Questions pratiques
Lois du doute sur la tombée de la nuit
Réponse
En cas de doute sur l'entrée de la nuit, c'est-à-dire pendant le bein hachmachot, qui s'étend depuis le coucher du soleil jusqu'à treize minutes et demie après le coucher du soleil, il n'est pas permis de prélever la dîme sur des produits dont l'obligation est certaine. Toutefois, en cas de nécessité, si l'on a été occupé la veille de Chabbat, il est permis de prélever la dîme pendant le bein hachmachot même sur du tevel vaday, car tout ce qui est interdit par les Sages (chvout) n'a pas été interdit pendant le bein hachmachot. Il n'est pas permis d'immerger des ustensiles pour les purifier de leur impureté, mais pour des ustensiles neufs achetés à un non-juif, il est permis pour nous de les immerger au mikvé pendant Chabbat avec bénédiction, si c'est pour l'usage du Chabbat. Un homme pieux aura toutefois intérêt à donner l'ustensile en cadeau à un non-juif, puis à le lui redemander. Il n'est pas permis d'allumer les bougies, ni de faire un erouv techoumin. En revanche, il est permis de prélever la dîme sur du demai (c'est-à-dire un produit dont on doute si la dîme a été prélevée), même sans nécessité, même si l'on a déjà accepté Chabbat (individuellement). Il est aussi permis de faire un erouv hatserot, et de faire hatmana pour des plats chauds dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur.
Réponse
Si une femme a oublié de prélever la hala avant Chabbat, a déjà cuit le pain, et se souvient pendant le bein hachmachot (dans les treize minutes et demie après le coucher du soleil), certains estiment qu'il lui est interdit de prélever la hala à ce moment, sauf si elle n'a pas d'autre pain à manger pendant Chabbat. Mais si elle a un autre pain à manger pendant Chabbat, elle ne doit pas prélever la hala pendant le bein hachmachot, et a fortiori une fois la nuit tombée. D'autres permettent dans tous les cas de prélever la hala pendant le bein hachmachot, même si elle a d'autres pains, du moment que c'est pour l'usage de Chabbat, et a fortiori pour la mitsva de lehem michné. La règle principale est que si elle a été pressée ou occupée la veille de Chabbat et n'a pas pu prélever la hala avant, il est permis d'être indulgent et de prélever la hala pendant le bein hachmachot dans tous les cas, car il s'agit d'un interdit rabbinique en présence d'une mitsva. Mais si ce n'est pas pour l'usage de Chabbat, il ne faut pas prélever la hala pendant le bein hachmachot. En Israël, il est interdit de manger du pain avant d'avoir prélevé la hala. En dehors d'Israël, on pourra manger du pain, en laissant une partie de côté, et après Chabbat on prélèvera la hala sur ce qui a été mis de côté.
Réponse
Celui qui a accepté Chabbat avant l'heure et qui a besoin d'accomplir une melakha avant l'entrée effective de Chabbat peut demander à un ami de faire la melakha pour lui. S'il n'y a personne d'autre pour faire la melakha à sa place, il peut annuler son acceptation de Chabbat devant trois personnes, car cette acceptation a le statut de vœu. Ainsi, un mari peut annuler l'acceptation de Chabbat de son épouse. Cependant, si l'acceptation de Chabbat a été faite lors de la prière d'Arvit, il n'est plus possible de faire cette annulation. De même, à la sortie de Chabbat, si quelqu'un prolonge Chabbat et n'a pas encore fait la havdala, il peut demander à un ami qui a déjà fait la havdala d'accomplir une melakha pour lui à ce moment-là.
