Questions pratiques
Jouir de l’électricité produite pendant Chabbat
Réponse
Si une panne électrique survient à la maison et qu'un membre du foyer la répare pendant Chabbat en infraction, il est interdit de profiter du résultat de cette réparation pendant Chabbat. De même, si une panne électrique survient dans un grand immeuble, et que la panne est réparée pendant Chabbat, il est interdit de profiter du résultat de cette réparation pendant Chabbat. Ainsi, si un plat qui n'était pas entièrement cuit ou dont la majorité est liquide se trouve sur une plata électrique, il faut l'en retirer afin que celui qui a réparé l'électricité ne transgresse pas aussi la mélakha de cuire. Si un plat était posé sur la plata électrique et n'était pas encore cuit, et que la réparation a permis sa cuisson, il est interdit d'en manger pendant Chabbat. Et si cela a été fait délibérément, la règle est comme expliqué plus haut au paragraphe 1 et au paragraphe 8. Si le plat était déjà cuit et que la réparation n'a servi qu'à le réchauffer, il sera permis d'en manger après avoir attendu qu'il refroidisse, car s'il en mange alors qu'il est encore chaud, il profiterait d'une mélakha interdite pendant Chabbat. Il n'y a pas de différence selon que la réparation ait eu lieu avant ou après que le plat ait refroidi, dans tous les cas il faut attendre qu'il refroidisse avant d'en manger.
Réponse
Si une panne électrique survient dans sa maison le soir de Chabbat et que quelqu’un répare l’électricité de manière interdite, certains estiment qu’il est permis d’étudier à la lumière de cette électricité pendant Chabbat, même si l’on en tire profit lors de son étude. En effet, il ne s’agit pas ici d’un profit corporel, mais de l’accomplissement de la mitsva de l’étude de la Torah, et les mitsvot n’ont pas été données au peuple d’Israël pour en tirer profit, mais comme des commandements du Roi à accomplir. Celui qui s’appuie sur cet avis pour être indulgent, lorsqu’il n’a pas d’autre possibilité d’étudier ailleurs, a sur quoi se reposer. Il est toutefois préférable d’étudier des sujets qui ne procurent pas autant de plaisir.
Réponse
Si une panne électrique survient dans sa maison le soir de Chabbat et que quelqu’un répare l’électricité de manière interdite, certains estiment qu’il est permis de lire "Chenaïm Mikra vé-Ehad Targoum" à la lumière de cette électricité, car même pour les mitsvot d’ordre rabbinique, on applique le principe que les mitsvot n’ont pas été données pour en tirer profit. D’autres s’opposent et pensent que pour les mitsvot d’ordre rabbinique, ce principe ne s’applique pas. Celui qui s’appuie sur l’avis des indulgents lorsqu’il n’a pas d’autre possibilité a sur quoi se reposer.
Réponse
Si une panne électrique survient dans une synagogue et qu’un Juif répare l’électricité de façon interdite, certains estiment qu’il est permis de lire la Torah dans le Sefer Torah à la lumière de cette électricité, même si sans cette lumière il aurait été impossible de lire, comme dans les synagogues situées en sous-sol, car même pour les mitsvot d’ordre rabbinique, on applique le principe que les mitsvot n’ont pas été données pour en tirer profit. D’autres s’opposent et pensent que ce principe ne s’applique pas aux mitsvot d’ordre rabbinique. Toutefois, la règle principale est qu’il est permis de s’appuyer sur l’avis des indulgents afin de ne pas annuler la lecture de la Torah pendant Chabbat.
