Questions pratiques
Ce qui provient d’un animal impur est impur
Réponse
Une femme juive qui allaite et à qui un hakham a permis de consommer des aliments interdits pour des raisons médicales, par exemple si elle souffre d'une maladie mettant sa vie en danger, il est préférable qu'elle confie son nourrisson à une autre nourrice et qu'elle ne l'allaite pas elle-même, car son lait pourrait nuire à l'enfant sur le plan psychique. Cependant, si cela n'est pas possible, il lui est permis de l'allaiter, même si la situation n'est pas dangereuse, car tout cela relève d'une attitude de piété, du fait que cela développe une mauvaise nature.
Réponse
Le miel d'abeille est permis, car il ne provient pas du corps de l'abeille, mais les abeilles le recueillent des plantes dans leur bouche, puis le régurgitent dans la ruche afin de pouvoir le consommer pendant la saison des pluies.
Réponse
Le miel vendu avant filtration, qui contient des pattes d'abeilles ou des parties de leur corps, doit être bouilli soigneusement afin de pouvoir ensuite le filtrer et retirer ces éléments. Il n'y a pas lieu d'interdire cela sous prétexte que l'on annule intentionnellement le goût de l'interdit, car l'intention n'est pas d'annuler l'interdit, mais d'améliorer le miel.
Réponse
Le tonus royal, appelé aussi "mazone malhoute", qui est destiné à renforcer et à fortifier le corps, et dans lequel on mélange du miel dans une proportion quarante fois supérieure afin qu'il soit propre à la consommation humaine, il est permis d'en consommer, tout comme il est permis de consommer du miel ordinaire, en particulier pour ceux qui sont faibles ou fatigués, afin de renforcer leur corps et de renouveler leur vigueur.
Signes distinctifs des oiseaux purs
Réponse
Les signes permettant d’identifier un of tahor (oiseau pur) ne sont pas explicités dans la Torah, car la Torah n’a mentionné que les espèces impures, au nombre de vingt-quatre. Ainsi, toutes les autres espèces non mentionnées sont permises. Cela inclut les dindes, qui sont autorisées à la consommation. Toute personne experte dans l’identification de ces espèces et de leurs noms peut consommer tout oiseau qui ne fait pas partie de la liste des espèces interdites, et aucune vérification n’est nécessaire. Un of tahor est consommé sur la base d’une tradition (masoret), c’est-à-dire lorsqu’il est clairement établi dans un lieu donné que cet oiseau est pur. Certains estiment qu’il ne faut pas se fier aux signes, et qu’il ne faut consommer aucun oiseau sans tradition reçue attestant de sa pureté.
Réponse
Tout oiseau de proie est reconnu comme impur. Si un oiseau possède trois signes de pureté — un doigt supplémentaire, un jabot, et un gésier qui se pèle à la main — il est presque certain qu’il n’est pas un oiseau de proie et qu’il est pur. Il existe toutefois un autre signe permettant de dissiper tout doute : si l’oiseau a un bec large et une patte large, alors même en l’absence de toute tradition attestant de sa pureté, il est permis à la consommation.
Signes distinctifs des poissons purs
Réponse
Les poissons sont permis à la consommation lorsqu'ils possèdent les deux signes explicités dans la Torah : tout poisson qui a une snapir (nageoire) et une kaskeshet (écaille) est pur. La snapir est ce qui lui permet de nager, et la kaskeshet désigne les écailles fixées sur son corps. Même s'il n'a qu'une seule kaskeshet n'importe où sur son corps, le poisson est pur. Même s'il n'a qu'une seule snapir et une seule kaskeshet, il est permis. De plus, même s'il ne possède pas actuellement ces signes mais qu'il les développera plus tard, ou s'il les avait dans l'eau et les perd dès qu'il sort sur la terre ferme, il est permis.
Réponse
Tout poisson qui possède une kaskeshet a également une snapir, mais il existe des poissons qui ont une snapir sans avoir de kaskeshet. Par conséquent, si l'on trouve un poisson avec une kaskeshet, il n'est pas nécessaire de vérifier s'il a aussi une snapir.
Réponse
Les poissons ne nécessitent pas d'abattage rituel (shehita), leur capture suffit à les rendre permis, comme il est dit dans la Torah : pour les troupeaux et le bétail il est mentionné l'abattage, tandis que pour les poissons il est utilisé le terme de collecte, indiquant que la capture suffit. Il n'y a pas d'interdiction de consommer un membre prélevé sur un animal vivant (ever min hachai) concernant les poissons, ils n'ont pas besoin d'être purifiés de leur sang, et il est permis de consommer leur chair sans salage préalable.
Réponse
Il faut être vigilant et ne pas se fier à tous les hechcherim apposés sur les boîtes de conserve de thon importées, car certains hechcherim ne sont pas fiables pour le thon. En effet, il a été constaté que parmi les thons cachères se trouve une espèce de thon dépourvue d'écailles. Il convient donc de vérifier quels hechcherim sont dignes de confiance à ce sujet.
