Questions pratiques
Cuisson après cuisson
Réponse
Il est permis aux Séfarades et aux membres des communautés orientales de verser une soupe bouillante d'un keli richon sur du pain placé dans un bol, et a fortiori il est permis de tremper du pain dans une soupe bouillante contenue dans un keli chéni.
Réponse
Une soupe qui a été congelée au congélateur et est devenue glacée, il ne faut pas la poser sur une plata pour la réchauffer pendant Chabbat, car elle est considérée comme un aliment liquide. Même si selon Rabbénou Yerouham, un plat liquide déjà cuit, s'il devient concentré et détérioré, il serait permis de le réchauffer, néanmoins, tout aliment liquide n'est pas considéré comme concentré et détérioré, et certains font la distinction entre un plat et de l'eau, et de nombreux décisionnaires ne sont pas d'accord avec cette permission. Il faut donc être rigoureux à ce sujet.
Réponse
Il est permis de placer une pachtida (pâte farcie de morceaux de graisse ou de viande, cuite et cuite depuis la veille de Chabbat) face au feu, même à un endroit où la main se retire, ou sur une plata électrique, ou sur un gaz recouvert d'une plaque, même si la graisse à l'intérieur, qui s'est solidifiée, fond à nouveau. Il n'y a là aucun interdit, ni de cuisson ni de création d'une nouvelle substance, car cela est considéré comme un plat dont la majorité est sèche, et il n'y a pas de cuisson après cuisson pour un tel plat. Même selon ceux qui estiment qu'on ne suit pas la majorité pour la cuisson, ici on suit l'état initial, et puisque le plat était sec au départ, il est considéré comme sec et il n'y a pas de cuisson après cuisson. A plus forte raison, il est permis de placer une marmite contenant de la sauce et de la graisse solidifiée sur une autre marmite posée sur le feu, car lorsque la graisse fond, elle n'est plus visible et n'est pas considérée comme une nouvelle création. À condition que la majorité de la marmite soit composée de légumes avec de la viande ou du poisson, et que la minorité de la sauce serve le sec, et non l'inverse ; puisque la majorité est sèche, il est permis de les réchauffer comme indiqué plus haut. Les Ashkénazes ont l'habitude d'être rigoureux et craignent l'interdit de création d'une nouvelle substance, même dans une marmite où la graisse est mélangée à la sauce. Selon eux, il est même interdit de la placer au soleil pour que la graisse fonde d'elle-même. Si la pachtida ne contient pas beaucoup de graisse, ou si on la place suffisamment loin de la source de chaleur pour que la graisse ne fonde pas au point de couler à l'extérieur, mais qu'une petite partie fonde à l'intérieur seulement, ou si l'on retire la graisse à l'extérieur, il est permis de réchauffer la pachtida selon tous les avis. De même, il est permis selon tous les avis de réchauffer pendant Chabbat un morceau de viande grasse, même si une petite partie coule, car il s'agit d'une quantité minime.
Réponse
Si une marmite contenant un plat a été posée sur une autre marmite elle-même placée sur un feu recouvert, et que l’on retire la marmite du bas du feu, puis que l’on souhaite placer à la place, sur le feu, la marmite du haut, certains estiment que cela est considéré comme poser sur le feu de façon initiale, ce qui est interdit. D’autres pensent que si les conditions du hazara sont réunies, il est permis de remettre la marmite du haut sur le feu recouvert. C’est cette opinion qui fait autorité. Cependant, si le plat du dessus n’a pas été entièrement cuit, il est interdit d’être indulgent dans ce cas. Un plat bouillant, entièrement cuit, qui se trouve sur le couvercle métallique du gaz mais non directement au-dessus de la flamme, peut être déplacé vers l’endroit où la flamme brûle.
