Questions pratiques
Interdiction de profiter d’une mélakha faite par un non-juif
Réponse
Lorsqu’il fait très chaud et que la chaleur est difficile à supporter, il est permis de demander à un non-juif d’allumer la climatisation ou le ventilateur pendant Chabbat pour celui qui souffre de la chaleur, et a fortiori pour des malades ou des enfants. Dans ce cas, il est aussi permis aux personnes en bonne santé de profiter de la fraîcheur de la climatisation. Même si la chaleur n’est pas très forte, il est permis lorsqu’il y a de jeunes enfants. A plus forte raison, si l’on ne demande pas explicitement mais seulement par allusion au non-juif, cela est tout à fait permis. Même s’il y a une lampe témoin qui s’allume avec la climatisation, il est permis de demander au non-juif de l’allumer, car l’allumage de la lampe est un cas de psik reisha, sans intention pour la lampe, et un psik reisha par l’intermédiaire d’un non-juif est permis.
Réponse
Si, après plusieurs heures, le temps change et que la climatisation risque de rendre les personnes présentes malades, il est permis de demander à un non-juif de l’arrêter.
Réponse
Si un non-juif a fait bouillir de l’eau pendant Chabbat pour un Juif et lui a préparé du thé ou du café, il est interdit au Juif de boire ce thé pendant Chabbat, et cela est interdit à tout Juif, même à celui pour qui le non-juif n’a pas préparé la boisson et même s’il ne le connaît pas. A plus forte raison, si le Juif a demandé explicitement au non-juif d’allumer le feu et de chauffer de l’eau pour une tasse de thé, il est interdit de boire ce thé jusqu’à la sortie de Chabbat, le temps nécessaire pour que cela soit fait après Chabbat.
Réponse
Si un non-juif a cuisiné pour un Juif pendant Chabbat, même s’il l’a fait de sa propre initiative, il est interdit au Juif de manger ce plat avant la sortie de Chabbat, le temps nécessaire pour que cela soit fait après Chabbat. Même si le plat était déjà entièrement cuit avant Chabbat, si le Juif a demandé au non-juif d’allumer le feu et de réchauffer le plat, ou de le remettre sur un feu découvert, ou de l’enfouir de manière interdite, il est interdit d’en manger pendant Chabbat jusqu’au soir, le temps nécessaire pour que cela soit fait après Chabbat. Cependant, il est permis de demander à un non-juif de réchauffer un plat déjà entièrement cuit sur une plata électrique allumée avant Chabbat, même pour un plat principalement liquide, car certains permettent cela même pour un Juif, donc a fortiori par l’intermédiaire d’un non-juif, c’est permis même a priori.
Réponse
Si un non-juif a ciré des chaussures pour un Juif pendant Chabbat, il est permis de les porter pendant Chabbat, car de toute façon il aurait pu les porter même sans le cirage. Cependant, il est interdit de demander à un non-juif de cirer ses chaussures pendant Chabbat.
Réponse
Si l’on a confié ses chaussures à réparer à un cordonnier non-juif avant Chabbat, en ayant fixé le prix à l’avance, et que le non-juif les a réparées chez lui et les a rapportées pendant Chabbat, il est permis de les porter, car le non-juif a agi de sa propre initiative.
Réponse
Il est permis qu’un non-juif déchire et ouvre une lettre fermée pendant Chabbat.
Lois du mouktsé pendant Chabbat – principes des lois de mouktsé
Réponse
Les sages ont interdit de déplacer certains objets pendant Chabbat, et plusieurs raisons ont été avancées à ce sujet. La raison principale est de constituer une barrière contre le risque de transporter un objet d’un domaine privé à un domaine public. Le Rambam ajoute d’autres motifs à l’interdiction de mouktsé pendant Chabbat : les sages ont interdit de déplacer certains objets comme on le fait en semaine, car si les prophètes ont mis en garde pour que la marche et la parole de Chabbat ne soient pas comme en semaine, à plus forte raison le déplacement d’objets ne doit pas être semblable à celui des jours ordinaires. Cela, afin que Chabbat ne soit pas perçu comme un jour ordinaire, et pour éviter que l’on déplace et arrange des objets d’un endroit à un autre ou que l’on cache des pierres, car la personne, étant inoccupée chez elle, chercherait à s’occuper et ne se reposerait pas, annulant ainsi la raison de la Torah « afin qu’il se repose ». De plus, en déplaçant des ustensiles dont l’usage est interdit, il est possible que l’on en vienne à faire une mélakha. Enfin, certains, comme les oisifs ou ceux qui ne travaillent jamais, risqueraient de ne pas distinguer Chabbat des autres jours si tout était permis, et ne respecteraient pas le repos particulier de Chabbat.
