Questions pratiques
Ce qu’il est permis de lire pendant Chabbat
Réponse
Une personne qui a rédigé un livre et a reçu du typographe, la veille de Chabbat, les épreuves à corriger, et souhaite les étudier pendant Chabbat, peut, en étudiant et en apprenant, s’il remarque une erreur d’impression, tracer un trait avec son ongle pour la signaler. Cela est permis. Mais si toute son intention en lisant est uniquement de corriger les erreurs d’impression pour les rectifier après Chabbat, cela est interdit.
Réponse
Un scribe qui a l’habitude de corriger les Sifrei Torah de la synagogue chaque semaine, afin de réparer les erreurs, n’a pas le droit de lire dans le Sefer Torah pendant Chabbat dans le but de le corriger, afin de pouvoir le réparer immédiatement après Chabbat. Cela est interdit en raison de l’interdit de "mimtso heftsecha vedaber davar".
Réponse
Il est interdit de lire pendant Chabbat des récits ou paraboles profanes et futiles, ou un livre contenant des propos de désir ou des récits de guerres. Même en semaine, il est interdit de les lire, et l’on transgresse l’interdit de "al tifnou el haelilim, lo tifnou el midatechem". Concernant les propos de désir et la presse profane, il est expliqué dans le Choulhan Aroukh qu’il y a aussi un interdit car cela excite le yetser hara. Celui qui écrit, copie, et a fortiori imprime de tels livres, fait fauter la communauté, sa faute est très grave et il devra en rendre compte.
Réponse
Il est recommandé d’être rigoureux et que même les femmes ne lisent pas de livres de cuisine pendant Chabbat, même si elles prennent plaisir à cette lecture. De même, si des articles sur ces sujets paraissent dans la presse, il est recommandé d’être rigoureux et que les femmes ne lisent pas ces articles pendant Chabbat.
Réponse
Il n’est permis d’étudier pendant Chabbat que des paroles de Torah, car les Chabbatot et les jours de fête n’ont été donnés à Israël que pour s’occuper de Torah. Même les livres de sciences, comme les livres de médecine, sont interdits. Toutefois, si un médecin a besoin de consulter des livres de médecine pour une nécessité du jour, il lui est permis de le faire. De même, un étudiant en médecine qui doit passer un examen après Chabbat et manque de temps peut s’appuyer sur l’avis du Ramban et du Rashba qui permettent de consulter des livres de sciences pendant Chabbat. Il est interdit d’étudier la chirurgie pendant Chabbat, même pour une opération qui pourrait être nécessaire pour sauver une vie. Mais si l’on étudie la chirurgie auprès d’un médecin non-juif et qu’il est impossible de reporter cet apprentissage à un jour de semaine, il y a lieu d’être indulgent, à condition de faire attention à ne pas toucher le cadavre et à ne pas transgresser d’autres interdits de Chabbat. Il est recommandé de consulter un hakham dans chaque cas.
Règle de demander à un non-juif d’accomplir une mélakha pendant Chabbat
Réponse
Tout acte interdit à un Juif de faire pendant Chabbat est également interdit à demander à un non-Juif de le faire, que ce soit gratuitement ou contre rémunération. Cela s'applique aussi bien aux travaux interdits par la Torah qu'à ceux interdits par les Sages. Il n'y a pas de différence entre le fait de demander au non-Juif avant Chabbat de faire le travail pendant Chabbat, ou de le lui demander pendant Chabbat même. Certains estiment que l'interdiction de demander à un non-Juif pendant Chabbat est d'ordre toranique, mais en pratique, demander à un non-Juif, même pendant Chabbat, n'est interdit que d'ordre rabbinique.
Réponse
Il est interdit de faire allusion à un non-juif pendant Chabbat en utilisant un langage de commandement pour qu'il accomplisse un travail pour soi, même si l'allusion se fait par des gestes de la main, de la tête ou similaires. Cependant, après Chabbat, il est permis de lui faire une allusion en lui disant : « Pourquoi n'as-tu pas fait telle chose pour moi pendant le Chabbat passé ? », et le non-juif comprendra ainsi qu'on souhaite qu'il le fasse le Chabbat suivant. Voir plus loin au paragraphe 24. En revanche, une allusion qui n'est pas formulée comme un ordre direct, mais simplement sous forme de récit, est permise même pendant Chabbat. Par exemple, si on dit au non-juif : « La bougie n'éclaire pas bien », et que le non-juif comprend de lui-même et la répare. Même si la règle veut que si un non-juif a allumé une bougie pour un Juif, même de sa propre initiative, le Juif ne peut en profiter avant la fin de Chabbat, ici il s'agit d'un cas où il est possible d'étudier difficilement à la lumière de la bougie (lorsqu'il y a quelqu'un pour surveiller afin qu'on ne penche pas la bougie), il n'y a donc pas de véritable profit tiré de l'acte du non-juif, et une telle allusion est permise même a priori. De même, si un non-juif apporte à un Juif pendant Chabbat une enveloppe fermée contenant une lettre, le Juif peut lui dire : « Je ne peux pas lire la lettre aujourd'hui car c'est Chabbat », et le non-juif comprendra et ouvrira l'enveloppe pour que le Juif puisse lire la lettre. Il en va de même pour des cas similaires. Et selon la stricte loi, il est permis dans ce cas même de le dire explicitement.
Réponse
Par conséquent, si quelqu'un a oublié d'allumer la lumière chez lui, ou s'il y a eu une panne électrique, et qu'il y a des bougies dont il peut se servir un peu, il est permis de faire une allusion au non-Juif, sous forme de récit, pour qu'il allume la lumière électrique, par exemple en lui disant que la lumière des bougies n'est pas suffisante. Il sera alors permis d'utiliser cette lumière pour tout ce qu'il aurait pu faire avant l'allumage de l'électricité, même pour un usage qui n'est possible qu'en cas de nécessité.