Réponse
Celui qui entend le "Barékhou" de la communauté avant la nuit et répond avec eux a accepté Chabbat contre son gré. Par conséquent, s'il ne souhaite pas encore accepter Chabbat et veut encore accomplir une mélakha ou n'a pas encore prié Min'ha, il ne doit pas répondre avec eux, et il ne sert à rien de faire une condition pour ne pas accepter Chabbat en répondant. Ainsi, celui qui entre dans une synagogue avant Chabbat pour prier Min'ha et entend le "Barékhou" d'un autre minyan ne doit pas répondre "Baroukh Hachem hamévorakh", car s'il répond, il ne pourra plus prier Min'ha ensuite, car une fois que l'on a sanctifié le jour, on ne peut plus le rendre profane. Même s'il fait une condition pour ne pas accepter Chabbat en répondant, cela ne sert à rien. S'il a répondu "Barékhou" malgré tout, il ne priera pas Min'ha mais priera deux fois Arvit de Chabbat. Il est préférable, pour celui qui entend "Barékhou" avant d'avoir prié Min'ha, de faire la condition de ne pas accepter Chabbat et de penser à répondre dans son cœur seulement. Si la majorité du minyan en semaine n'a pas encore prié Min'ha, ceux qui ont déjà prié Arvit peuvent compléter le minyan pour eux et répondre à la Kedoucha et aux Amen, même s'ils ont déjà prié Arvit. Mais la veille de Chabbat, ceux qui ont sanctifié le jour ne doivent pas se joindre au minyan de ceux qui veulent prier Min'ha de semaine. Contrairement à l'avis du Rav Shlomo Kluger, il est permis en semaine de répondre à la Kedoucha après avoir prié Arvit. Il est aussi permis à un individu de prier Min'ha dans un lieu où l'on a déjà prié Arvit, sauf la veille de Chabbat où les décisionnaires ont été plus stricts.
Réponse
Celui qui n'a pas mis les tefiline le vendredi et s'en souvient après avoir prié Arvit avant la nuit, ou après avoir accepté Chabbat, devra tout de même les mettre sans bénédiction. A plus forte raison, en semaine, si l'on n'a pas mis les tefiline jusqu'après la prière d'Arvit avant la nuit, on les mettra sans bénédiction. Bien que selon Maran du Choulhan Aroukh il ne faille pas mettre les tefiline après avoir prié Arvit, puisque selon plusieurs décisionnaires, celui qui ne met pas les tefiline est considéré comme "krakfta delo manah tefiline", dont la faute est très grave et qui fait partie des fauteurs d'Israël, il convient de ne pas suivre l'avis de Maran et de s'exposer à un doute d'interdit rabbinique concernant la pose des tefiline la nuit. D'autant plus que Maran parlait du temps du plag haminha selon Rabbénou Tam, et non du plag haminha selon les Guéonim, comme selon notre coutume.
Réponse
Il est évident qu'il ne faut surtout pas se permettre d'accomplir une mélakha après notre coucher du soleil, car la coutume s'est répandue de suivre l'avis des Guéonim. Il est donc strictement interdit de transgresser et d'être indulgent selon l'opinion de Rabbénou Tam. Ce n'est que pour être plus strict à la sortie de Chabbat que l'on tient compte de l'avis de Rabbénou Tam.
Honorer Chabbat en dressant une belle table
Réponse
Il convient d’ordonner sa table, de préparer tous les lits de la maison et d’arranger tous les aspects de la maison afin qu’elle soit prête et bien rangée à son retour de la synagogue. Il est recommandé de préparer la maison peu avant le soir, afin que cela soit manifeste que l’on le fait en l’honneur du Chabbat. Il est également souhaitable que la table reste dressée durant tout le jour du Chabbat. Les Hakhamim ont enseigné que deux anges accompagnent une personne le soir du Chabbat, de la synagogue à sa maison, l’un bon et l’autre mauvais. Lorsqu’ils trouvent la maison avec une bougie allumée, la table dressée et le lit préparé, l’ange bon dit : "Puisse-t-il en être ainsi pour le prochain Chabbat", et l’ange mauvais répond Amen contre son gré. Dans le cas contraire, c’est l’inverse, à Dieu ne plaise.