Réponse
Si l’on découvre un collage dans un Sefer Torah le matin de Chabbat, et que par erreur on sort ce Sefer Torah pour la lecture de Min’ha, puis qu’il s’avère qu’un fidèle a réparé le collage en le grattant, ce qui constitue une transgression de l’interdit de "Metaken Mana", certains estiment qu’il est malgré tout permis de lire dans ce Sefer Torah à Min’ha, et qu’il n’y a pas lieu d’interdire en raison du profit tiré d’un acte interdit pendant Chabbat, car même pour les mitsvot d’ordre rabbinique, on applique le principe que les mitsvot n’ont pas été données pour en tirer profit. D’autres s’opposent. Toutefois, la règle principale est qu’il est permis de lire dans ce Sefer Torah, une fois qu’il a déjà été sorti de l’arche.
Réponse
Si une panne électrique survient dans sa maison le soir de Chabbat et qu’un Juif répare l’électricité avant la sortie des étoiles selon Rabbénou Tam, même si le plat était déjà posé sur la plaque chauffante et était cuit, il est interdit de profiter de ce plat tant qu’il est chaud, mais seulement après qu’il ait refroidi, comme expliqué précédemment. Si le plat n’était pas cuit au niveau de "Maakhal Ben Drousai" et qu’il a terminé sa cuisson grâce à cette réparation, il est interdit d’en manger jusqu’à la sortie de Chabbat. Toutefois, s’il n’a pas d’autre nourriture, il peut s’appuyer sur l’avis du Gaon de Vilna et du Michna Beroura pour profiter de ce plat, en tenant compte du fait que la sortie des étoiles selon Rabbénou Tam n’est pas encore arrivée.
Réponse
Dans un grand quartier où une coupure de courant survient pendant Chabbat et que des employés juifs de la compagnie d’électricité réparent la panne pendant Chabbat, certains estiment qu’il est permis de profiter pendant Chabbat des plats posés sur la plaque chauffante, à condition qu’il soit possible de supposer qu’il y a dans ce quartier des malades en danger ou des nourrissons ayant besoin de divers appareils électriques, ce qui constitue un doute de "Pikoua’h Nefech". Il est en effet impossible de réparer l’électricité uniquement pour leur maison. Il est donc permis de profiter de l’électricité réparée, même pour les personnes en bonne santé. Il est permis d’être indulgent même si le plat n’était pas entièrement cuit et a terminé sa cuisson grâce à la réparation. Toutefois, celui qui se montre rigoureux en retirant les marmites de la plaque pour éviter qu’elles ne chauffent et de profiter d’un acte interdit pendant Chabbat, sera béni, car il y a dans ce cas une profanation du Nom divin à profiter d’un travail effectué par des Juifs en public sans intention de sauver une vie.
Réponse
Si une personne s'est appuyée contre un mur et, par inadvertance, a actionné l'interrupteur et allumé la lumière pendant Chabbat, certains estiment qu'il lui est permis de profiter de la lumière ainsi allumée, car il n'avait aucune intention d'allumer et son acte est considéré comme involontaire, ce qui n'est pas une transgression. D'autres l'interdisent. La règle principale est que, s'il n'a pas la possibilité de lire dans une autre pièce, il peut être indulgent et profiter de la lumière dans cette pièce. Mais s'il a allumé la lumière par erreur, par habitude des jours de semaine, cela est considéré comme un acte involontaire (chogeg) et la règle à appliquer est celle expliquée au paragraphe guimel.
Réponse
Si quelqu'un a rapproché une marmite d'un four allumé pendant Chabbat, pensant qu'elle était vide, puis découvre qu'il y avait un morceau de viande non cuit à l'intérieur et qu'il a ainsi cuit pendant Chabbat, ou s'il pensait que la marmite contenait un plat sec déjà entièrement cuit, mais découvre ensuite qu'il y avait plusieurs morceaux encore crus et non consommables même en cas de nécessité, et que le rapprochement de la marmite a causé leur cuisson, certains permettent de consommer ce plat même pendant Chabbat, car il n'avait aucune intention de cuire. D'autres interdisent. La règle principale est que, s'il n'a pas d'autre plat, il peut être indulgent et profiter de ce plat pendant Chabbat.
