Questions pratiques
Lois de la coupe du pain
Réponse
On doit réciter la berakha "Hamotsi lehem min haaretz" en laissant un espace entre le mot "lehem" et "min haaretz". Si l'on a récité "motsi lehem min haaretz", on est quitte.
Réponse
Il est préférable de réciter la berakha à l'endroit où l'on prend le repas. Toutefois, a posteriori, si l'on a récité la berakha sur le pain à un endroit, goûté au pain, puis poursuivi le repas ailleurs, cela n'est pas problématique.
Réponse
Après avoir récité la berakha hamotsi, il faut manger immédiatement et ne pas parler entre la berakha et la dégustation. Si l’on a parlé, il faudra recommencer la berakha, sauf si l’on a parlé d’un sujet lié au repas, comme demander d’apporter du sel pour tremper le pain, ou un accompagnement, ou quelque chose de similaire. Toutefois, a priori, il ne faut pas interrompre même pour des sujets liés au repas.
Réponse
Il ne faut pas commencer à réciter la berakha avant de tenir le pain dans ses mains. Il est bon de poser les deux mains sur le pain au moment de la berakha. Il est d’usage de tremper le pain dans le sel.
Réponse
Celui qui porte des gants doit les retirer lorsqu’il récite la berakha hamotsi. Mais si quelqu’un a un plâtre sur la main, il lui est permis de couper le pain et il n’a pas besoin de demander à un autre membre de la famille de le faire à sa place.
Réponse
Après avoir récité la berakha hamotsi, il faut manger immédiatement et ne pas s’interrompre, même par un simple silence, entre la berakha et la dégustation. Il n’est donc pas correct, a priori, de suivre la coutume de certains qui, le Chabbat, après la berakha hamotsi, découpent tout le pain avec un couteau pour le préparer à la distribution, puis goûtent seulement après la découpe. Il faut plutôt, après la berakha, goûter un peu du pain, puis découper pour les autres convives.
Réponse
Lorsque plusieurs personnes sont réunies et qu’elles ont l’intention de s’acquitter de la berakha hamotsi par celle du meneur, les auditeurs ne doivent pas répondre « Baroukh Hou ouvaroukh Chemo » après la mention du Nom divin. Tous doivent rester silencieux jusqu’à goûter le pain, sans interrompre par des paroles entre l’écoute de la berakha et la dégustation. Si le meneur a goûté au pain et que les convives ont parlé entre la dégustation et la berakha, ils n’ont pas besoin de recommencer la berakha. Il est bon qu’ils méditent la berakha dans leur cœur. Mais si un auditeur a parlé avant que le meneur ne goûte, cela est considéré comme une interruption et il doit recommencer la berakha. Si l’un des convives a mangé, même si le meneur n’a pas encore goûté, tous sont acquittés et il n’y a pas d’interruption. Si le meneur a parlé de choses futiles juste après la berakha, avant de goûter, et que les convives n’ont pas encore goûté non plus, le meneur doit recommencer la berakha, mais les auditeurs qui n’ont pas parlé n’ont pas besoin de recommencer et peuvent goûter le pain sur la berakha du meneur.
Réponse
A priori, il ne faut pas parler de choses futiles avant d’avoir avalé du pain. Si l’on a parlé alors qu’on mâchait encore, il n’est pas nécessaire de recommencer, car l’intention est de manger et non seulement de goûter, et dès que le palais profite du pain, la berakha prend effet et cela est valable. Cependant, a priori, il ne faut pas parler, même de paroles de Torah, avant d’avoir avalé de la nourriture.
Réponse
Si l’on a récité la berakha Hamotsi et, avant d’avoir goûté à la nourriture, on entend le Kaddich ou la Kedoucha, il ne faut pas interrompre pour répondre entre la berakha et la dégustation. Toutefois, si l’on a interrompu pour des paroles de sainteté, ou si l’on a répondu Amen après sa propre berakha, on ne recommence pas la berakha, car en cas de doute sur les berakhot, on adopte une position indulgente. Si l’on a commencé à mâcher et que le palais a déjà profité du pain, même si l’on n’a pas encore avalé, on peut répondre au Kaddich, à la Kedoucha ou à Amen après la berakha d’autrui, car il n’y a lieu d’être rigoureux, a priori, de ne pas parler avant d’avoir avalé, que pour des paroles profanes. Si l’on a récité la berakha et commencé à mâcher la nourriture, et que celle-ci est proche de la gorge au point qu’il est difficile de répondre au Kaddich ou à la Kedoucha, il suffit de penser Amen dans son cœur, d’écouter et d’entendre la récitation du Kaddich ou de la Kedoucha, et l’on est considéré comme ayant répondu.
Réponse
Celui qui récite une berakha de jouissance ou une berakha sur une mitsva et répond Amen après sa propre berakha, a posteriori, cela n’est pas considéré comme une interruption dans ce cas. De même, si plusieurs personnes sont attablées et que chacun récite la berakha pour soi, et que l’on répond Amen à la berakha de son prochain avant d’avoir goûté, ou que l’on répond Amen après le Kaddich, a posteriori, cela n’est pas considéré comme une interruption. Cependant, si l’on interrompt par un autre mot entre la berakha et la dégustation ou l’accomplissement de la mitsva, cela constitue une interruption, même si l’on n’a prononcé qu’un seul mot.
