Questions pratiques
Suite des lois de cuisson de la viande dans le lait
Réponse
L'interdiction de consommer de la viande de volaille avec du lait est d'origine rabbinique. Ainsi, si de la volaille tombe dans du lait bouillant et qu'il n'y a pas soixante fois le volume de la volaille dans le lait, il est permis d'ajouter du lait jusqu'à atteindre la proportion de soixante contre la volaille. Certains estiment que l'interdiction de consommer de la volaille avec du lait est d'origine toranique, et selon eux, en cas de doute il faut être rigoureux comme pour une interdiction de la Torah, et si de la volaille tombe dans du lait sans qu'il y ait soixante fois le volume, il ne faut pas ajouter de lait pour annuler l'interdiction. Toutefois, la règle principale à suivre est que la viande de volaille avec du lait n'est interdite que par décret rabbinique. Selon le Rambam, même celui qui affirme que la viande de volaille avec du lait est interdite par la Torah transgresse l'interdit de "bal tosif".
Cuisson d’un animal impur dans le lait
Réponse
Il est permis selon la Torah de cuire de la viande d’un animal impur avec du lait d’un animal pur, ou inversement, et il est également permis d’en tirer profit. Toutefois, il convient d’être rigoureux et de ne pas cuire de la viande d’un animal impur avec du lait d’un animal pur, ou inversement, en raison de l’apparence trompeuse (marit ayin). En revanche, la viande d’un animal pur qui est nevela ou terefa est interdite par la Torah d’être cuite avec du lait, aussi bien pour la cuisson que pour en tirer profit.
Réponse
Si un kazayit de viande d’animal impur s’est mélangé avec du lait d’animal pur et qu’ils ont été cuits ensemble, et qu’il n’y avait pas soixante fois la quantité de viande interdite, mais qu’il y avait la majorité, puis qu’une partie du lait a été versée dans une autre marmite contenant du lait d’animal pur, il n’est pas nécessaire d’évaluer la quantité par rapport à tout le lait qui a été versé dans le plat. Il suffit d’évaluer par rapport à la viande absorbée dans le lait, car le lait ne devient pas nevela au point qu’il faille évaluer par rapport à tout le lait.
Réponse
Celui qui cuit de la viande d’un animal terefa ou nevela avec du lait d’animal pur transgresse l’interdit de « lo tevashel gedi ba’halav imo ». La viande et le lait deviennent nevela. Si le lait est versé dans une autre marmite, il faut évaluer soixante fois la quantité par rapport à tout le lait, comme pour toute viande avec du lait.
Lait d’amande
Réponse
Si l’on a cuit de la viande non cachère avec du fromage, et que le fromage constitue une portion considérée comme hatikha harouya lehitkhabed (morceau digne d’être servi à la table d’honneur), certains estiment que ce morceau n’est pas annulé même dans mille fois sa quantité. Si l’on a cuit du lait non cachère avec de la viande cachère, bien que la viande soit en soi cachère et qu’on ne considère pas en général la notion de hatikha harouya lehitkhabed pour elle, du fait de l’interdit de viande et lait, cette notion s’applique ici. D’autres pensent que pour du lait non cachère ou de la viande non cachère, il n’y a pas d’interdit de viande et lait.
Réponse
Il est permis de fabriquer du lait à partir d’amandes et de le cuire avec de la viande de volaille, car l’interdit de volaille avec du lait n’est que d’ordre rabbinique. Mais pour de la viande de bétail, il convient de placer des amandes à côté du lait pour éviter toute suspicion. Toutefois, il est préférable, même avec de la viande de volaille, de mettre des amandes dans le lait afin que l’on reconnaisse qu’il s’agit de lait d’amande. Si l’on souhaite boire du lait d’amande après avoir mangé de la viande, il n’est pas nécessaire d’y mettre un signe distinctif.
Réponse
Si l’on a cuit de la viande avec du riz et qu’on l’a placée dans des feuilles de vigne ou de chou, certains ont l’habitude de consommer ce plat avec du lait d’amande ou du lait synthétique, et il n’est pas nécessaire d’y mettre des amandes comme signe distinctif, même s’il s’agit de viande de bétail. En effet, la viande n’est pas visible, car elle est recouverte dans le plat.
Réponse
Il est permis de boire du lait synthétique après un repas de viande. Il en va de même pour une glace à base de lait synthétique, et a fortiori pour une glace parvé qui ressemble à une glace lactée, après un repas de viande, sans craindre la suspicion. Ainsi, la pratique dans les hôtels cachères de servir aux convives, après des plats de viande, un verre de lait synthétique ou un café mélangé à du lait synthétique, sans aucune trace de lait naturel, n’est pas à interdire. Il n’est pas nécessaire d’ajouter des amandes ou un autre signe distinctif à ce lait végétal, et il convient de laisser les gens agir ainsi.
