Questions pratiques
Lieu de la prière
Réponse
Lorsqu’on organise une bar mitsva dans la synagogue, il faut avertir les photographes de ne pas perturber le déroulement de la tefila ni les fidèles. Certains interdisent même totalement l’entrée des photographes dans la synagogue, mais bien que la coutume soit d’être indulgent à ce sujet, il convient malgré tout de leur expliquer de ne pas gêner la tefila.
Réponse
Il ne convient pas d’embrasser les enfants dans la synagogue, afin d’ancrer dans le cœur que nul amour n’égale celui envers Hachem. Cependant, la coutume de certains originaires du Maroc d’embrasser ceux qui montent à la Torah après leur descente de la téva n’a pas besoin d’être strictement interdite, car cela se fait par respect et non par affection. Toutefois, là où les paroles du sage sont écoutées, il est bon d’expliquer qu’il est préférable de s’abstenir de cette pratique en Erets Israël, car tout le monde n’a pas cette coutume et cela peut sembler être une marque d’affection dans la synagogue. En tout cas, il est permis d’embrasser la main de son père ou de son rav dans la synagogue, par respect et soumission, même dans la synagogue.
Réponse
Il n’est pas approprié d’organiser une houppa et des kidouchin dans la synagogue, car de nos jours, malheureusement, on ne veille pas suffisamment à la pudeur et à la séparation entre hommes et femmes. Le rav responsable du lieu doit être ferme et ne pas autoriser en aucune façon la célébration de mariages dans la synagogue. Toutefois, dans les endroits où les femmes craignant Hachem sont très attentives à la pudeur et où une séparation totale entre hommes et femmes est respectée, il n’y a pas d’interdiction fondamentale à organiser une houppa et des kidouchin dans la synagogue. Tout dépend de la situation.
Réponse
Il est permis d’organiser la seouda chelichit dans la synagogue, en particulier lorsque le rav du lieu y prononce un discours de morale ou des paroles d’encouragement à l’assemblée, ou qu’il y donne un cours de halakha.
Réponse
Il ne faut pas prier à côté de son rav éminent, ni derrière lui, ni devant lui, et il en va de même pour son père : il ne faut pas prier à côté, derrière ou devant lui, mais il faut s’en éloigner de quatre amot, soit 1,92 mètre. Si l’on s’est éloigné de cette distance, il est permis de prier devant son rav, même si on lui tourne le dos. Cette règle s’applique aussi lors de la prière en communauté. Certains disent que si telle est la disposition habituelle des places, il est permis de prier à côté ou derrière son rav, mais selon Maran le Beit Yossef, même dans ce cas, il ne faut pas prier à côté ou derrière son rav. Si le rav prie sur une estrade surélevée, il est permis de se tenir même tout près de lui.
Réponse
Si quelqu’un se trouve en train de prier et qu’un enfant urine dans la synagogue, il doit s’interrompre et attendre jusqu’à ce que l’on apporte de l’eau pour verser sur l’urine, ou bien il peut s’éloigner de quatre coudées devant lui, ou sur les côtés, ou sortir de la synagogue pour terminer sa prière. Si la personne a attendu un laps de temps suffisant pour terminer toute la prière, elle doit reprendre la prière depuis le début. Il n’y a pas de différence entre avoir attendu en silence ou avoir interrompu par la parole : dès lors que le temps écoulé permettait de finir toute la prière, il faut recommencer depuis le début. Certains estiment qu’il vaut mieux aller prier ailleurs plutôt que de rester silencieux, de peur d’attendre trop longtemps et d’être obligé de tout reprendre. Cependant, selon la halakha pour nous, il n’est pas nécessaire de craindre cela, et il est permis d’attendre jusqu’à ce que l’on apporte de l’eau pour verser sur l’urine ou une solution similaire.