Cuisson après cuisson au four ou grillade
Réponse
De même qu'il n'y a pas de cuisson (bishoul) après une première cuisson pour un aliment principalement sec, il n'y a pas non plus de cuisson après une cuisson au four (afiya), ni de cuisson après une torréfaction (kliya) ou une friture (tigon). Dès lors qu'un aliment est devenu totalement propre à la consommation par l'une de ces méthodes, il n'y a plus de problème de cuisson, tant que la majorité de l'aliment est sèche. Cela s'applique lorsque la petite quantité de sauce présente n'est pas recherchée en soi et sert simplement l'aliment sec. Il est donc permis de poser pendant Chabbat des tranches de pain ou de matsa sur une plaque électrique pour les réchauffer, sans craindre l'interdit de cuire ou de frapper la dernière touche (maké bepatich), car cet interdit ne s'applique pas aux aliments.
Réponse
Certains interdisent de placer des tranches de pain sur une plaque électrique ou sur un gaz recouvert de métal ou d'amiante afin de les durcir et d'en faire des biscottes sèches, en raison de l'interdit de maké bepatich. D'autres permettent et considèrent que cet interdit ne s'applique pas aux aliments. C'est cette dernière opinion qui fait autorité. Il n'y a pas non plus à craindre l'interdit de cuisson, car il n'y a pas de cuisson après cuisson au four. Toutefois, celui qui souhaite être rigoureux et tenir compte de l'avis de ceux qui estiment qu'il y a là une transgression passible d'un sacrifice expiatoire sera digne de bénédiction.
Réponse
Il est permis de mettre du pain dans un bouillon chaud dont la température atteint celle où la main se rétracte, même dans un premier récipient qui n'est plus sur le feu. Il est également permis de tremper des biscottes sèches dans le bouillon pour les ramollir et pouvoir les consommer. Il est donc permis de verser du bouillon d'un premier récipient sur du pain sec, ou sur des croûtons, et de verser de l'eau bouillante sur du café. Le Rema est rigoureux et n'autorise que le versement à partir d'un second récipient, mais la coutume des Séfarades est d'être indulgent selon l'avis du Maran, qui suit la majorité des décisionnaires. Toutefois, si possible, il est préférable d'effectuer le versement à partir d'un second récipient.
Réponse
Il est permis de mettre des croûtons dans un bouillon brûlant, même dans un premier récipient qui n'est plus sur le feu, car de même qu'il n'y a pas de cuisson après cuisson pour un aliment sec, il n'y a pas non plus de cuisson après friture. Il est donc permis de verser du bouillon d'un premier récipient sur du pain sec ou sur des croûtons, ainsi que de verser de l'eau bouillante sur du café. Le Rema est rigoureux et n'autorise que le versement à partir d'un second récipient, mais la coutume des Séfarades est d'être indulgent selon l'avis du Maran, qui suit la majorité des décisionnaires. Toutefois, si possible, il est préférable d'effectuer le versement à partir d'un second récipient. Il est également permis de verser de l'eau bouillante pendant Chabbat sur des nouilles frites qui sont déjà propres à la consommation, car elles ont été bien frites dans l'huile et sont prêtes à être mangées. Il en va de même pour les mettre dans un bouillon brûlant d'un premier récipient après l'avoir retiré du feu, car il n'y a pas de cuisson après cuisson ni après friture, la friture ayant le même statut que la cuisson.
Réponse
Il est permis de mettre du sel, même s'il n'est pas cuit, et même dans un premier récipient. Celui qui est rigoureux concernant le sel non cuit sera digne de bénédiction. Tout cela concerne le sel non cuit, mais pour le sel déjà cuit, il est permis de l'ajouter dans un premier récipient uniquement après l'avoir retiré du feu, même si la température atteint celle où la main se rétracte, car il n'y a pas de cuisson après cuisson, et on considère cela comme un aliment sec. Tout cela concerne un premier récipient qui n'est plus sur le feu, mais tant que le premier récipient est sur le feu, il est interdit d'y mettre du sel. Si l'on a transgressé et mis du sel dans un premier récipient qui est sur le feu, le plat reste permis à la consommation, car le sel est annulé par rapport à l'aliment. Le sel de nos jours, qui subit un processus de raffinage, est considéré comme du sel cuit, et il n'y a pas de cuisson après cuisson pour un aliment sec. Par conséquent, si au moment du repas on constate qu'il manque du sel dans un plat, il est permis d'en ajouter, que le plat soit liquide ou sec et compact, même si le plat est chaud au point où la main se rétracte.
