Questions pratiques
Autres lois de la viande et du lait
Réponse
Si une marmite a servi à faire bouillir du lait un dimanche matin, et que le lundi matin, par erreur, on y a cuit de la viande, et qu'il y a un doute si vingt-quatre heures se sont écoulées depuis que le lait bouillant était dans la marmite, il est permis de consommer le plat.
Réponse
Si une marmite de lait, dont on doute si elle est ben yoma (utilisée dans les vingt-quatre dernières heures) ou non, a servi à faire bouillir de l'eau pour laver la vaisselle, et qu'un morceau de viande est tombé dans l'eau bouillante et y est resté environ deux minutes avant d'être retiré, il est permis de consommer ce morceau de viande.
Réponse
Si l'on prend soin de ne procéder à la hagala (purification par ébullition) des ustensiles qu'après un délai de vingt-quatre heures, il n'est pas nécessaire d'être strict lorsqu'on fait la hagala de nombreux ustensiles ensemble, qu'ils soient de viande ou de lait, et cela est permis même a priori. Il ne faut pas faire la hagala d'un ustensile d'interdit qui est ben yoma.
Réponse
Il est permis de rendre un plan de travail kasher de viande à lait, et même selon le minhag ashkénaze, en cas de nécessité, il est permis d'autoriser cela. Cependant, il faut veiller à ce qu'un talmid hakham, bien versé en halakha, soit présent à chaque fois que l'on procède à la kasherisation du plan de travail de viande à lait ou inversement.
Réponse
Il est permis a priori de cuire un aliment parve (ni viande ni lait) dans une marmite de viande propre, même si elle est ben yoma, et de consommer cet aliment avec des produits lactés. La règle principale suit l'avis de Maran le Beit Yossef dans le Bedek HaBayit, selon lequel il est permis même a priori de provoquer un noten taam bar noten taam dehetera. Ainsi, il est permis a priori de cuire du pain dans un ustensile de viande ben yoma en ayant l'intention de le manger avec des produits lactés, ou de faire frire un œuf dans une poêle de viande ben yoma avec de l'huile neuve, dans le but de le consommer ensuite avec du fromage, et il n'y a aucune interdiction à cela. De même, il est permis de cuire du riz dans une marmite de viande ben yoma et de manger ce riz avec du yaourt ou du beurre, car il s'agit d'un noten taam bar noten taam : la viande donne du goût à la marmite, la marmite donne du goût au riz, et cela reste totalement permis. Puisque le goût transmis est très faible, voire inexistant, il est permis de manger le riz avec du lait. Même si l'on sait d'avance que l'on ajoutera du yaourt ou du beurre au riz après la cuisson, il est permis de cuire le riz dans une marmite de viande ben yoma, afin de le manger ensuite dans des ustensiles de lait, avec du beurre. Les décisionnaires ont permis cela même pour le hamets, bien que son interdiction soit stricte, et donc ici aussi il est permis a priori de cuire du riz dans une marmite de viande ben yoma dans l'intention de le consommer ensuite avec du beurre dans des ustensiles de lait.
Réponse
La règle de "noten taam bar noten taam dehetera" que nous avons mentionnée comme permise a priori ne s'applique pas seulement lorsque le premier goût se trouve dans l'ustensile et le second goût dans l'aliment qui y a été cuit, mais même si le premier goût se trouve dans un aliment, et que de cet aliment le goût passe dans un autre aliment, ce second aliment est considéré comme "noten taam bar noten taam" et il est permis de le consommer avec du beurre. Cela ressort clairement des propos des premiers décisionnaires. De plus, la règle de "noten taam bar noten taam" s'applique même pendant la cuisson, par exemple si une goutte de lait tombe sur la marmite dans laquelle on cuit des légumes, à l'endroit du jus, de l'extérieur, il est permis par la suite de cuire ces légumes dans un autre ustensile avec de la viande.
Réponse
Si l'on a utilisé par erreur une poêle de viande pour y faire frire des aliments lactés, et qu'il y reste des résidus de fromage qui y sont restés pendant vingt-quatre heures, puis, avant de procéder à la cachérisation de la poêle, on y a de nouveau frit un aliment permis, il est permis de consommer cet aliment.
Réponse
Si l'on ne possède pas deux éviers séparés, l'un pour la viande et l'autre pour le lait, il est permis de laver des ustensiles de viande dans l'évier, même à l'eau bouillante, puis de laver dans ce même évier des ustensiles de lait, également à l'eau bouillante, même s'il y a des résidus de graisse visibles sur les casseroles et assiettes de viande. A plus forte raison si l'on utilise de l'eau savonneuse.
Réponse
Il ne faut pas pétrir une pâte avec du lait, de peur qu'on ne la mange avec de la viande. Même si l'on a pétri par inadvertance, le pain est interdit, même pour le consommer seul. Toutefois, si la pâte contient une quantité suffisante pour annuler le lait, il est permis d'y mélanger du lait, et cela n'est pas considéré comme annuler un interdit a priori.
Réponse
Certains disent que si l'on a cuit du pain avec du lait en quantité supérieure à un repas, il est permis de répartir ce pain entre plusieurs familles, en donnant à chaque famille le nombre de pains nécessaires pour un seul repas. D'autres ne sont pas d'accord, et c'est ainsi la règle.
