Questions pratiques
Mitsva de la mila
Réponse
Si le mohel a pratiqué la mila sur l’enfant sans l’accord du père, et que le père lui-même avait l’intention de faire la mila, le mohel doit lui donner dix pièces d’or, comme la règle de celui qui s’approprie une mitsva appartenant à autrui. Mais si le père avait déjà honoré un autre mohel pour accomplir la mila, et qu’un autre est venu et a pris la mitsva à sa place, il est exempt de paiement. De toute façon, de nos jours, le beit din ne fait pas appliquer ce paiement.
Réponse
Si l’enfant est orphelin de père et que le père du père est encore en vie, ce dernier doit veiller à faire circoncire son petit-fils, car les petits-fils issus des fils sont considérés comme des fils. En revanche, le père de la mère n’a pas l’obligation de faire circoncire son petit-fils, car les petits-fils issus des filles ne sont pas considérés comme des fils à ce sujet ; son obligation n’est alors que celle de tout membre du peuple d’Israël.
Réponse
Il est approprié et correct que les mohalim accomplissent cette précieuse mitsva sans percevoir de rémunération, et qu'ils ne prennent que le remboursement des frais liés au déplacement pour la brit, à l'examen du nourrisson et à leurs autres dépenses uniquement. Même si, selon la stricte halakha, il leur est permis de recevoir également une compensation pour le manque à gagner, c'est-à-dire le temps durant lequel ils ont interrompu leur travail pour pratiquer la mila, il reste préférable de ne pas accepter non plus cette compensation. Toutefois, un mohel qui refuse de pratiquer la mila gratuitement et n'accepte de le faire que contre rémunération, le beit din doit réprimander un tel mohel.
Réponse
Si le père ne sait pas pratiquer la mila et qu'il y a un mohel qui n'accepte de faire la mila que contre rémunération, et que ce mohel insiste pour recevoir un paiement, mais que le père n'a pas les moyens de le payer, cela est considéré comme un cas où l'enfant n'a pas de père pour la mila. Dans ce cas, le beit din est tenu de faire pratiquer la mila à l'enfant, et ils peuvent contraindre le mohel à effectuer la mila puisqu'il n'y a personne d'autre pour le faire. Cette contrainte du beit din sur le mohel ne s'applique que lorsque le père n'a pas les moyens de payer le mohel. Mais si le père a les moyens de payer et s'est engagé à rémunérer le mohel, il est obligé de lui verser son salaire, et le mohel n'est pas contraint de faire la mila gratuitement. A plus forte raison, le père doit également rembourser les frais engagés par le mohel.
Réponse
Lorsqu'il y a deux mohalim disponibles, et que l'un d'eux est prêt à effectuer la mila gratuitement, mais que le père de l'enfant insiste pour choisir l'autre en raison de sa compétence et de son expertise, il est permis à ce mohel de recevoir une rémunération. Toutefois, il reste approprié et convenable de ne pas prendre de paiement pour l'accomplissement de cette mitsva.
Réponse
Si la mila est pratiquée dans une autre ville et que le mohel doit se déplacer d'une ville à l'autre, interrompre son travail et supporter les frais de voyage, il lui est permis de recevoir une rémunération pour la perte de salaire et les frais de déplacement.
Réponse
Un mohel qui profane le Chabbat ouvertement, par exemple en utilisant sa voiture privée pour se rendre d'un bout à l'autre de la ville afin de pratiquer la mila, et que, selon la réglementation gouvernementale, personne d'autre n'est autorisé à effectuer la mila si ce n'est ce mohel, s'il n'y a pas d'autre choix, il y a lieu d'être indulgent et de lui confier son enfant pour la mila, et il ne faudra pas attendre de faire venir un mohel d'une autre ville. Cependant, celui qui peut être strict et faire venir un mohel d'un autre pays où il existe des mohalim craignant Hachem, il est bien qu'il agisse ainsi, et il recevra une bénédiction pour cela.
Moment approprié pour la mila
Réponse
La Torah enseigne : « Le huitième jour, on circoncira la chair de son prépuce. » Il convient donc de s'empresser de pratiquer la mila le huitième jour, sans la repousser à des jours ultérieurs, afin de ne pas annuler la mitsva du huitième jour. Toutefois, si le nourrisson tombe malade et que les médecins estiment qu'il est risqué de le circoncire le huitième jour, il faut reporter la mila. Dès qu'il sera possible de la pratiquer, il faudra s'empresser de la réaliser, sans la retarder davantage.
Réponse
La mila ne se pratique que de jour, même lorsqu'elle n'est pas réalisée à la date prévue. Elle ne peut être effectuée qu'à partir du lever du soleil le huitième jour de la naissance, jusqu'au coucher du soleil. Si la mila a été faite après l'aube, la mitsva est accomplie et il n'est pas nécessaire de refaire une incision pour le sang de l'alliance. Ainsi, si l'on ne peut pas pratiquer la mila après le lever du soleil, en cas de nécessité pressante, il est permis de la faire dès l'aube.
Réponse
Si le huitième jour est passé et que le père n'a pas accompli la mitsva de la mila, il n'encourt pas la sanction du nidouï, mais il perd la récompense de la mitsva accomplie en son temps dans le monde futur, ce qui est une sanction plus grave que le nidouï. Il convient donc d'expliquer cela à ceux qui choisissent la date de la brit mila selon leur convenance ou en fonction de la disponibilité d'une salle de fête.
Réponse
Si un enfant est né aux États-Unis et qu'il arrive en Israël pour être circoncis le huitième jour, et qu'en raison du décalage horaire, le huitième jour n'a pas encore commencé selon l'heure des États-Unis mais qu'il a déjà commencé en Israël, on pratique la mila le huitième jour selon le lieu où elle est réalisée.
