Questions pratiques
Demander à un non-juif pour éviter une perte ou similaire
Réponse
Concernant des chandeliers mouktsé pendant Chabbat ou Yom Tov qui se trouvent dans la soukka et qu'il y a un risque de vol, s'il y a une grande perte, il est permis de demander à un non-juif de les sortir et de les rapporter à la maison, même s'il les transporte d'un karmelit à un domaine privé et qu'il déplace du mouktsé. Cependant, il n'est pas permis de demander à un non-juif de les transporter du domaine public à un domaine privé.
Demander à un non-juif en cas de souffrance
Réponse
Lorsqu'une personne marche dans un endroit où il y a un erouv pendant Chabbat, et qu'il pleut abondamment, si cela lui cause de la gêne, il est permis de demander à un non-juif d'ouvrir un parapluie et de le porter au-dessus de lui durant Chabbat. Celui qui se montre rigoureux et s'abstient d'agir ainsi recevra une bénédiction.
Réponse
Si les verres d'une paire de lunettes sont tombés de leur monture, il convient d'être rigoureux et qu'un Juif ne les remette pas en place, même de façon lâche et temporaire, sans serrer la vis, sauf en cas de grand besoin. Dans ce cas, il est permis de les remettre en place de manière lâche et temporaire, sans serrer la vis. S'il y a un non-juif présent, il est permis de lui demander de remettre le verre dans la monture, en particulier pour le besoin de l'étude de la Torah. Lorsque cela est possible, il est préférable de procéder en demandant à un non-juif de dire à un autre non-juif de le faire.
Réponse
Si une alarme de magasin ou de voiture se déclenche par dysfonctionnement pendant la nuit de Chabbat, il est permis de demander à un non-juif de l'arrêter. Il est également permis de montrer au non-juif l'interrupteur secret permettant d'éteindre l'alarme.
Réponse
Si l'on a oublié de découper du papier toilette avant Chabbat, il est permis de demander à un non-juif de le déchirer pendant Chabbat. S'il n'y a pas de non-juif, un Juif peut lui-même découper le papier d'une manière différente de l'habitude, par exemple avec son coude, sans se soucier de le couper sur les pointillés. Si le papier est découpé sur les pointillés, cela n'a pas d'importance.
Réponse
Certains disent que si une souris circule dans la maison et effraie les habitants, et qu'il n'est pas possible de la chasser avec un bâton, il est permis de demander à un non-juif de la capturer et de l'éloigner de la maison, car il s'agit d'une melakha she-eina tsrikha legoufa, qu'il est permis de faire accomplir par un non-juif. D'autres ne sont pas d'accord. La halakha principale est d'être indulgent, surtout si cela empêche les habitants de prendre les repas de Chabbat, ou si cela se produit dans une synagogue et perturbe la prière ou le cours.
Réponse
Si une lampe fluorescente (néon) est défectueuse et clignote, ce qui gêne fortement les personnes présentes dans la pièce qui souhaitent dormir ou étudier, il est permis de demander à un non-juif d'éteindre cette lampe, car l'extinction est une interdiction rabbinique. Mais si le non-juif s'est trompé et a éteint toutes les lampes de la pièce, il est interdit de lui demander de rallumer la lampe en bon état, car allumer est une interdiction de la Torah.
Réponse
Si une chaussure ne peut pas être portée à cause d’un clou qui dépasse et qu’on ne possède pas d’autre chaussure, il est préférable, si possible, de placer une semelle à cet endroit afin de pouvoir marcher avec ces chaussures. Si cela n’est pas possible, il est permis de demander à un non-juif d’enfoncer le clou avec une pierre pendant Chabbat, afin de pouvoir porter la chaussure.
Demander à un non-juif pour accomplir une mitsva
Réponse
Il n'est pas permis de demander à un non-juif d'accomplir pendant Chabbat un travail interdit par la Torah, même pour un besoin de mitsva. En revanche, pour un travail interdit uniquement par les Sages, il est permis de demander à un non-juif de le faire lorsqu'il s'agit d'une mitsva.
