Questions pratiques
Statut du quatrième repas
Réponse
Bien qu’il soit permis d’effectuer un travail avant de manger la quatrième seouda, les disciples du Ari zal ont écrit que la "nefesh yetera" ne quitte pas complètement avant la seouda de la sortie du Chabbat. C’est pourquoi il n’est pas approprié de s’occuper à un travail qui n’est pas lié à la nourriture, ou à l’étude de la Torah, avant d’avoir pris la seouda de la sortie du Chabbat. Toutefois, si cela devait entraîner une interruption de l’étude de la Torah, il ne doit certainement pas arrêter son étude jusqu’à ce qu’il mange la quatrième seouda.
Statut de la course et de l’exercice physique pendant Chabbat
Réponse
Il est écrit dans le livre de Yechaya : « Si tu retiens ton pied pendant le Chabbat, de faire tes affaires en Mon jour saint... et tu honoreras le Chabbat en ne suivant pas tes chemins... » De là, les Hakhamim ont appris que la manière de marcher pendant le Chabbat ne doit pas être comme celle des jours de semaine. Ainsi, il ne convient pas de courir pendant le Chabbat, que ce soit une course normale ou de faire de grands pas. Toutefois, il est permis, et même une mitsva, de courir pendant le Chabbat pour aller à la synagogue ou au Beit Hamidrash, même si l’on n’est pas pressé par le temps, comme il est écrit : « Ils suivront Hachem, Il rugira comme un lion. » Courir pour accomplir une mitsva montre l’attachement et l’amour de la mitsva. Celui qui court pour une mitsva, même pendant le Chabbat, reçoit une grande récompense de la part d’Hachem.
Réponse
Il est permis de courir vers la synagogue pendant le Chabbat dès la sortie de chez soi, et pas seulement à l’approche de la synagogue.
Réponse
Celui qui marche sur la route et craint qu’il ne pleuve a le droit de courir afin d’éviter d’être mouillé par la pluie. Il est également permis de marcher rapidement pour échapper à un chien qui le poursuit, ou dans des situations similaires.
Réponse
Celui qui marche dans un endroit où se trouvent des femmes habillées de manière indécente a le droit de courir ou de faire de grands pas, même pendant le Chabbat.
Réponse
Il est permis de se promener pendant le Chabbat, même si l’intention est pour la santé. Il est donc permis de se promener après le repas. Cependant, il faut veiller à ne pas sortir de la ville à plus de deux mille amot de la dernière maison de la ville ou de la limite de l’erouv. Il faut aussi faire attention à ne pas transporter d’objet dans le domaine public pendant la promenade, dans les endroits où il n’y a pas d’erouv. Même dans les endroits où il y a un erouv, il est recommandé d’être rigoureux sur ce point. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas multiplier les promenades pendant le Chabbat, car les Chabbatot et les jours de fête n’ont été donnés au peuple d’Israël que pour qu’ils s’occupent de la Torah.
Réponse
Des jeunes gens qui prennent plaisir à sauter et à courir ont le droit de courir pendant le Chabbat.
Réponse
Il est permis aux enfants de jouer à des jeux de course, à cache-cache, à chat et de sauter à la corde pendant Chabbat. Cependant, il est interdit de leur permettre de jouer à des jeux de sable où l’on creuse une fosse, ou à des jeux qui impliquent de transgresser des interdits, même s’il s’agit d’interdits d’ordre rabbinique. Il est permis de donner une corde à des petits enfants pour qu’ils sautent avec elle, sur un sol pavé, sur une route pavée, ou dans un endroit qui n’est pas un sol meuble, de peur qu’ils n’égalent des creux. De même, il est permis aux enfants de jouer aux billes sur un sol pavé. Comme l’a écrit Maran dans le Choulhan Aroukh concernant le balayage de la maison, même selon le Rama qui interdit de balayer une maison même pavée, de peur que l’on vienne à balayer une maison non pavée, de nos jours où la majorité des maisons sont pavées, on ne décrète plus cela. Mais sur un sol non pavé, il faut interdire.
