Questions pratiques
Cuisson par dérivés du feu
Réponse
Celui qui cuit pendant Chabbat à l'aide de l'électricité est passible selon la Torah pour avoir cuit, et cela est considéré comme cuire directement sur le feu, même si le four ou la plaque électrique étaient allumés avant Chabbat.
Réponse
Il est interdit de cuire pendant Chabbat avec un appareil à micro-ondes ou un turbo-grill, même s'ils sont actionnés par une minuterie de Chabbat. Il n'est pas permis d'être indulgent à ce sujet, même pour un malade qui n'est pas en danger. Cependant, s'il est nécessaire de cuire pendant Chabbat pour un malade en danger, sur instruction d'un médecin, il est préférable de cuire avec un micro-ondes.
Réponse
Lorsqu'un aliment sec a été entièrement cuit avant Chabbat à l'aide d'un micro-ondes, il subsiste un doute quant à la possibilité de le réchauffer pendant Chabbat sur une plaque électrique, car il n'est pas certain s'il y a ou non une interdiction de "cuire après cuisson" dans ce cas.
Réponse
Celui qui allume un feu pendant Chabbat en utilisant une loupe placée face au soleil transgresse une interdiction de la Torah pour avoir allumé un feu, car même si le feu a été produit par la force du soleil, cela est considéré comme un véritable allumage à tous égards. Certains estiment qu'il en va de même pour la cuisson : si l'on cuit pendant Chabbat avec un feu produit par une loupe exposée au soleil, on est passible selon la Torah, car cela est considéré comme un feu véritable à tous égards. D'autres pensent que dans ce cas, l'interdiction n'est que d'ordre rabbinique. Et la règle principale est de se montrer strict dans ce cas, pour toute cuisson avec un feu produit par une loupe pendant Chabbat.
Réponse
Celui qui cuit pendant Chabbat dans les eaux chaudes de Hamei Tveria n'est pas passible selon la Torah, mais cela reste interdit par les Sages.
Cuisson au soleil et par ses dérivés
Réponse
Il est permis de cuire grâce au soleil, par exemple en plaçant de l'eau au soleil pendant Chabbat afin qu'elle chauffe, ou en mettant un œuf au soleil pour qu'il cuise pendant Chabbat. En revanche, il est interdit selon les Sages de cuire avec ce qu'on appelle les "toladot hama", c'est-à-dire, par exemple, de placer un œuf dans de l'eau qui a été chauffée par le soleil jusqu'à ce que la main ne puisse plus y rester, car cette eau est considérée comme "toladot hama". Les Sages ont interdit cela de peur que l'on en vienne à cuire dans de l'eau chauffée par le feu, ce qui est un interdit de la Torah. De même, l'eau chauffée par un "doud shemesh" (chauffe-eau solaire) est considérée comme "toladot hama", et il est interdit par décret rabbinique de cuire dans cette eau un œuf ou autre, de peur que l'on en vienne à cuire dans de l'eau chauffée par le feu.
Réponse
Si l'on place pendant Chabbat une loupe ou une prisme face au soleil afin de concentrer les rayons du soleil sur une marmite contenant de l'eau ou autre, et que cela atteint une température telle que la main ne peut plus y rester, cela est considéré comme cuire avec le soleil et c'est permis. Même si le plat se trouve dans une marmite, et que la marmite elle-même chauffe grâce au soleil et aide à la cuisson de l'aliment à l'intérieur, cela n'est pas considéré comme cuire avec les "toladot hama", car l'aliment cuit aussi grâce au soleil lui-même ; il s'agit donc d'un cas de "ze veze gorem" (deux causes), ce qui est permis.
Réponse
Certains estiment qu'il est permis de griller un œuf sur un toit chauffé par le soleil, car il n'y a pas lieu de craindre que l'on permette ainsi de cuire avec les "toladot haesh", étant donné qu'il n'est pas d'usage de cuire ainsi avec les "toladot haesh". D'autres ne sont pas d'accord. En pratique, il convient d'être rigoureux, car cela est considéré comme cuire avec les "toladot hama".