Réponse
Si l'électricité s'éteint dans la synagogue au milieu de la tefila le soir de Chabbat ou de Yom Kippour, et que toute l'assemblée ne sait pas prier par cœur, il est permis de dire à un non-juif d'allumer l'électricité pour le besoin de la communauté, quand il y a une nécessité très grande. Bien que, selon la halakha tranchée pour nous comme l'avis du Rambam et de Maran le Choulhan Aroukh, il ne soit permis de demander à un non-juif de faire un interdit rabbinique seulement pour une mitsva, mais pour un interdit de la Torah comme allumer l'électricité, il n'est pas permis même pour une mitsva, néanmoins, Maran le Choulhan Aroukh n'a parlé que d'une mitsva individuelle, mais pour une mitsva de la communauté, on peut s'appuyer sur les premiers décisionnaires qui permettent cela dans un cas de très grand besoin, en le faisant par l'intermédiaire d'un non-juif. Et lorsque c'est possible, il est préférable de procéder par l'intermédiaire d'un non-juif qui dira à un autre non-juif, car certains considèrent que dans ce cas cela constitue un double interdit rabbinique. Il en va de même dans une yeshiva où l'électricité s'est coupée à cause d'une panne et qu'il est impossible d'étudier : il est permis d'agir ainsi comme il a été dit. Mais pour une mitsva individuelle, il n'est pas permis de demander à un non-juif d'accomplir une melakha deoraita (travail interdit par la Torah). Tout cela ne s'applique que lorsqu'il y a une nécessité très grande, mais si cela concerne des plats, et qu'il n'y a pas une nécessité si grande de manger le plat chaud, même si cela relève de la mitsva de oneg Chabbat, il n'est pas permis, même pour la communauté, d'alléger pour une melakha deoraita, même en demandant à un non-juif de demander à un autre non-juif d'allumer le gaz pour réchauffer le plat. Et si cela a été fait, il n'est pas permis de consommer le plat pendant Chabbat, car une melakha deoraita a été faite pour le réchauffer.
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif, pendant le crépuscule (bein hachmachot), d'accomplir un travail, même s'il est interdit par la Torah, lorsqu'il s'agit d'une mitsva. Il en va de même pour une situation où l'on est préoccupé ou pressé. Cette règle s'applique aussi bien au crépuscule de la sortie de Chabbat.
Réponse
Si quelqu'un reste coincé dans un ascenseur juste avant Chabbat et que Chabbat commence, ou s'il utilise un ascenseur automatique pendant Chabbat et que celui-ci se bloque, s'il y a un risque pour la personne à l'intérieur, comme un enfant, une personne âgée ou un malade, il est permis de le secourir et d'accomplir pour lui même des travaux complets, comme téléphoner à la société pour qu'ils viennent le libérer. De même, si un enfant est coincé dans l'ascenseur, il est permis de profaner Chabbat même par un Juif, car il y a à craindre que la peur entraîne un danger. Il est préférable d'agir de manière à détériorer l'appareil. S'il n'y a pas de risque, il est permis de libérer la personne par l'intermédiaire d'un non-juif afin de permettre la mitsva de 'oneg Chabbat', en lui demandant d'agir de façon à détériorer et en ne faisant que des travaux interdits par les Sages. S'il n'y a pas de non-juif, il est permis de libérer la personne en tournant la roue, même par un Juif, car il ne s'agit que de déplacer un objet mouktsé, ce qui est considéré comme un déplacement pour un besoin. Il est évident que si cela entraîne l'allumage d'une lampe en ouvrant la porte, il n'est permis de libérer la personne par un Juif qu'en cas de risque.
Réponse
Si un adulte juif se retrouve enfermé dans une pièce à cause d'une serrure cassée, il est permis de demander à un non-juif de forcer la porte de manière à l'endommager, afin de permettre la mitsva de 'oneg Chabbat'.
