Questions pratiques
Non-juif qui fait une mélakha de lui-même pour un juif
Réponse
Un client séjournant à l’hôtel pendant Chabbat qui demande une bouteille de boisson ou autre, sachant que sa demande sera notée pendant Chabbat par le gardien non-juif à son compte, cela est malgré tout permis, car le non-juif note de sa propre initiative et dans son propre intérêt, afin de se souvenir de qui doit payer.
Réponse
Si un non-juif voit les membres de la maison retirer la marmite du feu et ne pas la remettre, et qu'il va de lui-même éteindre le gaz, il n'est pas nécessaire de lui dire qu'il est interdit d'éteindre le gaz, car il agit ainsi sans que le juif le lui ait demandé.
Réponse
De même, si un non-juif voit que les membres de la maison vont se coucher et qu'il éteint de lui-même la lumière, il n'est pas nécessaire de l'empêcher d'éteindre, car il agit sans instruction d'un juif.
Demander à un non-juif pour éviter une perte ou similaire
Réponse
Lorsqu'une personne possède de la marchandise dans sa cour et craint qu'elle ne soit endommagée par la pluie ou le soleil, il est permis d'appeler un non-juif, même si l'on sait que ce non-juif sauvera les biens et fera entrer la marchandise du domaine public dans le domaine privé. Cependant, il ne faut pas lui dire explicitement de le faire.
Réponse
Il est également permis de dire à un non-juif : « Tout celui qui sauve ne perd rien », comme il a été permis de le dire en cas d'incendie. Mais il est interdit de dire à un non-juif, en s'adressant directement à lui : « Si tu sauves, tu ne perdras pas », car en s'adressant ainsi à une personne précise, cela ressemble à une mission confiée.
Réponse
Si un entrepreneur a laissé des sacs de ciment dans le domaine public et qu'il commence à pleuvoir pendant Chabbat, ce qui risque d'abîmer les sacs, il est permis d'appeler un non-juif, même si l'on sait avec certitude que le non-juif sauvera les sacs et les fera entrer dans un domaine privé. Si l'on souhaite les faire entrer d'un karmelit dans un domaine privé et qu'il s'agit d'une grande perte, il est même permis de lui ordonner de les mettre à l'abri.
Réponse
Si une cuisinière à gaz reste allumée depuis la veille de Chabbat et qu'après avoir retiré les marmites et terminé le repas elle n'est plus utile, il est interdit de demander à un non-juif d'éteindre le gaz, même s'il y a une perte de gaz. Cependant, il est permis de lui faire une allusion en disant : « Dommage pour le gaz qui se gaspille », tant que l'on ne lui dit pas explicitement d'éteindre le gaz et que l'allusion n'est pas formulée comme un ordre. Pour celui qui subirait une grande perte, il y a lieu d'être indulgent même en le disant explicitement. Certains permettent de demander à un non-juif de baisser le gaz lorsqu'il y a un risque que le plat posé sur le feu brûle et que cela annule le plaisir du Chabbat.
Réponse
Si le gaz s'est éteint à cause du vent pendant Chabbat, il est permis même à un Juif de fermer le robinet de gaz afin d'arrêter la fuite. Il n'est pas nécessaire de le faire d'une manière inhabituelle ni de demander à un enfant de le faire.
Réponse
Si une cuisinière à gaz allumée depuis la veille de Chabbat porte un plat ou autre, et que l'on craint que durant Chabbat la bonbonne de gaz principale se vide et que le gaz s'éteigne, il est permis de dire à un non-juif pendant Chabbat d'ouvrir également la bonbonne de gaz de réserve, car cela est nécessaire pour le plaisir du Chabbat.
Réponse
Si quelqu'un a oublié d'éteindre le chauffe-eau électrique (boiler) avant Chabbat, et qu'il n'y a pas de thermostat qui coupe automatiquement l'électricité, et qu'il existe un risque d'explosion du chauffe-eau ou des tuyaux, causant des dégâts, il est permis, s'il y a un non-juif présent, de lui demander d'ouvrir le robinet d'eau chaude en un mince filet, afin que l'écoulement de l'eau chaude empêche l'explosion du chauffe-eau ou des tuyaux. Il est également possible de demander au non-juif d'éteindre le boiler. S'il n'y a pas de non-juif, il est permis de demander à un enfant d'ouvrir le robinet d'eau chaude en un mince filet, car certains considèrent cela comme un grama, ce qui constitue un interdit rabbinique, et il s'agit d'un psik reisha dans un interdit rabbinique qui ne l'intéresse pas.
Réponse
Si quelqu'un a laissé les phares de sa voiture allumés, il ne faut pas être indulgent et demander à un non-juif de les éteindre, car il n'y a pas là une grande perte. Si le moteur de la voiture a été laissé allumé et qu'il y a un risque de grande perte, il est permis d'être indulgent et de demander à un non-juif d'éteindre le moteur, car l'extinction du moteur n'est qu'un interdit rabbinique. Même si le non-juif ouvre la porte et provoque ainsi l'allumage d'une lumière, ce qui constitue une mélakha d'ordre toranique, il reste permis d'être indulgent dans ce cas, car le non-juif n'a pas l'intention d'allumer la lumière, et il s'agit d'un psik reisha, qui est permis par l'intermédiaire d'un non-juif.
