Questions pratiques
Demander à un non-juif pour accomplir une mitsva
Réponse
Si le fil de l'irouv se déchire pendant Chabbat, il est permis de demander à un non-juif de rattacher le fil durant Chabbat, car cela constitue un cas de chevout deshevout dans le cadre d'une mitsva. Il faudra lui dire de faire le nœud en ayant l'intention de le défaire à la sortie de Chabbat ou le lendemain. Cependant, il a déjà été expliqué plus haut au siman 301 qu'en dehors de cela, selon notre coutume, il convient d'être rigoureux et de ne pas se reposer sur l'irouv.
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif, dans le cadre d'une mitsva, de transporter un objet de sa maison, qui est un reshout hayahid, vers la maison de son ami, qui est également un reshout hayahid, même si le non-juif doit le faire passer à travers un reshout harabim sur une distance de quatre amot ou plus. En effet, il n'y a pas de pose de l'objet dans le reshout harabim, et cela constitue un cas de chevout deshevout dans le cadre d'une mitsva. De même, toute situation de chevout dans le cadre d'une mitsva, il est permis de demander à un non-juif de l'accomplir pendant Chabbat, car cela est considéré comme chevout deshevout dans le cadre d'une mitsva.
Réponse
Certains disent qu'il est interdit d'envoyer de la nourriture pendant Chabbat par l'intermédiaire d'un non-juif à un Juif emprisonné, afin qu'il ne reste pas à jeun pendant Chabbat, car demander à un non-juif est une chevout, et on ne dit pas à quelqu'un de fauter pour que son prochain puisse bénéficier du oneg Chabbat. De plus, au moment où l'on demande au non-juif, la mitsva de oneg Chabbat n'est pas encore accomplie, et il est établi que la règle de 'asse doche lo ta'asse' ne s'applique que lorsque l'action positive est réalisée en même temps que l'interdit est levé. Et pour la halakha, il semble que si la nourriture est transportée à travers un reshout harabim, avec prise et dépôt dans un reshout hayahid, il y a lieu de permettre par l'intermédiaire d'un non-juif. À plus forte raison, puisque de nombreux décisionnaires estiment que nous n'avons pas aujourd'hui le statut de reshout harabim.
Demander à un non-juif pour les besoins d’un malade
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif d’accomplir pendant Chabbat n’importe quel type de melakha, même celles interdites par la Torah, lorsqu’il s’agit d’un besoin pour un malade, même si sa vie n’est pas en danger. Cependant, cela ne s’applique qu’à un malade alité, et non à une personne souffrant simplement d’un léger malaise. De même, il est permis de demander à un non-juif de cuisiner ou de cuire pour un malade dont la vie n’est pas en danger.
Réponse
Si quelqu’un s’est profondément coupé les doigts, il est permis de placer un pansement avec une pommade sur la coupure pendant Chabbat, même si c’est un Juif qui le fait. Toutefois, il est préférable que cela soit fait par un non-juif, si l’un d’eux est présent.
Réponse
Un malade atteint de diabète, qui selon les instructions médicales doit recevoir une injection d’insuline avant chaque repas, n’a pas besoin de chercher un non-juif pour lui faire l’injection. Un médecin juif peut lui administrer l’injection de façon permise, même a priori.
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif de tuer des moustiques qui dérangent le repos d’un malade. Mais pour une personne en bonne santé, il n’est pas permis d’être indulgent à ce sujet, sauf si les moustiques la dérangent énormément ; dans ce cas, il est permis de les tuer pendant Chabbat par l’intermédiaire d’un non-juif.
Réponse
Lors des jours froids où il est nécessaire d’allumer un chauffage pour un malade dont la vie n’est pas en danger, ou lors des jours chauds où il est nécessaire d’allumer un climatiseur pour le malade, il est permis de le faire par l’intermédiaire d’un non-juif.
Réponse
Une femme ayant accouché, du septième au trentième jour après l’accouchement, est considérée comme une malade dont la vie n’est pas en danger. Si elle déclare avoir besoin de quelque chose, il est permis de faire pour elle tous ses besoins pendant Chabbat par l’intermédiaire d’un non-juif.
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif de se déplacer en voiture afin d’acheter des médicaments pour un malade dont la vie n’est pas en danger.
