Questions pratiques
Préparation du thé pendant Chabbat
Réponse
Il est interdit de verser pendant Chabbat de l'eau chaude sur des feuilles de thé qui n'ont pas été cuites, afin d'en faire une infusion, car il a déjà été expliqué que verser d'un keli rishon cuit la surface des aliments. Il faut donc cuire les feuilles de thé avant Chabbat.
Réponse
Si l'on a cuit les feuilles de thé avant Chabbat et que toute l'infusion s'est épuisée pendant Chabbat, il est permis de verser de l'eau chaude d'un keli rishon sur les feuilles déjà cuites pour préparer une nouvelle infusion, car il n'y a pas de cuisson après cuisson. Mais si les feuilles de thé n'ont pas été cuites avant Chabbat, et qu'on a seulement versé de l'eau chaude d'un keli rishon sur elles avant Chabbat, certains interdisent de rajouter et de verser de l'eau chaude sur elles pendant Chabbat lorsque l'infusion s'est épuisée. D'autres sont indulgents et témoignent que telle est la coutume répandue. En pratique, il est préférable, a priori, de faire bouillir les feuilles de thé avant Chabbat pour éviter tout doute. Si cela n'a pas été fait avant Chabbat, en cas de besoin, on peut s'appuyer sur les avis indulgents et verser de l'eau chaude d'un keli rishon sur ces feuilles de thé.
Réponse
Il en va de même pour un sachet de thé sur lequel on a versé avant Chabbat de l'eau bouillante d'un keli rishon, et que l'on souhaite remettre dans une tasse vide et verser dessus pendant Chabbat de l'eau bouillante d'un keli rishon : en cas de besoin, il est permis d'agir ainsi. Certains estiment qu'il n'est permis de le faire que si les feuilles de thé du sachet ont complètement séché et qu'il n'y a plus d'humidité sur elles. Mais selon la règle, il est permis d'être indulgent même si les feuilles de thé sont encore humides.
Réponse
Celui qui souhaite préparer du thé pendant Chabbat doit d'abord verser de l'eau chaude dans la tasse, puis ajouter l'infusion de thé dans l'eau de la tasse. A priori, il est bon et correct de ne pas mettre l'infusion de thé dans une tasse vide puis de verser dessus de l'eau bouillante d'un keli rishon, car même si l'infusion a été cuite avant Chabbat, si l'on met d'abord l'infusion puis qu'on verse dessus de l'eau bouillante d'un keli rishon, il y a à craindre un interdit de cuisson pendant Chabbat. En effet, la petite quantité d'infusion froide se cuit dans l'eau chaude qui vient dessus du keli rishon. Il n'y a pas à craindre l'interdit de teindre concernant la coloration de l'eau, car de même qu'il n'y a pas d'interdit de teindre dans les aliments, il n'y en a pas non plus dans les boissons. Il est donc permis de mettre du café dans de l'eau chaude, même si l'eau se colore ainsi. Certains prennent la précaution de mettre d'abord l'infusion dans une tasse vide, puis de verser dessus de l'eau chaude d'un keli sheni, pour tenir compte de ceux qui pensent qu'il y a un interdit de teindre dans les boissons ; cela n'est qu'une rigueur et une mesure de piété, et qu'ils soient bénis, mais selon la règle, il n'y a pas d'interdit de teindre dans les boissons, tout comme dans les aliments.
Réponse
Il convient d'être strict et de ne pas mettre un sachet de thé ou des feuilles de thé non cuites dans une tasse d'eau chaude où la main se retire à cause de la chaleur, même si c'est un keli sheni. Mais il est permis de verser de l'eau chaude d'un keli sheni sur une tasse dans laquelle se trouve déjà un sachet de thé. A plus forte raison, si l'on met le sachet de thé dans une tasse qui est un keli shlishi, même si l'eau y est chaude au point où la main se retire, un keli shlishi ne cuit pas du tout.
Cuisson après trempage dans un premier récipient
Réponse
Un aliment sec qui n’a pas été cuit mais qui a été trempé avant Chabbat dans un keli richon, il est préférable d’adopter une attitude rigoureuse et de ne pas le tremper pendant Chabbat dans un keli richon, même si ce dernier n’est plus sur le feu. Toutefois, en cas de nécessité, il est permis d’être indulgent.
