Questions pratiques
Viande et lait fumés ensemble
Réponse
Celui qui cuit de la viande dans du lait provenant d’un mâle d’animal n’est pas passible de flagellation, car la Torah précise « le lait de sa mère », et le lait d’un mâle n’est pas considéré comme tel. Toutefois, il existe tout de même un interdit. En revanche, pour le lait d’un homme, s’il arrivait d’en avoir, cela n’est pas considéré comme du lait du tout, et il est permis de le cuire avec de la viande. Certains interdisent malgré tout à cause de l’apparence, car ce n’est pas moins problématique que le lait de femme ou le lait d’amande. Cependant, que ce soit du lait de mâle animal ou du lait d’homme, s’ils tombent dans une marmite de viande, ils ne rendent pas le mélange interdit.
Cuisson d’un fœtus dans le lait
Réponse
Celui qui cuit un chelil dans du lait est passible, de même que celui qui en mange. En revanche, celui qui cuit un chelia, ou de la peau, des tendons, des os, des bases de cornes ou des sabots tendres avec du lait, est exempt. De même, celui qui les mange est exempt. Cependant, il y a tout de même une interdiction. Certains estiment que cette interdiction ne concerne que la consommation, mais que la cuisson est permise. D'autres sont en désaccord et interdisent également la cuisson.
Lait trouvé dans la caillette
Réponse
Le lait qui se trouve dans la caillette d’un animal a le statut de déjection ordinaire et n’est pas considéré comme du lait au regard de l’interdiction de cuire de la viande avec du lait. Il est donc permis de cuire de la viande avec ce lait, même s’il est parfaitement liquide.
Réponse
Si le lait trouvé dans la caillette a été salé avec la caillette, ou s’il est resté à l’intérieur de la peau de la caillette pendant vingt-quatre heures, il ne faut pas l’utiliser pour faire cailler du lait afin de fabriquer du fromage, car ce lait est interdit a priori. Cependant, si cela a déjà été fait, même si le lait est resté vingt-quatre heures dans la peau d’une caillette provenant d’un animal nevela ou terefah, et qu’on a fait cailler du lait avec, le fromage obtenu est permis.
Réponse
Si le lait trouvé dans la caillette a été salé avec la caillette et qu’on a tout de même utilisé ce lait pour faire cailler du fromage, il ne faut pas interdire le fromage obtenu. Cependant, a priori, il ne faut pas laisser le lait dans la caillette jusqu’à ce que le lait refroidisse à l’intérieur de la caillette. Ce n’est que si cela a déjà été fait qu’il n’y a pas lieu de s’en inquiéter.
Réponse
Si l’on a fait cailler du lait dans la peau de la caillette d’un animal cachère, le fromage est interdit s’il a un goût de viande, sinon il est permis. On évalue la quantité de goût par rapport à soixante fois le volume de la peau de la caillette. Par contre, si l’on fait cailler du lait dans la peau de la caillette d’un animal nevela, terefah ou impur, le fromage est interdit même en quantité minime, même si la peau n’a pas donné de goût au lait. De même, si l’on fait cailler du lait dans la peau de la caillette d’un animal abattu selon la méthode des karaïtes, cela est considéré comme la peau d’une nevela et le fromage est interdit, même en quantité minime.
Réponse
Si l’on a utilisé la caillette d’un animal cachère pour faire cailler du lait et fabriquer plusieurs fromages, et que l’on trouve plus tard dans le sac contenant la caillette un peu de résidus fins, il est permis de consommer les fromages. Cela n’est pas considéré comme avoir fait cailler avec un élément interdit.
Réponse
Parfois, la peau de la caillette est salée et séchée jusqu’à devenir dure comme du bois, puis on la remplit de lait. Les fromages ainsi obtenus sont permis, car la peau de la caillette, une fois sèche, est assimilée à du bois et ne contient plus d’humidité de viande. Cependant, a priori, il ne faut pas agir ainsi.
Réponse
Lorsqu'un café est fabriqué à l'étranger et qu'on y mélange une substance interdite provenant de poudre de nevela ou de terefa, mais que la quantité de café est soixante fois supérieure à celle de la substance interdite, et qu'il est également établi qu'aucun goût d'interdit n'est perceptible dans le café, certains estiment que l'achat de ce café auprès d'un non-juif est considéré comme une action lekhatehila, et la halakha courante est qu'il est interdit de rendre un interdit nul lekhatehila. D'autres pensent que l'achat auprès d'un non-juif est considéré comme bedieved, et qu'il est donc permis lekhatehila d'acheter ce café chez le non-juif. Concernant le café, il existe une raison supplémentaire d'être indulgent, car la poudre interdite est devenue semblable à de la poussière sans aucune valeur alimentaire et n'est plus considérée comme un interdit.