Réponse
Si la clé de la maison a été perdue et qu'il est impossible d'y entrer, il n'est pas permis de demander à un non-juif de forcer la porte. Il faut aller loger chez des voisins ou des proches. Toutefois, si l'on n'a pas d'autre endroit où passer Chabbat ou si cela cause une gêne et empêche de profiter de oneg Chabbat par la nourriture et la boisson, il est permis de demander à un non-juif de forcer la porte de manière à l'endommager. Il est préférable de demander à un non-juif de demander à un autre non-juif de le faire.
Réponse
Si l’armoire sainte contenant les Sifrei Torah est fermée à clé et que la clé a été perdue, certains permettent de demander à un non-juif de forcer la porte de l’armoire afin de sortir les Sifrei Torah pour la lecture de la paracha de la semaine. S’il n’existe pas d’autre synagogue à proximité, ou si cela occasionne une grande gêne pour la communauté, il est permis d’être indulgent dans ce cas. Il est préférable de demander au non-juif qu’il transmette la demande à un autre non-juif pour qu’il ouvre la porte.
Réponse
De même, si une synagogue est fermée à clé et que la clé a été perdue, certains estiment qu’il est permis de demander à un non-juif de forcer la porte de la synagogue. D’autres ne sont pas d’accord. Il semble que s’il existe une autre synagogue, ils iront prier et écouter la lecture de la Torah dans l’autre synagogue. Mais s’il n’y a pas d’autre synagogue, ou si cela représente une grande gêne pour la communauté de se déplacer dans une autre synagogue, il est permis de faire ouvrir la porte de la synagogue par l’intermédiaire d’un non-juif. Il est préférable de demander à un non-juif de transmettre la demande à un autre non-juif pour qu’il force la porte.
Réponse
Si un Sefer Torah est attaché par deux nœuds, il n’est pas approprié de demander à un non-juif de défaire ces nœuds ; il convient que ce soit un Juif qui le fasse, comme cela est expliqué plus loin.
Réponse
Il est d’usage dans certaines synagogues de la diaspora de demander à un non-juif, avant Chabbat, de venir pendant Chabbat dans une pièce attenante à la synagogue pour écrire les vœux et dons des personnes montant à la Torah, ainsi que les dons de ceux qui obtiennent l’ouverture de l’arche ou la levée du Sefer Torah. Ceux qui agissent ainsi ont sur qui s’appuyer. Il n’est pas souhaitable d’entrer en conflit avec les responsables de la synagogue qui ont cette pratique de longue date. À condition que le non-juif écrive discrètement, sans que cela se fasse devant l’assemblée, car cela constituerait un manque de respect envers le Chabbat. Tout cela ne concerne que les synagogues ayant cette coutume depuis de nombreuses années, mais ceux qui veulent instaurer cela maintenant dans d’autres synagogues du pays, il faut s’opposer à eux, et nous leur enseignons d’être rigoureux à ce sujet, car dans un lieu où ce n’est pas l’usage, ce n’est pas l’usage. Même dans les synagogues de la diaspora où l’on est indulgent, il est préférable de convaincre les responsables, avec douceur et amabilité, d’abandonner cette pratique et d’utiliser plutôt des signes sur des papiers ou des méthodes similaires, comme cela se fait couramment.
Réponse
Certains estiment qu’il est permis de demander à un non-juif, pendant Chabbat, d’aller en dehors du techoum pour rapporter un chofar afin de pouvoir en sonner le lendemain, lors du deuxième jour de Roch Hachana, car il s’agit d’un cas de "chevout de chevout" pour une mitsva, même si ce n’est pas nécessaire pour ce jour-même. D’autres ne sont pas d’accord, mais celui qui est indulgent a sur qui s’appuyer.
Réponse
Il est interdit de demander à un non-juif d’apporter des friandises ou des aliments depuis l’extérieur du techoum pendant Chabbat ou Yom Tov. Même si ces aliments sont destinés à la joie de Yom Tov, il ne faut pas être indulgent à ce sujet. On craint que l’on ne demande au non-juif d’apporter des fruits encore attachés à la terre, ou qu’il les apporte depuis une distance supérieure à douze mil.