Lois de la prière en communauté
Réponse
Il faut prier chaque jour avec un minyan de dix personnes, sauf en cas de force majeure, auquel cas il priera à l'heure où la communauté prie. Certains estiment que la prière en communauté est une obligation stricte, puisqu'il faut faire l'effort de marcher jusqu'à quatre mil pour trouver un minyan et prier en communauté. D'autres considèrent que la prière en communauté relève de l'obligation de s'efforcer, après que nos Sages ont beaucoup insisté sur son importance. Quoi qu'il en soit, selon tous les avis, s'il n'y a pas d'empêchement, il faut prier en communauté. Cela constitue un reproche manifeste envers les commerçants ou autres personnes qui habitent loin de la synagogue et négligent la prière de Min'ha et Arvit en priant seuls dans leurs magasins ou à la maison. Puisqu'à notre époque, il est impossible de se concentrer parfaitement pendant toute la prière, nous ne pouvons compter que sur la prière en communauté, comme il a été promis : « Hachem, le Tout-Puissant, ne rejette pas la prière de la communauté ». Il convient donc à chacun de s'efforcer au maximum de prier en communauté tant qu'il se trouve en ville.
Réponse
Un vieillard ou une personne malade, pour qui il est difficile de prier à la synagogue en communauté sans avoir mangé quelque chose avant la prière, ne doit pas transgresser l'interdit de manger avant la prière afin de pouvoir prier en communauté. Ils prieront donc seuls chez eux, afin de ne pas être obligés de manger avant la prière.
Réponse
Celui qui, par contrainte, ne peut pas prier avec la communauté, priera à l'heure où la communauté prie, c'est-à-dire qu'il évaluera pour que sa Amida coïncide avec celle de la communauté. Ce mérite n'existe que lorsque la communauté se trouve dans sa ville. Cette règle s'applique également pendant les dix jours de pénitence. Tout cela concerne uniquement le cas où il serait difficile de rassembler dix personnes pour prier en communauté ; sinon, il devra rassembler dix personnes chez lui et prier avec eux. Toutefois, il n'est pas nécessaire de déranger des gens pour cela. Celui qui prie à l'heure où la communauté prie voit sa prière agréée favorablement et reçoit une récompense comme pour toute mitsva, mais sa demande ne sera pas totalement exaucée. Même si, pour prier à l'heure de la communauté, il doit prier chez lui et non à la synagogue, il priera chez lui à ce moment-là.
Réponse
Celui qui pensait ne pas avoir de minyan pour prier Cha'harit et a prié seul dans la synagogue, puis voit arriver une communauté qui commence à prier, il est bon qu'il attende pour dire le vidouï avec la communauté et pour écouter le Kaddich et la Kedoucha.
Réponse
Si l'on prie Moussaf alors que la communauté prie Cha'harit, cela n'est pas considéré comme prier à l'heure de la communauté. Certains disent que cela ne concerne que le Moussaf de Roch Hachana, mais que pour le Moussaf de Chabbat et de Yom Tov, si l'on prie Moussaf avec une communauté qui prie Cha'harit, cela est considéré comme une prière en communauté.
Réponse
Certains disent que celui qui prie chez lui alors qu'il y a une synagogue dans sa ville n'accomplit pas la mitsva de la prière, car il est considéré comme un mauvais voisin et provoque l'exil pour lui et ses enfants, et sa prière n'est donc pas considérée comme une prière. Seul celui qui est empêché d'aller à la synagogue doit prier à l'heure où la communauté prie. Selon cet avis, celui qui prie seul chez lui doit refaire la prière en tant que tachloumin. Cependant, selon la halakha, la prière individuelle est considérée comme une prière, mais on perd le mérite de la prière en communauté.
Réponse
Si la communauté retarde l'heure de la prière de Cha'harit, il ne faut pas attendre pour prier avec la communauté, mais il convient de prier seul. Cette règle s'applique également le Chabbat et les jours de fête. Cependant, il est recommandé d'attendre pour écouter la lecture de la Torah avec la communauté. Si la communauté ne retarde que l'heure de la lecture du Chema, il faut lire le Chema avant la prière, puis prier avec la communauté. Celui qui, le Chabbat ou les jours de fête, se lève tôt pour prier avec un minyan de dix personnes, car la majorité de la communauté retarde leur prière, mais que dans ce minyan des retardataires on prie aussi la prière de Moussaf immédiatement après Cha'harit, il est préférable de prier Moussaf avec la communauté à la synagogue, car il y a plus de mérite à prier en grand nombre.
