Questions pratiques
Règle de demander à un non-juif d’accomplir une mélakha pendant Chabbat
Réponse
Il est interdit de donner de l’argent à un non-juif avant Chabbat pour qu’il achète quelque chose pour un Juif pendant Chabbat. Même si l’argent est donné en début de semaine à condition qu’il achète pendant Chabbat, cela reste interdit, à condition qu’on lui ait explicitement demandé d’acheter « pendant Chabbat ». Mais si on lui demande simplement d’acheter sans préciser « pendant Chabbat », même si le non-juif achète effectivement pendant Chabbat, cela est permis, à condition d’avoir fixé avec lui une rémunération pour son service, car dans ce cas, le non-juif agit pour son propre intérêt. Même si le non-juif ne peut acheter l’objet que pendant Chabbat, parce que le marché n’a lieu que ce jour-là ou qu’il n’y a pas d’autre moment possible, il est permis d’être indulgent en cas de besoin, tant qu’on n’a pas explicitement mentionné « pendant Chabbat ». Mais si l’achat peut se faire avant Chabbat, cela est permis même sans avoir fixé de rémunération.
Réponse
Il est également permis de dire à un non-juif : « Achète pour toi-même, et si j’en ai besoin, je t’achèterai l’objet après Chabbat. » Il est permis de prêter de l’argent à un non-juif avant Chabbat à cette fin. Même si on lui promet d’acheter l’objet après Chabbat et de lui donner une rémunération pour son service, il y a matière à permettre, car à ce moment-là, le non-juif achète pour lui-même.
Réponse
Il est permis d’écrire un chèque avant Chabbat à un non-Juif, en indiquant une date tombant pendant Chabbat, même si le non-Juif l’encaisse pour lui-même pendant Chabbat. Si l’on a donné un chèque daté de Chabbat et que le non-Juif l’encaisse pour le Juif, sans qu’on lui ait explicitement demandé de le faire pendant Chabbat, et qu’il aurait pu l’encaisser après Chabbat, le fait qu’il se hâte de l’encaisser pendant Chabbat est de son propre chef. Il faut toutefois avoir fixé une rémunération pour ce service, et cela est permis.
Réponse
Si un non-juif arrive en ville et propose sa marchandise à la vente, parmi laquelle se trouvent des livres saints, et qu'il est impossible de les acheter de lui pendant les jours de semaine, il est permis de demander au non-juif d'acheter ces livres afin qu'ils ne soient pas exposés à l'outrage.
Réponse
Il est permis de donner à un non-Juif des vêtements à vendre, à condition de fixer avec lui une rémunération, et de ne pas lui dire de les vendre pendant Chabbat.
Réponse
Il est également permis de donner une marchandise à un non-Juif en commission, afin qu’il vende la marchandise, même si le non-Juif la vend aussi pendant Chabbat. Car le non-Juif agit dans son propre intérêt, puisqu’il en tire un bénéfice, et il le fait de sa propre initiative. À condition toutefois de ne pas lui dire de vendre pendant Chabbat.
Réponse
Il est permis de confier de l'argent à un non-juif pour qu'il l'utilise en bourse et de partager les bénéfices à parts égales, même si le non-juif s'en occupe aussi pendant Chabbat. En effet, ce travail n'incombe pas au Juif de le faire lui-même.
Réponse
Si une lettre arrive chez un Juif pendant Chabbat, il est permis de demander à un non-juif de déchirer la lettre afin de pouvoir la lire. Certains estiment que, de préférence, il faut le lui suggérer de façon indirecte, par exemple en disant : « Je ne peux pas ouvrir la lettre », afin qu'il comprenne de lui-même et l'ouvre. Ce n'est que s'il ne comprend pas l'allusion qu'il est permis de lui demander explicitement de déchirer la lettre pour pouvoir la lire. Selon la règle stricte, il est permis d'être indulgent même en demandant directement.
Réponse
Certains estiment qu'il ne faut pas dire à un non-juif pendant Chabbat : « Pourquoi n'as-tu pas voulu m'ouvrir les lettres qui sont arrivées pour moi le Chabbat précédent ? », car cela constitue une allusion formulée comme un ordre. Il n'est permis de le dire qu'avant ou après Chabbat. D'autres sont indulgents même pour une déclaration explicite, et telle est la règle principale pour la halakha.
Réponse
Il est interdit de dire à un non-juif : « Prends cette viande et cuis-la pour toi », même si l’on n’a pas à se soucier de la subsistance du non-juif et que le Juif ne tire aucun bénéfice de ce travail. Il est également interdit de le dire avant Chabbat. Cela s’applique a fortiori à celui qui emploie une servante non-juive à la maison, ou dans des cas similaires. En revanche, il est permis de dire à un non-juif : « Prends ta propre viande et cuis-la pour tes besoins », à condition que la viande n’appartienne pas au Juif.
