Questions pratiques
Jouir d’un acte de Chabbat sans interdiction sur l’objet même
Réponse
Il est permis de profiter pendant Chabbat de l'eau qui arrive dans les maisons grâce à une pompe électrique actionnée pendant Chabbat. On peut ouvrir le robinet pour boire ou pour se laver les mains. Il n'y a pas lieu de craindre que l'ouverture du robinet active l'électricité pour faire venir l'eau, car il ne s'agit que d'une conséquence indirecte (grama), et il est écrit : « Tu ne feras aucun travail », c'est l'action directe qui est interdite, tandis que la conséquence indirecte est permise. Même selon ceux qui estiment que la conséquence indirecte d'un travail est interdite par les sages, dans ce cas, il est permis de le faire.
Réponse
Un plat entièrement cuit avant Chabbat, placé sur une plata de Chabbat, et transporté en voiture militaire pendant Chabbat de la base vers le champ où se trouvent les soldats, peut être consommé par les soldats en service. Certains estiment que tant qu'aucune action n'a été faite sur l'objet lui-même (comme dans la cuisson où l'aliment change), il n'y a pas d'interdiction de profiter d'un travail effectué pendant Chabbat. Certains ont également permis ce cas pour une raison de mitsva, car manger pendant Chabbat accomplit la mitsva de oneg Chabbat. De plus, il n'est pas certain que le transport ait été fait délibérément, car il est possible que le soldat ait pensé qu'il y avait un danger vital à transporter la nourriture pendant la guerre, et il serait alors considéré comme ayant agi par erreur. Il est toutefois recommandé d'informer le rabbinat militaire qu'il faut veiller à ne pas agir ainsi de façon régulière, mais plutôt à préparer tout le nécessaire pour les soldats sur le terrain avant Chabbat, afin d'éviter de profaner le Chabbat pour eux.
Réponse
Si un Juif a apporté intentionnellement la clé de la synagogue pendant Chabbat, transgressant ainsi l'interdiction de transporter d'un domaine à un autre, certains disent que s'il y a un non-juif présent, il est préférable de fermer la porte et de la rouvrir ensuite par l'intermédiaire du non-juif, afin de ne pas profiter d'un travail interdit. Toutefois, la règle principale est que s'il n'y a pas de non-juif disponible, il est permis d'entrer dans la synagogue pendant Chabbat pour la prière et l'étude, en s'appuyant sur l'opinion selon laquelle les mitsvot n'ont pas été données pour en tirer profit.
Réponse
Celui qui a trié pendant Chabbat des déchets de la nourriture afin de manger immédiatement, il lui est permis, a posteriori, de manger ce qu'il a trié, car certains autorisent même à priori. Si l'on a trié la nourriture des déchets sans intention de la consommer immédiatement, certains ont permis de manger de cette nourriture pendant Chabbat, car il aurait pu trier de manière permise. C'est également l'opinion principale. Toutefois, lorsque cela est possible, il est préférable d'être rigoureux, car cette opinion ne suit que Rabbénou Tam, et ce n'est pas la règle tranchée comme il ressort du Choulhan Aroukh. Si, après avoir appris l'interdiction, il a mélangé à nouveau les déchets, il lui est permis de manger ce qu'il avait trié.
Réponse
Celui qui s'est trompé et a trié pendant Chabbat de la nourriture des déchets dans l'intention de la consommer plus tard, il convient de lui conseiller de la manger immédiatement, car certains estiment qu'il est ainsi possible de réparer l'interdiction.
Jouir en semaine de choses faites pendant Chabbat
Réponse
Il est recommandé et approprié pour toute personne craignant Hachem de ne pas acheter, le dimanche, du pain provenant d'une boulangerie juive qui cuit du pain le Chabbat comme en semaine, si cela peut amener les propriétaires juifs à respecter le Chabbat. Toutefois, tant qu'il n'est pas certain que ce pain a effectivement été cuit le Chabbat, il est permis, selon la halakha, d'en consommer le dimanche, et il n'y a pas lieu de l'interdire au motif de profiter d'une action réalisée le Chabbat. Mais si l'on sait avec certitude que le pain a été cuit le Chabbat, et que la boulangerie agit ainsi régulièrement pour le public, il est interdit de consommer ce pain, comme la règle concernant celui qui cuisine intentionnellement pour lui-même le Chabbat.