Réponse
Celui qui a de la haine ou une dispute avec la communauté, et que s'il prie avec eux il sera perturbé dans sa pensée et ne pourra pas se concentrer, certains disent qu'il lui est permis de se séparer et de prier seul, à condition qu'il puisse bien se concentrer dans sa prière, du début à la fin de la Amida. Cependant, tout cela ne s'applique que s'il agit ainsi de manière occasionnelle, mais il ne doit pas en prendre l'habitude.
Réponse
Lorsqu'on se trouve avec la communauté, il est interdit d'avancer sa prière par rapport à celle de la communauté, sauf si l'heure limite approche et que la communauté ne prie pas encore parce qu'ils prolongent les poèmes liturgiques ou pour une autre raison. Certains expliquent que l'interdiction d'avancer sa prière vient du fait que la prière de la communauté est plus agréée, d'autres disent que c'est parce que cela revient à mépriser la communauté. Selon la seconde raison, il serait interdit d'avancer sa prière même en sortant de la synagogue. Quoi qu'il en soit, selon tous les avis, celui qui sort pour prier ailleurs n'agit pas correctement, car il perd la prière en communauté, qui est une grande mitsva, et de plus il ne prie pas dans la synagogue, lieu spécialement consacré à la prière.
Réponse
Un talmid hakham qui se rend dans des villages ou des lieux similaires pour renforcer la communauté et les encourager à fixer des temps d'étude de la Torah et de crainte du Ciel, ou pour inscrire les enfants dans des talmudei Torah, certains disent qu'il est dispensé de la prière en communauté afin de pouvoir faire bénéficier de nombreux fidèles dans plusieurs synagogues. Toutefois, il est préférable qu'il se lève tôt et prie en communauté au lever du soleil, puis qu'il aille de synagogue en synagogue pour éveiller les fidèles.
Réponse
Un élève de yeshiva qui rentre de chez lui au beit hamidrash en soirée, et à qui l'on demande de compléter un minyan pour la prière d'Arvit, même si cela lui fait perdre un peu de son temps d'étude, il doit se joindre à eux pour compléter le minyan, et il pourra étudier dans un livre pendant ce temps. Mais s'il est pressé d'aller donner un cours public, il ne doit pas annuler l'étude publique de la Torah pour compléter le minyan, et il expliquera cela afin d'éviter que l'on pense à tort qu'il ne tient pas à la prière en communauté.
Réponse
Celui qui ne possède pas de tefiline au moment où la communauté prie, et qui espère qu'on lui en apportera, s'il peut bien se concentrer dans sa prière du début à la fin, il est préférable qu'il attende d'obtenir des tefiline, lise le Chema et prie avec les tefiline, même si cela implique de prier seul. Mais s'il ne peut pas bien se concentrer pendant toute la prière, il est préférable qu'il prie avec la communauté sans tefiline, et lorsqu'il en aura, il les mettra et récitera le Chema avec.
Réponse
Celui qui se lève tôt ou vient le soir à la synagogue mérite une longue vie, comme il est dit : « Heureux l’homme qui m’écoute, qui veille à mes portes chaque jour », et il est écrit ensuite : « Car celui qui me trouve a trouvé la vie ». Toute personne qui a une synagogue dans sa ville et qui n’y entre pas pour prier est appelée un mauvais voisin et provoque l’exil pour lui et ses enfants. Toutefois, s’il prie chez lui avec un minyan de dix personnes, il n’est pas considéré comme un mauvais voisin. Cependant, il ne bénéficie pas de ce qui est dit : « La prière d’une personne n’est entendue que dans la synagogue », sauf si l’endroit où il prie a été fixé pour la prière avec sainteté comme une synagogue.
Réponse
Lorsque l’on prie dans un minyan où six ou sept personnes prient ensemble et que les autres, qui complètent le minyan, ont déjà prié, la prière est tout de même considérée comme une prière en communauté. Il est permis de faire la répétition de la Amida avec la Kedoucha et la Birkat Cohanim, car la majorité du minyan est considérée comme l’ensemble. C’est comme si les dix priaient ensemble. Certains estiment qu’il faut dix personnes qui n’ont pas encore prié pour que la prière soit considérée comme communautaire, mais là où cela entraînerait une perte d’étude de la Torah, il ne faut pas être strict. Si dix personnes ont prié ensemble la Amida à voix basse, même s’il n’y a pas eu de répétition, leur prière est considérée comme communautaire.