Réponse
Il est permis d’ouvrir le robinet de l’eau chaude qui a été chauffée uniquement par un doud shemesh et de l’utiliser pour laver la vaisselle ou des usages similaires. Il faut également être indulgent et permettre d’utiliser cette eau pour se laver les mains, le visage ou les pieds, même si l’eau a été chauffée dans le doud shemesh pendant Chabbat lui-même, et a fortiori si elle a été chauffée avant Chabbat. Mais cela n’est permis que si l’eau a été chauffée uniquement par le soleil ; mais si la résistance électrique du doud a été activée, l’eau est considérée comme chauffée par un boiler. La raison est que, bien qu’en ouvrant le robinet et en laissant sortir l’eau chaude, de l’eau froide entre dans les tuyaux et le doud et se réchauffe au contact de l’eau chaude déjà présente dans le doud chauffée par le soleil, qui est chaude au point où la main s’y retire, néanmoins, puisque la majorité de l’eau chaude présente dans le doud shemesh est considérée comme toladot hama, dont la cuisson n’est interdite que par décret rabbinique, de peur de confondre avec toladot haor, et qu’aucune action intentionnelle n’a été faite pendant Chabbat pour chauffer la nouvelle eau, il est donc permis de se laver avec cette eau le visage, les mains, les pieds ou la vaisselle. Car il s’agit d’un acte non intentionnel, et même si cela constitue un psik reisha, néanmoins, puisque l’interdit de toladot hama n’est que rabbinique, de peur de toladot haor, il s’agit d’un psik reisha dans un décret rabbinique, ce qui est permis, comme il est expliqué dans les propos de nombreux aharonim. Il en va de même pour de l’eau chauffée par un non-juif pendant Chabbat pour son propre usage : il est permis de s’en servir pour se laver le visage, les mains, les pieds ou la vaisselle, car l’eau a été chauffée de manière permise. Et s’il est possible de fermer le robinet d’arrivée d’eau froide et ainsi empêcher son entrée dans le doud [par une installation spéciale], il est correct de le faire afin d’éviter tout doute. Mais lorsque cela n’est pas possible, il est permis d’utiliser l’eau chaude.
Réponse
Si l'eau du doud shemesh est très chaude et que l'on souhaite la refroidir en ouvrant simultanément les robinets d'eau chaude et d'eau froide afin de pouvoir se laver les mains ou autre, il est permis en principe d'agir ainsi. Celui qui se montre rigoureux sera digne de louange, car le tuyau est relié au doud, qui est un "keli rishon".
Cuisson dans un premier récipient
Réponse
Un keli rishon est un récipient posé sur le feu ou sur une plaque chauffante, comme une marmite ou une bouilloire. Même après l'avoir retiré du feu, tant que la chaleur y est suffisante pour que la main s'y brûle, il conserve sa capacité à cuire. Il est donc interdit d'y placer tout aliment non cuit, même de la viande de bœuf qui nécessite une cuisson longue, car son humidité cuit rapidement dans un keli rishon. Il est également interdit d'ajouter de l'eau froide à de l'eau chaude contenue dans une bouilloire retirée du feu (keli rishon), tant que l'ensemble reste suffisamment chaud pour que la main s'y brûle. Il est une mitsva de diffuser cette règle lors de discours ou de cours de Torah afin de sauver de nombreuses personnes de la faute de profanation du Chabbat.
Réponse
Un aliment ou une boisson qui est trop chaud pour être consommé ou bu est considéré comme ayant la chaleur de yad soledet bo, et il est interdit d'y placer un aliment non cuit. En revanche, si l'on ne s'abstient pas de manger ou de boire cet aliment ou cette boisson malgré sa chaleur, cela n'est pas considéré comme yad soledet bo et il n'y a alors pas de cuisson. Certains estiment que la mesure de yad soledet bo correspond au moment où une personne moyenne met sa main dans l'aliment ou la boisson chaude et que sa main est brûlée, même si le doigt reste un peu dans l'eau chaude ; cela est aussi valable pour un keli sheni concernant les aliments faciles à cuire. Mais la règle principale est que tant qu'il est possible de manger ou de boire sans refroidir, ce n'est pas considéré comme yad soledet bo.
Réponse
Verser de l'eau chaude provenant d'un keli rishon sur un aliment sec non cuit provoque une cuisson superficielle (jusqu'à l'épaisseur d'une pellicule). Il est donc interdit de verser de l'eau chaude de ce type sur un aliment sec qui n'a pas été cuit.
Réponse
Il est permis de verser de l'eau chaude provenant d'un keli rishon sur un biberon contenant du lait afin de réchauffer le lait, même si ce lait n'a pas du tout été cuit avant Chabbat. Il n'y a pas lieu d'interdire cela en raison de la cuisson superficielle par versement.
Réponse
Il est interdit d'ouvrir le robinet d'eau chaude pendant Chabbat si l'eau a été chauffée par un chauffe-eau électrique, tant que l'eau du réservoir est encore suffisamment chaude pour que la main s'y brûle. En ouvrant le robinet, de l'eau froide entre immédiatement dans le réservoir contenant de l'eau chaude, et cette eau froide cuit au contact de l'eau chaude déjà chauffée par l'électricité. Il n'y a pas de différence que le chauffe-eau soit encore allumé, fonctionne avec une minuterie de Chabbat, ou soit éteint. Cependant, pour un malade ou par l'intermédiaire d'un non-juif, il est permis d'être indulgent. Si l'eau du réservoir est tiède et n'atteint pas la température de yad soledet bo, comme le matin de Chabbat après extinction du chauffe-eau la veille, il est permis d'ouvrir le robinet d'eau chaude et d'utiliser cette eau aussi bien pour laver la vaisselle que pour se laver le visage, les mains et les pieds.