Réponse
Si le chauffage est tombé en panne et a cessé de chauffer l'appartement, il est interdit de faire venir un non-juif pour réparer le chauffage pendant Chabbat. Même si tout le monde est considéré comme malade face au froid, il n'est pas permis d'autoriser une mélakha sur un objet fixé à la maison d'un Juif.
Réponse
Si un Juif a ouvert par inadvertance la porte du réfrigérateur pendant Chabbat et que la lumière s'est allumée, il ne doit pas refermer la porte du réfrigérateur de façon normale avec les mains, car cela éteindrait la lumière, même s'il n'en a pas l'intention. Il peut refermer la porte de manière inhabituelle, mais pas avec les mains, comme expliqué précédemment. Il est permis de demander à un enfant de refermer la porte, car l'extinction d'une lumière métallique n'est interdite que rabbinquement, et dans un psik reisha d'un interdit rabbinique, beaucoup permettent, et par l'intermédiaire d'un enfant, il est permis.
Réponse
Pour un réfrigérateur électrique dont on a oublié de retirer la lumière avant Chabbat, il a déjà été expliqué qu'il ne faut pas permettre d'ouvrir le réfrigérateur par l'intermédiaire d'un enfant, même s'il n'a pas atteint l'âge de l'éducation, car il est certain que la lumière s'allumera à l'ouverture de la porte, et le repos de l'enfant nous incombe. Demander à l'enfant d'ouvrir la porte du réfrigérateur est considéré comme transgresser l'interdit de façon directe, même s'il s'agit d'un psik reisha. Si le réfrigérateur est fermé et qu'il est impossible de prendre les aliments préparés pour Chabbat, s'il n'y a pas de non-juif, on peut ordonner à un enfant de retirer la prise du réfrigérateur de la prise murale pendant que le moteur est arrêté. Mais il ne faut pas permettre de le faire par un adulte, même en le faisant de manière inhabituelle.
Réponse
Si un Juif a transgressé Chabbat et a ouvert le réfrigérateur en sachant que la lumière s'allumerait, il est permis de sortir des aliments et des boissons du réfrigérateur et d'en profiter pendant Chabbat. Cela n'est pas considéré comme profiter d'un acte interdit accompli pendant Chabbat.
Réponse
Si un enfant a allumé la radio à fort volume pendant Chabbat et que le bruit dérange les membres de la maison dans la préservation de la sainteté du Chabbat, il convient de recouvrir la radio avec des couvertures afin d'atténuer le son. Si cela ne suffit pas, il est permis de dire à un non-juif que le bruit dérange et qu'il nous est interdit de baisser le volume, et ainsi il comprendra de lui-même qu'il doit baisser la radio. D'un point de vue strictement légal, il est même permis de lui demander explicitement de baisser le volume de la radio.
Réponse
Si des billets de banque se sont envolés de la maison vers une cour qui n'est pas entourée d'un érouv, il est permis de dire à un non-juif de les ramasser et de les rapporter chez lui, car il y a là une grande perte. Si les billets se sont envolés dans le domaine public et que la personne est pressée pour son argent, il est correct de fixer une certaine somme au non-juif, afin qu'il agisse pour son propre intérêt, et puisque le non-juif n'effectue pas la mélakha dans la maison d'un Juif, il y a lieu d'être indulgent.
Réponse
Concernant la coutume où un non-juif vient à la synagogue après la prière d'Arvit du vendredi soir pour éteindre toutes les lampes électriques, bien qu'il ne soit pas souhaitable d'agir ainsi a priori, ceux qui le font ont sur quoi s'appuyer. Ceci est d'autant plus vrai de nos jours, concernant l'extinction de l'électricité qui est considérée comme une braise de métal, dont l'extinction est interdite par les Sages.
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif de déplacer un objet mouktsé si c'est pour un grand besoin ou pour une mitsva. Il est également permis de demander à un non-juif de déplacer pendant Chabbat une lampe électrique allumée (allumée avant Chabbat), si le Juif a un grand besoin d'utiliser cette lampe ailleurs ou pour une mitsva. Si le besoin n'est pas important ou qu'il ne s'agit pas d'une mitsva, pour tout mouktsé qu'il est possible de déplacer de manière indirecte ou avec son corps, il est permis de demander à un non-juif de déplacer le mouktsé, car on ne lui demande pas explicitement de le déplacer avec ses mains et il peut le faire avec son corps ou de façon indirecte. Toutefois, il convient de ne permettre cela qu'à des personnes érudites et discrètement.
Réponse
Celui qui trouve une trouvaille pendant Chabbat, comme de l'argent, s'il s'agit d'une somme importante, il est permis de dire à un non-juif de prendre l'argent pour lui, et il le prendra de lui après Chabbat. À condition toutefois que le non-juif ne les transporte pas d'un domaine à un autre, sauf de karmelit à un domaine privé.