Réponse
Il est interdit de mettre du poivre moulu, du curcuma ou d'autres épices dans un premier récipient pendant Chabbat, même après avoir retiré la marmite du feu. Il est également interdit de mettre des épices dans un bol et de verser dessus à partir d'un premier récipient. En revanche, si l'on a d'abord versé du premier récipient dans un récipient vide, il est permis d'ajouter les épices dans ce second récipient, car la chaleur du second récipient n'est pas suffisante pour cuire les épices, même si la température atteint celle où la main se rétracte.
Réponse
Ceux qui ont l'habitude de préparer une bouilloire d'eau chaude avant Chabbat, et qui, pendant Chabbat, lorsqu'ils constatent que le plat de hamin a trop réduit, versent de l'eau chaude dans le plat, il faut les réprimander et leur faire savoir qu'il est interdit d'agir ainsi. En effet, l'eau chaude qui sort du récipient se refroidit quelque peu dans l'air, puis se réchauffe à nouveau dans la marmite qui est un keli rishon. Même si, lorsqu'on réchauffe à nouveau une sauce déjà cuite, elle s'évapore et cela n'est pas souhaitable, ici, la personne souhaite que l'eau empêche le plat de sécher, et cela lui convient que l'eau se réchauffe, peu lui importe qu'elle s'évapore ensuite. Certains distinguent entre l'eau et la sauce, et il y a ici une autre raison : parfois, l'un des deux n'est pas assez chaud pour que la main s'y brûle, et en versant l'eau chaude dans le plat, on en vient à cuire pendant Chabbat. Par conséquent, si l'on voit que le plat réduit et sèche, il faut le retirer du feu, placer une marmite vide sur le feu, puis poser le plat sur la marmite. Il faut veiller à ne pas poser la marmite sur le sol.
Réponse
Même les communautés qui, à l'étranger, avaient l'habitude d'être indulgentes en ajoutant de l'eau bouillante dans un plat qui a réduit pendant Chabbat, en Israël, il faut suivre l'avis du Maran du Choulhan Aroukh et être rigoureux à ce sujet. Ce n'est que si l'on a versé le plat dans un keli sheni qu'il est permis d'y ajouter de l'eau. Quant à nos frères ashkénazes, ils ont l'habitude d'être indulgents et de verser pendant Chabbat de l'eau chaude qui n'a pas complètement refroidi dans un plat qui a réduit, même s'il se trouve sur la plata. Mais si le plat se trouve sur le feu, sans séparation par une plaque de métal ou d'amiante, même pour les Ashkénazes il est interdit d'y verser de l'eau bouillante.
Réponse
Un étudiant séfarade qui étudie dans une yeshiva d'origine ashkénaze, et qui apprend que de l'eau bouillante a été ajoutée à un plat qui a réduit pendant Chabbat, lui est permis de manger de ce plat pendant Chabbat, comme expliqué plus haut concernant le bénéfice d'un acte accompli pendant Chabbat. Mais si le séfarade constate que le plat a réduit, il lui est interdit de demander à un Ashkénaze d'ajouter de l'eau bouillante dans le plat, car puisque cette action est interdite pour un séfarade, il ne doit pas demander à autrui de le faire pour lui.
Réponse
Il est interdit de placer pendant Chabbat un plat non cuit sur une plata qui n'est pas en fonctionnement, et qui ne s'allumera qu'après un certain temps grâce à une minuterie préparée avant Chabbat.
Réponse
Il est interdit de placer une marmite contenant un plat non cuit sur l'emplacement du feu afin qu'ensuite un non-juif vienne allumer le feu sous la marmite, même si on ne lui demande pas explicitement d'allumer le gaz. A plus forte raison, il est interdit de demander à un non-juif d'allumer le feu et de réchauffer le plat, même s'il est entièrement cuit ; si cela a été fait, il est interdit de consommer ce plat pendant Chabbat, même froid, jusqu'à la sortie de Chabbat, le temps nécessaire pour que l'action soit réalisée.