Réponse
Bien que selon l’avis des mekoubalim il faille porter des vêtements blancs le Chabbat, à notre époque où tous les grands d’Israël ont l’habitude de porter des costumes noirs, il ne faut pas changer cette coutume. Une personne isolée qui changerait et porterait des vêtements blancs n’agit pas convenablement, car cela serait comparable à un fiancé parmi des endeuillés. Il convient d’expliquer cela en particulier aux baalei techouva et de les guider à suivre en tout point les coutumes des grands de la génération.
Réponse
Il est recommandé de réserver des vêtements beaux et propres spécialement pour l’honneur du Chabbat, comme l’ont enseigné les Hakhamim : « Tu l’honoreras » signifie que tes habits du Chabbat ne doivent pas être les mêmes que ceux des jours de semaine. On mettra ses plus beaux vêtements après s’être lavé en l’honneur du Chabbat. Il faut s’efforcer de changer tous ses vêtements pour le Chabbat. Lorsque cela est possible, il est également bon de réserver un talit spécial pour le Chabbat.
Réponse
Il faut changer de vêtements dès la veille du Chabbat, afin d’accueillir le Chabbat avec des habits élégants, et non comme ceux qui ne changent de vêtements que le matin du Chabbat. Même si l’on se trouve seul à la maison, il faut changer de vêtements, car ceux-ci sont destinés à l’honneur du Chabbat et des fêtes, et non à l’honneur de ceux qui pourraient nous voir.
Réponse
L’endeuillé doit également changer de vêtements le Chabbat et porter des habits de Chabbat, même pendant les sept jours de deuil. Toutefois, il ne changera que ses vêtements extérieurs. A plus forte raison, lors des Chabbatot qui tombent pendant les douze mois suivant le décès de son père ou de sa mère, car il n’y a pas de deuil manifeste le Chabbat, comme l’enseigne le Yerouchalmi. Il peut même porter des habits de Chabbat fraîchement lavés, sans qu’il soit nécessaire de les donner à porter à quelqu’un d’autre auparavant.
Réponse
Il n’est pas nécessaire de réserver des chaussures spéciales pour le Chabbat, et il est permis d’utiliser les mêmes chaussures que durant la semaine. Toutefois, il est recommandé et approprié de les cirer et de bien les nettoyer en l’honneur du Chabbat, car cela leur donne un aspect renouvelé. Celui qui souhaite se montrer plus rigoureux et réserver des chaussures spéciales pour le Chabbat sera béni.
Réponse
Il convient de se réjouir à l'arrivée du Chabbat, comme on le ferait en allant à la rencontre d'un roi ou d'un jeune marié et d'une jeune mariée. Rabbi Hanina avait l'habitude de s'envelopper dans son vêtement et de se tenir prêt à l'approche du Chabbat, en disant : « Venez, sortons à la rencontre de la reine Chabbat. » Rabbi Yanai disait : « Viens, ô fiancée, viens, ô fiancée. » Il est désormais d'usage de réciter la Kabbalat Chabbat à l'intérieur de la synagogue, et l'on ne sort pas à l'extérieur de la synagogue pour cela.
Réponse
Il convient de rester vêtu des habits de Chabbat jusqu'après la Havdala, et si possible, jusqu'après la seouda reviit. Lorsque le 9 Av tombe un samedi soir, il ne faut pas retirer les habits de Chabbat avant la sortie des étoiles.
Réponse
Il est d'usage parmi le peuple juif que les parents et les rabbins bénissent les enfants le soir de Chabbat, car c'est un moment où l'abondance spirituelle se manifeste et il convient de la transmettre aux enfants. Même les enfants plus âgés reçoivent la bénédiction de leurs parents. Cependant, il faut veiller à ce que l'assemblée ne s'approche pas pour embrasser la main des rabbins pendant la récitation de Alénou léchabéa'h, car les rabbins sont alors occupés par leur prière et il n'y a pas d'intérêt à embrasser leur main s'ils ne donnent pas de bénédiction. Embrasser la main des rabbins a une utilité, car ils renouvellent chaque jour des enseignements de halakha et écrivent de la main droite, la gauche aidant la droite, et il y a dans leurs doigts une sainteté de la Torah inscrite dans leurs doigts.
