Questions pratiques
Lois de la coupe du pain
Réponse
Il ne faut pas donner le pain à autrui en main propre, car on ne donne le pain en main qu'à un endeuillé. Il convient plutôt de poser le pain sur la table devant les convives. Cette règle s'applique également à ses enfants petits capables de prendre eux-mêmes le pain posé devant eux. Il ne faut pas couper une tranche trop petite pour la berakha de hamotsi, car cela donne l'impression d'être avare, ni une tranche trop grande, pour ne pas paraître glouton. Cependant, le Chabbat, il est permis de couper une tranche suffisamment grande pour toute la durée du repas.
Réponse
Celui qui coupe le pain ne doit le faire qu'après que la majorité des convives aient terminé de répondre Amen. Cette règle s'applique lorsqu'il récite la berakha de hamotsi pour acquitter d'autres personnes. Mais si chacun récite la berakha de hamotsi pour lui-même, il n'est pas nécessaire d'attendre la fin du Amen des autres. Une personne qui ne mange pas ne peut pas réciter la berakha de hamotsi pour acquitter d'autres personnes, même le Chabbat ou un jour de fête où il y a une obligation de manger du pain ; il ne récitera pas la berakha pour autrui s'il ne mange pas avec eux. Cependant, il est permis de réciter la berakha pour des enfants, même sans manger avec eux, afin de les éduquer aux mitsvot.
Sur quel pain réciter la bénédiction
Réponse
Lorsqu'on dispose d'un pain entier, il est préférable de réciter la berakha sur le pain entier, même s'il s'agit d'un petit pain. Si le pain entier est à base d'orge et que les morceaux sont à base de blé, on placera la tranche sous le pain entier et on rompra les deux ensemble.
Réponse
Un pain entier, même s'il contient moins qu'un kezayit, nécessite la berakha hamotsi. Cependant, après avoir mangé, on ne récite aucune berakha si l'on n'a pas consommé un kezayit.
Réponse
Une pizza cuite au four avec de la viande ou du fromage, et pétrie avec de l'eau, nécessite la berakha hamotsi. Si l'on en mange la quantité d'un kezayit, on récite le birkat hamazon. Si la pâte a été pétrie avec du lait et que le goût du lait est perceptible dans la pizza, on récitera mezonot. Une pachtida (pâte fourrée à la viande ou similaire) cuite au four nécessite la berakha hamotsi et le birkat hamazon. Mais une pachtida faite de pâte feuilletée ou similaire, dont la pâte s'effrite, même si elle contient de la viande ou autre, comme les bourekas à la viande, on récitera bore mine mezonot. Il en va de même pour les cigares fourrés à la viande, faits de pâte feuilletée ou similaire, ou autre. En revanche, une pachtida cuite avec une pâte ordinaire, pétrie à l'eau et fourrée à la viande, au poisson ou au fromage, et cuite comme une pâte normale, nécessite la berakha hamotsi et le birkat hamazon.
Réponse
Les Séfarades et les communautés orientales ont l'habitude de réciter bore mine mezonot sur la matsa après Pessah, et la bénédiction finale al hamihya. Cette coutume a des fondements. Toutefois, celui qui souhaite réciter hamotsi et birkat hamazon sur la matsa, lorsqu'il fixe son repas sur la matsa, même sans atteindre la quantité de fixation de repas requise pour un gâteau, peut le faire, car la matsa est faite pour être mangée avec des accompagnements et ne ressemble pas à la pat haba bekisnin, généralement consommée en dessert. Les hassidim et les personnes pieuses ont l'habitude soit de manger la matsa dans un repas de pain ordinaire, soit de fixer leur repas sur la matsa à hauteur de soixante-douze drahms, soit deux cent seize grammes, et alors ils récitent hamotsi et birkat hamazon sans hésitation. Il faut alors se laver les mains comme pour le pain, sans bénédiction. (Ceux qui récitent la bénédiction ont sur quoi s'appuyer. Et si l'on mange 162 grammes de matsa, on se lave les mains sans bénédiction.) Certains exemptent la première bénédiction de la matsa en goûtant du pain ordinaire, et dans ce cas, on récitera la bénédiction finale me'ein shalosh. Celui qui n'a pas l'habitude de manger du pain ordinaire, pour des raisons de santé ou autres, mais uniquement de la matsa, récitera hamotsi et birkat hamazon sur la matsa. Les Ashkénazes ont l'habitude de réciter hamotsi et birkat hamazon sur la matsa toute l'année, comme à Pessah.