Réponse
Il est interdit de faire des exercices de gymnastique pendant Chabbat, que ce soit avec des appareils spécifiques ou sans, dès lors que cela entraîne de la transpiration et que l'on a l'intention de transpirer. Dans ce cas, il convient aussi de s'abstenir de fermer et d'ouvrir rapidement les mains, car il est évident que cela est fait à des fins de gymnastique. Mais si l'on n'a pas l'intention de transpirer, il n'y a pas d'interdiction selon la halakha. Toutefois, celui qui s'impose la rigueur de ne pas faire de gymnastique du tout pendant Chabbat, même sans intention de transpirer, sera béni, car Chabbat et les jours de fête ont été donnés pour que le peuple d'Israël s'y consacre à l'étude de la Torah.
Réponse
Il est interdit de nager à la surface de l’eau pendant Chabbat, de peur que l’on fabrique un flotteur pour nager. Dans une piscine située dans une cour, il est interdit d’y nager pendant Chabbat, car lorsque l’eau est arrachée et sort hors de la piscine, cela ressemble à un fleuve. Mais si la piscine possède un rebord tout autour, il est permis d’y nager, car même si l’eau est arrachée, le rebord la ramène à sa place, ce qui est considéré comme un récipient et il n’y a pas lieu de craindre que l’on fabrique un flotteur. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’interdire la natation à cause de l’exercice physique, même si cela entraîne de la transpiration. Cependant, en pratique, il faut enseigner de s’abstenir de se baigner dans toute piscine pendant Chabbat, et surtout en maillot de bain, en raison de plusieurs craintes.
Réponse
Nager dans la mer, dans un lac ou dans une rivière est interdit selon la halakha. Cependant, se baigner dans la mer ou dans une rivière sans nager est permis pendant Chabbat. Malgré cela, il est préférable et recommandé de s'abstenir de se baigner dans la mer pendant Chabbat, même sans nager.
Réponse
Si l'on marche et que l'on rencontre une flaque d'eau, il est permis de la franchir en sautant, même si elle est assez large pour qu'on ne puisse pas poser un pied avant de lever l'autre. Il vaut mieux sauter que de contourner la flaque, car cela réduit la marche. Il est interdit de traverser la flaque d'eau pour éviter d'en venir à essorer ses vêtements.
Lois du transport pendant Chabbat
Réponse
Celui qui transporte un objet d’un reshout hayahid vers un reshout harabim, ou qui le déplace sur une distance de quatre amot dans un reshout harabim, en le soulevant puis en le posant, est passible à cause de la melakha de hotzaa. Il est donc interdit de sortir dans un reshout harabim en ayant un objet en main ou dans sa poche. Aujourd’hui, en Israël, la plupart des endroits disposent d’un erouv sous forme de tsourat hapetah, et beaucoup s’appuient sur cet erouv pour transporter d’un domaine à l’autre ou déplacer sur quatre amot dans le reshout harabim. Selon de nombreux aharonim, même d’après l’avis du Maran du Choulhan Aroukh, il est permis de s’appuyer sur l’erouv. Les grands de Jérusalem ont également écrit que de nos jours, il n’existe pas de reshout harabim au sens strict. Cependant, ceux qui sont particulièrement scrupuleux s’abstiennent totalement de déplacer des objets dans le reshout harabim pendant Chabbat, et qu’ils soient bénis pour cela. Ils craignent l’opinion selon laquelle il existerait aujourd’hui un reshout harabim d’ordre toranique, auquel cas l’erouv ne serait pas efficace. C’est pourquoi certains laissent leur talit et leur mouchoir à la synagogue avant Chabbat, afin de ne pas avoir à les transporter pendant Chabbat, ou bien ils se rendent à la synagogue le matin déjà enveloppés dans leur talit. Malgré tout, même ceux qui sont stricts peuvent donner leur talit ou leur mouchoir à quelqu’un qui a l’habitude de transporter, même s’il n’est que bar mitsva, et on laisse agir Israël.