Lois de l’allumage des bougies de Chabbat
Réponse
Il s'agit d'une mitsva d'ordre rabbinique d'allumer une bougie la veille de Chabbat, et il convient d'être particulièrement attentif à cette mitsva et de choisir une belle bougie. Rav Houna enseigne que celui qui est assidu dans l'allumage des bougies aura des enfants érudits en Torah. Il est approprié pour la femme de prier après l'allumage afin que Hachem lui accorde des enfants érudits et lumineux dans la Torah, car au moment de l'accomplissement de la mitsva, la prière est davantage exaucée.
Réponse
D'après la halakha stricte, il suffit d'allumer une seule bougie en l'honneur de Chabbat. Cependant, la coutume est d'allumer au moins deux bougies, l'une en référence à "Zakhor" et l'autre à "Chamor". Plus on multiplie les bougies en l'honneur de Chabbat, plus cela est méritoire. Certaines femmes ont l'habitude d'allumer sept bougies ou davantage. D'autres allument un nombre de bougies correspondant au nombre de personnes vivant dans la maison, et lorsqu'un enfant naît, on ajoute une bougie supplémentaire.
Réponse
Une femme qui a pris l'habitude d'allumer sept bougies la veille de Chabbat ne doit pas, a priori, diminuer ce nombre et doit continuer selon sa coutume. Si elle souhaite abandonner cette habitude et n'allumer que deux bougies pour des raisons économiques ou similaires, il est préférable qu'elle fasse une annulation de vœu devant trois personnes, car elle n'a pas précisé au départ qu'elle agissait sans s'engager par un vœu. Si elle ne change sa coutume qu'une seule fois, par exemple si elle se trouve à l'hôpital et qu'il n'y a que deux bougies disponibles, et qu'il lui est impossible d'en obtenir sept, elle n'a pas besoin d'annulation de vœu. Il est recommandé, au moment où elle commence à allumer sept bougies, de préciser qu'elle ne prend pas cet usage comme un vœu, afin de pouvoir le modifier sans annulation.
Réponse
Même une personne pauvre qui n'a pas de quoi manger est tenue d'accomplir la mitsva d'allumer les bougies de Chabbat, et doit demander l'aumône pour obtenir de l'huile ou une bougie à allumer, car cela fait partie du plaisir du Chabbat. Si elle ne peut pas acheter à la fois une bougie pour Chabbat et du vin pour le kiddouch, la bougie de Chabbat a priorité, et elle fera le kiddouch sur le pain. Si elle dispose d'électricité, il n'est pas nécessaire de demander l'aumône pour acheter une bougie, mais elle récitera la bénédiction sur la lumière électrique.
Réponse
Celui qui ne possède qu'une seule bougie, par exemple s'il se trouve en prison ou dans une situation similaire, et que c'est la veille de Chabbat pendant Hanouka, allumera la bougie pour Hanouka avec les bénédictions, et utilisera la lumière électrique pour l'allumage de Chabbat. Il est également permis de réciter la bénédiction "lehadlik ner shel Chabbat" sur la lumière électrique. S'il n'a pas de lumière électrique et ne possède qu'une seule bougie, certains estiment qu'à notre époque, où il y a de toute façon de la lumière dans la maison, il allumera la bougie pour Hanouka, et cela comptera aussi pour la paix du foyer afin d'éviter de trébucher sur une chaise, etc., bien qu'il existe des avis divergents. S'il possède deux bougies, il en allumera une pour Hanouka et une pour Chabbat, même à partir de la deuxième nuit de Hanouka.