Réponse
De même, il est interdit d'ouvrir pendant Chabbat le robinet de l'installation de chauffage central pour utiliser l'eau chaude qui s'y trouve. Il n'y a pas de différence selon que le chauffage fonctionne au fuel, au gaz ou à l'électricité.
Réponse
Il est interdit d’ouvrir le robinet du système de chauffage central pendant Chabbat afin de chauffer l’appartement, car l’eau chaude est envoyée vers le radiateur par une pompe. A plus forte raison, de nos jours, ouvrir les radiateurs dans les habitations modernes entraîne l’allumage du gaz, il est donc également interdit d’ouvrir les robinets reliés au gaz. Toutefois, il est permis de demander à un non-juif d’ouvrir le robinet du chauffage. Si la chaudière fonctionne sans pompe, il y a lieu d’être indulgent et de permettre d’ouvrir le robinet du chauffage lorsque le froid est intense et difficilement supportable.
Réponse
Un samovar contenant de l’eau chaude ayant atteint l’ébullition, posé avant Chabbat sur un feu recouvert ou une plaque électrique, et dont l’ébullition s’est arrêtée mais où la chaleur reste suffisante pour que la main s’y brûle, il est permis d’en prélever de l’eau, même si cela entraîne que l’eau restante dans le samovar atteindra l’ébullition à cause de la chaleur du feu ou de la plaque. À plus forte raison, pour un plat liquide entièrement cuit posé sur le feu et chaud au point que la main s’y brûle, il est permis d’en prélever, même si cela fait que ce qui reste dans la marmite bouillira plus rapidement. Si l’eau a été chauffée avant Chabbat jusqu’à ce que la main s’y brûle, mais sans atteindre l’ébullition, il y a ceux qui disent que si, en prélevant de l’eau, on provoque que l’eau restante dans le samovar atteigne l’ébullition, il ne faut pas prélever d’eau du samovar pendant Chabbat, car il y a ceux qui disent que si on met de l’eau chaude au point que la main s’y brûle sur le feu et qu’elle atteint l’ébullition, on est hayav hatat, et il s’avère qu’on provoque un interdit de la Torah. Mais d’autres sont indulgents à ce sujet, et telle est l’opinion principale.
Réponse
Un samovar dont on prélève de l’eau chaude pendant Chabbat par son robinet, et qui possède sur le côté un fin tube en verre relié à la base du samovar pour indiquer le niveau d’eau, et lorsque l’on ouvre le robinet, l’eau du tube pénètre dans le samovar et le niveau du tube s’aligne avec celui du samovar, il est permis d’utiliser un tel samovar pendant Chabbat, même si l’ouverture du robinet fait entrer l’eau du tube dans le samovar. Il n’y a pas non plus à craindre que le samovar se vide et que, par peur que la résistance ne brûle, on vienne à ajouter de l’eau pendant Chabbat, car on l’a mis en marche avant Chabbat sur une puissance basse. Il n’y a donc aucune raison de se montrer strict à ce sujet, d’autant plus que l’on a l’habitude et la possibilité de faire attention à ne pas prélever plus d’eau que nécessaire, de sorte que la résistance ne brûle pas. A plus forte raison, pour les samovars modernes équipés d’un thermostat qui coupe l’appareil lorsque le niveau d’eau descend jusqu’à la résistance.
Réponse
D’un point de vue strict, il est permis de verser de l’eau chaude dans une tasse ou une assiette rincée à l’eau froide, même s’il reste dessus des gouttelettes d’eau provenant du rinçage. De même, si une cuillère dans la tasse porte des traces d’humidité, il n’est pas nécessaire de l’essuyer avant d’y verser de l’eau chaude. Cependant, il convient de secouer les gouttelettes présentes sur la tasse ou la cuillère avant d’y verser de l’eau chaude directement d’un keli rishon. Celui qui se montre rigoureux en essuyant ou en évitant de verser directement de l’eau chaude d’un keli rishon sur ces gouttelettes sera béni. Il en va de même pour verser de l’eau chaude dans un thermos ou une bouillotte utilisée pour se réchauffer, même s’il est impossible de les essuyer complètement, à condition de vider l’excédent d’eau qui s’y trouve.

