Questions pratiques
Lois de l’extraction pendant Chabbat, mélakha de dèche
Réponse
Il est donc interdit de presser des poires, car dans plusieurs pays on a l'habitude de les presser pour en faire une boisson.
Réponse
De même, il est interdit de presser des pommes pendant Chabbat, car dans certains endroits on a l'habitude de les presser. Il est également interdit par décret rabbinique de presser des oranges et des pamplemousses pour leur jus pendant Chabbat, car il est courant de les presser dans nos régions. Il faut aussi être rigoureux concernant les tomates et autres fruits similaires, en ne les pressant que sur un aliment. Il est interdit de presser une orange sur du sucre dans un verre. Il y a lieu d'interdire de presser des oranges aussi pendant Yom Tov, même si l'interdiction de les presser pendant Chabbat n'est que rabbinique, car toute pression est interdite pendant Yom Tov. Toutefois, il est permis de presser une orange sur un aliment, à condition que la majeure partie du jus soit absorbée par l'aliment.
Réponse
Il est également interdit de presser pendant Chabbat des mangues, des clémentines, des ananas et autres fruits similaires, car il est courant de les presser pour leur jus, et il est donc interdit de les presser pendant Chabbat par décret rabbinique.
Réponse
Il est permis de presser pendant Chabbat des fruits qui ne sont jamais pressés nulle part dans le monde, comme le coing ou la pastèque, même dans le but d'obtenir leur jus pour le boire, car cela est considéré comme séparer un aliment d'un autre aliment. Même si l'habitude est de les presser pour boire leur jus à des fins médicinales, cela reste permis.
Réponse
Cependant, il apparaît que l'autorisation de presser ces fruits ne concerne que le fait de les presser à la main, mais non à l'aide d'un pressoir, même manuel et non électrique, car cela ressemble à une activité de semaine.
Réponse
Certains estiment qu'il est interdit de couper un pamplemousse en deux, d'y mettre du sucre et de manger le pamplemousse à la cuillère, car cela reviendrait à presser pendant Chabbat. D'autres permettent cela, même si un peu de jus s'écoule du fruit lors de la consommation, car l'intention n'est pas de boire le jus, et il est inévitable qu'un peu de fruit se mélange au jus dans la cuillère. C'est cette dernière opinion qui fait autorité.
Réponse
Certains interdisent d'aspirer avec la bouche le jus contenu dans des raisins pendant Chabbat, ainsi que d'aspirer avec la bouche le bouillon d'une viande ou le vin d'un morceau de pain trempé dans du vin. D'autres permettent cela, que ce soit avec des raisins, de la viande ou du pain imbibé de liquide. L'opinion principale suit ceux qui permettent, car ce n'est pas la manière habituelle de presser. Même ceux qui interdisent ne l'interdisent que lorsqu'il s'agit d'aspirer en tenant le raisin à la main et en le suçant, sans le mettre entièrement dans la bouche. Mais si l'on met le raisin entier dans la bouche, qu'on en aspire le jus et qu'on recrache les pépins, tout le monde s'accorde à dire que c'est considéré comme une manière de manger et que c'est permis.
Réponse
Un fruit non mûr très acide et impropre à la consommation peut être pressé pendant Chabbat dans un aliment, à condition de le consommer immédiatement. Cela est permis a priori, de la même manière qu'il est permis de retirer un aliment d'un déchet pour le consommer tout de suite, et non comme l'opinion de ceux qui l'interdisent.
Réponse
Des fruits ou légumes marinés dans du vinaigre ou de l'eau salée, comme le cornichon, ainsi que des légumes bouillis, peuvent être pressés pendant Chabbat dans un récipient vide, tant que l'on n'a pas besoin du liquide extrait et que l'on presse uniquement pour améliorer la consommation de l'aliment. Il est également permis de presser des navets ou des aubergines frites, ou d'autres légumes cuits, pour en retirer la graisse absorbée, si cela est fait pour améliorer l'aliment. Si l'on a besoin du liquide extrait, il n'est permis de presser que dans une marmite ou un récipient contenant déjà de la nourriture. Mais s'il n'y a pas de nourriture dans le récipient, cela est interdit.
Lois de l’extraction du jus de citron
Réponse
Il est permis de presser un citron pendant Chabbat, car selon la halakha tranchée pour nous, conformément à l'avis du Maran dans le Choulhan Aroukh, il est permis dans tous les cas, que ce soit en pressant le citron seul dans un récipient vide pour en faire une limonade, ou en le pressant dans un récipient contenant déjà une boisson, ou dans le but de le mélanger ensuite à un aliment. Un décisionnaire ne doit pas interdire de presser le citron pendant Chabbat à l'encontre de l'avis du Maran du Choulhan Aroukh, qui est notre référence halakhique. Toutefois, celui qui souhaite être rigoureux pour lui-même et ne presser le citron que sur un aliment, qu'il soit béni. Si l'on presse du citron dans une assiette contenant une salade, il faut faire attention : si des pépins de citron tombent dans la salade, il ne faudra pas les retirer, car cela constituerait l'interdiction de borér, c'est-à-dire séparer un déchet de l'aliment, ce qui est interdit par la Torah.
