Questions pratiques
Interdiction de manger et de boire avant la prière
Réponse
Il est permis de manger ou de boire des aliments ou boissons à des fins médicales avant la tefila, car cela n'est pas fait par orgueil mais uniquement pour la santé. Même si la personne n'est pas gravement malade, cela est permis. Une personne très assoiffée ou affamée est considérée comme un malade ; si elle peut se concentrer, elle doit prier avant de manger, mais si ce n'est pas possible, si elle le souhaite, elle ne priera pas avant d'avoir mangé ou bu. Toutefois, un malade qui ne peut pas aller à la synagogue sans avoir goûté quelque chose, mais qui peut prier chez lui sans manger, il vaut mieux qu'il reste chez lui et prie seul plutôt que de manger avant la tefila. Un malade qui peut prier sans manger, mais ne peut se concentrer que s'il mange avant la tefila, et ne le fait que pour la concentration, certains disent qu'à notre époque il vaut mieux qu'il prie sans concentration, à condition de ne pas avoir besoin de manger avant la tefila. En pratique, s'il veut manger pour mieux se concentrer, même de nos jours, il lui est permis de manger pour la concentration. Et s'il veut prier sans manger, cela lui est aussi permis.
Réponse
Il est permis au chaliah tsibour d'avaler un œuf cru avant la tefila de Chaharit du Chabbat, afin d'éclaircir sa voix, car la plupart des gens n'ont pas l'habitude d'avaler un œuf cru, ce n'est donc pas considéré comme un aliment au sens strict, et il n'y a pas là d'orgueil. Il faut néanmoins réciter la berakha correspondante. Il est préférable de réciter d'abord toutes les berakhot du matin, les berakhot de la Torah, la paracha de l'Akeda et une partie de l'ordre des korbanot.
Réponse
Il est permis de donner à un enfant qui n'a pas encore atteint l'âge de treize ans un gâteau et du lait avant qu'il parte à la synagogue pour prier la tefila de Chaharit, que ce soit en semaine ou le Chabbat.
Réponse
Certains disent qu'il est interdit de goûter un aliment avant la tefila de Chaharit, car goûter est inclus dans l'interdiction de manger. D'autres pensent que goûter n'est pas concerné par cette interdiction. Il est recommandé d'être rigoureux et de s'abstenir même de goûter avant la tefila.
Réponse
Une personne qui était onen au moment de Chaharit, et dont le défunt a été enterré après la mi-journée, de sorte qu'il n'est plus possible pour elle de prier Chaharit, a le droit de prendre le repas de consolation (seoudat havra'a) avant Minha.
Réponse
L'interdiction des Hakhamim de manger avant la prière ne s'applique que lorsque le temps de la prière est arrivé. Mais avant l'aube (amoud hachahar), même après avoir dormi un vrai sommeil dans son lit, il est permis de manger. Tout cela selon le sens simple de la halakha. Cependant, le Zohar a été très strict à ce sujet, et toute personne ayant dormi un vrai sommeil la nuit n'a pas le droit de manger, même avant l'aube, tant qu'elle n'a pas prié Chaharit. Et puisque le Talmud et les poskim permettent, il faut trancher la halakha selon eux, même contre le Zohar. Comme l'a écrit le Radbaz, tout ce qui est permis dans le Talmud et les poskim, même si les livres de Kabbala disent le contraire, il faut permettre selon le Talmud et les poskim. Telle est aussi l'opinion de Maran le Beth Yossef et des grands Aharonim. Ainsi, ceux qui ont l'habitude de se lever les nuits de Chabbat pour dire des supplications, des poèmes et des louanges jusqu'au matin, et à qui l'on distribue des gâteaux et des douceurs avant l'aube, peuvent être indulgents selon la halakha principale, car le temps de la prière n'est pas encore arrivé. Toutefois, les personnes pieuses s'abstiennent de goûter des gâteaux ou des douceurs pour tenir compte de l'avis du Zohar. Mais pour le thé ou le café, même avec du sucre, on a l'habitude d'être indulgent, car même le Zohar n'a pas été strict concernant la boisson. De même, la veille d'un jeûne public, si quelqu'un aurait du mal à jeûner sans manger avant l'aube, il est permis de manger avant l'aube, même après avoir dormi un vrai sommeil.
Réponse
Celui qui s'est trompé et a récité une berakha de jouissance sur un aliment avant la prière de Chaharit, certains disent qu'il doit goûter un peu afin que sa berakha ne soit pas vaine. D'autres pensent qu'il peut même manger la quantité d'un kazayit. D'autres encore écrivent qu'il ne doit rien goûter, même si sa berakha sera vaine. Cependant, en pratique, il faut qu'il goûte un peu afin que sa berakha prenne effet. Car l'interdiction d'orgueil (manger avant la prière) ne s'applique pas dans ce cas, puisqu'il est évident qu'il goûte uniquement pour éviter une berakha vaine. D'autant plus que, selon Maran le Beth Yossef, l'interdiction de manger avant la prière est d'ordre rabbinique, tandis que l'interdiction d'une berakha vaine, selon le Rambam et Maran le Choulhan Aroukh, semble être d'ordre toranique.