Consommation de poisson avec du lait ou de la viande
Réponse
Il ne faut pas manger de la viande et du poisson ensemble, car cela est nuisible et peut provoquer la tsaraat. Si l’on a fait frire du poisson avec de la viande dans une même poêle, aussi bien le poisson que la viande deviennent interdits à la consommation.
Réponse
Il convient de s’abstenir de manger du poisson avec du lait ou avec du fromage, en raison d’un risque de danger. Les Ashkénazes ont l’usage d’être indulgents à ce sujet, et ils ont sur quoi s’appuyer. Chaque communauté suit sa coutume. Si un organisme rabbinique accorde une autorisation à un restaurant qui sert des plats à base de fromage et de poisson, il faut qu’une annonce soit affichée pour signaler que, sur ce point, les Séfarades et les communautés orientales ne doivent pas se permettre cette pratique.
Réponse
Il est permis de faire frire du poisson dans du beurre, car il suffit d’être rigoureux concernant le mélange de poisson et de lait, comme l’a expliqué le Beit Yossef, et il n’y a pas lieu d’ajouter à cette rigueur.
Réponse
Si du poisson a été cuit dans du lait ou avec du fromage, ni le poisson ni le lait ne deviennent interdits à la consommation, même s’il n’y a pas une quantité soixante fois supérieure pour annuler le goût du poisson ou du lait. Il suffit d’être rigoureux a priori de ne pas manger du poisson avec du lait, mais si cela a déjà été cuit ensemble, il est permis de les consommer.
Réponse
Celui qui mange des aliments lactés n’a pas le droit de placer des aliments carnés sur la même table où il mange des produits laitiers. Même la viande de bête sauvage ou de volaille ne doit pas être posée sur la table où l’on mange du fromage, afin d’éviter d’en manger ensemble. De même, si l’on mange de la viande, il est interdit de placer sur cette table des aliments lactés.
Réponse
L’interdiction de placer de la viande et du lait ensemble sur une même table ne concerne que la table sur laquelle on mange. Mais sur une table où l’on dispose les plats, ou sur le plan de travail de la cuisine où l’on a l’habitude de verser la nourriture de la marmite dans l’assiette, il est permis de mettre côte à côte viande et lait. Cette règle s’applique aussi à la viande de bête. Lorsque l’on dispose des aliments sur une table où, par la suite, deux personnes mangeront, l’une de la viande et l’autre du fromage, même si à ce moment-là personne ne mange, il faut tout de même placer un signe distinctif entre la viande et le lait.
Réponse
Il est permis, a priori, de placer des aliments dans un réfrigérateur, par exemple un récipient contenant un plat de viande à côté d’un récipient contenant du lait, sans craindre que de la viande tombe dans le lait ou inversement, car chacun fait attention à ce que cela ne se produise pas. A plus forte raison, si cela a été fait a posteriori, cela n’interdit rien, car on ne craint pas qu’il soit tombé de l’un dans l’autre. De même, il est permis de placer un récipient contenant du lait à côté d’un récipient contenant du sel.
Réponse
L’autorisation de placer dans un réfrigérateur des produits carnés à côté de produits lactés ne dépend pas du fait que les aliments soient couverts ; selon l’avis de Maran, il est permis même si les aliments sont découverts. Cependant, il est correct et préférable d’en couvrir au moins un.
Réponse
Il faut veiller, lors des courses, à ne pas mettre du fromage dans le même panier que de la viande, et à ne pas mettre des fruits dans le même panier que de la viande qui n’a pas été salée et sur laquelle il y a du sang. Toutefois, de nos jours, comme il est d’usage de laver les fruits avant de les consommer, il n’y a pas lieu de s’en inquiéter outre mesure.
Réponse
Certains disent qu’il est permis de placer une marmite de viande et une marmite de lait l’une à côté de l’autre, sans craindre que des éclaboussures passent de l’une à l’autre. D’autres estiment néanmoins qu’il faut éloigner un peu l’une de l’autre à cause des éclaboussures, et c’est aussi l’avis du Pri Hadach, selon lequel il est bon, a priori (le'hat'hila), de ne pas placer une cruche de viande et une cruche de lait dans le même compartiment. A plus forte raison, il faut veiller à ne pas les placer côte à côte sur le feu.
Réponse
L’interdiction de placer sur une même table de la viande et du lait sans signe distinctif ne concerne que deux personnes qui se connaissent. Mais pour des personnes étrangères l’une à l’autre, comme des clients dans une auberge, cela est permis. Ainsi, il est permis à une personne de manger de la viande à une table où une autre personne, qu’elle ne connaît pas, mange du fromage dans un restaurant public, sans qu’il y ait à craindre un problème.