Réponse
Celui qui fait frire une tranche de pain de moins d'un kezayit, même si elle garde l'apparence du pain, récitera bore mine mezonot. De même, des miettes de pain cuites, de moins d'un kezayit, même si elles gardent l'apparence du pain, nécessitent la berakha bore mine mezonot et la berakha finale me'ein shalosh. Si la quantité de pain atteint un kezayit, on récitera hamotsi et birkat hamazon.
Réponse
Une pâte ordinaire recouverte de sésame nécessite la berakha hamotsi lehem min haaretz, et si l'on en mange un kezayit, on récite le birkat hamazon. Mais si la quantité de sésame est telle que le goût de la pâte n'est plus perceptible à cause de l'abondance de sésame, on récitera mezonot et al hamihya. Il n'y a pas de différence à ce sujet, que le sésame soit sur la pâte ou qu'elle en soit fourrée.
Réponse
Pour la pat haba be-kisnin, on récite la bénédiction boré miné mezonot, et après avoir mangé, on fait la bénédiction me'ein chaloch (al ha-mihya). La pat haba be-kisnin désigne un pain préparé sous forme de pochettes remplies de miel ou de sucre, de noix, d’amandes et d’épices. Cela inclut aussi une pâte dans laquelle on a mélangé du miel, de l’huile, du lait ou divers épices, puis cuite au four, à condition que le goût du jus de fruits, des épices ou du lait soit perceptible dans la pâte ; dans ce cas, on récite boré miné mezonot, même si la farine reste l’ingrédient principal. Si le goût de ces ajouts n’est pas perceptible dans la pâte, on récite hamotsi lehem min haaretz. Pour un pain préparé comme des biscuits secs que l’on croque, on récite boré miné mezonot et ensuite al ha-mihya.
Réponse
Celui qui fixe son repas sur de la pat haba be-kisnin (comme un gâteau), c’est-à-dire qu’il en consomme plus de 216 grammes (soit la quantité de quatre œufs), doit réciter la bénédiction hamotsi lehem min haaretz sur le gâteau, ainsi que le birkat hamazon. Si l’on a commencé à manger le gâteau sans intention d’en faire un repas, et que l’on a récité boré miné mezonot, puis que l’on continue à manger jusqu’à atteindre 216 grammes, il faudra réciter le birkat hamazon, même si l’on a d’abord fait la bénédiction mezonot. Il a déjà été expliqué que si l’on mange 162 grammes de gâteau, il faut se laver les mains sans bénédiction. Si l’on mange 216 grammes, celui qui souhaite réciter la bénédiction sur la netilat yadaim a sur quoi s’appuyer.
Réponse
Quand on fixe son repas sur un gâteau, il faut consommer chaque kazayit de pat haba be-kisnin dans le laps de temps appelé kede akhilat pras. Si l’on mange moins que la quantité de quatre œufs, on récite boré miné mezonot et ensuite al ha-mihya. Toutefois, il est préférable, a priori, de s’abstenir de manger de la pat haba be-kisnin en quantité équivalente à trois œufs, soit 54 dirhams, ce qui correspond à environ 162 grammes.
Réponse
Il arrive fréquemment lors de certains repas de mitsva que l’on serve des pains sucrés, et l’on informe l’assemblée qu’il n’est pas nécessaire de se laver les mains, car on récite boré miné mezonot sur ces pains. Il convient de préciser que si l’on fixe son repas sur ces pains et que l’on en mange environ 216 grammes, il faut réciter hamotsi et le birkat hamazon. De même, lors des mariages organisés aujourd’hui avec des pains sucrés, il faut agir ainsi.