Réponse
Un restaurateur chez qui un non-pratiquant vient acheter de la nourriture, sachant que l'acheteur ne priera pas Chaharit et mangera donc avant la prière, a tout de même le droit de lui vendre et de lui servir de la nourriture, même s'il mange immédiatement devant lui. Il n'y a pas là d'interdiction d'aider quelqu'un à transgresser une faute.
Réponse
Si quelqu'un a commencé à manger avant l'aube et que l'aube arrive, il doit interrompre son repas. Puisque l'interdiction de manger avant la prière est appuyée sur le verset "vous ne mangerez pas sur le sang", on a donc été strict et on exige d'interrompre la consommation dès que le temps de la prière arrive.
Réponse
Même étudier est interdit dès que le temps de la prière arrive. Cela concerne celui qui a l'habitude de prier dans sa maison d'étude et non à la synagogue, car il y a à craindre qu'il se laisse entraîner par son étude et dépasse le temps du Chema et de la prière. Mais celui qui a l'habitude d'aller à la synagogue a le droit d'étudier. Et s'il enseigne à d'autres, même s'il n'a pas l'habitude d'aller à la synagogue, c'est permis, car le mérite du public est grand et, s'ils n'étudient pas maintenant, ils risquent de ne pas pouvoir étudier plus tard.
Réponse
Il est permis de commencer à étudier avant que le temps de la tefila n'arrive. À plus forte raison, si l'on était déjà en train d'étudier, il n'est pas nécessaire d'interrompre. En effet, toute l'interdiction mentionnée concerne le fait de commencer à étudier après que le temps de la tefila est arrivé.
Lieu de la prière
Réponse
Il ne convient pas de se tenir pour prier la Amida sur une chaise, un banc ou un endroit surélevé, car il n'y a pas de hauteur devant Hachem, comme il est dit : "Des profondeurs je T'ai appelé, Hachem". Toutefois, si l'on a transgressé et prié sur un endroit élevé, a posteriori on est quitte de l'obligation de la prière et il n'est pas nécessaire de recommencer. Cependant, un endroit surélevé de dix tefahim et large de quatre amot sur quatre amot est permis pour y prier. A priori, il n'est pas convenable de prier sur des coussins ou des oreillers, même s'ils ne sont pas élevés de trois tefahim du sol. Mais il est évident que sur un tapis épais, même s'il n'est pas fixé au sol, il est permis de prier la Amida. De même, à Yom Kippour, lorsqu'on étend de fines couvertures sur le sol, il est permis de se tenir dessus pour prier. Cela n'est pas comparable aux coussins et oreillers.
Réponse
Une personne malade ou un vieillard avancé en âge est autorisé à prier sur une chaise ou un lit. Si une personne en bonne santé a prié sur une chaise ou un objet similaire, a posteriori, elle n'a pas besoin de recommencer sa prière, car elle est quitte de son obligation.
Réponse
Si l'intention est de faire entendre la prière à l'assemblée, il est permis de prier sur un endroit surélevé.
Réponse
Si l'endroit surélevé est entouré de cloisons sur ses quatre côtés, il est tout à fait permis à toute personne d'y prier. Cela n'est valable que s'il y a une forme d'ouverture sur le quatrième côté, et non comme ceux qui pensent qu'il suffit d'une cloison sur trois côtés.
Réponse
Bien qu'il ne soit pas permis de prier dans un endroit élevé, il est cependant permis de construire une synagogue à l'endroit le plus élevé de la ville, car toute l'assemblée se tient alors en hauteur. Il n'y a aucune crainte à cela. Quant à l'usage actuel de construire des immeubles d'habitation ou autres bâtiments plus hauts que la synagogue dans la ville, il existe des fondements pour s'y appuyer, car cela contribue au développement de la ville et à l'augmentation des logements.
Réponse
Il faut ouvrir des portes ou des fenêtres en direction de Jérusalem afin de prier face à elles. Cette règle s'applique aussi bien lorsqu'on prie à la maison (lorsqu'on est contraint et ne peut prier avec l'assemblée) que lorsqu'on prie à la synagogue. Il est bon qu'il y ait douze fenêtres dans la synagogue.
Réponse
Il convient également à une personne aveugle de prier dans une maison où il y a des fenêtres, même si la raison liée au fait de voir le ciel et de s'éveiller à la kavana dans la tefila ne s'applique pas à elle.
Réponse
Il est préférable, a priori, de placer les fenêtres du côté est, c'est-à-dire du côté vers lequel l'assemblée prie. Cependant, il ne faut pas provoquer de dispute à ce sujet.
Réponse
La coutume répandue est de ne pas insister pour prier précisément face aux fenêtres, et il suffit qu'il y ait des fenêtres dans la maison ou la synagogue.