Remuer un plat pendant Chabbat
Réponse
Un plat qui a complètement cuit et se trouve sur le feu depuis la veille de Chabbat, il est permis de retirer de la nourriture de la marmite, même tant que la marmite est encore sur le feu. Même si, en retirant, la nourriture du dessus descend vers le bas et se rapproche du feu, cela n'est pas problématique, car le plat est entièrement cuit. Ceci est d'autant plus permis si l'on agit ainsi pour la seouda chelichit ou pour un invité qui doit arriver plus tard. À plus forte raison, il est permis de prélever avec une louche, à condition de ne pas retourner le plat de sorte que ce qui est en haut passe en bas et inversement. Cependant, il ne faut pas remuer véritablement le plat qui se trouve sur le feu, car cela donnerait l'impression de cuisiner. Mais dans une marmite posée sur une plaque électrique (plata), il est permis de remuer, et il n'est interdit de remuer que si le plat n'est pas entièrement cuit ; dans ce cas, il est même interdit de retirer de la marmite avec une cuillère. Même si l'on a retiré la marmite du feu ou de la plata, cela reste interdit, à moins que le plat ait refroidi et ne soit plus chaud au point où la main s'y brûlerait.
Règle de tataa gavar
Réponse
Il est permis de verser de l'eau chaude, même provenant d'un keli richon posé sur le feu (par exemple, par le robinet d'une bouilloire), dans de l'eau froide contenue dans un verre, même si cette eau froide n'a jamais été cuite. Même si l'eau froide se réchauffe au point où la main se retirerait, cela reste permis, car la règle est que le liquide du dessous l'emporte sur celui du dessus (tataé gavar). Ici, l'eau froide étant en dessous, elle refroidit l'eau chaude qui arrive dessus et il n'y a pas de cuisson. Toutefois, il faut veiller à ce que l'eau froide dans le verre ne soit pas en quantité trop faible, de sorte qu'il y aurait un risque qu'elle cuise à cause de la grande quantité d'eau chaude. Certains autorisent même si l'eau froide est en petite quantité. Cependant, il est recommandé d'adopter une attitude rigoureuse.
Réponse
Il est interdit de verser de l'eau froide dans de l'eau chaude contenue dans un keli richon, même si ce dernier a été retiré du feu, tant que la température est telle que la main se retirerait, car dans ce cas, le liquide du dessous l'emporte et l'eau chaude du récipient cuit l'eau froide. Cependant, si l'eau froide est en quantité si importante qu'il est impossible qu'elle cuise, mais qu'elle ne fasse que tiédir sans atteindre une température où la main se retirerait, il est permis de la verser dans l'eau chaude du keli richon. Certains précisent que cela n'est permis que si l'on verse toute l'eau froide en une seule fois, mais qu'il est interdit de la verser petit à petit, car le premier jet d'eau froide serait cuit, et le refroidissement ultérieur n'apporte rien. D'autres autorisent dans tous les cas, même si l'on verse l'eau froide abondante petit à petit. Il est préférable, lorsque c'est possible, de verser toute l'eau froide d'un seul coup dans l'eau chaude.
Lois du deuxième récipient
Réponse
Un keli cheni ne cuit pas, même si la chaleur y est telle que la main s’y brûle ou que l’on s’y ébouillante. Un keli cheni est le récipient dans lequel on a versé un plat ou de l’eau provenant d’un récipient qui était sur le feu. Ainsi, après avoir versé et transféré dans ce keli cheni, il est permis d’y mettre tout aliment non cuit afin de le réchauffer. De même, il est permis de verser même une petite quantité d’eau froide dans une grande quantité d’eau chaude contenue dans un keli cheni, même si la main s’y brûle.
Réponse
Certains estiment qu’il ne faut pas mettre des aliments tendres ou à cuisson très rapide, comme un œuf cru, dans de l’eau chaude contenue dans un keli cheni tant que l’eau est à une température où la main s’y brûle, car ces aliments cuisent facilement même dans un keli cheni très chaud. Si l’on a transgressé et mis un œuf cru dans un keli cheni, certains disent qu’on est passible d’un sacrifice expiatoire, d’autres qu’on est exempt mais que cela reste interdit. Certains considèrent que seul l’œuf est vraiment un aliment à cuisson très rapide, et qu’il est interdit de le mettre dans un keli cheni contenant de l’eau chaude, car on constate qu’il cuit même dans ce cas, mais que les autres aliments ne sont pas concernés. Il a déjà été expliqué plus haut qu’en pratique, il faut être rigoureux et ne pas mettre de feuilles de thé dans une tasse d’eau chaude où la main s’y brûle, même si c’est un keli cheni, car certains considèrent les feuilles de thé comme des aliments à cuisson très rapide.
