Questions pratiques
Berakha Shehecheyanu et quelques berakhot particulières (achat d’objets neufs)
Réponse
Celui qui n’a pas vu son ami pendant trente jours et le voit ensuite en direct par visioconférence ou autre moyen similaire, même s’il en est très heureux, ne récite pas la berakha de chehecheyanu. De même, celui qui entend la voix de son ami au téléphone ou à la radio en direct après trente jours ne récite pas non plus cette berakha, même s’il en éprouve une grande joie.
Réponse
Celui qui entre dans une ville où il a de nombreux amis chers et les rencontre tous en même temps ne doit pas réciter la berakha de chehecheyanu pour chacun individuellement, mais une seule berakha suffit.
Réponse
Lorsqu'un père voit son fils atteindre l'âge de treize ans et un jour, il ne doit pas réciter la berakha « Chepatarani meoncho chel ze » avec la mention du Nom divin et de Sa royauté, mais il dira cette berakha sans le Nom et la royauté, le jour où son fils devient bar mitsva. La coutume est de réciter cette berakha sans le Nom et la royauté après que le jeune garçon est monté à la Torah, lorsqu'il devient bar mitsva. Certains ont l'habitude de dire cette berakha sans le Nom et la royauté lors du repas organisé en l'honneur du bar mitsva. Il est d'usage de faire un repas de mitsva le jour où le fils devient bar mitsva, et le jeune garçon prononce des paroles de Torah. Il est recommandé de ne pas interrompre le discours du bar mitsva au milieu, s'il l'a bien préparé à l'avance.
Réponse
La coutume selon laquelle on organise une fête et un repas de remerciement et de joie pour une bat mitsva, le jour où la fille atteint douze ans et un jour, est une bonne et belle coutume, et il y a là une mitsva pour renforcer l'éducation des filles d'Israël dans l'esprit de la tradition juive. Il est souhaitable d'y prononcer des paroles de Torah et des louanges à Hachem. Il est très clair qu'il faut veiller scrupuleusement à toutes les règles de la tsniout selon la Torah, comme il est dit : « Servez Hachem avec joie et réjouissez-vous avec crainte ». Il convient que le père récite « Baroukh Chepatarani meonsha shel zo » sans le Nom et la royauté, comme on le fait pour un garçon qui devient bar mitsva.
Réponse
Il est permis de visiter un zoo et d'observer les différentes espèces d'oiseaux et d'animaux qui s'y trouvent, et de réciter la bénédiction « Mechane habriot » avec le Nom divin et la royauté sur l'éléphant ou le singe, comme expliqué dans le Choulhan Aroukh. Plusieurs grands maîtres ont agi ainsi. Il n'y a pas à craindre ici l'interdit de « Al tifnou el midotechem ». De même, celui qui voit un perroquet et est très impressionné par sa beauté et sa splendeur, récitera avec le Nom divin et la royauté : « Baroukh ata Hachem Elokénou Melekh haolam chekaha lo beolamo ». Toutefois, il est interdit d'aller dans un stade pour assister à une corrida, et a fortiori si l'on paie un droit d'entrée, car cela fait de la personne un complice de destructeurs et un soutien à ceux qui transgressent. Celui qui y assiste transgresse également l'interdit de « Moshav letsim ».
Réponse
Celui qui voit des créatures très belles récite la berakha : « Chekaha lo beolamo ». Cela s'applique aussi bien à un non-juif qu'à un juif, sans craindre qu'il soit peut-être mamzer. Ce n'est que si l'on sait avec certitude que la personne est mamzer qu'on ne récitera pas cette berakha sur elle, même si elle est très belle.
Réponse
Lorsqu'une personne éternue et qu'on lui souhaite « Haim tovim », il lui est permis de répondre à son ami « Yossifou lekha chnot haïm », puis de dire « Lichouatekha kiviti Hachem », comme c'est l'usage. Mais celui qui boit du vin et souhaite bénir les convives en disant « Lehaïm », il est préférable qu'il récite d'abord la berakha de jouissance et goûte un peu, puis qu'il bénisse les convives en disant « Lehaïm ».
Autres lois sur la berakha Shehecheyanu
Réponse
Avant de consommer un fruit nouveau, on récite la berakha « Sheheheyanu vekiyemanu vehigianu lazman hazé ». Il est recommandé de manger un peu de chaque espèce nouvelle chaque année, afin de montrer que la création d’Hachem lui est précieuse. Celui qui sait qu’il ne pourra pas acheter un certain fruit nouveau, ou si ce fruit n’est plus disponible sur le marché, et qu’il le voit chez son ami, il lui est permis de réciter la berakha Sheheheyanu en voyant ce fruit.
Réponse
Pour des légumes nouveaux d’une année à l’autre, on récite la berakha Sheheheyanu, à condition de savoir qu’ils proviennent de la nouvelle récolte. Si l’on mange des légumes nouveaux cuits au milieu du repas, pour lesquels il n’est pas nécessaire de réciter une berakha de jouissance avant de les consommer, on récitera uniquement la berakha Sheheheyanu. On ne récite pas la berakha Sheheheyanu sur les truffes et les champignons, même s’ils ne poussent qu’en hiver.
