni de nolat, ni d'interdiction de soin médical le Chabbat. En pratique, il apparaît que si une personne souffrirait d'une gêne à cause de la mauvaise haleine si elle s'abstenait de se brosser les dents le Chabbat, il lui est permis de se brosser les dents même avec une brosse, à condition qu'elle ait l'habitude de le faire et qu'il ne soit pas évident que le frottement fasse sortir du sang des gencives. Même pour celui qui s'abstient de se laver avec du savon le Chabbat, il est permis d'être indulgent avec le dentifrice. Toutefois, il est préférable d'utiliser un dentifrice liquide (mi-pé) le Chabbat, et il est recommandé de réserver une brosse à dents spéciale pour le Chabbat afin d'éviter la ressemblance avec les actes de la semaine. Il faudra veiller à ne pas laver la brosse après usage en vue de la préparer pour la semaine, sauf si l'on prévoit de l'utiliser à nouveau pendant ce même Chabbat. Quoi qu'il en soit, celui qui peut totalement s'abstenir d'utiliser du dentifrice le Chabbat sans en souffrir, il est préférable qu'il soit rigoureux et s'abstienne.
Réponse
Il est permis de se nettoyer les dents avec un cure-dents spécialement conçu à cet effet, ou avec tout autre cure-dents qui n'est pas mouktsé. Il est également permis d'enlever une écharde plantée dans la chair, en prenant soin de ne pas faire sortir de sang. Toutefois, si l'on a fait attention mais que du sang est tout de même sorti, cela n'est pas problématique.
Réponse
Il est interdit de tailler des bois odorants durs afin de s'en servir pour se nettoyer les dents, que ce soit à la main ou à l'aide d'un instrument. En revanche, il est permis de tailler des bois odorants, même durs, pour en faire ressortir l'odeur ou pour les donner à sentir à autrui, mais uniquement à la main ; il est interdit de le faire avec un couteau. Pour des bois odorants tendres, il est permis de les tailler même avec un couteau.
Réponse
Il a déjà été expliqué dans les lois de mouktsé qu'il est permis de se nettoyer les dents avec une allumette, même si l'allumette est mouktsé, car elle est considérée comme mouktsé mehamat melakhto leissour (objet dont l'usage principal est interdit), et il est permis de déplacer un tel objet pour un besoin utilitaire ou pour libérer une place. Il faudra prendre soin de ne pas faire sortir de sang des dents, mais si l'on a fait attention et que malgré tout du sang est sorti, cela n'est pas problématique.
Lois de l’onction pendant Chabbat
Réponse
Il est permis, selon la halakha, d'appliquer une pommade sur un nourrisson pendant Chabbat, à condition que la pommade soit absorbée par son corps, sans craindre l'interdit de memareah (étaler). Il n'y a pas non plus d'interdit de soin médical dans ce cas, car il s'agit d'un nourrisson. Toutefois, il est préférable d'agir selon l'avis du Hazon Ich : déposer la pommade à l'endroit nécessaire sans l'étaler, afin qu'elle s'étale d'elle-même.
Réponse
Une personne malade qui ressent des douleurs corporelles et, sur indication médicale, doit appliquer une crème pour soulager la douleur, et qui est arrivée à l'état de malade sans danger vital, a le droit, selon la halakha, d'appliquer la crème sur son corps pendant Chabbat, à condition de n'en mettre qu'une petite quantité de façon à ce qu'elle soit absorbée par la peau. Cependant, il est préférable de déposer la crème à l'endroit nécessaire sans l'étaler, en plaçant la pommade en plusieurs petits points.
Réponse
Il est permis d'appliquer de l'huile sur ses mains pendant Chabbat pour le plaisir. Si la peau du dos de la main est fissurée, il n'y a pas d'interdit de soin médical si la personne a l'habitude de s'enduire d'huile. En revanche, si ce n'est pas son habitude, il ne faut pas appliquer d'huile ou de produit similaire sur la main, en raison de l'interdit de soin médical pendant Chabbat.
Réponse
Certains avis permettent à une femme d'appliquer de l'huile sur ses cheveux pendant Chabbat, tandis que d'autres considèrent qu'il y a une obligation de hatat en raison de memareah. En pratique, bien qu'il n'y ait pas d'interdit de la Torah, il existe tout de même un interdit rabbinique.
Réponse
Il est interdit d'appliquer de l'huile sur le corps et de masser vigoureusement à des fins médicales pendant Chabbat. Par conséquent, il est interdit de faire un massage pendant Chabbat si l'on masse avec force dans l'intention de faire transpirer. Cependant, il est permis de le faire doucement. Une personne en bonne santé a le droit d'appliquer de l'huile sur son corps, et il est également permis d'appliquer de l'huile sur un nourrisson.
Réponse
Si une personne a le dos ou le cou bloqué et ressent des douleurs au point d'être affaiblie et alitée, elle est considérée comme un malade sans danger vital, et il est permis de lui faire un massage même vigoureux pendant Chabbat.
Réponse
Il est permis de mettre du parfum sur le visage ou les mains pendant Chabbat, et cela n'est pas considéré comme une interdiction de sikha. Même pendant Yom Kippour, il y a lieu d'être indulgent à ce sujet. Il est également permis d'en mettre sur les cheveux. Cependant, il a déjà été expliqué qu'il est interdit de mettre une bonne odeur sur un mouchoir ou un vêtement pendant Chabbat, à cause de l'interdiction de molid re'aha. Mais sur la peau humaine, comme les mains ou le visage, cette interdiction ne s'applique pas, car l'odeur ne dure que peu de temps, la sueur l'effaçant rapidement. Même sur les cheveux, il n'y a pas d'interdiction. Par ailleurs, si quelqu'un a vaporisé sur son corps un parfum spécialement destiné à éliminer la sueur (déodorant), il lui est permis de changer de vêtement pendant Chabbat, même si l'odeur passe sur le vêtement, car il n'a pas l'intention de faire naître l'odeur sur le vêtement, et il s'agit d'un psik reicha delo ikhpat leh dans une interdiction d'ordre rabbinique. Cela s'applique à condition qu'il ne tienne pas à l'odeur sur ses vêtements.
Réponse
Il est interdit de cirer les chaussures pendant Chabbat, et il est également interdit de demander à une servante non juive de le faire pour soi. Cependant, si elle a ciré les chaussures pendant Chabbat sans instruction, il est permis de les porter pendant Chabbat.