Réponse
Lorsqu'on achète du thon chez un poissonnier et qu'il propose une tranche provenant du milieu du poisson, il faut voir le vendeur découper devant soi un morceau d'un poisson qui a des écailles. Si le vendeur a découpé la tranche hors de la vue de l'acheteur et affirme ensuite qu'elle provient d'un poisson cachère, et qu'il est impossible de comparer précisément l'endroit de la coupe, il ne faut pas se fier à sa parole. Toutefois, si la découpe a été faite devant un surveillant, que les morceaux ont été placés dans des sachets en plastique bien fermés et scellés avec un double cachet (hotam betokh hotam), il est permis d'acheter ce poisson. De même, lorsqu'on achète du poisson filet, il faut l'acheter avec un morceau de peau afin de pouvoir vérifier la présence d'écailles, car il existe des espèces de filet sans écailles. Si le poisson est scellé avec un double cachet, comme cela se fait aujourd'hui avec un emballage plastique hermétique, un papier de hechcher à l'intérieur et une fermeture par plomb, il n'est pas nécessaire que le poisson ait sa peau.
Réponse
Pour le poisson appelé Nessikhat Hanilos (perche du Nil), il faut l'acheter avec un morceau de peau afin de pouvoir vérifier la présence d'écailles, car certaines espèces n'en ont pas. Il faut également se méfier de certains commerçants peu scrupuleux qui collent sur la perche du Nil une peau avec des écailles pour faire croire que le poisson est pur alors qu'il est impur. En revanche, pour le poisson karpion (carpe), il n'existe pas d'espèce impure dépourvue d'écailles.
Réponse
Pour les poissons qui possèdent des écailles, mais que l’on ne peut voir qu’en les exposant à la lumière du soleil, il est permis de les consommer, à condition que les écailles puissent être retirées à la main ou à l’aide d’un ustensile.
Réponse
Pour les poissons dont les écailles ne sont visibles qu’à l’aide d’une loupe ou d’un microscope, et qui ne sont pas du tout visibles à l’œil nu, il est clairement interdit de les consommer. En effet, la Torah n’a permis que ce qui est visible à l’œil d’une personne en bonne santé, sans instrument d’observation.
Réponse
Si l’on trouve des morceaux de poisson et que l’un d’eux présente des écailles, si tous les morceaux se ressemblent, ils sont permis à la consommation, car on présume qu’ils proviennent d’un même poisson. Si les morceaux ne se ressemblent pas, seuls ceux sur lesquels on a trouvé des écailles sont permis, les autres sont interdits, même s’ils ont été salés ensemble.
Réponse
Certains affirment que si l’on trouve un poisson avec une tête large et une colonne vertébrale, il est permis de le consommer, car il aurait certainement eu des écailles. Cependant, si le poisson est entier mais que l’on n’y voit pas d’écailles, il ne faut pas se fier au signe de la tête large et de la colonne vertébrale. D’autres estiment qu’en toute situation, il ne faut pas se fier à ces signes, et telle semble être l’opinion du Maran du Choulhan Aroukh.
Réponse
Si l’on trouve un poisson qui possède des écailles, mais qui n’a pas de colonne vertébrale et dont la tête n’est pas large, il est permis à la consommation selon tous les avis.
Réponse
Un petit poisson trouvé lors du labourage de la terre est interdit à la consommation, même si, s’il avait été trouvé dans l’eau, il aurait été permis.
Réponse
L'huile contenue dans les petites sardines, ainsi que dans d'autres produits fabriqués par des non-juifs, lorsqu'il est indiqué sur la boîte qu'il s'agit d'huile d'olive, il n'y a pas lieu de craindre qu'il s'agisse d'une huile interdite ou qu'elle ait été mélangée à une huile interdite, car un professionnel ne compromet pas sa réputation.
Réponse
L'huile de poisson qui, selon ce qui se dit, est fabriquée à partir de poissons interdits, peut être consommée par un malade qui n'est pas en danger de mort et qui en a besoin pour des raisons médicales, à condition de la boire seule, car son goût est altéré et répugnant, ce qui n'est pas la manière habituelle de consommer. En particulier, on suppose généralement qu'il n'en boit qu'une demi-mesure par jour, c'est-à-dire moins qu'un reviit. Il est préférable de la consommer en l'enveloppant dans du caoutchouc ou des capsules, qui font barrière entre l'huile et la gorge. Pour une personne en bonne santé qui se tient debout mais qui ressent une gêne ou une faiblesse, s'il ne boit qu'une demi-mesure, il y a lieu d'être indulgent. Il est toutefois préférable qu'il la prenne sous forme de capsules. Les nourrissons faibles qui doivent consommer cette huile pour des raisons médicales sont considérés comme des malades sans danger de mort. Tout cela ne s'applique que lorsqu'il est absolument impossible de se procurer de l'huile de poisson permise. Mais si l'on peut obtenir de l'huile de poisson permise, il n'est en aucun cas permis d'utiliser l'huile interdite, même si l'huile permise est très chère.

