Questions pratiques
Travaux interdits et permis pendant yom tov
Réponse
Il est permis de préparer ou de cuire pendant Yom Tov un aliment qui ne perd pas du tout de goût s'il avait été fait la veille pour Yom Tov, à condition d'en faire une petite quantité pour la consommation du jour même. Néanmoins, il est bon de prendre sur soi, à titre de rigueur, de le préparer avant Yom Tov. Ainsi, un gâteau qui pourrait être cuit avant Yom Tov, de même que la cuisson de fruits secs (kompot) ou la confection de confitures (riba), il est préférable de les préparer avant Yom Tov. Toutefois, si cela n'a pas été fait avant Yom Tov, il est permis de les préparer pendant Yom Tov, à condition d'en faire une petite quantité pour la consommation du jour même. Néanmoins, s'il est possible de les faire pendant Yom Tov en modifiant la manière habituelle de les préparer, il est bon de procéder à un changement dans leur préparation. Quant aux mekhsherei okhel nefesh (préparatifs nécessaires à la préparation des aliments) qui auraient pu être faits avant Yom Tov, il est interdit de les faire pendant Yom Tov. Les Ashkénazim sont stricts même concernant un aliment qui ne perd pas de goût et qui aurait pu être préparé avant Yom Tov, de ne pas le préparer pendant Yom Tov.
Réponse
Il est préférable de s'abstenir de fabriquer de l'arak pendant Yom Tov, même pour le boire pendant Yom Tov, car il est d'usage d'en préparer une grande quantité en une seule fois.
Réponse
Celui qui cuisine pendant Yom Tov dans le but de manger de façon excessive, par exemple s'il est déjà rassasié de son repas et qu'ensuite il cuisine et mange au point d'être écœuré par sa nourriture, a transgressé une interdiction en cuisinant, car cela n'est pas considéré comme une véritable consommation. En revanche, s'il mange de façon abondante mais qu'il en tire encore du plaisir, cela est inclus dans le cadre de ochel nefesh et est permis.
Réponse
Les sages ont interdit de moissonner son champ ou de vendanger sa vigne pendant Yom Tov, même si c'est pour un besoin alimentaire, car il est habituel de moissonner ou de vendanger en grande quantité, ce qui risquerait d'occuper toute la journée et d'empêcher la joie de Yom Tov. De même, les travaux de rassemblement des gerbes, de battage du blé, de pressage des fruits destinés à être pressés, de tri, de mouture et de tamisage sont interdits pendant Yom Tov, car ces activités se font généralement en grande quantité et il y a à craindre qu'on les fasse pour des besoins profanes. Les Hakhamim ont appuyé cela sur les versets : « Mais ce qui sera mangé par toute personne, cela seul pourra être fait pour vous », suivi de « Vous garderez les matsot », indiquant que la permission de faire un travail pour la nourriture ne commence qu'à partir de la surveillance de la pâte, c'est-à-dire à partir du pétrissage, moment où la farine entre en contact avec l'eau et risque de fermenter sans surveillance particulière. C'est pourquoi les travaux précédant le pétrissage sont interdits pendant Yom Tov.
Regle du mouktse pendant yom tov
Réponse
Il est interdit de déplacer le mouktsé pendant Yom Tov, même dans des cas où cela serait permis le Chabbat. Par exemple, les épluchures de fruits qui sont propres à la consommation des animaux ou des oiseaux, ou les os qui conviennent aux chiens, bien qu'il soit permis de les déplacer le Chabbat, il reste interdit de les déplacer à Yom Tov afin d'éviter de manquer de respect à la sainteté de Yom Tov. Il ne faut pas non plus les déposer dans une assiette vide, car cela reviendrait à rendre l'assiette inutilisable, ce qui entraînerait l'interdiction de déplacer l'assiette contenant ces épluchures pendant toute la journée. Il convient donc de placer d'abord un fruit ou une tranche de pain dans l'assiette, puis d'y mettre les épluchures ou les os. Il est permis ensuite de déplacer l'assiette contenant le fruit ou la tranche de pain avec les épluchures et les os pour les jeter à la poubelle, car l'assiette devient alors un support aussi pour un objet permis. La raison pour laquelle les Sages ont été plus stricts concernant le mouktsé à Yom Tov qu'au Chabbat est que la sainteté de Yom Tov est parfois prise à la légère, et ils ont donc instauré une barrière pour éviter tout manque de respect envers Yom Tov.
Réponse
Les fruits destinés à la vente, comme chez un grossiste qui a l'habitude de vendre des caisses ou des sacs entiers de fruits et qui ne les prend pas pour sa propre consommation, sont considérés comme mouktsé et il est interdit d'en prendre pendant Yom Tov, même si cela serait permis le Chabbat. En revanche, il est permis de prendre des fruits, des œufs, de l'huile ou du vin chez un détaillant pendant Yom Tov, à condition de ne pas mentionner le prix.