Réponse
Il est toutefois permis de verser de l’eau chaude provenant d’un keli cheni sur une tasse contenant des feuilles de thé. A plus forte raison, si l’on place les feuilles de thé dans une troisième tasse (keli chelichi), cela ne cuit absolument pas, comme cela a été expliqué.
Réponse
Beaucoup ont l’habitude de mettre des feuilles de menthe dans une tasse de thé chaud pendant Chabbat, même si le thé est à une température où la main s’y brûle, et ils ont sur qui s’appuyer, car un keli cheni ne cuit pas et cela n’est pas considéré comme un aliment à cuisson très rapide. Celui qui est rigoureux sera béni. Il faut veiller à ce que la menthe soit exempte de tout risque d’insectes, et il est permis de filtrer les feuilles de thé avec une passoire en tissu pendant Chabbat, cela ne pose pas de problème de borer. Ainsi, après avoir mis la menthe dans la tasse de thé, on peut placer une serviette ou un mouchoir sur l’ouverture de la tasse et boire à travers ce tissu. On peut aussi mettre les feuilles de menthe dans un mouchoir et tremper ce mouchoir avec la menthe dans le thé, ce qui empêche les insectes de tomber dans l’eau, sans problème de borer ni de melaben.
Réponse
Certains estiment que même si un keli cheni ne cuit pas, il est interdit de mettre une tranche de citron dans une tasse de thé chaud où la main s’y brûle, car le citron est considéré comme un aliment piquant qui cuit même dans un keli cheni. D’autres permettent. En pratique, il est possible d’être indulgent, mais il est préférable d’être rigoureux.
Réponse
Certains pensent que même si un keli cheni ne cuit pas, cela ne concerne que les aliments liquides, car les parois du récipient refroidissent ce qui s’y trouve. Mais pour un aliment sec et compact, comme du riz ou des morceaux de viande ou de poisson sans sauce, il aurait le statut de keli richon tant que la main s’y brûle. D’autres ne font pas de distinction entre liquide et aliment compact, et estiment qu’un keli cheni ne cuit jamais. C’est cette opinion qui fait autorité. Il est donc permis de verser du bouillon froid sur du riz chaud où la main s’y brûle dans une assiette, ou sur un morceau de viande brûlant dans un keli cheni.
Réponse
Un aliment liquide n'est pas concerné par la règle des kale habichoul, c'est pourquoi il est permis de mélanger du thé ou du café chaud qui se trouve dans une tasse, pendant Chabbat, avec du lait froid, car les liquides ne font pas partie des kale habichoul qui cuisent dans un keli cheni. Il est également permis de verser du thé chaud provenant d'un thermos dans une tasse contenant du lait froid, même si la quantité de lait est faible, car la carafe thermos est considérée comme un keli cheni, et le versement à partir d'un keli cheni ne cuit pas du tout. A plus forte raison, si le lait a déjà été cuit et bouilli auparavant.
Réponse
Un aliment qui n'a pas été cuit avant Chabbat ne doit pas être trempé pendant Chabbat dans de l'eau chaude dont la température est telle que la main s'y retire. Cependant, il est permis de le rincer avec de l'eau chaude pendant Chabbat. Certains expliquent qu'il est interdit de le tremper même dans un keli cheni, car bien que le keli cheni ne cuise pas, il est tout de même interdit par les Sages car cela ressemble à une cuisson. D'autres expliquent que l'interdiction de tremper ne concerne que le keli richon, mais qu'il est permis de le faire dans un keli cheni. Puisqu'il s'agit d'une interdiction d'ordre rabbinique, on adopte l'opinion indulgente et il est permis de tremper un aliment non cuit dans de l'eau chaude contenue dans un keli cheni. Celui qui se montre rigoureux à ce sujet sera béni.