Réponse
Dans certains hôtels, il arrive qu'à l'entrée dans la chambre, la lumière ou la climatisation s'allume automatiquement. Si une personne entre dans une telle chambre pendant Chabbat et provoque ainsi l'allumage sans savoir que son entrée déclenche cela, et qu'elle ne peut pas rester dans une autre chambre, il est permis d'y rester et de profiter de la climatisation, ainsi que de lire à la lumière, car il n'avait aucune intention de faire un acte interdit. Mais si la personne savait que son entrée provoquerait l'allumage et est entrée délibérément, il lui est interdit de profiter de la climatisation ou de la lumière pendant Chabbat. Même si elle l'a fait par inadvertance, et qu'elle n'était pas dans un cas d'action involontaire totale, il est interdit de profiter de la lumière dans la chambre, mais pour la climatisation sans lumière, il n'est pas nécessaire d'être strict.
Réponse
Il est clair qu'il est interdit d'entrer pendant Chabbat dans une pièce où la lumière ou la climatisation s'allume automatiquement à l'entrée, même si l'on n'effectue aucune action directe, car l'entrée provoque l'allumage. Si l'on se trouve déjà dans la pièce et que sortir provoquera l'extinction automatique de la lumière ou de la climatisation, il est préférable, a priori, d'appeler un non-juif pour qu'il entre dans la pièce, puis de sortir. Même si l'on sait que le non-juif sortira ensuite et que la lumière s'éteindra, cela n'est pas problématique, car on ne lui a pas demandé de sortir. S'il n'y a pas de non-juif disponible, celui qui est indulgent et sort de la pièce a sur quoi s'appuyer, surtout si c'est pour le plaisir de Chabbat ou pour prier en communauté, car il s'agit d'un cas de "psik reisha delo ichpat leh" dans un interdit rabbinique.
Réponse
Si une lampe s'allume automatiquement lorsque la pièce s'assombrit, et qu'une personne ferme volontairement le volet ou le rideau pendant Chabbat, provoquant ainsi l'allumage, il est interdit de profiter de cette lumière pendant Chabbat, et toute action nécessitant cette lumière ne doit pas être faite dans cette pièce. Même si cela a été fait par inadvertance, il est interdit de profiter de la lumière pendant Chabbat, car cela est considéré comme un acte direct et non comme une conséquence indirecte. Mais si la personne était distraite et ignorait que fermer le volet ou le rideau provoquerait l'allumage, s'il n'a pas d'autre pièce pour étudier, il peut être indulgent et profiter de la lumière allumée pendant Chabbat. A priori, il est préférable de ne pas utiliser du tout ce type de lampe pendant Chabbat afin d'éviter tout risque d'erreur.
Réponse
Pour une porte électrique qui s'ouvre automatiquement lorsqu'une personne s'approche grâce à un capteur électronique, ou une porte précédée d'un tapis déclencheur, si un voisin non pratiquant a ouvert la porte intentionnellement pendant Chabbat, certains estiment qu'il ne faut pas entrer dans l'immeuble avant que la porte ne se referme, car l'ouverture de cette porte constitue un interdit, étant donné qu'il est impossible de l'ouvrir sans action électrique, et puisque l'ouverture était intentionnelle, il est interdit d'en profiter pendant Chabbat. Il convient donc d'attendre qu'un non-juif entre dans l'immeuble pour y entrer avec lui. D'autres pensent que cela est comparable à éloigner un danger (comme chasser un lion) et que ce n'est pas considéré comme profiter d'un acte interdit pendant Chabbat.
Réponse
Si quelqu'un s'est approché pendant Chabbat d'une porte qui s'ouvre grâce à un détecteur électronique ou en marchant sur un tapis déclencheur, et qu'il l'a fait par ignorance du fait que cela provoque l'ouverture de la porte, et que s'il entre dans l'immeuble il provoquera également la fermeture de la porte par un mécanisme électrique, il devra appeler un non-juif pour qu'il se tienne à sa place, ou placer un objet volumineux comme une chaise à cet endroit, puis il pourra entrer dans l'immeuble. S'il n'y a ni non-juif ni objet à placer, celui qui se montre indulgent et entre dans l'immeuble a sur quoi s'appuyer. Il est recommandé à la personne avisée de prévoir la situation de la meilleure manière possible avant Chabbat, afin d'éviter de tels écueils.