Réponse
Si Yom Tov tombe un Chabbat, étant donné que la sainteté du Chabbat s'ajoute à celle de Yom Tov et que cela est pris au sérieux par tous, il n'est pas nécessaire d'être plus strict concernant le mouktsé que lors des autres Chabbatot. Bien qu'il existe des avis qui interdisent, l'opinion principale est celle des décisionnaires qui permettent.
Réponse
Il est permis de déplacer du mouktsé pour un besoin alimentaire. Ainsi, si des pierres ou un portefeuille contenant de l'argent ont été posés sur des fruits, il est permis de les déplacer afin de prendre les fruits en dessous. De même, il est permis de retirer des braises et des cendres du four afin de pouvoir y cuire, même si cela éteint les braises, car de la même manière qu'il est permis d'allumer pour un besoin alimentaire, il est aussi permis d'éteindre pour ce même besoin. Cela ressemble au cas où l'on pose de la viande sur des braises pour la griller à Yom Tov, ce qui est permis.
Réponse
Il convient d'adopter une attitude stricte et de ne pas déplacer à Yom Tov un bocal contenant des poissons d'ornement, ni des oiseaux libres et des perroquets dans une cage, car ils sont destinés à la décoration et non à la consommation. Pour des poissons purs, il faut faire une condition avant Yom Tov en précisant explicitement que l'on souhaite les manger, sinon il est interdit de les déplacer.
Réponse
Il est permis de déplacer à Yom Tov une échelle utilisée dans la maison, d'un coin à l'autre, afin de descendre des objets pour les utiliser ou de prendre des livres saints pour étudier.
Regle du deuxieme jour de yom tov en diaspora
Réponse
En dehors d’Israël, on observe, selon l’institution des Sages, deux jours de Yom Tov appelés "Yom Tov cheni chel galouyot". Même à notre époque, où l’on fixe les fêtes selon le calendrier et non selon l’observation de la lune, et même si les communautés de la diaspora connaissent parfaitement la fixation du mois, les Sages ont maintenu la coutume ancestrale de célébrer deux jours. Ils ont craint qu’un décret du pouvoir ne vienne empêcher Israël d’étudier la Torah, ce qui pourrait entraîner l’oubli du calcul du mois, et conduire à des erreurs dans la fixation des jours, comme manger du hamets à Pessah par erreur. C’est pourquoi le second jour de Yom Tov conserve toute sa rigueur initiale : tout ce qui est interdit le premier jour l’est aussi le second. Celui qui le néglige, même pour une interdiction de type shevout, ou qui sort hors du tehoum, les Sages le mettaient en nidouy ou le frappaient de makat mardout.
Réponse
Il n’y a pas de différence entre le premier et le second jour de Yom Tov en diaspora, sauf pour le cas d’un malade sans danger vital. Le premier jour, il est interdit de lui prodiguer des soins sauf par l’intermédiaire d’un non-juif, tandis que le second jour, il est permis d’effectuer tout ce qui n’est interdit que par shevout, même par un Juif. Il est également permis d’appliquer un collyre à l’œil, même à des fins esthétiques, le second jour. Cette exception ne concerne pas Yom Tov de Roch Hachana, car ses deux jours sont considérés comme une seule sainteté, comme un seul long jour.
Réponse
De même, concernant un décès survenu le premier jour de Yom Tov, on ne s’occupe de l’enterrement que par l’intermédiaire de non-juifs. Par contre, le second jour, tout ce qui est nécessaire à l’enterrement est permis même par des Juifs. Cependant, l’accompagnement du défunt doit se faire uniquement à pied. Il n’est permis de se déplacer en voiture pour accompagner le défunt, même le second jour, que pour les membres du hevra kadicha, en nombre très limité, et à condition que le conducteur soit non-juif. Si aucun conducteur non-juif n’est disponible, il est permis qu’un Juif conduise. Lorsque le conducteur est non-juif, il leur est permis de rentrer chez eux en voiture après l’enterrement. De nos jours, où il existe des chambres froides et qu’il n’y a pas de risque de déshonneur pour le défunt en retardant l’enterrement, si le rabbin qui tranche la loi craint que l’on en vienne à profaner la sainteté de Yom Tov, même si le décès a lieu le second jour, il y a lieu de repousser l’enterrement et la levaya au lendemain de Yom Tov. Même lors des deux jours de Roch Hachana, si le décès survient le second jour, il est permis aux Juifs de s’occuper de l’enterrement. Mais le second jour de Roch Hachana a exactement le même statut que le premier pour tous les aspects.
