Questions pratiques
Lois du tri pendant Chabbat
Réponse
Qu'appelle-t-on trier "pour consommation immédiate" qui est permis ? Si l'on est assis pendant le repas, il est permis de trier pour ce repas, même si le repas dure trois heures ou plus. Mais il ne faut pas trier avant le Birkat Hamazon pour manger après le Birkat Hamazon, car cette bénédiction marque la fin et le retrait de la table. Si l'on trie juste avant le repas, il est permis de trier pour tout le repas à venir, à condition que l'on s'installe pour manger immédiatement après le tri. Certains estiment que ce délai est d'environ une heure avant le repas, d'autres d'environ une demi-heure, mais la règle correcte est de trier juste avant le repas. C'est pourquoi les membres de la maison ne doivent pas trier, mais seulement après la sortie du maître de maison et de ceux qui l'accompagnent de la synagogue.
Réponse
Celui qui ne participe pas à un repas, par exemple qui mange des fruits de manière occasionnelle, ne doit trier la nourriture de la partie non comestible que dans l'intention de la consommer immédiatement. Cela signifie qu'il doit manger ce qu'il a trié dans l'heure qui suit le tri.
Réponse
Celui qui trie pendant Chabbat la nourriture de la partie non comestible dans l'intention de la laisser pour plus tard, ce qui entraîne une obligation selon la halakha, certains disent que s'il mange finalement ce qu'il a trié immédiatement, il corrige ainsi l'interdit, car il apparaît maintenant que le tri était pour une consommation immédiate. D'autres ne sont pas d'accord et estiment qu'il ne se libère pas de l'obligation, même s'il mange finalement tout de suite ce qu'il a trié, car l'action a été faite avec l'intention de consommer plus tard, et le travail a déjà été accompli, donc il ne corrige rien en mangeant maintenant. En pratique, il est bon et juste de manger immédiatement ce qu'on a trié, car il se peut que cela corrige l'interdit.
Réponse
De même, si quelqu'un a trié à la main la nourriture de la partie non comestible pendant Chabbat avec l'intention de la consommer immédiatement, puis change d'avis et ne la mange pas tout de suite, certains estiment qu'il ne transgresse pas l'interdit de trier, car au moment du tri, son intention était permise, et l'on suit l'intention au moment de l'action. D'autres ne sont pas d'accord, c'est pourquoi il faut veiller à ne pas se retrouver dans ce cas.
Réponse
Si une personne a séparé l'aliment de l'élément indésirable à la main, dans l'intention de le consommer immédiatement, que ce soit pour elle-même ou pour d'autres, et qu'il en reste pour un autre repas, cela n'est pas problématique. En effet, son intention était permise, et la Torah n'interdit que le travail intentionnel. Toutefois, il ne faut pas ruser pour séparer plus que ce dont on a besoin.
Réponse
Si une personne a devant elle un mélange de cacahuètes avec leurs coquilles, ou un cas similaire, et qu'elle tend la main pendant Chabbat pour prendre de l'aliment, mais qu'elle prend par erreur l'élément indésirable, cela n'est pas considéré comme avoir séparé l'élément indésirable de l'aliment. En effet, elle n'avait pas l'intention de séparer l'élément indésirable de l'aliment.
Réponse
Celui qui a séparé pendant Chabbat de manière interdite, par exemple en retirant l'aliment de l'élément indésirable afin de le mettre de côté et de le consommer plus tard, ou en retirant l'élément indésirable de l'aliment, certains estiment que la règle est la même que pour la cuisson pendant Chabbat : s'il l'a fait par inadvertance, il est interdit de consommer ce qui a été séparé ce jour-là, mais il sera permis de le consommer dès la sortie de Chabbat. S'il l'a fait délibérément, cela lui sera interdit à jamais, mais les autres pourront en profiter dès la sortie de Chabbat. D'autres font une distinction entre l'interdiction de séparer et celle de cuire, car dans la séparation, l'objet ne subit pas de modification, contrairement à la cuisson où l'objet change d'état. De plus, il s'agit d'un bénéfice minime, et il aurait pu séparer de manière permise, ce qui n'est pas le cas pour la cuisson où il n'existe pas de manière permise de cuire pendant Chabbat. Selon eux, il n'y a pas lieu d'interdire a posteriori la consommation de ce qui a été séparé du fait du bénéfice tiré d'une action interdite pendant Chabbat. En pratique, si quelqu'un a séparé pendant Chabbat le déchet de l'aliment afin de manger immédiatement, bien que cela soit interdit a priori, a posteriori il est permis de consommer ce qui a été séparé, car certains autorisent même a priori. Si l'on a séparé l'aliment de l'élément indésirable sans intention de le consommer immédiatement, selon la règle principale, il est permis de consommer cet aliment pendant Chabbat, car il aurait pu le faire de manière permise. Cependant, dans ce cas, là où c'est possible, il est correct d'être rigoureux, car cette opinion n'est que celle de Rabbénou Tam et n'est pas la halakha tranchée comme dans le Choulhan Aroukh. Si, après avoir appris l'interdiction, la personne a mélangé à nouveau le déchet, il lui est permis de consommer ce qu'elle avait séparé, même pendant Chabbat, car elle ne tire aucun bénéfice de l'action interdite de séparation, et ses actes ne lui ont rien apporté.
