Questions pratiques
Traite de l’animal pendant Chabbat
Réponse
Un malade souffrant de douleurs cardiaques, dont le traitement consiste à téter du lait chaud directement de la bête, même s’il n’est pas en danger, a le droit de téter le lait pendant Chabbat. En effet, l’interdiction de la Torah ne concerne que celui qui trait à la main dans un récipient, alors que téter directement est considéré comme une action indirecte (kelah’har yad), et son interdiction n’est que d’ordre rabbinique, or les Sages n’ont pas décrété dans un cas de souffrance. En revanche, celui qui souffre simplement de la faim n’a pas le droit de téter du lait pendant Chabbat. Certains interdisent même cela pendant Yom Tov, car une telle permission n’a été accordée qu’en cas de souffrance liée à la maladie.
Objets avec lesquels il est permis de s’occuper pendant Chabbat
Réponse
Il est écrit dans le livre de Yeshaya : « Si tu retiens ton pied pendant le Chabbat… de t’occuper de tes affaires et de parler de choses profanes. » Les Hakhamim en ont déduit que s’occuper de ses propres affaires est interdit le Chabbat. Ainsi, il ne faut pas s’occuper de ses affaires personnelles pendant Chabbat, même s’il n’y a aucune mélakha impliquée, par exemple se tenir à côté de son champ ou dans son usine, de manière à ce qu’il soit évident qu’il réfléchit à ce qu’il faudra faire après Chabbat. En revanche, si cela n’est pas visible qu’il pense à ses affaires, comme lorsqu’il ne se tient pas à côté de son champ, il est permis d’y penser. Cependant, à cause du oneg Chabbat, il est une mitsva de ne pas y penser du tout.
Réponse
Il est interdit à une personne d’entrer dans son lieu de travail pendant Chabbat dans le but de commencer à travailler dès la sortie de Chabbat.
Réponse
Il est interdit à une personne d’attendre à l’arrêt de bus avant la nuit de Chabbat dans le but de voyager immédiatement après Chabbat, sauf s’il pleut et qu’elle entre à l’arrêt pour se protéger de la pluie, ou pour se protéger du soleil, ou s’il y a un banc à l’arrêt. Dans tous ces cas, il n’est pas évident que l’on attend pour voyager après Chabbat, car cela peut sembler être pour se reposer ou se protéger. Cependant, il ne faut pas consulter le tableau des horaires de bus, car cela montre clairement que l’on attend pour voyager, et cela est également interdit à cause de la lecture de documents profanes pendant Chabbat.
Réponse
Néanmoins, pour une mitsva, il est permis d’attendre avant la fin de Chabbat même à un arrêt de bus sans abri ni banc, même s’il est évident que l’on attend pour voyager dès la sortie de Chabbat, car pour une mitsva, les Sages n’ont pas instauré d’interdiction.
Réponse
Il ne faut pas se rendre pendant Chabbat dans un appartement que l’on envisage d’acheter ou de louer, afin de vérifier s’il convient ou pour voir ce qu’il faudra y réparer après Chabbat. Cela s’applique lorsque cela est évident que l’on souhaite l’acheter ou le louer, par exemple si l’appartement est neuf ou vide de tout occupant.
Réponse
Celui qui construit une maison n’a pas le droit d’entrer sur le chantier pendant Chabbat dans le but de vérifier l’avancement des travaux.
Réponse
Il est permis, pendant Chabbat, d'examiner l'appartement dans lequel on habite afin de voir ce qu'il sera nécessaire d'y faire après Chabbat, car il n'est pas évident que l'on examine dans le but de procéder à des réparations ou des rénovations. Toutefois, il est préférable de ne pas réfléchir à ces sujets durant Chabbat.
Réponse
Celui qui marche dans la rue pendant Chabbat et voit dans la vitrine d'un magasin un objet qu'il souhaite acheter le lendemain n'a pas le droit de dire : « Demain, j'achèterai cet objet. » Cependant, il lui est permis de penser à l'achat de cet objet et de regarder la marchandise exposée en vitrine, à condition de ne pas regarder les prix. Tout cela concerne une personne qui marche dans la rue, mais il est interdit de se rendre dans un lieu de rassemblement de commerçants (comme un marché) pendant Chabbat dans le but d'y chercher de la marchandise à acheter après Chabbat.
Réponse
Il est permis de marcher pendant Chabbat dans la rue et de regarder, en chemin, où se trouve un certain magasin, même si c'est dans le but d'y entrer après la sortie de Chabbat. Cependant, il ne faut pas attendre la sortie de Chabbat devant l'entrée du magasin.
Lois du salaire de Chabbat
Réponse
Celui qui engage un ouvrier pour garder son appartement, son champ ou autre, n'a pas le droit de lui verser un salaire spécifiquement pour le Chabbat. Il doit lui donner le salaire de Chabbat de manière englobée (be-havlaa), c'est-à-dire que l'ouvrier travaillera aussi pendant les jours de semaine, et le salaire du Chabbat sera inclus dans l'ensemble du paiement. Il n'y a aucune différence à ce sujet, que le salaire soit versé avant ou après le Chabbat. Ainsi, un entrepreneur immobilier qui engage un gardien pour surveiller des matériaux de construction doit également lui payer le salaire de Chabbat de façon englobée.