Réponse
Si deux personnes sont passées et sont entrées dans une pièce dont la porte s'ouvre grâce à un détecteur électronique, il est permis d'être indulgent et d'entrer dans cette pièce pendant Chabbat.
Réponse
Dans un hôpital où l'entrée se fait par une porte électrique, actionnée par l'interruption d'un faisceau électronique ou en marchant sur un seuil, s'il est nécessaire d'y entrer pour s'occuper de malades qui ne sont pas en danger, il est permis d'être indulgent en demandant à un non-juif d'ouvrir la porte, ou en demandant à une personne qui ignore que la porte s'ouvre ainsi de l'ouvrir, et l'on pourra entrer pendant qu'elle agit sans intention. Il est également possible d'interrompre le faisceau électronique en tendant le pied ou la main, plutôt qu'avec tout le corps, de sorte que la porte s'ouvre de manière différente de l'habitude.
Réponse
Celui qui habite dans un immeuble équipé à l'entrée d'un dispositif ressemblant à une télévision, permettant de voir pendant Chabbat qui s'approche de la porte, il est recommandé à une personne pieuse de convaincre les voisins de désactiver l'appareil pendant Chabbat. Si les voisins refusent, il n'est pas interdit de passer par l'entrée de l'immeuble, même si cela entraîne inévitablement d'être filmé par la caméra.
Réponse
Concernant les distributeurs automatiques installés dans les rues, dans lesquels on peut insérer des pièces et, en appuyant sur un bouton électrique, obtenir un aliment ou une boisson, si un Juif a retiré un aliment ou une boisson d'une telle machine pendant Chabbat, il convient d'être rigoureux et de ne pas profiter de cet aliment ou de cette boisson pendant Chabbat, même si l'objet n'a subi aucune modification physique.
Réponse
Celui qui habite dans un immeuble où des voisins non pratiquants ont allumé la lumière dans la cage d'escalier pendant la nuit de Chabbat, il est permis de monter les escaliers sans attendre que la lumière s'éteigne, ni fermer les yeux. Même si le voisin l'a fait intentionnellement pour le bénéfice d'un Juif pratiquant, il est également permis de monter, car il aurait pu monter même sans la lumière. Il faut toutefois veiller à ne pas accélérer sa marche ni accomplir une action nécessitant la lumière, comme chercher la bonne clé parmi plusieurs, afin de ne pas profiter d'un acte interdit de Chabbat. Celui qui choisit d'attendre que la lumière s'éteigne, afin d'éviter que l'on pense qu'un Juif pratiquant profite d'une lumière allumée en infraction pour lui, sera béni.
Réponse
Si un Juif transgresse le Chabbat et ouvre un réfrigérateur électrique pendant Chabbat pour son propre usage, alors qu'il sait que l'ouverture allumera une ampoule, il est permis à un autre Juif de sortir des aliments ou des boissons du réfrigérateur tant qu'il est ouvert, pour les besoins de Chabbat. Cela n'est pas considéré comme profiter d'un acte interdit du Chabbat. En effet, l'ouverture de la porte n'est pas en soi une action interdite, car elle ne déclenche pas directement un mécanisme électrique, mais provoque simplement l'allumage de l'ampoule, sans intention de transgresser l'interdit, ce qui constitue un cas de psik reicha. De plus, le bénéfice ne provient pas de l'allumage de la lumière, mais de l'ouverture de la porte, qui est en soi une action permise, et l'ampoule n'apporte aucun avantage pour retirer les aliments. Par conséquent, il est permis d'être indulgent et de prendre des produits alimentaires dans ce cas.