Réponse
Dans le cas d'une usine où des Juifs travaillent également le Chabbat, comme une usine de sucre, il est permis selon la halakha de consommer ce sucre, en particulier car tout ce qui se sépare provient de la majorité. Néanmoins, il est préférable de s'abstenir d'acheter du sucre provenant de cette usine si cela peut amener les propriétaires à arrêter la production le Chabbat.
Réponse
Des fruits et légumes apportés au marché le dimanche, dont on sait qu'ils ont été cueillis en violation du Chabbat, sont interdits à la consommation pour tous si cela est fait régulièrement pour la vente à autrui, et ce, de façon permanente. Mais si cela est fait de manière occasionnelle, il est permis à d'autres de consommer ces fruits et légumes, même s'ils ont été cueillis pour autrui. Si l'on ne sait pas si les fruits ont été cueillis en violation du Chabbat ou avant Chabbat puis conservés au frais, et qu'il n'est pas possible de le vérifier, il est permis selon la halakha de les acheter. Toutefois, s'abstenir de les acheter, si cela peut amener les commerçants à cesser cette pratique à l'avenir, est une bonne conduite à adopter.
Réponse
Il est permis d'utiliser des bouteilles en verre fabriquées dans une usine juive qui fonctionne le Chabbat, car on suit la majorité des jours de production. Toutefois, il est préférable que la communauté s'abstienne d'acheter de telles bouteilles si cela peut amener l'entreprise à cesser de travailler le Chabbat.
Réponse
Il est permis selon la halakha d'acheter du papier fabriqué par une entreprise où les employés juifs travaillent le Chabbat, pour l'impression de livres ou autres usages similaires, car on considère que ce papier provient majoritairement des jours de semaine, et tout ce qui se sépare provient de la majorité. Cependant, les personnes pieuses s'abstiennent et impriment leurs livres uniquement sur du papier sans risque de profanation du Chabbat, et cela est digne de bénédiction. Si l'on peut supposer que, grâce à l'organisation de tous ceux qui craignent Hachem pour ne pas acheter ce papier, l'entreprise sera contrainte d'arrêter de travailler le Chabbat, il est approprié et correct d'agir ainsi.
Réponse
Pour les bus publics et les taxis qui arrivent à la station juste après la sortie du Chabbat afin de prendre des passagers, et qui n'auraient pas pu arriver sans être partis avant la sortie du Chabbat, étant donné que l'action de combustion réalisée par le Juif pendant le Chabbat n'existe plus, et que le bénéfice obtenu après Chabbat n'est qu'un effet indirect, cela n'est pas considéré comme profiter d'une action du Chabbat. Néanmoins, il est louable d'adopter une attitude stricte, surtout dans les quartiers où la majorité des habitants sont des personnes craignant Hachem.
Réponse
Dans une société de réparation de feux de signalisation dont, malheureusement, les employés juifs travaillent aussi pendant le Chabbat, il est préférable, lors de l'achat d'actions, d'ajouter dans le contrat que le partenaire non religieux prend à sa charge, en dehors de la société, les interventions urgentes effectuées pendant Chabbat et les jours de fête, et qu'elles sont sous sa seule responsabilité. Toutefois, selon la halakha, il est permis d'acheter des actions dans une telle société, et il n'y a pas d'interdiction de profiter d'un travail accompli pendant Chabbat.
Réponse
Celui qui souhaite traverser une rue pendant Chabbat où circulent des voitures conduites par des Juifs, il est bon et juste d'attendre que la rue soit dégagée avant de traverser. Même sur un passage piéton, il convient d'agir ainsi, afin de ne pas entraîner le conducteur à commettre d'autres profanations du Chabbat, comme arrêter la voiture ou klaxonner. Si, de toute façon, le conducteur s'arrête, il est permis de traverser, même si cela retarde le conducteur.
