Questions pratiques
Autres lois de la cuisson
Réponse
Il est permis de mettre du sucre dans une tasse et de verser dessus de l'eau chaude provenant d'un keli richon, même si l'eau est suffisamment chaude pour brûler la main, car le sucre a déjà été cuit auparavant et il n'y a pas de cuisson après cuisson. Tel est l'usage répandu et il existe des bases solides pour s'y appuyer. Même selon l'avis du Rav Zera Emet, qui considère que le sucre n'est pas cuit mais plutôt cuit comme une pâtisserie, la règle suit l'opinion du Maran selon laquelle il n'y a pas de cuisson après pâtisserie. Certains craignent que, puisque le sucre devient immédiatement un aliment liquide, il y ait un problème de cuisson après cuisson, et c'est pourquoi certains ont l'habitude de mettre le sucre dans la tasse après y avoir versé l'eau bouillante, ce qui est alors considéré comme un keli chéni qui, selon tous les avis, ne cuit pas, même si le mélange devient liquide. Bien que la règle principale soit d'être indulgent, car on considère le sucre comme un aliment sec, il est néanmoins recommandé, puisqu'il n'y a ni perte ni difficulté, que celui qui se montre rigoureux et met le sucre dans un keli chéni soit béni. Il est également permis d'écraser le sucre pendant Chabbat à l'aide d'une cuillère, et cela est permis même a priori.
Réponse
Il est permis de couvrir pendant Chabbat une marmite contenant des os, même si les os ne sont pas complètement cuits. Cependant, si l'on a l'intention, en couvrant, de terminer la cuisson de la moelle à l'intérieur des os, ou si l'on a l'habitude de manger les os eux-mêmes, il ne faut pas être indulgent.
Réponse
Si une marmite contenant un plat chaud se trouve sur le feu ou sur la plata, et que l'on retire le couvercle pour vérifier si le plat est cuit, puis que l'on constate qu'il n'est pas encore entièrement cuit, il est interdit de remettre le couvercle sur la marmite pendant Chabbat, car cela accélère la cuisson.
Réponse
Si l'on a transgressé et remis le couvercle sur une marmite, si le plat était cuit au moins au niveau de maakhal ben Drousai (c'est-à-dire qu'il est possible d'en manger en cas de nécessité), il n'est pas interdit de consommer ce plat pendant Chabbat. Mais si le plat n'a pas encore atteint ce stade, il convient d'être rigoureux et de ne pas manger de ce plat, car le fait de remettre le couvercle a accéléré la cuisson, ce qui est considéré comme cuire pendant Chabbat, et il est interdit de profiter de ce plat, conformément à ce qui est expliqué au début du Choulhan Aroukh siman 318. En revanche, si le plat est entièrement cuit, il est permis, après avoir retiré le couvercle, de le remettre, même si cela entraîne que le plat réduise et que cette réduction soit bénéfique pour lui. En effet, il est permis de remettre un plat sur le feu, et pour un plat liquide, lorsque les conditions de remise sont réunies, même si le plat va réduire et que cela lui est profitable.
Réponse
Un plat qui n'est pas entièrement cuit et qui se trouve sur une plaque métallique ou en amiante posée sur le feu ne doit pas être rapproché d'un endroit plus chaud pour accélérer sa cuisson, même si le plat est bouillant ou s'il est sec. Si l'on a transgressé et rapproché le plat vers le centre, à un endroit plus chaud, la règle est celle mentionnée dans le paragraphe précédent.
Réponse
Lorsqu'un keli rishon a contenu de l'eau chaude, qu'on l'a retiré du feu et vidé de toute son eau chaude, il est permis d'y verser de l'eau froide afin de la réchauffer légèrement. Cependant, si l'on verse une quantité d'eau si faible que cette eau pourrait atteindre une température où la main se retire (yad soledet bo), cela est interdit.
Réponse
Un plat liquide bouillant qui était posé sur un feu recouvert de tôle ou d'amiante, et dont le feu s'est éteint pendant Chabbat, certains interdisent de transférer ce plat vers un autre foyer, même s'il est entièrement cuit, car cela serait considéré comme poser sur un foyer à l'origine. D'autres permettent de transférer d'un foyer à un autre, même d'un foyer à chaleur faible vers un foyer à chaleur forte. La halakha suit cette opinion, en particulier pour transférer d'une plata à une autre. Et si le plat est devenu tiède, il est interdit de le transférer sur une autre plata, car il y a cuisson après cuisson pour un liquide. Il est permis de fermer le robinet du gaz après l'extinction de la flamme, et si possible, il convient de le faire d'une manière différente de l'habitude.
Réponse
Même si le versement d'un keli rishon a le même statut que le keli rishon lui-même, la louche (mateket) utilisée pour puiser du bouillon dans un keli rishon et le verser dans un bol a le statut de keli sheni. Toutefois, si la louche est restée dans la marmite jusqu'à ce que l'ébullition y monte, elle prend le statut de keli rishon. Il est alors interdit d'y mettre un aliment nécessitant une cuisson. Celui qui se montre rigoureux avec la louche dans tous les cas sera digne de bénédiction.