Réponse
Il existe plusieurs catégories de mouktsé : 1. Mouktsé en raison d’une perte financière. 2. Mouktsé par sa nature même. 3. Ustensile dont l’usage principal est interdit. 4. Support d’un objet interdit. 5. Mouktsé pour une mitsva, comme le bois de la soukka et ses décorations. 6. Mouktsé parce qu’il était attaché ou non préparé à l’entrée de Chabbat. 7. Mouktsé par rejet volontaire, comme des raisins mis à sécher avant Chabbat. 8. Mouktsé en raison de leur destination exclusive à une certaine utilisation, ce ne sont pas des ustensiles mais ils sont réservés à un usage précis, par exemple de la laine destinée à être filée, du bois réservé à la combustion, des peaux d’artisan, etc. 9. Mouktsé en raison d’un travail interdit, pour des objets ayant le statut d’ustensile, comme des instruments d’écriture, une bourse à monnaie, etc. 10. Mouktsé en raison de dégoût, comme une souris morte, des excréments, etc. 11. Ustensile dont l’usage permis n’est d’aucune utilité, c’est-à-dire qui n’est pas du tout nécessaire.
Réponse
Les sages n’ont interdit de déplacer un objet mouktsé que lorsqu’on le fait de la même manière qu’en semaine. En revanche, il est permis de déplacer un mouktsé avec son corps, par exemple en bougeant de la paille sur un lit avec son corps. Ce déplacement avec le corps est permis même si c’est dans un but interdit.
Réponse
Certains estiment que, tout comme il est permis de déplacer un mouktsé avec son corps, il est également permis de le déplacer avec le pied ou le coude, et il est donc permis de pousser un mouktsé avec le pied. D’autres pensent que seule l’utilisation du corps est permise, car cela ne s’appelle pas un déplacement, et qu’il ne faut pas permettre de pousser un mouktsé avec le pied. La règle suit la première opinion, qui autorise. Cette règle s’applique à tous les types de mouktsé mentionnés. Même si l’on agit pour le besoin du mouktsé lui-même, par exemple en poussant de l’argent avec le pied par crainte du vol, cela est permis.
Réponse
Pour un objet que l’on a l’habitude de déplacer avec le corps, comme une montre-bracelet non en or qui s’est arrêtée, certains considèrent que cela est assimilé à un déplacement avec le corps et donc permis. D’autres ne sont pas d’accord, car il est habituel de le déplacer ainsi.
Réponse
Il est permis de déplacer un objet mouktsé en soufflant dessus avec la bouche, car déplacer un mouktsé de manière inhabituelle ou indirecte est autorisé, et il n’y a pas de manière plus indirecte que celle-ci. Cette règle s’applique également au mouktsé en raison d’une perte financière.
Réponse
Tout mouktsé n'est interdit que pour le déplacement, mais il est permis d'y toucher simplement, à condition de ne pas le déplacer de sa place, même partiellement. Il est également permis de toucher un hadass attaché à la terre pour le sentir, même en le tenant en main.
Réponse
Il est permis de toucher pendant Chabbat un luminaire électrique fixe dans une synagogue, tant qu'on ne le déplace pas et qu'il n'y a aucun risque d'allumer ou d'éteindre.
Réponse
Il est permis de s'asseoir sur une pierre ou tout autre objet mouktsé pendant Chabbat, à condition de ne pas les déplacer de leur place.
Réponse
Un objet mouktsé de forme ronde, comme un œuf pondu pendant Chabbat ou Yom Tov, est interdit même au toucher, car un simple contact la fait bouger et la déplace de sa place, ce qui est considéré comme un déplacement de mouktsé.
Réponse
Il est permis de s'appuyer sur une voiture pendant Chabbat, mais il faut veiller à ne pas activer le système d'alarme.
Réponse
Une petite voiture qui bouge lorsqu'on s'appuie dessus à cause de ses ressorts n'est pas considérée comme déplacée au regard des lois de mouktsé, car les roues restent en place.
Réponse
Il est permis d’ouvrir la porte d’une voiture afin d’en retirer un objet précis, et il est même permis de s’asseoir dans la voiture pendant Chabbat. En effet, la voiture entière ne devient pas un support pour un objet interdit, à savoir le moteur. De plus, il est permis de s’asseoir sur du mouktsé tant qu’on ne le déplace pas. Néanmoins, il convient et il est juste de s’abstenir de le faire, car aux yeux des gens cela paraît comme un manque de respect envers Chabbat, et il y a ici une apparence trompeuse pour les passants qui pourraient penser que l’on entre dans la voiture pour voyager, et la Torah a dit : « Vous serez purs devant Hachem et devant Israël. » Cependant, en cas de grand besoin, par exemple si l’on n’a pas d’endroit où dormir ou autre cas semblable, il est permis d’être indulgent.