Tri de deux sortes d’aliments
Réponse
Si l’on apporte devant soi, pendant Chabbat, deux sortes d’aliments mélangés, comme du riz et des pois mélangés, ou des graines et des cacahuètes mélangées, et que l’on désire l’un d’eux, l’aliment que l’on souhaite consommer à ce moment est considéré comme ochel, et l’autre aliment, que l’on ne souhaite pas consommer maintenant, est considéré comme psolet. Il convient donc de prélever l’aliment que l’on veut manger immédiatement, dans l’intention de le consommer sans délai. Il ne faut pas retirer l’espèce que l’on ne désire pas, car certains estiment qu’en agissant ainsi, on serait passible d’une transgression de la Torah au titre de borer. Même s’il existe un avis selon lequel, dans le cas de deux sortes d’aliments, il serait permis de retirer même l’espèce que l’on ne souhaite pas et de manger ce qui reste dans l’assiette, néanmoins, puisqu’il s’agit d’un doute concernant une interdiction de la Torah, il ne faut pas être indulgent à ce sujet.
Réponse
Si deux sortes d’aliments sont mélangées et que l’on souhaite consommer les deux plus tard, et que l’on trie chaque espèce séparément, certains estiment qu’il n’y a pas ici de règle de borer, car il n’y a pas de distinction entre ochel et psolet. D’autres pensent que l’on est passible d’un sacrifice expiatoire (hatat).
Réponse
Si l’on a devant soi, pendant Chabbat, deux sortes d’aliments mélangés, et que l’on a trié l’aliment désiré dans le but de le mettre de côté, certains estiment que l’on n’est passible que si l’on a trié le matin pour manger dans l’après-midi. D’autres pensent que même si l’on n’a pas fait cela du matin à l’après-midi, dès lors que l’on n’a pas trié pour une consommation immédiate, on est passible.
Réponse
Par conséquent, si des os se trouvent mélangés dans une assiette, même s’ils contiennent de la moelle et qu’il est habituel d’en sucer la moelle, si l’on ne souhaite pas les consommer maintenant, il est interdit de les retirer de l’assiette. Cependant, si c’est pendant le repas et que, pour manger la viande, il est nécessaire d’écarter les os afin qu’ils n’entrent pas dans la bouche, il est permis d’être indulgent, comme cela sera expliqué plus loin à propos des arêtes de poisson.
Réponse
De même, dans une salade de légumes mélangée avec de l’oignon, si l’on ne souhaite pas manger l’oignon, il ne faut pas retirer l’oignon de la salade, même juste avant le repas. Puisque l’on ne veut pas de l’oignon, il est considéré comme psolet pour soi, et l’on se retrouve à trier le déchet de l’aliment. Il faut donc prendre les légumes et laisser l’oignon dans l’assiette.
Réponse
Néanmoins, si d’autres convives souhaitent manger l’espèce que l’on ne désire pas à ce moment, il est permis de trier cette espèce afin de la leur donner pour qu’ils la consomment immédiatement. Puisque, pour eux, cette espèce est considérée comme ochel, cela est assimilé à trier l’aliment pour une consommation immédiate.
Réponse
Même si l’on trie un aliment parmi d’autres aliments pendant Chabbat, il faut choisir l’aliment que l’on souhaite consommer immédiatement, et non l’inverse. Cependant, si tout est d’un seul et même type, mais qu’il y a des grands et des petits morceaux, il est permis de trier à sa convenance ce qui est le plus facile ou le plus pratique à séparer, que ce soit pour manger tout de suite ou pour laisser pour plus tard, et il n’y a alors aucune règle de borer dans ce cas.
Réponse
Deux sortes de poissons sont considérées comme deux types d’aliments distincts, même s’il s’agit de gros morceaux et que chaque morceau est bien reconnaissable. Il est donc interdit de trier un type de poisson de l’autre ; il faut prendre le type que l’on souhaite manger et le consommer immédiatement.
Réponse
De même, s’il y a des morceaux de viande qui ont été percés lors de la friture ou rôtis au feu, et d’autres qui ont été cuits, même s’il s’agit d’un seul type d’aliment, la règle de borer s’applique. Il ne faut trier que ce dont on a besoin pour manger immédiatement.
Réponse
Un fruit interdit à la consommation mais permis à l’usage, mélangé à d’autres fruits autorisés à la consommation, fait l’objet d’une divergence d’opinions. Certains estiment qu’il est permis de trier pendant Chabbat le fruit interdit à la consommation parmi les autres fruits, car cela est considéré comme trier dans un seul type, ce qui est permis. D’autres pensent qu’il ne faut pas trier pendant Chabbat ce fruit parmi les autres, car même s’il ne s’agit pas de deux types différents, trier un aliment interdit à la consommation parmi d’autres fruits est considéré comme trier deux types différents.
Réponse
De même, pour des fruits qui diffèrent par leur goût, comme des prunes dont certaines sont acides et d’autres sucrées, ou tout cas similaire, il faut trier uniquement ce que l’on souhaite consommer immédiatement.
Tri dans les boissons
Réponse
Il est permis de retirer des œufs durs posés sur un plat, lorsqu'ils sont bien distincts et reconnaissables, car cela n'est pas considéré comme une mélangée. Chaque élément est séparé et il n'y a donc pas d'interdiction de borer dans ce cas.
Réponse
Il est également permis de retirer pendant Chabbat un sachet de thé qui a été placé dans une tasse d'eau chaude, dans un keli chelichi. Il n'y a pas à craindre ici une interdiction de borer.