Réponse
Certains disent que si l'on met dans le pain suffisamment de fromage pour que cela soit reconnaissable, par exemple si le pain devient jaune ou si l'on fait un autre signe distinctif, comme changer la forme du pain, il est permis de le cuire avec du lait. D'autres estiment que cela n'est valable que pour une consommation personnelle, mais qu'il n'est pas permis de le vendre ainsi, à cause des invités venant d'autres endroits. Cependant, pour un aliment largement répandu comme le bourekas, il n'y a pas lieu d'interdire de les préparer avec du fromage.
Réponse
Bien que les Hakhamim aient interdit de pétrir une pâte avec du lait, de peur que l’on ne mange ce pain avec de la viande, il est néanmoins permis de pétrir une pâte pour un gâteau sucré avec du sucre et du lait ou du beurre, car il n’est pas d’usage de consommer ce type de gâteau avec un plat de viande en raison de sa douceur. De même, il est permis de fabriquer du chocolat avec du lait ou du beurre, mais il faut inscrire sur le papier d’emballage que le chocolat est avec du lait.
Réponse
Certains pensent que si l’on a déjà pétri du pain avec du lait, il serait possible de cuire ce pain avec du lait et qu’il serait alors permis à la consommation. Cependant, la règle principale est que, dès lors que ce pain est interdit, il ne sort plus de son interdiction, même si on le cuit à nouveau.
Réponse
L’interdiction de pétrir une pâte avec du lait ne concerne que le cas où l’on cuit une quantité de pain supérieure à ce qui est nécessaire pour un seul repas. Mais si l’on cuit une petite quantité, suffisante pour une seule consommation, il est permis de pétrir la pâte avec du lait, même sans faire de signe distinctif.
Réponse
Un pain pétri avec du lait et devenu interdit, de peur qu’on le mange avec de la viande, ne peut pas non plus être vendu à un non-juif, de crainte qu’il ne le revende à un Juif, sauf si l’on coupe chaque pain en deux, car il n’est pas d’usage pour un Juif d’acheter du pain tranché à un non-juif. Il est donc permis, selon tous les avis, de vendre un pain interdit à un non-juif à condition de couper chaque pain en deux, et il n’est pas nécessaire de donner aussi à ses ouvriers. Certains écrivent que même si l’on cuit ce pain avec du lait de façon à ce que la présence de lait soit évidente, il ne faut pas être indulgent. Toutefois, celui qui se montre indulgent a sur quoi s’appuyer, mais uniquement pour une petite quantité destinée à être consommée le jour même. Pour une grande quantité de pain restant chez celui qui a pétri son pain avec du lait, il n’est pas permis de le rendre permis par la cuisson.
Réponse
Si du lait s’est renversé sur de nombreux pains, certains estiment que tous ces pains deviennent interdits par crainte qu’on les mange avec de la viande. En pratique, il convient de répartir ces pains entre de nombreux foyers, en quantité telle que chacun en consomme dans la journée, ce qui est une petite quantité, de sorte qu’il est peu probable qu’on oublie et qu’on les mange avec de la viande. On peut aussi faire un signe distinctif sur ces pains, par exemple en les enduisant de beurre ou de fromage pour qu’ils soient reconnaissables. Ce cas n’est pas comparable à celui où l’on a pétri une grande pâte avec du lait, car ici cela s’est produit après la cuisson, sans intention et par accident.
Réponse
Un pain cuit dans le même four qu’une viande rôtie est interdit à la consommation avec du lait, et cela concerne un petit four. Mais dans un grand four pouvant contenir douze issaronim (soit plus de 19 kilos) et dont l’ouverture est ouverte, cela est permis. Cependant, un tel four n’est pas courant de nos jours. Quant aux poissons cuits dans un four moderne en même temps que de la viande, aussi bien la viande que les poissons sont interdits à la consommation.
Réponse
Si du lait est tombé dans de l'eau, et que l'eau est soixante fois supérieure en quantité pour annuler le lait, certains estiment qu'il est permis, même a priori, de cuire dans cette eau un plat de viande, et il n'y a pas là de problème d'annuler un interdit a priori. Toutefois, il est préférable d'adopter une attitude rigoureuse a priori dans le cas d'une eau très courante. Cependant, si de l'eau est tombée ensuite dans la marmite de viande, il ne faut pas interdire le plat, même s'il n'y a pas soixante fois la quantité d'eau dans la marmite, car l'annulation s'est déjà produite dans l'eau.
Réponse
Il est permis, même a priori, de placer le plat chaud du Chabbat, préparé la veille de Chabbat, dans le four d'une boulangerie publique, et de le reprendre le lendemain, à condition que la marmite contenant de la viande soit bien couverte. Le pain cuit ensuite dans ce four peut être consommé même avec du fromage. Il n'y a pas non plus d'interdiction de hatmana dans ce cas.
Réponse
Si l'on introduit une cuillère ayant servi pour le lait dans une marmite de viande, ou inversement, on évalue la quantité absorbée selon la partie de la cuillère qui a été plongée dans la marmite. Certains estiment que si la cuillère est en métal, il faut considérer toute la cuillère, car si une partie est chaude, tout l'ustensile l'est. Cependant, l'avis principal reste d'évaluer uniquement la partie immergée. Par exemple, pour un plat de riz au lait contenant dix grammes de riz et deux grammes de lait pour chaque dix grammes, si une cuillère de dix grammes est plongée dans ce plat, elle absorbe deux grammes de lait. Si, par erreur, cette cuillère est ensuite plongée dans un plat de viande, il suffit qu'il y ait soixante fois la quantité de lait absorbée (soit deux grammes) dans le plat de viande pour que ce soit permis.