Réponse
Un résident d’Israël qui voyage en diaspora, avec l’intention de retourner en Israël et qui séjourne là-bas un ou deux mois, n’a pas le droit d’effectuer un travail le second jour de Yom Tov lorsqu’il se trouve dans une communauté juive. Certains estiment que cela ne concerne que les actes faits en public, afin d’éviter la discorde et que les Juifs de diaspora ne viennent à mépriser la sainteté du second jour. D’autres pensent que même en privé, cela est interdit, et il convient d’être rigoureux sur ce point. Toutefois, il est permis de déplacer en privé des objets mouktsé le second jour de Yom Tov.
Réponse
Concernant la prière, le second jour de Yom Tov en diaspora, comme à Chavouot, le huitième jour de Pessah ou le neuvième jour de Souccot, il convient de réciter le Chema avec les tefiline chez soi, puis de revêtir des habits de Chabbat et de Yom Tov, et d’aller à la synagogue pour prier la Amida avec la communauté, comme dans le lieu d’origine. Pour la prière silencieuse, il n’y a pas de crainte de discorde. Lorsque la communauté récite le Halel, on peut le dire avec eux sans berakha, et il est préférable de le faire en sautant certains passages, comme on le fait à Roch Hodech. Lors de la prière de Moussaf, on tiendra le sidour en main et on récitera des Tehilim ou autres psaumes, comme si l’on priait avec eux. Si le second jour de Yom Tov tombe pendant le Hol Hamoed d’Israël, on priera Moussaf avec la communauté en disant "et yom mikra kodesh hazé" ; si l’on est appelé à être hazzan pour la répétition de Moussaf, on dira "et yom tov mikra kodesh hazé".
Réponse
Un résident d’Israël séjournant en diaspora, avec l’intention de retourner en Israël, est autorisé à commencer la Amida silencieuse de Cha’harit du second jour de Yom Tov avant la communauté. Puisqu’il prie une prière de semaine, qui est plus longue que celle de Yom Tov, il lui est permis de commencer plus tôt afin de terminer en même temps que la communauté.
Réponse
Même s'il y a un minyan ou plus de personnes originaires d'Israël qui se trouvent en diaspora avec l'intention d'y retourner, ils n'ont pas le droit de s'organiser pour former un minyan afin de prier en public le deuxième jour de Yom Tov des diasporas, en récitant la prière de semaine avec talit et tefiline, avec répétition du chaliah tsibour, ni de lire dans le Sefer Torah la paracha de la semaine. En effet, tout ce qui se fait à dix personnes devient public et est considéré comme une action en public, et il y a à craindre que les habitants de la diaspora en viennent ainsi à manquer de respect à la sainteté du deuxième jour de Yom Tov. Chacun devra donc prier seul la Amida à l'heure où, à la synagogue, on prie la prière de Yom Tov, et il agira de façon à ce que l'on ne remarque pas qu'il ne prie pas comme eux. Cependant, si le deuxième jour de Yom Tov tombe un Chabbat, les personnes originaires d'Israël peuvent organiser un minyan pour prier les prières de Chabbat en public, à condition que le chaliah tsibour prie à voix basse pour que sa voix ne soit pas entendue à l'extérieur.
Réponse
Un Israélien qui se trouve avec son épouse en diaspora la deuxième nuit de Pessah doit participer avec ses hôtes au seder de la nuit de Pessah, à la récitation de la Haggada et au récit de la sortie d'Égypte, à titre de simple étude. La femme allumera les bougies sans bénédiction. Cependant, il ne récitera lui-même aucune bénédiction, ni celle du kiddouch, ni celle de "acher gaalanu", ni celles sur la matsa ou le maror, ni la bénédiction du Halel à la fin du seder. Il écoutera et répondra Amen. Il récitera "boré peri haguefen" sur la première coupe, puis à nouveau sur la troisième, et s'il a bu un reviit, il récitera à la fin du seder la bénédiction "me'en chaloch" sur le vin. S'il dispose d'un logement indépendant, il ne fera pas du tout le seder. Le huitième jour de Pessah, il lui est totalement interdit de consommer du hamets.
Réponse
Si le deuxième jour de Yom Tov des diasporas tombe la veille de Chabbat, il n'est pas nécessaire de faire un erouv tavchilin, et il est permis de cuisiner pendant le deuxième jour de Yom Tov (vendredi) pour Chabbat, car cela reste discret et personne ne sait s'il a fait un erouv tavchilin ou non.
Réponse
Un résident d'Israël qui se trouve en diaspora avec l'intention d'y retourner, même s'il va prier à la synagogue le deuxième jour de Yom Tov des diasporas, ne doit pas être appelé à la Torah, sauf si ce jour tombe un lundi ou un jeudi, jours de lecture de la Torah, auquel cas il peut monter à la Torah parmi les personnes ajoutées au nombre habituel d'olim. S'il est cohen, il lui est permis de faire la bénédiction des cohanim lors de la prière de moussaf du dernier jour de Yom Tov en diaspora.