Réponse
Cependant, si quelqu'un a oublié d'allumer le feu sur la gazinière, ou d'insérer la prise électrique de la plaque chauffante ou du four dans la prise pendant Chabbat, il n'est pas permis de faire une allusion à un non-Juif, même sous forme de récit, pour qu'il branche la prise pendant Chabbat, car il est interdit de profiter d'un travail accompli par un non-Juif pendant Chabbat. Même si le non-Juif l'a fait de sa propre initiative pendant Chabbat, il est interdit d'en profiter pendant Chabbat. Même dans les endroits où il existe un « goy de Chabbat » qui reçoit une rémunération (après Chabbat) pour chaque action effectuée pour le Juif, il n'est pas permis d'être indulgent et de lui permettre d'accomplir un travail dans la maison du Juif.
Réponse
Il est interdit d'écrire avant Chabbat sur un papier des instructions pour accomplir certains travaux pendant Chabbat, puis de montrer ce papier au non-Juif pendant Chabbat (ou même avant Chabbat) afin qu'il les réalise, car cela constitue une allusion sous forme de commandement.
Réponse
Il est permis de dire à un non-Juif pendant Chabbat de placer sur la plaque chauffante un plat contenant principalement de la sauce, même si ce plat peut atteindre une température où la main se retire. Il est également permis de demander à un non-Juif de réchauffer sur la plaque chauffante de l'eau froide, si elle a déjà été chauffée avant Chabbat à une température où la main se retire. Puisqu'il existe une divergence d'opinion parmi les décisionnaires sur le fait qu'il y ait ou non un interdit de cuisson dans ce cas, et que selon le Rambam et le Rashba cela est permis, il est donc permis de demander à un non-Juif de le faire pendant Chabbat, même si la halakha tranche d'interdire pour un Juif, par crainte d'un doute toranique. Cependant, pour un non-Juif, c'est permis, car demander à un non-Juif est un interdit rabbinique, et en cas de doute sur une règle rabbinique, on est indulgent. Il n'y a pas de différence à ce sujet entre les interdits toraniques et ceux d'ordre rabbinique pour lesquels la halakha tranche d'interdire à un Juif ; dès lors qu'il existe une divergence d'opinion parmi les décisionnaires, il est permis de demander à un non-Juif.
Réponse
Il en va de même pour un plat qui a été cuit au niveau de cuisson de Maakhal Ben Drousai. S'il y a un besoin et qu'il n'a pas d'autre solution, il est permis de demander à un non-juif pendant Chabbat de le placer sur une plaque électrique déjà allumée avant Chabbat, même si cela achèvera la cuisson.
Réponse
Pour une chose qui n'est interdite que par rigueur ou par piété, il est permis de demander à un non-juif de la faire pendant Chabbat pour son propre besoin.
Réponse
Un Juif qui téléphone à la sortie de Chabbat depuis Israël vers un non-juif se trouvant à l'étranger, et souhaite lui ordonner de faire certaines choses pour le besoin du Juif, même si le non-juif les fera pendant Chabbat, il n'y a pas d'interdiction de demander à un non-juif, puisque dans le lieu du Juif, Chabbat est déjà terminé.
Réponse
Celui qui sait que ses proches non-pratiquants à l'étranger l'appellent depuis les États-Unis vers Israël à la sortie de Chabbat en Israël, ne doit pas décrocher le téléphone, en raison de l'interdiction d'aider ceux qui transgressent, car là-bas c'est encore Chabbat.
Réponse
Il est permis à un résident d'Israël d'envoyer un fax depuis Israël vers les États-Unis à la sortie de Chabbat en Israël, même si là-bas c'est encore Chabbat, à condition de ne pas les faire trébucher en lisant des documents profanes ou en déplaçant le papier pendant Chabbat.
Réponse
Il est permis de faire signe à un chien ou à un singe dressé d'éteindre la lumière pendant Chabbat, ou d'accomplir d'autres travaux interdits pendant Chabbat. Tout cela concerne des animaux qui ne lui appartiennent pas, mais pour ses propres animaux, il ne faut pas être indulgent.
Réponse
Il est interdit de dire à un non-juif pendant Chabbat d’accomplir une melakha pour un Juif à la sortie de Chabbat ou pendant les autres jours de la semaine, même s’il s’agit de travaux interdits uniquement par les Sages. Cependant, il est permis de lui faire une allusion, par exemple en lui disant : « Penses-tu pouvoir rester avec moi ce soir ? », même si le non-juif comprend ainsi qu’il devra être engagé pour un travail le soir. Pour une mitsva, s’il s’agit d’une interdiction de la Torah, il est permis de lui dire d’accomplir la melakha à la sortie de Chabbat. Et s’il s’agit d’une interdiction rabbinique, il est permis de lui dire de l’accomplir même pendant Chabbat.
Réponse
En cas de besoin, il est permis de réserver un taxi auprès d’une compagnie non-juive avant Chabbat, afin qu’ils viennent le prendre immédiatement à la sortie de Chabbat.
Réponse
Certains estiment que l’interdiction de demander à un non-juif d’accomplir une melakha s’applique aussi lorsqu’on demande à un non-juif de transmettre cette demande à un autre non-juif. D’autres ne sont pas de cet avis. Lorsqu’il s’agit d’une mitsva concernant la communauté, comme la prière à la synagogue, on peut s’appuyer sur les avis permissifs.