Réponse
Il est interdit de demander à un non-juif de laver la vaisselle pendant Chabbat après la troisième seouda, car cela n’est pas nécessaire pour Chabbat et il est interdit à un Juif de le faire. Tout ce qu’il est interdit à un Juif de faire, il est également interdit de le demander à un non-juif. Même si le non-juif lave la vaisselle de lui-même pour que tout soit prêt à la sortie de Chabbat, il faut l’en empêcher. Cependant, s’il le fait de façon fortuite ou dans une pièce qui lui est réservée, il n’est pas nécessaire de l’en empêcher.
Demander à un non-juif pour une action non intentionnelle de mélakha
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif d'utiliser de l'eau chaude provenant d'un chauffe-eau électrique, même si cela est fait pour le besoin d'un Juif. Même si, en ouvrant le robinet, de l'eau froide entre dans le chauffe-eau et y cuit, cela reste permis par l'intermédiaire d'un non-juif. En effet, le cas de psik reisha chez un non-juif est permis, car la Torah n'a interdit que la "mélakha machévet" (travail intentionnel), et cela ne s'applique pas à un non-juif. De même, il est permis de lui demander d'accomplir tout acte dont la conséquence inévitable serait la réalisation d'une mélakha pendant Chabbat, à condition qu'il n'y ait pas d'intention de faire la mélakha.
Réponse
Il est permis de demander à un non-juif de prendre de l'eau d'une bouilloire, même si cela déclenche automatiquement la résistance chauffante de la bouilloire, qui chauffera alors l'eau froide.
Réponse
Si l'on a oublié de retirer l'ampoule du réfrigérateur avant Chabbat et qu'il est impossible de prendre les aliments préparés pour l'Oneg Chabbat, il est permis de demander à un non-juif d'apporter un aliment qui se trouve dans le réfrigérateur, même si, en ouvrant la porte du réfrigérateur, la lumière s'allumera à coup sûr. Après que le non-juif a ouvert le réfrigérateur et que la lumière s'est allumée, si l'on doit encore utiliser les aliments du réfrigérateur, et qu'il y a un risque que les aliments s'abîment, et qu'il n'y a pas de non-juif présent, il est permis à un Juif de refermer le réfrigérateur de manière inhabituelle. Mais il n'est pas permis d'ouvrir le réfrigérateur lorsque la lumière risque de s'allumer, même par l'intermédiaire d'un enfant ; cela n'est permis que par un non-juif. Quant à un four contenant des braises allumées, il est interdit à un Juif d'ouvrir le four pour en retirer le plat chaud. Par contre, il est permis de demander à un non-juif d'ouvrir le four pour retirer le plat chaud.
Réponse
Si quelqu'un a laissé son talit ou des aliments pour Chabbat dans sa voiture et qu'il est impossible d'ouvrir la portière sans allumer la lumière, il est permis de demander à un non-juif d'apporter son talit ou les aliments qui se trouvent dans la voiture.
Non-juif qui fait une mélakha de lui-même pour un juif
Réponse
Si un non-juif vient de lui-même accomplir un travail interdit pendant Chabbat au profit d’un Juif, dans la maison du Juif, il faut l’en empêcher. Mais si un non-juif vient faire un travail dans la maison du Juif pour son propre compte, même s’il utilise des ustensiles appartenant au Juif, il n’est pas obligatoire de l’en empêcher, car il est évident qu’il agit pour lui-même. Cependant, il est interdit de lui dire de prendre ces ustensiles pour effectuer son travail.
Réponse
Dans certains hôpitaux, il est courant que lorsqu’un enfant naît, la direction autorise un employé non-juif à photographier le bébé, puis la photo est remise aux parents. Celui qui se montre indulgent et accepte la photo après Chabbat a sur qui s’appuyer. Cependant, il est clair qu’il faut, a priori, empêcher le non-juif de prendre la photo, car cela est considéré comme un non-juif accomplissant un travail pour un Juif pendant Chabbat.
Réponse
Si un non-juif ou une aide-ménagère non-juive vient allumer la lumière dans la maison d’un Juif pour le bénéfice du Juif, il faut l’en empêcher. Mais s’ils viennent allumer la lumière pour leur propre usage, il n’est pas nécessaire de les en empêcher. Toutefois, si on souhaite les en empêcher, cela est permis.
Réponse
Si une aide-ménagère non-juive coud un bouton sur la chemise ou le manteau d’un Juif pendant Chabbat, il faut l’en empêcher et l’en dissuader. En revanche, il est permis à une servante non-juive de réparer ses propres vêtements pendant Chabbat dans la maison du Juif, à condition qu’il soit évident qu’elle agit pour elle-même.
Réponse
Si une servante non-juive lave la vaisselle pendant Chabbat à l’aide d’un lave-vaisselle électrique, il n’est pas nécessaire de l’en empêcher, car elle agit de sa propre initiative et aurait pu laver la vaisselle dans l’évier.