Réponse
Si un conducteur non pratiquant voyage pendant Chabbat et demande une adresse précise, il ne faut pas lui répondre, car cela reviendrait à l'aider à profaner le Chabbat. On peut, si on le souhaite, lui répondre que c'est Chabbat aujourd'hui et qu'il est interdit d'aider ceux qui transgressent. Même si, de ce fait, il risque de multiplier les profanations du Chabbat en cherchant l'adresse, il est dit : "Laisse le fauteur et qu'il périsse", à condition de ne pas l'aider. Si le conducteur demande l'adresse d'un hôpital ou similaire, il est permis de lui répondre, car il se peut qu'il transporte un malade en danger ou qu'il aille s'occuper de malades en danger.
Réponse
Si l'on a transgressé et taillé le chofar pour le réparer pendant le jour de Roch Hachana, que la réparation constitue une interdiction rabbinique ou une interdiction de la Torah, certains estiment qu'il est permis de sonner de ce chofar à Roch Hachana. En effet, même dans ce cas, on considère que les mitsvot n'ont pas été données pour en tirer profit, et cela ne ressemble pas au cas de celui qui a cuit pendant Chabbat volontairement, où il est interdit d'en manger, même pour d'autres, le jour même.
Réponse
Des tefiline écrits pendant Chabbat sont invalides aussi bien pour celui qui les a écrits que pour les autres, que ce soit volontairement ou par inadvertance. Même si on les met, on ne s'acquitte pas de l'obligation, car il s'agit d'une mitsva accomplie par le biais d'une transgression. Certains estiment que cela ne concerne que celui qui les a écrits, mais que d'autres qui les mettent, a posteriori, s'acquittent de la mitsva des tefiline.
Réponse
Celui qui a planté pendant Chabbat par inadvertance peut laisser la plantation après Chabbat et en profiter. Mais s'il a planté volontairement, il doit arracher la plantation afin de ne pas tirer profit de la profanation du Chabbat. Il est ensuite permis de replanter cette même plantation et d'en profiter, car il s'agit alors d'une nouvelle situation.
Abattage et cuisson pour un malade pendant Chabbat
Réponse
Si l’on a abattu un animal pendant Chabbat pour un malade dont la vie est en danger, que la maladie ait commencé la veille ou le jour même, il est permis à une personne en bonne santé de consommer la viande crue, sans salage. Il faut cependant rincer le sang qui se trouve à la surface de la viande. En revanche, si l’on a cuit pendant Chabbat ou accompli d’autres travaux interdits pour un malade en danger, il est interdit, pendant Chabbat, à une personne en bonne santé ou à un malade dont la vie n’est pas en danger de profiter de ce travail ou de ce qui en reste, de crainte que l’on n’en fasse davantage pour eux. Mais dès la sortie de Chabbat, cela devient permis immédiatement, même pour une personne en bonne santé.
Réponse
Si l’on doit abattre une volaille pendant Chabbat pour un malade en danger, et qu’il y a sur place une petite volaille suffisante pour le malade ainsi qu’une plus grande dépassant ses besoins, certains estiment que l’on peut abattre la grande volaille si on le souhaite, car en ce qui concerne l’interdit de retirer la vie, la règle de ne pas augmenter la quantité ne s’applique pas. D’autres pensent qu’il faut abattre la petite volaille. L’avis principal est que l’on peut abattre la grande volaille.
Réponse
Si un non-juif a cuisiné pendant Chabbat pour un malade dont la vie n’est pas en danger, il est interdit à une personne en bonne santé de consommer ce plat pendant Chabbat. Si la cuisson concerne un aliment qui nécessite d’être cuit et qui est digne d’être servi à la table d’un roi, et que cela a été fait dans la maison du non-juif, il sera interdit à une personne en bonne santé d’en consommer à jamais, en raison de l’interdit de bichoul goyim. Même pour le malade, il sera interdit d’en manger après Chabbat, tant qu’il est possible de lui préparer un nouveau plat par un juif, car la cuisson du non-juif n’a été permise pour le malade que pendant Chabbat, lorsqu’il n’est pas possible de cuisiner par un juif. Cependant, la marmite elle-même sera permise après Chabbat et n’a pas besoin d’être cachérisée. Si le non-juif a cuisiné pendant Chabbat pour le malade dans la maison d’un juif ou dans un hôpital juif, il est permis de consommer le plat après Chabbat, même pour une personne en bonne santé, et a fortiori les ustensiles n’ont pas besoin d’être cachérisés.