Réponse
Néanmoins, lorsqu'on prépare une limonade, il est préférable, a priori, de tenir compte de l'avis des rigoureux et de ne pas presser le citron dans un verre vide pour ensuite y ajouter du sucre et de l'eau. Il vaut mieux mettre d'abord le sucre dans le verre, puis presser le citron dessus de façon à ce que le jus soit absorbé par le sucre, et ensuite verser l'eau. Même si, selon la halakha stricte, il n'y a pas d'interdiction à presser le citron pendant Chabbat, puisqu'il est facile d'être rigoureux dans ce cas, il est bon de presser le citron sur le sucre, comme expliqué. Si toutefois le jus de citron ne s'imbibe pas dans le sucre mais reste à la surface, cette rigueur n'a pas lieu d'être, car dans ce cas on ne peut pas considérer le jus comme absorbé dans l'aliment, et il faudra alors s'appuyer sur la règle principale qui permet de presser le citron pendant Chabbat.
Réponse
Si l'on souhaite presser du citron dans un verre de thé chaud, il ne faut pas presser le citron sur le sucre avant d'avoir versé de l'eau bouillante (provenant d'un premier récipient) dans le verre, car verser de l'eau très chaude directement sur le jus de citron équivaut à cuire ce jus, ce qui reviendrait à adopter une rigueur qui conduit à une permission problématique. Il faut donc d'abord verser l'eau bouillante dans un verre vide, puis de là verser dans le mélange de citron et de thé. Certains sont rigoureux et ne pressent pas de citron dans un verre de thé chaud tant que la boisson est à une température où la main s'y brûle (yad soledet bo), même dans un second récipient, car ils considèrent que le citron, étant un aliment piquant, cuit même dans un second récipient comme les aliments faciles à cuire. Selon eux, il faut attendre que le thé refroidisse en dessous de cette température avant d'y presser le citron. Toutefois, selon la halakha, il est permis d'être indulgent, mais il est tout de même préférable d'adopter la rigueur.
Réponse
Il est permis de frotter ses mains avec un morceau de citron déjà pressé pour enlever la saleté, même si le citron est pressé au moment du lavage des mains. Selon la halakha stricte, il est même permis d'utiliser un citron non encore pressé et de le presser en frottant ses mains.
Extraction de jus sur un aliment
Réponse
Il est permis de presser une grappe de raisin pendant Chabbat dans une marmite contenant un plat cuisiné, ou dans un bol ou une assiette contenant des aliments, car le liquide qui tombe dans la nourriture est considéré comme un aliment. Cela revient à séparer un aliment d’un autre, ce qui n’est pas interdit au titre de mefarek. À plus forte raison, il est permis de presser d’autres fruits comme les oranges ou les pamplemousses sur des aliments pour la même raison. Ainsi, il est permis de presser des oranges pendant Chabbat sur une salade de fruits ou sur des carottes râpées (râpées avant Chabbat) pour les assaisonner. De même, il est permis de presser des fruits sur de la banane ou de la pomme râpée pour préparer un plat destiné aux nourrissons. Cela s’applique lorsque la quantité d’aliment dans le récipient est importante et que le liquide pressé s’y mélange et que la majeure partie est absorbée, améliorant ainsi l’aliment, ce qui lui donne le statut d’aliment. Mais si la quantité d’aliment est faible et que le liquide pressé surnage à cause de son abondance, cela est considéré comme mefarek et il n’y a aucune permission dans ce cas.
Réponse
Si l’on presse des raisins ou d’autres fruits dans un bol qui ne contient pas d’aliment, même si l’on a l’intention d’y ajouter ensuite de la nourriture, cela est interdit par les Sages, car il n’est pas évident que l’on agit pour l’aliment. Pour un malade qui n’est pas en danger, il est permis de le faire par l’intermédiaire d’un Juif en modifiant la manière habituelle, et en cas de danger pour un membre, même sans modification.
Réponse
Ceux qui ont l’habitude de mettre deux ou trois cuillères de sucre dans un verre et de presser dessus des oranges jusqu’à remplir la moitié du verre ou plus, de sorte que le liquide surnage sur le sucre, il faut les en empêcher, car cela est totalement interdit au titre de mefarek. De plus, dans ce cas, le liquide ne vient pas améliorer l’aliment, car au contraire, le sucre se dissout dans le liquide et lui est subordonné. Il n’est donc pas considéré comme un liquide qui vient sur un aliment pour être assimilé à un aliment.
Réponse
Il ne faut pas presser des fruits destinés à produire du jus dans un verre contenant déjà du liquide, car dans ce cas, le liquide n’est pas considéré comme un aliment à ce sujet.
Réponse
Les liquides qui s’écoulent d’eux-mêmes de raisins pendant Chabbat, même si les raisins étaient destinés à être mangés, il est interdit de boire ces liquides jusqu’à la sortie de Chabbat, de crainte que l’on ne vienne à presser avec les mains. Mais pour les liquides provenant de fraises ou de grenades, si ces fruits sont destinés à produire du jus, il est interdit de boire le liquide qui en sort. S’ils sont destinés à être mangés, il est permis de boire le liquide qui en sort pendant Chabbat, car l’interdiction de presser ces fruits n’est que d’ordre rabbinique.
Réponse
Celui qui coupe des oranges ou d’autres fruits et qu’un peu de jus s’écoule naturellement lors de la coupe, il est permis de boire ce jus pendant Chabbat.
Extraction de liquides d’autres produits
Réponse
Celui qui trait une bête pendant Chabbat est passible, car il transgresse la mélakha de "mifarek", qui est une dérivation de la mélakha de "dash".