Réponse
Si l’on a devant soi deux sortes de fruits nouveaux, une seule berakha Sheheheyanu suffit pour les deux. Mais si les fruits ne sont pas présents devant soi, il faudra réciter la berakha Sheheheyanu sur chaque espèce de fruit nouveau, même si l’on avait eu l’intention de les acquitter, car le second fruit nouveau, n’étant pas présent, n’est pas acquitté.
Réponse
Un invité qui entre chez son hôte et à qui l’on apporte un fruit nouveau, s’il récite la berakha Sheheheyanu sur ce fruit et qu’on lui apporte ensuite un autre fruit nouveau d’une autre espèce, il devra réciter à nouveau la berakha Sheheheyanu, car le second fruit n’était pas présent lors de la première berakha. Mais si le second fruit était déjà devant lui lors de la première berakha, la berakha Sheheheyanu récitée sur le premier fruit acquitte aussi le second. Il est préférable d’apporter les fruits nouveaux l’un après l’autre et de réciter chaque fois la berakha Sheheheyanu sur le fruit nouveau. Il n’y a pas à craindre de berakha non nécessaire dans ce cas. Pour plus de précaution, il est recommandé d’avoir explicitement l’intention de n’acquitter que le fruit nouveau qui se trouve devant soi, afin de pouvoir réciter la berakha Sheheheyanu sur l’autre fruit nouveau sans hésitation.
Réponse
Pour les fruits issus d’arbres greffés entre différentes espèces, comme les oranges et les pamplemousses, il faut réciter la berakha Sheheheyanu. Tel est l’usage. Même s’il existe des avis divergents, car ces fruits ont été créés dès l’origine par greffe, il existe une règle générale selon laquelle, en présence d’un minhag établi, on ne dit pas « safek berakhot lehakel » (en cas de doute sur une berakha, on s’abstient), et on suit le minhag.
Réponse
Pour des fruits de différentes espèces qui se ressemblent extérieurement, comme différentes sortes d’agrumes, dès lors qu’il y a une différence de nom, d’apparence et de goût, on récite la berakha Sheheheyanu sur chacun d’eux séparément.
Réponse
Pour un noyau sucré d’un fruit nouveau, comme le noyau d’un abricot, il faut réciter la berakha Shehehiyanu. Toutefois, si l’on a déjà récité la berakha Shehehiyanu et la bénédiction de jouissance sur le fruit, il n’est pas nécessaire de réciter à nouveau la berakha sur le noyau consommé ensuite.
Réponse
Si l’on a mangé un fruit nouveau et que l’on a oublié de réciter la berakha Shehehiyanu, certains estiment qu’il faut la réciter lors de la seconde consommation, tandis que d’autres pensent qu’il ne faut plus la réciter, car on en a déjà mangé. En pratique, on ne récitera pas la berakha Shehehiyanu, car en cas de doute sur une berakha, on adopte la position indulgente. Cette règle s’applique aussi bien aux berakhot de louange qu’aux berakhot de jouissance ou de mitsva. Si l’on souhaite, on peut dire Shehehiyanu sans mentionner le Nom divin ni Sa royauté. Il est toutefois préférable de réciter Shehehiyanu sur une autre espèce de fruit nouveau, en ayant l’intention d’acquitter également le fruit sur lequel on a oublié de réciter la berakha, ou bien d’écouter la berakha Shehehiyanu d’une autre personne qui y est tenue.
Réponse
Celui qui récite la berakha Shehehiyanu sur un fruit nouveau, il est préférable, a priori, de commencer par la bénédiction du fruit, puis de réciter la berakha Shehehiyanu, et ensuite de goûter au fruit. Cependant, ceux qui ont l’habitude de réciter d’abord la berakha Shehehiyanu ont sur quoi s’appuyer.
Réponse
Certains ont l’habitude de confire l’étrog avec du sucre pour en faire une confiture et d’en manger la nuit de Tou Bichevat. Il ne faut pas réciter la berakha Shehehiyanu sur cet étrog selon tous les avis, car on a déjà récité cette berakha lors de la prise de l’étrog avec le loulav pendant la fête de Soukot, ce qui acquitte également la consommation. En effet, c’est comme celui qui a récité la berakha lors de la vision d’un fruit nouveau, qui ne la répète pas au moment de la consommation.
Réponse
Celui qui mange du sabra pour la première fois de l’année doit réciter la berakha Shehehiyanu, comme pour tout fruit nouveau.
Réponse
Si l’on a récité la berakha Shehehiyanu sur des raisins, on ne la récite pas à nouveau en buvant du vin nouveau. De toute façon, il n’est pas d’usage de réciter Shehehiyanu sur du vin nouveau, car il n’apporte pas autant de joie, le vin vieux étant meilleur. Certains sont rigoureux et s’abstiennent de consommer les raisins nouveaux avant d’avoir du moût devant eux, sur lequel ils récitent Shehehiyanu en ayant l’intention d’acquitter les deux, et cela est digne d’éloge.
Réponse
Pour un fruit qui ne se renouvelle pas d'une année à l'autre, même si l'on n'en a pas mangé depuis de nombreuses années, on ne récite pas la berakha Shehehiyanu. On ne récite pas non plus la berakha Shehehiyanu sur le boser (raisin non mûr), mais seulement lorsque les grappes de raisin sont arrivées à maturité. Il en va de même pour tout fruit : on ne récite la berakha Shehehiyanu qu'après sa maturation complète, et non lorsqu'il est encore non mûr.

