Questions pratiques
Lois des tefiline
Réponse
Celui qui ne possède pas de tefiline pour l'instant et qui a devant lui la possibilité de prier avec le minyan, mais qu'en attendant qu'on lui apporte des tefiline il ne trouvera plus de minyan, s'il a l'habitude de se concentrer dans sa prière du début à la fin, il est préférable qu'il attende que les tefiline arrivent, même s'il doit prier seul, à condition de ne pas dépasser le temps de la prière. Mais s'il n'a pas l'habitude de se concentrer (sur le sens des mots) ou s'il y a un risque qu'en attendant il dépasse le temps de la prière, il vaut mieux qu'il prie avec le minyan sans tefiline, puis qu'il mette les tefiline plus tard dans la journée et relise le Chema avec les tefiline, afin de ne pas être considéré comme témoignant faussement contre lui-même. De plus, si la communauté prie et qu'il peut emprunter les tefiline de quelqu'un d'autre, il vaut mieux prier avec le minyan en portant les tefiline d'autrui, plutôt que d'attendre ses propres tefiline et de prier seul, à condition que les tefiline de la tête soient bien placés comme il se doit.
Réponse
Celui qui possède des tefiline et prie avec le minyan, mais que le minyan retarde la récitation du Chema, doit lire le Chema seul plus tôt. De même, celui qui n'a pas de tefiline et prie avec le minyan parce qu'il n'a pas l'habitude de se concentrer, et qui les mettra plus tard dans la journée, s'il craint de dépasser le temps du Chema, il doit lire le Chema sans tefiline et ne doit pas craindre d'être considéré comme quelqu'un qui témoigne faussement contre lui-même, puisqu'il lira le Chema plus tard avec les tefiline. Même s'il sait qu'il ne pourra pas mettre les tefiline dans la journée à cause d'une contrainte, il ne doit pas pour autant annuler la mitsva de la lecture du Chema sous prétexte qu'il la lit sans tefiline.
Réponse
Celui qui ne possède pas de tefiline de Rachi, mais dispose de tefiline de Rabbénou Tam, et s'il attendait d'obtenir des tefiline de Rachi il risquerait de manquer le temps de la tefila ou de ne pas trouver un autre minyan, mettra les tefiline de Rabbénou Tam sans berakha et priera avec la communauté. Il devra avoir l'intention de se procurer dans la journée des tefiline de Rachi afin de les mettre et d'y lire le Chema.
Réponse
Celui qui possède un tefiline du bras de Rachi et un tefiline de la tête de Rabbénou Tam, et qui ne peut pas emprunter un tefiline de la tête de Rachi à un ami, les mettra afin de pouvoir prier avec la communauté avec des tefiline, et il devra avoir l'intention de se procurer dans la journée un tefiline de la tête de Rachi pour le mettre avec la berakha 'al mitsvat tefiline'. Et si de toute façon il n'a pas de prière en communauté devant lui et qu'il peut attendre d'obtenir un tefiline de la tête de Rachi sans dépasser le temps de la tefila, il est préférable d'attendre et de prier avec le tefiline de la tête de Rachi.
Réponse
Puisque la Torah précise la raison de la mitsva des tefiline, "afin que la Torah d'Hachem soit dans ta bouche, car c'est par la force de Sa main qu'Hachem t'a fait sortir d'Egypte", l'objectif de cette mitsva ne peut être atteint sans kavana. Il faut donc avoir l'intention, en les mettant, d'accomplir la mitsva des tefiline, et que le Saint béni soit-Il nous a ordonné de placer ces quatre parachiot, qui comportent l'unicité de Son Nom et la sortie d'Egypte, sur le bras face au cœur et sur la tête face au cerveau, afin de se rappeler les miracles et merveilles qu'Il a accomplis pour nous, qui témoignent de Son unicité et de Sa souveraineté sur les mondes supérieurs et inférieurs pour agir selon Sa volonté. Ainsi, on soumettra à Hachem l'âme qui est dans le cerveau, ainsi que le cœur, siège des désirs et des pensées. Cela amènera à se souvenir du Créateur et à diminuer ses plaisirs. Toutefois, a posteriori, si l'on a eu seulement l'intention d'accomplir la mitsva, on est quitte.
Réponse
On mettra d'abord le tefiline du bras puis celui de la tête, comme il est écrit : "Tu les attacheras comme signe sur ton bras" puis "ils seront des fronteaux entre tes yeux".
Réponse
La formule de la berakha est : "Achèr kidchanou bemitsvotav vetsivanou lehaniah tefiline". Bien que la Torah dise "oukchartam", on ne formule pas la berakha avec le terme de "lien", mais avec celui de "poser les tefiline", car l'essentiel de la mitsva est que les tefiline soient posés sur soi.
Réponse
Si l'on s'est trompé et que l'on a dit sur le tefiline du bras "al mitsvat tefiline" ou "al hanahat tefiline", si l'on se rend compte de l'erreur dans le laps de temps appelé "tokh kedé dibour", on corrigera et on dira "lehaniah tefiline". Si ce laps de temps est dépassé, on ne recommence pas la berakha.
Réponse
Il convient de prononcer la berakha "lehaniah" avec un kamats sous le hé, et non avec un patah ni avec un dagesh. Il faut également accentuer la lettre lamed dans le mot "tefilin".