Réponse
Avant de manger, il faut donner de la nourriture à son animal, car il est interdit de manger avant d’avoir nourri son animal, ou tout animal domestique ou oiseau dont on a la charge. Il est même interdit de goûter avant de leur avoir donné à manger. Certains estiment que cela n’est pas une obligation stricte, mais une mesure de piété qu’il est très bon et convenable d’adopter. D’autres considèrent que c’est une obligation stricte. Cette règle ne concerne que la nourriture solide, mais pour la boisson, l’homme passe avant l’animal ou l’oiseau.
Réponse
Certains disent que cette règle est d’origine toranique, tandis que d’autres ne sont pas de cet avis. Quoi qu’il en soit, il n’est pas nécessaire de donner soi-même la nourriture à l’animal ; il suffit d’avoir ordonné que la nourriture lui soit donnée. Maran le Hida a déjà averti qu’il faut ordonner chaque matin de donner à manger aux poules, afin de ne pas transgresser l’interdit de faire souffrir les animaux, comme cela est connu d’un événement survenu à l’époque de l’Ari zal.
Réponse
Si, après avoir récité la berakha mais avant d’avoir goûté à la nourriture, on dit « Donnez à manger à l’animal », cela n’est pas considéré comme une interruption, car il est interdit de manger avant d’avoir nourri son animal. Toutefois, le Kol Bo écrit que, même dans ce cas, il ne faut pas agir ainsi a priori, et que ce n’est que a posteriori que cela n’est pas considéré comme une interruption.
Réponse
Le Chabbat et les jours de fête, où il y a une mitsva de manger, certains estiment que si l’on interrompt entre la berakha et la dégustation pour demander que l’on donne à manger à l’animal, cela constitue une interruption, car il n’y a pas d’interdiction de manger avant d’avoir nourri son animal ces jours-là. D’autres ne sont pas de cet avis, et a posteriori, il n’est pas nécessaire de recommencer la berakha.
Réponse
Celui qui élève un chien chez lui, par exemple dans des localités frontalières ou dans un cas où il est permis d'élever un chien, ou bien un chat, ou tout animal similaire, doit veiller, a priori, à ne pas manger avant de leur avoir donné à manger. Cette précaution s'applique même pour les animaux impurs, qu'ils soient domestiques ou sauvages.
Réponse
L'interdiction de manger avant d'avoir donné à manger à un animal ne concerne que l'animal qui appartient à la personne. Mais s'il s'agit d'un animal appartenant à autrui qui se trouve dans sa cour, et qu'il n'est pas responsable de le nourrir, il est permis de manger avant de lui donner à manger.
Réponse
Si quelqu'un a oublié et a mangé sans réciter la berakha hamotsi, s'il lui est possible de manger encore un peu de pain, il est bon qu'il récite la berakha et qu'il en mange. Mais s'il a terminé son repas et qu'il ne peut plus manger de pain, il ne récitera pas la berakha hamotsi après avoir mangé. S'il a un doute s'il a récité ou non la berakha hamotsi, il ne recommence pas à la réciter. Il lui est permis, a priori, de manger sans berakha dans ce cas de doute. Si possible, il écoutera la berakha d'autrui et sera quitte par celle-ci.
Réponse
Celui qui s'est trompé et a récité sur le pain la berakha boré péri haadama, ou chéhakol, ou boré miné mezonot, et n'a pas corrigé immédiatement pour dire hamotsi lehem min haaretz, selon l'avis du Ritva, il n'est pas quitte, car les Sages ont retiré l'appellation de "fruit" dans la formulation de la berakha. D'autres estiment qu'il est quitte, car finalement le blé provient de la terre et il n'a pas menti dans sa berakha. Toutefois, dans tous les cas, s'il a récité sur le pain boré péri haets, il n'est pas quitte et doit recommencer la berakha. Il en est de même pour un gâteau : s'il a récité dessus boré péri haadama, il est quitte. Et s'il a récité sur le vin boré péri haets, il est quitte.
Réponse
Si, au lieu de la berakha hamotsi, on a dit « Barikh Rahmana Malka Mareh dehaï pita », on est quitte. Dans un cas de doute ou de controverse parmi les décisionnaires sur la nécessité de réciter une berakha, il ne faut pas la réciter, même en traduction, comme « Barikh Rahmana Malka dealma », car il y a également un risque d'une berakha en vain. Il suffit alors de penser la berakha dans son cœur. Ceux qui, la nuit du Séder, traduisent la berakha « Asher gealanu » en arabe après l'avoir dite en hébreu, il n'y a pas lieu de les en empêcher fermement, car ils ont sur qui s'appuyer.
Réponse
Celui qui partage le pain doit goûter en premier, et les convives n'ont pas le droit de goûter au pain avant que celui qui partage n'ait goûté. Mais si chacun mange de son propre pain et que tous ne dépendent pas du pain de celui qui partage, ils peuvent goûter avant lui. Le Chabbat et les jours de fête, il est d'usage que le maître de maison partage sur deux pains, et tous les membres de la maison s'acquittent de la mitsva de lehem michné par sa berakha. Celui qui récite la berakha doit avoir l'intention d'acquitter les autres, et eux aussi doivent avoir l'intention de s'acquitter. S'ils souhaitent goûter avant que celui qui partage n'ait goûté, il faut que les convives aient devant eux du lehem michné en plus de celui du partageur, et alors ils peuvent goûter avant lui.