Réponse
Il est permis de louer, avant Chabbat, une machine agricole ou un tracteur à un non-juif, afin que le non-juif l’utilise pendant Chabbat dans son propre champ, à condition que le salaire du Chabbat soit inclus dans un paiement englobant (be-havlaa), c’est-à-dire que la location couvre aussi certains jours de semaine, de sorte que le paiement ne concerne pas uniquement le jour de Chabbat. Il en va de même pour un chauffeur de taxi qui loue son taxi à un non-juif en partenariat avant Chabbat, et que le non-juif travaille aussi avec le taxi pendant Chabbat ; il faut que le bénéfice du jour de Chabbat soit inclus avec celui des autres jours. De plus, comme nous l’avons expliqué plus haut, dans les endroits où il est d’usage de louer un taxi à un autre chauffeur en partenariat, c’est-à-dire que le chauffeur et le propriétaire du taxi partagent les bénéfices selon un pourcentage, il est permis de louer le taxi à un non-juif avant Chabbat, même s’il l’utilise pendant Chabbat, car tout le monde sait que le non-juif travaille pour son propre compte.
Réponse
Celui qui fait venir une femme chez lui pour garder ses enfants pendant Chabbat ne doit pas la payer uniquement pour la garde du jour de Chabbat, mais doit inclure le salaire de Chabbat dans un paiement englobant (be-havlaa), c'est-à-dire qu'elle gardera aussi les enfants pendant des jours de semaine, et le salaire de Chabbat sera inclus dans l'ensemble du paiement.
Réponse
Il est dit dans le verset : "mimtsô heftsekha vedaber davar", et nos Sages ont enseigné que tes affaires personnelles sont interdites, mais les affaires du Ciel sont permises. Ainsi, il est également permis d'organiser des fiançailles pour des enfants, de discuter avec un enseignant pour qu'il enseigne la Torah à un enfant contre rémunération, ou pour lui apprendre un métier. Cependant, il ne faut pas mentionner de somme d'argent.
Réponse
Celui qui engage un ouvrier pour garder les semences de son jardin ne doit pas lui verser de salaire pour Chabbat, car cela ressemble à une transaction commerciale pendant Chabbat. Cependant, il est permis de l'engager pour un mois ou pour une année, et dans ce cas, l'ouvrier peut recevoir aussi le salaire de Chabbat, car le paiement de Chabbat est inclus dans celui des jours de semaine, ce qui est permis.
Réponse
Certains disent qu’il est interdit d’engager des hazanim ou des chaliakh tsibour pour prier pendant Chabbat, les jours de fête, Roch Hachana ou Yom Kippour. D’autres sont en désaccord et estiment que, puisque cela concerne une mitsva, les Sages n’ont pas interdit, et c’est permis. Il est également permis d’engager un sonneur de chofar pour Roch Hachana, car il s’agit d’une mitsva. C’est l’opinion principale à retenir, et il y a sur qui s’appuyer. C’est aussi l’avis de Maran du Choulhan Aroukh, et les derniers décisionnaires témoignent que telle est la coutume. Il n’est pas nécessaire que le paiement soit englobé (be-havlaa), même si le salaire n’est pas inclus avec celui des jours de semaine, à condition de ne pas parler du salaire pendant Chabbat. Puisqu’il s’agit d’une mitsva, il n’est pas nécessaire de payer de façon englobée. Toutefois, on ne verra pas de signe de bénédiction dans ce salaire, il est donc bon d’acheter avec ce gain un objet de mitsva, comme des livres saints pour étudier ou des tefiline de Rabbénou Tam, etc. Celui qui est rigoureux et reçoit le salaire de façon englobée, la bénédiction reposera sur lui.
Réponse
Il est permis aux surveillants de la cacheroute dans les hôtels et restaurants pendant Chabbat de recevoir un salaire pour leur travail, car cela est considéré comme une nécessité de mitsva visant à éviter à la communauté des fautes et des transgressions. Celui qui est rigoureux et reçoit ce salaire de manière englobée avec d'autres jours sera digne de louange.
Réponse
Il est également permis aux talmide hakhamim de fixer un cours pendant Chabbat ou les jours de fête et d’étudier avec le public la Guemara ou la halakha, et de recevoir un salaire pour ce cours. Celui qui est rigoureux et reçoit ce salaire de manière englobée sera béni.
Réponse
Un enseignant qui donne habituellement un cours et qui ne peut pas assurer son cours pendant Chabbat a le droit d'envoyer un remplaçant uniquement pour Chabbat, et de le rémunérer pour ce cours.
Réponse
Il est d'usage d'engager un sonneur de chofar pour les jours de Roch Hachana et de le rémunérer pour les sonneries, même s'il ne sonne pas à la sortie de Yom Kippour. Celui qui est rigoureux et reçoit ce salaire de manière englobée avec d'autres jours sera béni.