Réponse
Si l’on rencontre d’abord les tefilin de la tête, il faut passer outre cette mitsva et mettre d’abord les tefilin du bras, puis ceux de la tête. Lorsqu’on place les tefilin dans leur étui, si l’étui est étroit, on mettra d’abord les tefilin de la tête, puis ceux du bras par-dessus, afin que le lendemain on rencontre d’abord ceux du bras. Si l’étui est large, on placera ceux du bras à droite et ceux de la tête à gauche, de sorte que le lendemain, en prenant les tefilin pour les mettre, on rencontre d’abord ceux du bras qui sont placés à droite, du côté de la personne qui se tient devant l’étui.
Réponse
Si l’on n’a devant soi que les tefilin de la tête et qu’on les met, puis que l’on obtient ensuite les tefilin du bras, il n’est pas nécessaire d’enlever les tefilin de la tête pour les remettre après avoir mis ceux du bras ; il suffit de mettre immédiatement les tefilin du bras. De même, si l’on avait devant soi les deux paires de tefilin et que, par erreur ou volontairement, on a mis d’abord ceux de la tête, il n’est pas nécessaire d’ôter les tefilin de la tête au moment où l’on met ceux du bras.
Réponse
Il faut réciter la berakha sur les tefilin du bras après les avoir posés sur la partie charnue du bras (le biceps), mais avant de les attacher et de les serrer, car pour toutes les mitsvot, on récite la berakha avant de les accomplir, et l’attachement et le serrage constituent l’accomplissement de la mitsva.
Réponse
Si l’on a oublié de réciter la berakha sur les tefiline, tant qu’on les porte encore, on peut les toucher et réciter la berakha "lehaniah tefiline". En effet, pour toute mitsva dont l’accomplissement se prolonge, comme le port du talit, la pose des tefiline ou le fait de s’asseoir dans la soukka, si l’on n’a pas récité la berakha avant l’accomplissement, il est permis de la réciter même après.
Réponse
On ne doit réciter qu’une seule berakha pour les deux tefilin, car la berakha "lehaniah tefilin" sur les tefilin du bras acquitte également ceux de la tête. Cependant, les Ashkénazes récitent une berakha spécifique sur les tefilin de la tête, "al mitsvat tefilin", et ont l’habitude de la dire à voix basse. Après avoir posé et serré les tefilin de la tête, on dit "Baroukh Chem kevod malkhouto leolam vaed". Toutefois, si un Séfarade entend cette berakha d’un Ashkénaze, il est préférable qu’il pense "amen" dans son cœur, mais qu’il ne le dise pas à voix haute.
Réponse
Il est interdit d'interrompre par la parole entre la mise du tefiline du bras et celle de la tête. A priori, il est interdit d'interrompre même pour un besoin lié aux tefiline. Si l'on a parlé pour un besoin concernant les tefiline, on ne recommence pas la berakha. Mais si l'on a interrompu par la parole sans que ce soit pour un besoin des tefiline, il faut réciter la berakha « al mitsvat tefiline » sur le tefiline de la tête. Il faut veiller à réciter la berakha en ayant la tête couverte.
Réponse
Celui qui a posé le tefiline du bras et, avant de poser celui de la tête, entre dans la pièce où se trouve son père ou son maître, n'a pas le droit d'interrompre pour leur dire bonjour.
Réponse
Celui qui a posé le tefiline du bras et, avant de poser celui de la tête, doute s'il a récité la berakha sur le tefiline du bras, selon notre coutume qui suit l'avis du Maran du Choulhan Aroukh, on ne récite pas de berakha sur le tefiline de la tête, même dans ce cas.
Réponse
Celui qui entend le Kaddich ou la Kedoucha entre la pose du tefiline du bras et celle de la tête ne doit pas interrompre pour répondre, mais doit écouter en silence et se concentrer sur ce qui est dit. A plus forte raison, il ne faut pas répondre avec l'assemblée « Hachem melekh ». Cependant, si l'on a transgressé et répondu au Kaddich ou à la Kedoucha, il n'est pas nécessaire de réciter la berakha « al mitsvat tefiline » sur le tefiline de la tête.
Réponse
Celui qui a récité la berakha « lehaniah tefiline » sur le tefiline du bras, et avant d'avoir serré la lanière sur son bras, a entendu le Kaddich et a répondu Amen, certains disent qu'il doit recommencer la berakha, car ce n'est que pour l'interruption entre le tefiline du bras et celui de la tête que l'on ne recommence pas la berakha après avoir répondu Amen, mais entre la berakha et la mitsva, tout le monde est d'accord qu'il faut recommencer. D'autres pensent qu'il n'a pas besoin de recommencer, car il n'a pas interrompu par trois mots. Mais la règle principale est que même une interruption d'un seul mot est considérée comme une interruption.
Réponse
Si, après avoir récité la berakha « lehaniah tefiline », on entend que l'on va bientôt dire le Kaddich ou la Kedoucha, et que si l'on fait les sept tours de la lanière sur le bras on n'aura pas le temps de poser aussi le tefiline de la tête et de répondre ensuite au Kaddich ou à la Kedoucha, il est permis de ne pas faire les tours tout de suite. On serrera simplement le tefiline du bras sur le bras, on posera rapidement le tefiline de la tête, puis on répondra au Kaddich ou à la Kedoucha, et ensuite on complétera les sept tours sur le bras comme d'habitude.