Réponse
Toute cette règle concernant celui qui fixe son repas sur un gâteau et récite hamotsi et birkat hamazon ne s’applique que si le gâteau a été cuit au four. Mais une pâte qui a été bouillie ou frite n’est pas considérée comme du pain, et même si l’on fixe son repas dessus, on récite boré miné mezonot et ensuite al ha-mihya. Ainsi, pour la zalabia des Yéménites, on récite boré miné mezonot et ensuite al ha-mihya, même si l’on fixe son repas dessus. Il en va de même pour les beignets dont la pâte est molle et qui sont frits dans l’huile : même si l’on fixe son repas dessus, on ne récite pas hamotsi et birkat hamazon, mais boré miné mezonot et al ha-mihya.
Réponse
Celui qui fixe son repas sur de la pat haba be-kisnin (gâteau), qui doit donc réciter hamotsi et birkat hamazon, et qui a été rassasié, mais doute après le repas s’il a récité le birkat hamazon ou non, doit le réciter de nouveau par doute, à l’exception de la quatrième bénédiction « La’ad ha-El Avinou » et ainsi de suite.
Réponse
Pour toute consommation, on ne récite la berakha finale que si l’on a mangé un kezayit dans le laps de temps appelé "kede akhilat pras". Mais si l’on a mangé un kezayit sur une durée supérieure à kede akhilat pras, on ne récite aucune berakha finale. Il en va de même pour une consommation liée à une mitsva, comme la matsa ou le maror : il faut veiller à manger un kezayit dans le temps de kede akhilat pras. Cette durée correspond à environ sept minutes et demie. Il est recommandé, pour les obligations d’ordre toranique, de consommer le kezayit en quatre minutes. Concernant celui qui fixe son repas sur un gâteau, certains estiment qu’il suffit de manger un kezayit du gâteau dans le temps de kede akhilat pras, soit entre quatre et sept minutes, même si le reste du gâteau a été consommé petit à petit ; il devra alors réciter le Birkat Hamazon. En pratique, il faut manger chaque kezayit dans le laps de temps de kede akhilat pras.
Réponse
Celui qui fixe son repas sur du pat haba be-kisnin, et qui, en additionnant la viande ou d’autres aliments, atteint la quantité de soixante-douze drahams, n’est pas considéré comme ayant fixé son repas sur le pat haba be-kisnin. Il ne faut pas additionner d’autres aliments pour atteindre cette mesure, mais il faut fixer le repas uniquement sur le gâteau, sans inclure les autres mets.
Réponse
Celui qui mange des nouilles ou d’autres plats cuisinés à base des cinq espèces de céréales, même s’il fixe son repas dessus, ne récite pas hamotsi ni le Birkat Hamazon, mais il doit réciter bore mine mezonot et al hamihya. Même a posteriori, s’il a récité hamotsi, il n’est pas quitte. Mais s’il s’est trompé et a récité le Birkat Hamazon, il est quitte.
Réponse
Une pâte pétrie avec du miel, même si la majorité n’est pas du miel, on récite dessus bore mine mezonot, tant que la saveur sucrée est perceptible dans la pâte. Selon le Rama, on récite dessus hamotsi.
Réponse
Celui qui fixe son repas sur du pat haba be-kisnin, et avait l’intention de manger plus que la quantité de 216 grammes, a lavé ses mains et a récité hamotsi, mais a été empêché et n’a pas mangé cette quantité, doit réciter la berakha finale al hamihya veal hakalkala, même s’il a récité hamotsi au début. La berakha hamotsi récitée n’est pas considérée comme une berakha en vain. Celui qui mange un gâteau sans intention initiale de fixer son repas, puis décide en cours de repas de le faire, peut continuer à manger en s’appuyant sur la berakha mezonot récitée au début, sans devoir réciter hamotsi, même s’il mange soixante-douze drahams.
Réponse
La zlabia (zingoula), faite de semoule et de miel et frite dans l’huile, requiert la berakha mezonot. Il en va de même pour ce qui est préparé avec de la farine fluide, du sucre, frit puis trempé dans du miel chaud : la berakha est mezonot. Même si l’on fixe son repas dessus, c’est-à-dire que l’on en mange plus de 216 grammes, on ne récite que mezonot et la berakha finale me’ein shalosh.