Réponse
Celui qui sort la veille de Chabbat dans un reshout harabim dans un endroit sans erouv, pensant avoir encore le temps, et que Chabbat commence alors qu’il porte un paquet sur l’épaule ou un sac à la main, et qu’il s’agit d’un objet de valeur, s’il est accompagné d’un non-juif, il doit le donner au non-juif. Sinon, il le donnera à un enfant. S’il n’y a ni non-juif ni enfant, il avancera en s’arrêtant à chaque fois avant d’atteindre quatre amot, ou il posera l’objet, puis le reprendra et avancera à nouveau de moins de quatre amot. Il continuera ainsi jusqu’à arriver près de chez lui, puis il laissera tomber l’objet de sa main. Cela s’applique aussi si l’objet se trouve dans sa poche. S’il est accompagné d’un ami, il est préférable que chacun transporte l’objet à tour de rôle sur moins de quatre amot. S’il craint les voleurs ou un danger similaire, il courra avec son paquet jusqu’à la maison et le jettera là-bas d’une manière inhabituelle, par exemple de son épaule vers l’arrière.
Réponse
Celui qui a oublié et s’est retrouvé dans le reshout harabim sans erouv avec une kippa dans sa poche ne doit pas la mettre immédiatement sur sa tête afin de la considérer comme un vêtement, car en la mettant, cela est considéré comme avoir posé l’objet. Il devra agir comme expliqué dans le paragraphe précédent.
Réponse
Ceux qui ont l’habitude de faire sortir des livres ou un talit pendant Chabbat par l’intermédiaire d’un enfant, du reshout hayahid vers le reshout harabim, jusqu’à la synagogue, dans un endroit sans erouv, il n’y a pas lieu de les en empêcher, à condition que cela se fasse dans un endroit où il n’y a pas de non-juif présent, uniquement pour un besoin de mitsva, et que cela reste occasionnel, par exemple si l’erouv a été interrompu ou un cas semblable. A priori, il convient de déposer les livres et le talit à la synagogue avant Chabbat, afin de ne pas avoir à les transporter par l’intermédiaire d’un enfant pendant Chabbat. Tout cela s’applique en l’absence d’erouv, mais s’il y a un erouv conforme à la loi, même ceux qui sont stricts et ne transportent rien pendant Chabbat peuvent donner à leurs enfants un sidour, un houmach ou un talit à apporter à la synagogue.
Réponse
Tout transport d’objet effectué sous forme de vêtement n’est pas concerné par l’interdiction de hotzaa. Même si l’on porte deux vêtements l’un sur l’autre et que l’on sort ainsi dans le reshout harabim dans un endroit sans erouv, il n’y a pas d’interdiction de transporter, que ce soit pour son propre besoin ou pour celui d’autrui. Il est également permis, selon notre coutume, de porter deux ceintures l’une sur l’autre. Les Ashkénazes, cependant, sont stricts et ne sortent pas avec deux ceintures l’une sur l’autre, sauf si l’une est sur la chemise et l’autre sur la veste, ou cas similaire.
Réponse
Certains disent qu’il est permis de sortir dans le reshout harabim en étant ceint d’un gartil, c’est-à-dire une ceinture spéciale que l’on attache sur le vêtement supérieur pour la prière. D’autres sont en désaccord.
Réponse
Il est permis de sortir le Chabbat dans le domaine public en portant deux couvre-chefs l’un sur l’autre, par exemple une kippa surmontée d’un chapeau, même dans des endroits où il n’y a pas de erouv, car cela est considéré comme une manière habituelle de se vêtir. Cependant, il faut veiller à ne pas porter une kippa sous le chapeau si le chapeau n’est pas bien ajusté à la tête.
Réponse
Celui dont le chapeau est trop grand pour sa tête a le droit, le Chabbat, de placer du papier à l’intérieur du chapeau afin de réduire l’espace et de l’ajuster à sa taille. Cela n’est pas considéré comme une réparation d’objet. Il est également permis de sortir avec ce chapeau dans le domaine public, même là où il n’y a pas de erouv.