Réponse
Certains disent qu'il est interdit de placer avant Chabbat un plat non cuit sur une plata électrique éteinte, qui s'allumera d'elle-même pendant Chabbat grâce à une minuterie, car on craint que l'on ne remue le plat pendant que la plata s'allume. D'autres permettent cela, car le plat est placé avant Chabbat. Bien que l'opinion principale soit de permettre lorsqu'on place le plat avant Chabbat, celui qui est rigoureux sera béni. Un plat principalement liquide, cuit avant Chabbat et refroidi, peut être placé même pendant Chabbat sur une plata éteinte, qui s'allumera ensuite automatiquement grâce à une minuterie pour chauffer le plat à une température où la main s'y brûle, car cela n'est qu'une conséquence indirecte (grama), et on peut s'appuyer sur l'avis du Rambam selon lequel il n'y a pas de cuisson après cuisson même pour un aliment liquide. Il n'y a pas de différence entre l'interdit d'allumer le feu et les autres travaux interdits, car dans tous les cas, comme il est dit dans Chabbat, "tu ne feras aucun travail", c'est l'action qui est interdite, mais la conséquence indirecte est permise. Selon de nombreux décisionnaires, la conséquence indirecte est permise même sans situation de perte, et c'est aussi l'avis de plusieurs Aharonim.
Réponse
Si l’on a versé avant Chabbat de l’eau bouillante provenant d’un keli richon posé sur le feu sur un œuf, et que l’œuf est ainsi devenu mollet, il est permis de reverser pendant Chabbat de l’eau chaude provenant d’un keli richon posé sur le feu sur cet œuf, afin de le réchauffer. En effet, il n’y a pas de cuisson après cuisson. Même si l’œuf durcit davantage par ce procédé, cela reste permis. Cependant, il est évident qu’il faut veiller à ne pas mettre un œuf cru dans de l’eau chaude contenue dans un keli chéni, si l’eau est suffisamment chaude pour que la main s’y retire. A plus forte raison, il est interdit de le mettre dans un keli richon, même s’il n’est plus sur le feu, car il y a là un risque d’interdiction passible de lapidation.
Réponse
Si l’œuf a été cuit avant Chabbat, il est permis de le laisser tremper même dans un keli richon qui n’est plus sur le feu, même si cela le fait durcir davantage. Il n’y a pas à craindre ici l’interdiction de cuisson, puisque l’œuf a déjà été cuit avant Chabbat, et il n’y a pas non plus à craindre l’interdiction de maké bépatich, car cette règle ne s’applique pas aux aliments.
Préparation du café pendant Chabbat
Réponse
Il est déjà répandu comme minhag de permettre de verser pendant Chabbat de l'eau bouillante [du robinet du miyham posé sur la plata ou sur le feu, ou d'un miyham électrique] sur du café ou du nes-café qui se trouve dans la tasse. Puisque la poudre de café est torréfiée, il n'y a pas de cuisson après la torréfaction, car en fin de compte la poudre de café est propre à la consommation lorsqu'elle est mélangée à du sucre, et elle a déjà été préparée pour être consommée, il n'y a donc plus de problème de cuisson. Certains sont rigoureux et versent d'abord l'eau dans une tasse vide, puis y mettent la poudre de café, car un keli cheni ne cuit pas, et qu'ils soient félicités pour leur rigueur. [Et pour le café-names et le sucre, il est permis même pour les Ashkénazes].
Autres lois de la cuisson
Réponse
Celui qui retire une bouilloire d'eau de la plata, et que quelques gouttes tombent sur la plata, ou qui soulève le couvercle d'un plat et que des gouttes tombent sur la plata, cela n'est pas considéré comme un acte interdit, car il n'a pas l'intention de cuire ces gouttes, et cela est aussi considéré comme un acte involontaire. On peut également prendre en compte l'avis de ceux qui estiment qu'il n'y a pas de cuisson après cuisson même pour un aliment liquide, ainsi que l'opinion de ceux qui pensent qu'il n'y a pas d'interdit de cuisson le Chabbat pour une quantité inférieure à la mesure minimale. Toutefois, puisque certains considèrent qu'un acte involontaire est tout de même un acte interdit, il est bon de donner un rachat de jeûne à la tsedaka, et de fixer davantage de temps pour l'étude de la Torah.