Réponse
Il est permis de faire frire un saucisson végétal (à base de soja) dans du beurre laitier, sans craindre la suspicion. Dans les lieux publics, celui qui se montre rigoureux à ce sujet sera digne de louange.
Réponse
Il est permis de cuire du poisson ou des sauterelles dans du lait, car il n’y a pas d’interdit de cuisson de viande et lait dans ce cas, puisque les poissons et les sauterelles ne sont pas considérés comme de la viande. Concernant la consommation de poisson avec du lait, voir plus loin.
Cuire de la viande dans le lait d’une femme
Réponse
Il est interdit de cuire de la viande avec du lait de femme en raison de l'apparence trompeuse. Cependant, si du lait de femme est tombé dans un plat, il est annulé, et il n'est pas nécessaire d'avoir une proportion de soixante fois plus pour l'annuler.
Réponse
Celui qui boit du lait de femme recueilli dans un récipient, lors d'un repas de viande, certains estiment qu'il suffit de placer des amandes dans la coupe pour pouvoir boire ce lait avec de la viande. Même pour la cuisson, cela serait permis. D'autres s'opposent et pensent que pour le lait de femme, placer des amandes à côté ne sert à rien, et que cela n'est valable que pour du lait d'amande, où l'on place des amandes à côté pour signaler. C'est cette dernière opinion qui fait autorité.
Statut des œufs trouvés dans la poule
Réponse
Les œufs trouvés dans une volaille après la shehita, s'ils sont complets, c'est-à-dire qu'ils possèdent à la fois le blanc (halavon) et le jaune (halmon), même s'ils sont encore entourés de filaments sanguins, sont considérés comme des œufs complets et il est permis de les consommer avec du lait. Mais si l'œuf ne possède que le jaune, il est interdit de le manger avec du lait. Toutefois, il est permis de le cuire avec du lait sans intention de le consommer, car même la viande de volaille elle-même, selon la règle stricte, peut être cuite avec du lait tant qu'on ne la mange pas. Même selon ceux qui interdisent de cuire la volaille avec du lait à cause de l'apparence, cette raison ne s'applique pas à l'œuf.
Réponse
Si un œuf dont seul le halmon est formé et qui est encore entouré de filaments a été cuit avec du lait, il est permis d'être indulgent et de ne pas interdire le mélange.
Réponse
Un œuf trouvé dans une poule, dont seul le halmon est formé et qui est encore entouré de filaments avec les autres œufs, peut être consommé seul, puis il est permis de manger du fromage après, sans aucun délai d'attente. Certains sont plus stricts à ce sujet, et celui qui souhaite être rigoureux sera béni. Cependant, selon la règle stricte, il faut permettre. Ce n'est que de les manger ensemble avec du lait, même sans cuisson, qui est interdit, mais les consommer l'un après l'autre est permis.
Viande et lait fumés ensemble
Réponse
Certains avis estiment que si l’on place de la viande et du fromage ensemble sous de la fumée et qu’ils cuisent ainsi, on transgresse un interdit de la Torah du fait de « lo tevashel gedi ba’halav imo ». D’autres opinions contestent et considèrent que ce n’est pas une manière habituelle de cuire, il n’y a donc pas de flagellation, et l’interdit n’est que d’ordre rabbinique.
Réponse
Il est interdit de cuire de la viande et du lait ensemble dans les eaux thermales de Teveria. Même si, selon la Torah, il n’y a pas de peine de flagellation dans ce cas, il existe tout de même un interdit.
Réponse
Celui qui cuit de la viande dans du petit-lait ou dans du lait d’un animal mort n’est pas passible de flagellation et il n’y a pas d’interdit de consommer ce mélange au titre de viande et lait. Toutefois, il existe tout de même un interdit d’ordre rabbinique.
Réponse
Certains estiment que le lactosérum, c’est-à-dire le lait qui s’écoule lors de la fabrication du fromage, n’est pas inclus dans la catégorie du petit-lait permis, mais que le lactosérum est interdit par la Torah. Le petit-lait désigne, après la fabrication du fromage, le liquide restant une fois que le lactosérum a été cuit et que la matière grasse a flotté à la surface, ne laissant que de l’eau pure, c’est cela qu’on appelle petit-lait.
Réponse
Celui qui cuit du sang dans du lait n’est pas passible de flagellation et il n’y a pas d’interdit de consommation au titre de viande et lait.