Réponse
Même si toute la journée est valable pour accomplir la mila, il est préférable de s'empresser à accomplir les mitsvot, et la mila doit donc être réalisée dès le matin. Il ne faut pas retarder la mila après la mi-journée dans le but de permettre à plus d'invités d'assister à la cérémonie, car la mitsva de s'empresser à accomplir les mitsvot est plus importante que celle de la multitude lors de la mitsva. Il est recommandé d'avancer la mila autant que possible et de veiller à la réaliser avant la cinquième heure du jour, car la retarder au-delà de ce moment pourrait donner l'impression que la mitsva de la mila est négligée, à Dieu ne plaise.
Réponse
Dans la mesure du possible, il convient de veiller à ce qu'il y ait dix personnes présentes lors de la mila. Toutefois, si cela n'est pas possible, la mila peut être pratiquée même sans dix personnes. Ainsi, si l'on retarde la brit mila à l'après-midi afin de pouvoir la réaliser en présence d'un minyan, alors qu'en la faisant le matin il n'y aurait pas dix personnes, il est permis de la retarder pour cette raison. Ceci est d'autant plus valable si l'on sait que les personnes invitées partent tôt pour leur travail ou leurs études et qu'il serait difficile de réunir un minyan le matin.
Réponse
Lorsque la mila tombe un jour de jeûne public où il n'est pas possible de faire le repas, il ne faut pas retarder la mila jusqu'à la fin de la journée afin de faire le repas immédiatement après la mila, la nuit venue. Il convient plutôt de réaliser la mila le matin, comme le font ceux qui s'empressent d'accomplir les mitsvot, et le repas sera fait le soir. Si organiser le repas à la sortie du jeûne est difficile, il est permis de le reporter au lendemain du jeûne. Si le père du garçon se trouve à la synagogue, on ne dira pas le Vidouy, mais on commencera directement l'ordre des supplications du jour de jeûne. Si le père sort à l'extérieur, on dira aussi le Vidouy.
Réponse
Un nourrisson né pendant le bein hachmachot, moment où il y a un doute s'il fait encore jour ou déjà nuit, on compte pour lui huit jours à partir de la nuit, et il sera circoncis le huitième jour suivant. De même, s'il y a un doute si la naissance a eu lieu avant ou après le coucher du soleil, on compte huit jours à partir de la nuit. Il incombe au père de noter précisément l'heure de la naissance, et en cas de doute, il doit consulter une autorité rabbinique pour fixer la date de la mila.
Réponse
Si un nourrisson doit être circoncis le huitième jour, mais qu'un empêchement imprévu a empêché de réaliser la mila avant le coucher du soleil, par exemple si le mohel a été retardé pour une raison indépendante de sa volonté jusqu'au coucher du soleil, alors que l'assemblée attendait dans la salle et que tout était prêt pour la mila, il y aurait une grande perte pour le père et une atteinte à la dignité des personnes présentes si la mila n'était pas faite. Dans ce cas, il est permis de s'appuyer pour autoriser la mila immédiatement pendant le bein hachmachot, et il ne faut pas repousser la mila au lendemain, ce qui entraînerait l'annulation de la mitsva positive de « ouveyom hachmini yimol besar orlato ». Il est également permis de réciter toutes les bénédictions de la mila. Cela repose sur plusieurs doutes halakhiques : peut-être la halakha suit-elle Rabbénou Tam pour qui ce moment est encore considéré comme le jour entier, et même si la halakha suit les Guéonim, peut-être suit-elle Rabbi Yossi qui considère le bein hachmachot de Rabbi Yehouda (qui correspond à notre bein hachmachot) comme étant encore le jour, ou bien que le bein hachmachot est en général considéré comme le jour. Cependant, si le temps du bein hachmachot est passé et que la nuit est tombée (sortie des étoiles), il ne faut pas faire la mila, car une mila de nuit n'est pas valable ; il faudra alors repousser la mila au lendemain.
Réponse
Si un nourrisson a été circoncis la nuit, après la sortie des étoiles, bien que la mitsva de la mila n'ait pas été accomplie comme il se doit, il n'est pas nécessaire de refaire une hativa dam berit le lendemain. C'est l'avis du Maran Beit Yossef, contrairement à ceux qui sont en désaccord.
Réponse
Si la mila a été faite à un nourrisson avant l'âge de huit jours, il n'est pas nécessaire de refaire une hativa dam berit. Il semble même que le Rama soit d'accord sur ce point.
Réponse
Une correction de la mila qui est obligatoire selon la halakha, c'est-à-dire pour les "tsitsin hamaakvin et hamila" (fragments de prépuce qui empêchent la validité de la mila), doit être faite pendant la journée et non la nuit. En revanche, pour des corrections qui ne sont faites que pour embellir la mila, et pour lesquelles on ne revient pas le Chabbat, comme l'ablation d'un petit morceau de peau lorsque le membre est petit, il est permis de les faire la nuit. Ainsi, en cas de nécessité, par exemple si le mohel vient changer le pansement et remarque un fragment qui n'empêche pas la validité, ou si un morceau de peau s'est collé dans une fente et qu'il serait très difficile pour le mohel de revenir spécialement le lendemain pour corriger, et a fortiori s'il craint qu'en attendant jusqu'au lendemain le fragment risque de se coller au gland et causer de la douleur à l'enfant lors de la séparation, il est permis de l'enlever même la nuit.
Réponse
Il est permis au père du garçon, au mohel et au sandak de manger le jour de la mila avant la brit, et cela n'est pas comparable aux autres mitsvot, comme le loulav ou la bedika du hamets, pour lesquelles il est interdit de manger avant d'accomplir la mitsva.