Réponse
Il est interdit de faire du kiboush (saumurage) pendant Chabbat, car celui qui fait du kiboush est assimilé à celui qui cuit. Par conséquent, il est interdit de saler quatre ou cinq morceaux de radis ensemble, car cela ressemble à du kiboush pendant Chabbat. Mais il est permis de tremper chaque morceau séparément et de le consommer. Il est toutefois permis de remettre des légumes déjà saumurés dans de la saumure ou du vinaigre pendant Chabbat, comme des concombres, car il n'y a pas de kiboush après kiboush. Et si les légumes n'ont pas encore été complètement saumurés, il est correct d'être strict et de ne pas les remettre dans leur bocal contenant de la saumure ou du vinaigre, car ils ne sont pas encore totalement saumurés.
Réponse
Il est permis de mettre des raisins secs ou des abricots dans de l'eau pendant Chabbat afin de préparer une boisson à consommer le même jour. Il n'y a pas d'interdiction de saumurage ni de pressurage dans ce cas. Cependant, il faut veiller, lors du transvasement de l'eau des raisins secs dans un autre récipient, à le faire doucement, et dès que de petites particules commencent à descendre, il faut arrêter et laisser le dépôt, car sinon ces particules témoigneraient d'une action de tri (borer).
Réponse
Pour un fruit de shesek très sec, impossible à consommer sans trempage dans l'eau, certains interdisent de le tremper même dans de l'eau froide, car cela serait assimilé à l'action de maké bepatish, c'est-à-dire achever un objet. D'autres estiment que cette interdiction ne s'applique pas aux aliments. Toutefois, si l'on fait cela pour consommer immédiatement, il est permis de tremper le fruit même a priori, et c'est l'opinion retenue.
Réponse
Il est permis de placer, la veille de Chabbat, un sachet rempli de riz et de viande à l'intérieur de la marmite du hamin. Il n'y a pas à craindre ici l'interdiction de hatmana dans une matière qui augmente la chaleur, surtout que le sachet n'est pas destiné à l'hatmana, mais simplement à éviter que son contenu ne se mélange avec le hamin.
Lois du tri pendant Chabbat
Réponse
Lorsqu'on a devant soi un mélange de nourriture et de déchets, il est interdit de retirer les déchets de la nourriture pendant Chabbat, même si cela se fait avec une seule main, et même si l'on a l'intention de consommer immédiatement. Si quelqu'un retire les déchets de la nourriture, il est passible d'une faute.
Réponse
Celui qui retire des déchets d'un mélange de nourriture pendant Chabbat, même s'il n'en retire qu'une partie et non la totalité, est passible d'une faute. De même, celui qui retire la nourriture des déchets sans avoir l'intention de la consommer immédiatement est également passible d'une faute.
Réponse
Même si la quantité de nourriture est supérieure à celle des déchets et qu'il serait plus facile de retirer les déchets de la nourriture, il reste interdit de retirer les déchets de la nourriture pendant Chabbat.
Réponse
De même, celui qui trie pendant Chabbat à l'aide d'un tamis ou d'un crible, même s'il retire la nourriture des déchets et même s'il a l'intention de consommer immédiatement, est passible d'une faute. De plus, celui qui retire la nourriture des déchets à la main dans le but de la mettre de côté est également passible d'une faute. Il en ressort que l'on n'a le droit de trier pendant Chabbat que si trois conditions sont réunies : premièrement, retirer la nourriture des déchets et non l'inverse ; deuxièmement, le faire dans l'intention de consommer immédiatement ; troisièmement, le faire à la main et non à l'aide d'un ustensile. Dans ces conditions, cela est considéré comme une manière de manger et non comme une manière de trier.
Réponse
Même si la quantité de déchets est supérieure à celle de la nourriture et que retirer la nourriture des déchets demande un effort, il faut tout de même retirer la nourriture des déchets à la main pendant Chabbat, dans l'intention de consommer immédiatement, et non retirer les déchets de la nourriture. À plus forte raison, il est permis de déplacer ce mélange, car il n'est pas considéré comme mouktsé pendant Chabbat.
Réponse
Même si les déchets sont grossiers et la nourriture fine, et que retirer la nourriture des déchets pour consommer immédiatement demande plus d'effort, il faut tout de même retirer la nourriture des déchets pour consommer immédiatement, et non l'inverse. Cependant, il est permis de demander à un non-juif de retirer les déchets de la nourriture pour une consommation immédiate, de quelque manière que ce soit.
Réponse
Celui qui trie pendant Chabbat la nourriture de la partie non comestible, même pour une consommation immédiate, en utilisant un kanon ou un tamhoui, est exempt de hatat car il agit de manière inhabituelle, mais cela reste interdit par les Sages. Le kanon est un ustensile en forme d'entonnoir, large à l'arrière et étroit à l'avant. Celui qui trie des légumineuses avec, place les légumineuses dans la partie large et les secoue, de sorte que les légumineuses, qui sont rondes, roulent et descendent par l'ouverture étroite, tandis que les déchets restent dans l'ustensile.
Réponse
Il est permis de manger pendant Chabbat avec une fourchette ou une cuillère, et de prendre la nourriture de la partie non comestible, à condition de consommer immédiatement. Même si celui qui trie la nourriture de la partie non comestible à l'aide d'un tamis ou d'un crible est passible, et que trier avec un kanon ou un tamhoui est interdit, la cuillère et la fourchette ne sont pas des ustensiles destinés au tri, mais sont utilisés habituellement pour manger. Elles sont considérées comme une extension de la main, et ce n'est pas une manière de trier, mais une manière de manger. Il est donc permis de trier avec ces ustensiles la nourriture de la partie non comestible pour une consommation immédiate.

