Questions pratiques
Lois des bénédictions du Chema
Réponse
Il est interdit de réciter les bénédictions du Kriat Chema, ainsi que les autres bénédictions, à titre de « nedava » (offrande volontaire), même en cas de doute. Seule la Amida, qui correspond au korban, peut être récitée comme une prière volontaire, à l'image d'un korban nedava. Ce n'est pas le cas pour les bénédictions du Kriat Chema et similaires. Par conséquent, ceux qui récitent les Maamadot ne doivent pas conclure par « Baroukh Ata Hachem Shomea Tefila ».
Que ton camp soit saint – faire attention à la présence d’excréments lors d’une bénédiction
Réponse
Il est écrit dans la Torah : « Que ton camp soit saint ». Il est donc interdit de penser à des paroles de Torah dans les toilettes, et a fortiori d’y prononcer des paroles de sainteté, même dans une langue étrangère. Il est donc bon, lorsqu’on se trouve aux toilettes, de penser à ses affaires ou à ses comptes, afin de ne pas en venir à penser à des paroles de Torah. Il est également permis d’y lire un journal religieux qui ne contient aucune parole de Torah. Le Chabbat, où il y a une mitsva de ne pas penser à ses affaires, il conviendra de penser à des choses merveilleuses qu’on a vues ou entendues, ou à des sujets similaires.
Réponse
Selon la halakha, il est permis d’apporter un journal religieux aux toilettes, à condition qu’il n’y ait pas de paroles de Torah à l’intérieur. A priori, il ne faut pas entrer aux toilettes avec un petit livre saint dans la poche de son vêtement. Il convient donc, avant d’entrer, de déposer le livre à l’extérieur. Cependant, si l’on se trouve dans un endroit non juif où il est impossible de laisser le livre à l’extérieur, il est permis d’entrer aux toilettes avec le livre dans la poche. Il est en revanche permis d’entrer aux toilettes avec une photo de rabbin, car ces images ne possèdent aucune sainteté, même s’il ne faut pas les traiter avec mépris.
Réponse
Il faut être très vigilant quant à la sainteté des livres. Celui qui ne fait pas attention à leur sainteté, par exemple en plaçant un pot de chambre contenant des excréments dans une pièce où se trouvent des livres, pour les besoins de jeunes enfants, et que la mauvaise odeur se répand dans toute la pièce où sont les livres, il est dit à son sujet que son corps est profané aux yeux des gens, et il est considéré comme ayant méprisé la parole de Hachem.
Réponse
Celui qui étudie la Torah et se trouve en train d’approfondir une halakha, il lui est malgré tout permis d’entrer aux toilettes alors qu’il réfléchit à une halakha qui n’est pas tranchée.
Réponse
Il ne faut pas lire dans les toilettes des livres de grammaire hébraïque rédigés par de grands maîtres de Torah, en hébreu, car leur méthode consiste à parvenir à une connaissance précise à travers des versets, ce qui amènerait à réfléchir à des passages du Mikra. De même, il est interdit d’écrire dans les toilettes des poèmes rimés dans le style du Talmud, car cela conduirait inévitablement à penser à des paroles du Talmud.
Réponse
Selon la halakha, il est permis de réfléchir à des questions de tsedaka dans les toilettes, ainsi que de calculer des comptes liés à une mitsva, et même de donner de la tsedaka dans le bain public. Il est également permis d’y penser à des besoins liés au Chabbat, à la soukka ou à des sujets similaires.
Réponse
Il est interdit de réciter le Chema, de faire une berakha ou d'étudier la Torah en face d'excréments humains, conformément au verset « Que ton camp soit saint ». Même la réflexion sur des paroles de Torah est interdite. Si quelqu'un a transgressé et a récité le Chema ou a fait une berakha dans cette situation, il n'est pas quitte et doit recommencer la récitation du Chema et la berakha. Si les excréments se trouvent derrière lui, il faut s'éloigner de quatre amot à partir de l'endroit où l'odeur cesse, même pour réfléchir à des sujets de tsedaka. Même une personne malade qui ne sent pas l'odeur doit s'éloigner de quatre amot à partir de l'endroit où l'odeur cesse pour quelqu'un qui sentirait. Si les excréments sont devant lui, il faut s'éloigner à une distance telle qu'il ne puisse plus les voir, même la nuit où il ne les voit pas, il doit s'éloigner jusqu'à l'endroit où il ne pourrait pas les voir de jour. Si les excréments sont sur les côtés, la règle est la même que s'ils étaient derrière lui.
Réponse
Certains estiment qu'il est interdit d'accomplir une mitsva sans berakha dans des endroits sales, comme prendre le loulav, sonner du chofar, honorer son père, sa mère ou son maître, et tout ce qui est similaire. D'autres pensent qu'en cas de nécessité, par exemple pour quelqu'un qui se trouve en prison dans un lieu sale, il est permis d'accomplir la mitsva sans berakha, comme prendre le loulav ou sonner du chofar et des cas semblables.
Réponse
Si les excréments se trouvent devant une personne, elle doit s'en éloigner jusqu'à ne plus pouvoir les voir. Si elle ne l'a pas fait, elle doit recommencer la récitation du Chema. Si les excréments sont derrière elle et qu'il n'y a pas d'odeur, il suffit de s'éloigner de quatre amot pour pouvoir réciter le Chema et prier. S'il y a une odeur, il faut s'éloigner de quatre amot à partir de l'endroit où l'odeur cesse. Si les excréments sont sur les côtés, s'ils ne sont pas visibles et que l'on se trouve à quatre amot de distance, il est permis d'être indulgent, même si c'est sur les côtés devant soi. Toutefois, s'il est possible de tourner le dos à l'endroit où se trouvent les excréments, il est préférable de le faire.