Cuisson après cuisson
Réponse
Il n'y a pas d'interdit de cuisson concernant un aliment déjà entièrement cuit. Cela s'applique à un plat sec. Mais pour un plat liquide, il n'est pas permis de le réchauffer à nouveau pendant Chabbat, sauf si les conditions de remise expliquées plus haut au siman 253 sont réunies, car pour un plat liquide, il y a cuisson après cuisson. Par conséquent, il est permis de réchauffer pendant Chabbat un plat sec face au feu, même devant une flamme découverte, car tant qu'on ne pose pas le plat directement sur le feu, cela constitue une distinction et on ne risque pas de remuer les braises ou d'augmenter la flamme. Il est également permis de poser un plat sec sur une marmite placée (depuis la veille de Chabbat) sur une flamme découverte, ou de poser la marmite sur une plata électrique, ou sur une flamme recouverte d'une plaque perforée ou d'amiante, même si le plat peut atteindre une température où la main se retire. Même si le plat était au réfrigérateur, cela reste permis. Il est aussi permis de demander à un non-juif de poser un plat liquide entièrement cuit sur une plata électrique pendant Chabbat, car certains estiment qu'il n'y a pas de cuisson après cuisson même pour un liquide, et concernant la demande à un non-juif, on s'appuie sur leur avis pour être indulgent, car en cas de doute sur une règle rabbinique, on est indulgent.
Réponse
Certains disent que tant que la majorité du plat est sèche, même s'il y a un peu de sauce, et que le plat est entièrement cuit, il est considéré comme un plat sec, et il n'y a pas de cuisson après cuisson. D'autres sont en désaccord et affirment que ce n'est permis que si le plat est entièrement sec, mais si le plat contient même un peu de sauce, il est considéré comme un plat liquide, et il est interdit de le réchauffer pendant Chabbat. Selon la règle principale, on suit le premier avis : tant que la majorité est sèche, même s'il y a un peu de sauce, il est permis de le réchauffer sur la plata pendant Chabbat, même jusqu'à ce que la main se retire, car il est impossible d'éviter totalement la présence de sauce dans chaque morceau de viande. De plus, la petite quantité de sauce s'évapore et devient concentrée et détériorée, et selon Rabbénou Yerouham, il n'y a pas de cuisson dans ce cas. Ainsi, tant que la sauce diminue lors de l'ébullition et devient concentrée et détériorée, sans que cela améliore le plat, il est permis de le remettre sur la plata pendant Chabbat, car il est considéré comme totalement sec, en particulier lorsqu'on ne vise pas du tout la sauce. Mais s'il y a beaucoup de sauce dans le plat, cela est interdit, car il y a cuisson après cuisson dans le liquide. Toutefois, celui qui se montre rigoureux et ne réchauffe pas pendant Chabbat un plat avec un peu de sauce sera béni. Les Ashkénazes ont l'habitude d'être indulgents même pour un plat liquide tant que le plat n'a pas complètement refroidi.
Réponse
Un étudiant séfarade qui étudie dans une yeshiva ashkénaze suivant les décisions du Rama et qui voit que l'on remet pendant Chabbat un plat liquide sur une plata électrique alors que le plat n'est plus chaud au point où la main se retire, mais n'a pas complètement refroidi (lorsque les autres conditions de remise sont réunies), même si cela est fait pour les étudiants séfarades, il n'a pas à les en empêcher. Car bien que selon Maran du Choulhan Aroukh, si le plat n'est plus chaud au point où la main se retire, il est interdit de le remettre sur la plata, néanmoins, puisque selon le Rama, tant que le plat n'a pas complètement refroidi, il est permis de le remettre (lorsque les autres conditions de remise sont réunies), il n'est pas nécessaire d'empêcher un Ashkénaze d'agir ainsi. Mais un Séfarade ne doit pas demander à un Ashkénaze de remettre pendant Chabbat un plat dont la majorité est liquide sur une plata électrique après que la température du plat soit descendue en dessous du seuil où la main se retire. Car le Séfarade doit suivre l'avis de Maran du Choulhan Aroukh, et il ne lui est pas permis d'être indulgent en demandant à autrui de faire pour lui ce qui lui est strictement interdit. Sauf si l'Ashkénaze agit de lui-même, même si c'est pour le Séfarade, il n'est pas nécessaire de l'en empêcher.