Réponse
En revanche, pour un malade qui n’a pas besoin de soins pendant Chabbat, il est interdit de demander à un non-juif de se déplacer pour lui apporter le médicament, sauf s’il aura besoin du médicament immédiatement après la sortie de Chabbat.
Réponse
Certains estiment que si un malade en danger demande que ses proches soient appelés pendant Chabbat, il leur est permis de voyager avec un chauffeur non-juif afin qu’il ne perde pas la raison. D’autres ne sont pas d’accord. Celui qui se montre indulgent a sur qui s’appuyer.
Interdiction de profiter d’une mélakha faite par un non-juif
Réponse
Lorsqu'un Juif demande à un non-Juif d'accomplir un travail pour lui pendant Chabbat, il est interdit de profiter de ce travail durant Chabbat. Cependant, il sera permis d'en profiter après Chabbat, à condition d'attendre le temps nécessaire pour que ce travail puisse être accompli après la sortie de Chabbat. Même si le non-Juif a effectué le travail de sa propre initiative pour le Juif, sans que celui-ci ne le lui ait demandé, il est également interdit au Juif d'en profiter pendant Chabbat, et il faudra aussi attendre après Chabbat le temps requis. En revanche, si le non-Juif a allumé une lumière pour son propre usage, il est permis au Juif de profiter de cette lumière pendant Chabbat.
Réponse
Si un non-Juif a allumé la lumière dans une pièce pour un Juif, même sans que le Juif le lui ait demandé, il est interdit de lire à la lumière de cette lampe. Toutefois, si la pièce était déjà éclairée et que le non-Juif n'a fait qu'ajouter de la lumière, il sera permis d'en profiter.
Réponse
Si un non-Juif a allumé la lumière dans la cage d'escalier pour un Juif, il est permis au Juif de monter les escaliers sans attendre que la lumière s'éteigne, car il aurait pu monter même sans lumière. Même si la lumière a été allumée par un Juif qui transgresse Chabbat, il est permis de monter, mais il ne faudra pas accélérer sa marche.
Réponse
Il est permis d'utiliser pendant Chabbat la lumière électrique provenant d'une compagnie d'électricité dont les employés sont non-Juifs, même dans une ville majoritairement juive.
Réponse
Dans un restaurant public ou un hôtel où les serveurs sont non-Juifs, si une coupure de courant survient pendant Chabbat et que le non-Juif répare l'électricité, il est permis de profiter de la lumière rétablie, à condition que les serveurs mangent aussi sur place et bénéficient eux-mêmes de l'éclairage.
Réponse
Si un non-Juif a allumé une lumière pendant Chabbat pour un malade juif dont la vie n'est pas en danger, il est permis à une personne en bonne santé de lire à cette lumière. Il n'y a pas de différence selon que le non-Juif ait allumé la lumière dans la maison du Juif ou dans la sienne.
Réponse
Si un non-juif a allumé un chauffage durant Chabbat pour son propre usage, il est permis à un Juif d’entrer et de rester dans la pièce, car le chauffage pour une personne équivaut à celui pour cent personnes. De même, si le non-juif a allumé le chauffage pour un malade qui n’est pas en danger, il est également permis à une personne en bonne santé de profiter de la chaleur de la pièce, même s’il connaît le non-juif.
Réponse
Si un non-juif a mis en marche le chauffage central dans un immeuble collectif, il n’est pas nécessaire de fermer la vanne du chauffage pour éviter de profiter de la chaleur, à condition qu’il l’ait fait pour lui-même ou pour la majorité des résidents qui sont non-juifs. Mais s’il l’a fait pour un Juif, si le froid n’est pas intense, il convient d’être rigoureux et de fermer la vanne du chauffage ou d’ouvrir une fenêtre dans la pièce afin de ne pas profiter de l’action du non-juif faite pour le Juif. Si le froid est intense, il est permis même de demander explicitement au non-juif d’allumer le chauffage. De même, dans les pays très froids, il est permis de demander à un non-juif d’allumer le chauffage pour les enfants ou les malades, ou de faire un feu, et alors il est permis aussi aux adultes de profiter de la chaleur. Si le froid est intense, même pour les adultes c’est permis, car tout le monde est considéré comme malade face au froid.