Réponse
Même une personne aveugle doit s'éloigner des excréments qui se trouvent devant elle. Elle doit s'éloigner à une distance telle qu'une personne ayant une vue moyenne ne pourrait pas voir les excréments.
Réponse
Il est interdit de réciter le Chema en face d'un poulailler à cause de la mauvaise odeur, leur statut étant assimilé à celui des excréments humains. Il en va de même pour une bergerie, car l'odeur y est mauvaise ; il est interdit d'y dire ou même d'y penser des paroles de Torah. Si l'on a récité le Chema ou prié dans un tel endroit, mais qu'il n'y avait pas de mauvaise odeur, il n'est pas nécessaire de recommencer.
Réponse
Dans un endroit où il y a des excréments et que l'on ne sait pas s'ils proviennent d'un homme ou de chiens, on suit la majorité : si les chiens sont plus nombreux, on considère qu'ils proviennent de chiens et il est permis de réciter le Chema et de faire une berakha en leur présence. Si de l'urine se trouve dans un récipient et qu'on ne sait pas s'il s'agit d'urine ou d'une autre eau, comme il est impossible de vérifier, on peut réciter par doute, car il s'agit d'un doute sur une règle rabbinique et l'on n'a légiféré strictement que dans les cas certains, pas dans les cas de doute. Il n'y a pas de différence selon qu'il y ait des enfants présents ou non, car dans tous les cas, s'il y a un doute sur la nature de l'urine, on est indulgent.
Réponse
Si l’on sait qu’il y avait de l’urine dans sa maison et que l’on doute si l’on y a versé un quart de log d’eau ou non, certains estiment que, puisque l’interdiction a été établie, même pour une règle d’ordre rabbinique, il faut être rigoureux. Cependant, dans ce cas précis, il est permis d’être indulgent, même si l’interdiction a été établie.
Réponse
Toute substance dont la mauvaise odeur provient de sa nature et non d’une décomposition, comme le naphta ou le goudron, même si l’odeur est forte, n’a pas le statut d’excrément. Il n’est donc pas nécessaire de s’en éloigner lors de la récitation du Chema ou de la tefila. Toutefois, par mesure de piété, il convient de s’en éloigner également lors de la tefila.
Réponse
Bien qu’il soit interdit de penser à des paroles de Torah dans les toilettes ou dans un bain public, il est malgré tout permis d’y réfléchir à des paroles de Torah afin d’éviter de penser à des choses interdites, comme des pensées relatives aux femmes. En effet, la réflexion à des paroles de Torah dans un lieu impur est une interdiction d’ordre rabbinique, et pour éviter une faute plus grave, il est permis d’enfreindre une interdiction moins grave.
Réponse
Si, en face de la personne qui prie, se trouvent des canalisations où passent les eaux usées, certains disent que si elles se trouvent dans un autre domaine – par exemple, si on les voit par la fenêtre – il est permis de prier et de réciter le Chema face à ces canalisations. Mais si les canalisations sont dans le même domaine, il faut les peindre ou les entourer de carton ou d’une cloison en plâtre. Certains autorisent même si le tuyau est visible. Bien que l’avis principal permette d’être indulgent, il est néanmoins préférable, lorsqu’un tuyau d’égout se trouve dans une synagogue ou une soukka, de l’entourer de carton ou d’une cloison en plâtre de façon à ce que le tuyau ne soit pas visible. Il est permis d’être indulgent, surtout si le tuyau est dans un autre domaine et visible par la fenêtre. Il est bon de fermer la fenêtre pendant la tefila.
Réponse
Une personne alitée à l’hôpital, dans une chambre où se trouve un récipient contenant de l’urine et des saletés, doit recouvrir ce récipient avec un couvercle. Elle pourra alors prier et réciter le Chema, à condition qu’aucune mauvaise odeur ne s’en dégage.
Réponse
Une poubelle située dans la rue, en été lorsqu’elle dégage une mauvaise odeur, il ne faut ni réciter de berakha ni étudier à proximité. Mais en hiver, ou lorsqu’aucune mauvaise odeur ne s’en dégage, certains permettent de réciter les berakhot du matin ou d’étudier face à la poubelle. Toutefois, si la poubelle est en métal et qu’il y a un risque que les déchets aient imprégné la matière, et qu’on y jette des couches de bébés, elle a alors le statut de récipient d’excréments, et il est interdit de réciter le Chema ou d’autres paroles sacrées face à elle, même sans mauvaise odeur. Mais si les déchets ne sont pas absorbés dans la poubelle, comme c’est le cas de la plupart des poubelles actuelles, et qu’aucune mauvaise odeur ne s’en dégage, il est permis de réciter face à elle. Certains sont stricts en toute circonstance ; il est donc bon de se déplacer de l’autre côté de la route, de sorte que la poubelle ne soit pas en face de lui pendant qu’il bénit ou prie en chemin.
Réponse
Il est permis d'étudier la Torah ou de réciter une berakha face à l'eau utilisée pour la netilat yadayim du matin. Par mesure de piété, il est bien d'être strict à ce sujet. Si l'on a versé sur ces mains un volume d'un reviit d'eau, même la mesure de piété ne s'applique plus et il n'est pas nécessaire d'être strict. Selon la règle stricte, il est permis de réciter le Birkat Hamazon alors que le récipient contenant l'eau de la netilat yadayim pour après le repas se trouve devant soi. Toutefois, par mesure de piété, il est bien de retirer l'assiette contenant cette eau de la table au moment du Birkat Hamazon.

